ANUBIS
dence stigmatisa la superstition des Égyptiens (l) :
Qiue gens tara stolida est anlmis, tara barbara linguls , Oroeve superstltio tain sordida , quae caniforroera (l) Latrantemque throno cœli prœponat \nubem ?
Cette superstition se maintint longtemps, même à coté de la religion chrétienne ou cachée dans les sectes des gnostiques, sur les abraxas desquels figure souvent un personnage à tête canine (3). Cette persistance tient peut-être à l'obscurité môme d'un symbole qui, selon les temps et les systèmes, se prêtait, ainsi que nous Tarons vu, à des interpréta* lions physiques, morales ou astronomiques.
Indépendamment des images d'Anubis à corps d'homme et tête symbolique (4), ce dieu est souvent représenté sous la forme de l'animal qui lui était consacré (5). Il est alors couché sur une espèce de portique ou de naos. Il a Je corps svelte et le museau pointu d'un lévrier noir, les oreilles longues, hautes et courbées en avant comme aux aguets. La queue, qui pend le long du socle est trèsfournie et ressemble à celle d'un renard.
La plupart des savants modernes croient reconnaître dans ces représentations non pas un chien, comme les anciens s'accordent à le nommer, mais un chacal (canis aureus) (6).
La couleur noire ne serait dans ce cas qu'une expression symbolique de la nuit. Nous doutons que les Grecs aient donné le nom de chien à un animal sauvage. Les caractères physiques du chacal nous semblent plutôt s'appliquer à l'animal que les Grecs ont nommé loup d'Égypte, et qui, selon Hérodote, n'était pas plus gros qu'un renard (7) . Une ville de la haute h gypte nommée par les Grecs Lyco* polis ( aujourd'hui Ossiout) (8) était consacrée aucultedu loup. Osiris avait, disait-on, revêtu cette forme pour combattre ses ennemis.
Nous avons vu plus haut qu'Anubis avait pour frère un dieu à tête de loup, animal qui, dans la mythologie grecque, est un symbole de la lumière, que son nom rappelle. Le loup ou chacal a pu désigner en Égypte l'aube matinale, et le chien le crépuscule du soir, et tous deux réunis et peut-être confondus les horizons, comme dit Plutarque, et cet intermédiaire entre le jour et la nuit que nous nommons
(t) Apotheos, y. tU.
(i) Quelques écrivains latins ont désigné AnubU par le mot de cynocrphalus, qui s'appliqoe plus exactement a une espèce de singe consacrée à Tliotb.
(S) Voy. Montfaacon, l' Antiquité expl., t. Il, p. s, pl. 15*.
(4) Voy. Callery of Antiquities, from the British Muséum, pl. «t.
(«) Voy. Todtenbuch, pL I.
(«) V oy. Wtlklnson . Manner» and Cust, ter. II, vol. l, p. *4l. - M. Léon de Laborde, Voy . de l'Arabie Pétrie, défend l'opinion contraire.
(7) Herod., Hist., Il, 67.
(8) V oy. Charopolllon , V Égypte sous les Pharaons , t. I,p. *76.
encore vulgairement entre chien et loup.
Des médailles de Tan xi d'Adrien, frappées pour le nome de Cynopolis, représentent la divinité locale tenant dans sa main le chien, symbole d'Anubis (1).
Sur AnubU on peut consulter lablonskt, Panthéon Asgyptiorum, pl. III, p. t. — Nestor Lhôte, Encyclopédie nouvelle.— Blrch, Callery of Antiquities select, from the British Muséum. — Conrad Schvenek, Die Mythologie do- .£rjypten.
W. B. de P.
AOÛT. (Histoire.) Le mois d'août ou d'Auguste est le huitième mois de l'année Julienne. Mais il n'a pas toujours tenu dans le calendrier le rang qu'il y occupe aujourd'hui. Chez les Latins, il s'appelait sextilis , et son nom indique assez que, l'année n'étant alors que de dix mois et commençant en mars , il occupait la sixième place. Il figura sous cette même dénomination dans les calendriers de Romulus , de Numa Pompilius et de Jules César. Déjà , cependant, Numa avait ajouté deux mois, janvier et février, aux dix qui divisaient Tannée romaine, janvier au commencement de l'année, février à la fin, et le mois sextilis se trouvait le septième ; plus tard les décemvirs le reculèrent encore d'une place en transposant le mois de février et en le plaçant immédiatement après le mois de janvier. Les fêtes principales qu'on célébrait à Rome pendant le mois sextilis étaient les Consualia, qui se célébraient le 18 e jour du mois en l'honneur de Neptune Consus, le dieu des bons conseils, et les Vinalia, ou fêtes du vin nouveau, qui s'observaient de temps immémorial dans tout le Latium et pendant lesquelles, le 19 et les jours suivants, on faisait des libations de mustum ou vin doux à Jupiter et à Vénus.
Il y avait encore une fête lunaire ou de Diane le 13, et une de Vulcain le 23.
Lorsque Octave, devenu le maître du monde, eût reçu du sénat le nom d'Auguste, on voulut lui rendre le même honneur qui avait été déjà accordé à Jules-César en donnant son nom à un des mois de l'année. On proposa d'abord de choisir le mois de septembre, pendant lequel Auguste était né; mais l'empereur préféra le mois sextilis, parce qu'il était immédiatement voisin du mois de juillet, ainsi nommé d'après Jules César, et par d'autres raisons que Macrobe a rapportées dans ses Saturnales (2) et que le décret du sénat prit en considération : c'était en effet dans ce mois-là qu'Auguste avait été revêtu pour la première fois de la dignité consulaire, que trois fois il était entré en triomphe dans la ville, qu'il avait reçu la soumission des sol-
(1) Lenormant, Musée des Ant. Ég. — V. Langlots, Numismatique des Nomes d'Égypte sous l'administration romaine ,- Paris, 185t.
t 8) I, »|. édit Blpont.