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caisses sacrées. » Celle vénération s'étendit même au delà des frontières d'Égypte, s'il est vrai, comme le dit Porphyre (1), qu'une loi de Rhadaraanthe, roi deCrète, ordonna de substituer au nom des dieux dans les serments le nom des animaux sacrés, notamment celui du chien. C'était, comme on te sait, la formule de serment familière à Socrate (2), et cela par une idée philosophique empruntée à l'Égypte, et non par plaisanterie.
Plutarque prétend que les honneurs dont le chien jouissait en Égypte furent beaucoup amoindris depuis] qu'il eut le malheur de toucher, seul de tous les animaux, aux chairs sacrées du taureau Apis, que Cambyse avait fait tuer ( 3 ). Cependant les Cynopolites restèrent tellement attachés à leur culte local que le même historien rapporte que de son temps ils firent la guerre à leurs voisins du nome Oxyrinchite pour venger la mort de quelques chiens tués par ceux-ci en représailles de ce qu'eux-mêmes avaient mangé des poissons sacrés. Les Romains furent obligés de s'interposer et de sévir pour mettre un terme à cette lutte (4).
Durant tout le temps de la domination des Grecs en Égypte, Anubis n'avait pas cessé d'être adoré conjointement avec Isis et Osiris et plus particulièrement encore avec Sérapis (voyez), dont le culte prit alors tant d'extension. Des documents sur papyrus du temps des Ptolcmées constatent l'existence d'un anubidium ou chapelle d'Anubis dans le grand temple de Sérapis à Memphis (5j, et nous avons ailleurs une description des statues d'or, des caducées, des phiales de même métal et des riches offrandes qui décoraient un édicule de ce genre (6).
Anubis a essuyé les plaisanteries des comiques grecs (7) et celles de Lucien, qui, dans un de ses dialogues, introduit Momus voulant mettre cet aboyeur à la porte du conseil des dieux (8). Presque tous les poètes latins à la suite de Virgile (9) ont répété cette épithète de latrator. Properce (10) s'indigne contre Cléopâtre, Ausa Jovl nostro latrantem opponerc Aoublni.
En dépit des sarcasmes, ce culte s'introduisit en Grèce, aux portes de Corinlhe (11), età Rome (12). A son tour, le poêle chrétien Pru-
(t) Porphyre, De Abstinentia, t. III.
(5) Platon, Gorgias.
(3) PiuL, DeOtiride, § w.
(4) Id.. ibld.. § 7t.
(s) Voy. Papyrus du Louvre, n°» 86 et 87.
(6) Lucien, Toxuris.
(7) Anaxandrides, cité par Athénée.
(5) D€orum Concilium.
(») A-neid., VIII, v. 698. - Ovide, Métam., IX, M».
(10) L. III, EUg.,9.
(11) Apulée. Métam., 1. XI.
(13) JElius Lampridlua, c. 9.