ANTÉE
d'OsirU. OsiriB c'est le Nil; Isis est la terre fertile ; Horus c'est son fils, ce sont ses productions. Yoilà les vrais éléments du mythe de Typhon et tout à la fois de celui d'Antée, invincible tant qu'il touchait le sol. Ce géant formidable était, dit la fable, fils de Neptune et de la terre. 11 pent avoir été l'image des sables de la Libye confinant à l'Egypte, comme Typhon l'était de ceux de l'Arabie ; il figure les dunes sablonneuses et mobiles du nordouest de l'Egypte, véritables tilles de la mer et du désert. Lorsque les Égyptiens, ajoute M. Jouiard, s'aperçurent de l'empiétement des sable sur la vallée du Nil, sans doute ils essayèrent différents moyens pour s'en débarrasser. Or, il est possible qu'ils aient tenté d'abattre dans quelques endroits ces montagnes de sable que j'ai regardées comme l'image d'Antée. Mais c'était en vain qu'on renversait les dunes et que l'on terrassait le géant :
le sable rendu à la terre déserte (ou Antéc venant à toucher sa mère) reprenait toute sa force, c'est-à-dire que les venls brûlants de la Lybie le reportaient sur le sol de la fertile vallée. Comment succomba-t-il dans la lutte?
ce fut, selon moi, par de larges canaux ou bras du Nil , creusés ou entretenus au pied de la chaîne de Libye. Les efforts des sables venaient expirer sur la rive : ils ne pouvaient traverser ces branches larges et profondes, n'étant plus soutenus comme les dunes le sont à leur pied ; alors ils cédaient à leur propre poids et retombaient dans les eaux courantes. C'est donc daus les airs que périssait le prétendu géant saisi et comme étouffé par les bras du héros (i). * La lutte d'Antée contre Hercule a été plusieurs fois représentée sur des monuments de l'antiquité figurée. Philostrate nous a laissé la description d'un tableau (2) où l'ou voyait Hercule luttant avec Antée au milieu des sables de la Libye : le fils d'AIcmène parvenait par un violent effort à enlever son adversaire de cette terre qui, se pliant à tous ses besoins, changeait de situation quand il venait à perdre l'équilibre. Dans le fond, sur un nuage d'or, on voyait les dieux spectateurs du combat, et Hermès se rendant près d'Hercule pourcouronner sa vaillance. Un bas-relief de Beni-Hassan (3), une pierre gravée (4) parvenus jusqu'à nous représentent également Hercule étouffant dans ses bras le géant de Libye.
antemne. ( Géographie et histoire ancienne. ) Antemna ou Antemnx était l'une des plus anciennes villes de l'antique Lalium.
- (O Dctcript. de l'Egypte antiq., vol II, ch. ia, p. 19, VOL IV, p. tu et suiv.
(») Ican., II, si.
(S) Descript. de l Èoyp. antiq., vol. III, pl. e*. (*) De WUUc , Sclectœ Gemma: antiquœ, n» iss.
ANTEMNE 156
Silius Italicus (1) a dit', en parlant de cette cité :
Antemnaquc prlsco Crustnmlo prlor....
et Denys d'Halicarnasse (2) rapporte qu'elle fut fondée par les Sicules. Selon Yarron (3) , elle devait son nom à sa position an bord du fleuve ( anle amnem ) qui se jette dans le Tibre. Strabon (4) place Antemne avec Collatie, Fidène, Labicum, parmi les villes qui n'étaient pas à plus de 30 ou 40 stades de Rome. Enfin, Plutarque (5) dit qu'elle touchait aux murs de Rome , et que pour y aller on sortait par la porte Colline. C'est à l'aide de ces renseignements imparfaits qu'on a supposé qu' Antemne était autrefois placée sur la hauteur qui domine immédiatement le coofluent de l'Anio et du Tibre, à ganclie de la Via Salaria. D'ailleurs , toute espèce de texte nous aurait manqué , qu'un œil exercé trouverait dans l'aspect et la nature des lieux la preuve certaine qu'une ville a jadis existé à celte place. En effet, la colline , qui a environ un mille de circonférence à son sommet , descend de tous côtés par une peole abrupte, qui a dû l'être encore davantage autrefois. L'accès, difficile partout ailleurs, n'esl aisé que sur quatre points , un au nord , un au sud-ouest et deux au nord-ouest ; or, ces points ont servi d'avenue, comme il est facile de le reconnaître, pour arriver jusqu'à la ville. Le plateau supérieur offre dans sa disposition une graude ressemblance avec le mont Capitolin : il a comme lui deux pointes, ou cornes, tournées vers le sud-ouest, et qui, sans aucun doute, servaient d'assiette à des citadelles. En effet, Virgile (C) a pris soin de nous appreudre qu'Anterane était une ville forte, en la nommant turrigera, la fortifiée, el en la mettant, avec la puissante Atina, la superbe Tibur, Ardéc et Crustumére, parmi les cinq grandes villes qui au temps d'Énée prirent les armes contre l'aventureux - royea; 11 reste peu de documents concernant l'histoire d' Antemne. Fondée par les Sicules, elle fut occupée par les Aborigènes ou par les JSnotro-Pélasges vers l'an 1360 avant l'ère chrétienne. Plus tard , comme nous venons de le voir par le témoignage de Virgile , elle passait pour avoir fait partie de la ligue formée contre Énée. Après cinq siècles pendant lesquels sou histoire reste dans les ténèbres, ou la voit jouer un rôle dans la guerre qui suivit l'enlèvement des Sabines : grâce au voisinage des deux villes, beaucoup d'Antemnates étaient venus à la fête donnée par Roraulus, et furent, pour
(1) punica, Vin, «7.