‹ Encyclopédie moderneChapitre 81 sur 308 · PIS · texte numérisé non relu

PIS

George le S yncelle, dans sa Chronographk, dit que le veau ou taureau Apis futdéiliésous un roi qu'il nomme Aseth, lequel ajouta cinq jours à l'année, composée jusque alors de trois cent soixante, et que ce roi fut le prédécesseur d' A mosis, chef de la di x-huitième dynastie, vers 1786 av. J.C.

Nous croyons qu'il ne faut pas attacher une grande importance à ce renseignement , qui n'est pas emprunté aux traditions purement égyptiennes.

Les Grecs, chez lesquels le nom do dieu Apis était parvenu de bonne heure, ont voulu lerattacher à leur histoire fabuleuse. Selon leurs mythographes, la fille d'inacbus, métamorphosée en vache et poursuivie par la jalousie de Junon, vint en Égypte, où elle donna le jour à Épaphus, qui fut déifié sous la forme du taureau Apis, tandis qu'elle-même était adorée sons le nom d'Isis. Épaphus régna sur l'Égypte; il épousa Memphis, fille du Nil, dont il donna le nom à la ville qu'il fonda. 11 eut d'elle une fille nommée Libye, qui fut mère d'Agénor et de liélus ; ce dernier eut deux fils jumeaux -. jEgyptus et Danaus, père des Danaïdes.

Ce sont ces faits, qui, d'après le calcul des générations Mroïques de la Grèce, remontent aux dix-septième et dix-huitième siècles avant notre ère , que les chronologistes tels qu'Eusèbe et le Syncelle ont introduits dans l'histoire d'Égypte. Mais suivant les traditions purement égyptiennes, le culte d'Apis serait bien autrement ancien. Manélhon place sous Keœchos, second roi de la deuxième dynastie, l'introduction du culte d'Apis à Memphis, de Mnévis (voy. ) à Héliopolis et du bouc meudésien. Une inscription des carrières de Torrab en face de Memphis indique, au témoignage de Champollion (I), qne le chef de la dix-huitième dynastie avait extrait des pierres pour la. réparation de YApiéum. Ce culte devait être dans sa force lors de la sortie des Juifs de captivité, puisque Moïse fut obligé de sévir pour les empêcher de retomber dans cette superstition. La mention d'Apis se retrouve à toutes les époques de l'histoire d'Égypte. Psammétichus, qui s'empara du trône vers 665 av. J. C, voulut se signaler en construisant peur le taureau sacré, à côté du temple de Phtha , unecourentourée d'un portique soutenu sur des statues de douze coudées de haut. Tout le monde sait que Cambyse et Ochus s'attirèrent l'animadversîon des Égyptiens parleur impiété envers Apis (2). Darius, plus politique (3), et le premier Ptolémée(4) dépensèrentdeâ sommes considérables pour augmenter la splendeurde son culte; et le décret des prêtres de l'Égypte

(1) Lettres d'Êç., p. 65.

(î) Hérod., III , 38. — JFMva, UiSt. DU\ X, 8.

(3: rolyen , Stratng., VII , 7.

{*) Dioiî. de Sic, I., 8*.

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