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d'un seul tronc. Par les progrès de l'art et de l'idéalisation du type qu'Apollon représentait, ses simulacres s'ennoblirent, se perfectionnèrent, grâce aux Scopas et aux Praxitèle.
Sous le ciseau grec, Apollou devint le type de la beauté juvénile. Dans les monuments que nous conservons encore, il nous apparaît la figure ovale , les joues imberbes , sauf un petit nombre d'exceptions qui nous sont présentées par les médailles et les peintures céramiques (t) ; le front, haut, est voûté autour des sourcils , la chevelure longue et épaisse, attachée par derrière et relevée en haut par un nœud, ce que les anciens appelaient disposée en corymbe, comme à l'Apollon citharœde de Munich (2). D'autres fois, les cheveux du dieu flottent librement sur le dos, ce qui se voit à l'Apollon du Vatican, dit du Belvédère (3). Les hanches sont étroites et la poitrine développée. Ordinairement une chlamyde est nouée sur son épaule et rejetée derrière le dos. Souvent aussi le dieu est complètement nu. Il s'offre tantôt au moment où il vient de triompher de Python, son ennemi, et à l'instant où il décoche une (lèche : tel est l'Apollon du Belvédère, la plus belle figure que nous possédions du dieu ; taulôl dans l'altitude du repos, le bras appuyé su.r la lête : tel est l'Apollon Lycien, dont on voit une image au musée du Louvre.
L'artiste, s'écartant du modèle donl l'Apollon du Belvédère nousolfre le type le plus parfait, lui a donné en certains cas une beaulo gracieuse, mais efféminée, qui a valu à quelques-unes des statues du dieu le nom d'Apol- Unes. La plus célèbre de ces statues se voit au musée de Florence.
Quelquefois Apollon est dans l'acte de tuer un lézard : c'est l'Apollon sauroctone qu'avait représenté Praxitèle, et dont les musées de l'Europe offrent de nombreuses copies. Des représentations moins communesoffreot Apollon assis sur le trépied : c'est l'Apollon del' phique(k). Il est alors souvent accompagné de symboles, tels que le corbeau, le rameau de laurier, le serpent, comme on peut le voir aux médailles de Patare en Lycie.
Apollon apparatt aussi comme chef des Muses et dieu de l'harmonie. Cest l'Apollon Musagèle. Il est alors tantôt vêtu, tautôt nu, appuyé sur sa lyre; il est dans l'action de chanter; il tient la lyre ou grande phorminx, et est ordinairement couronné de laurier, sujet fréquent sur les vases peints (5) : c'est
(1) Ch. Lenormaotet de Wltte, Élite des Monuments céramographiquet , toro. I, p. 907, 117. — Çf Mionnet, Supph, I, 871; IV, 1M.
W Clarac, Musée de Sculpture antique et moderne, statues n» «7; Clarac, n° 90C.
(S) Clarac, n° 919, 991.
(*) Clarac, n» 937 , 987 A.
(•) Gerhard, Auseretetw yatenbildcr, L I, p. ai'<
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l'Apollon Cilhannde, tel que l'avaient représenté Ti match i dès et Léocharès.
Vêtu d'une orthostadias , ou longue tunique, il conduit le chœurdes Muses, divinités allégoriques des dons de l'intelligence, que le dieu résume tous en lui.
Quand Apollon est complètement identifié au soleil, son front est ceint du diadème circulaire, auquel on joint parfois une couronne de roses, ce qui se voit à l'Apollon soleil du musée Chiaramonli (1). Sur les médailles de Thyatire, en Lydie, Apollon a la téte radiée et tient la bipenne; c'est alors véritablement l'Apollon Hélios.
Les fables sur les Hyperboréens avaient fait consacrer à Apollon le griffon, animal fabuleux, que les contes populaires plaçaient dans les régions hyperboréennes. Aussi voit -on parfois le dieu accompagné de cet animal , ou traîné dans un char par ces animaux, sujet qui s'offre sur les médailles d'Auréliopolis de Lydie, ou porté par un de ces êtres fabuleux, ainsi qu'on le remarque sur les monnaies d'Alexaudria Troas. En certains cas, le griffon est remplacé par le cygne, l'oiseau emblématique de l'harmonie, circonstance que nous fournissent les monnaies <.'e Chalcédoiue, de Bithynie, des bas-reliefs et ues statues.
Sur les bas-reliefs et les vases peints, on voit fréquemment figurer la victoire d'Apollon sur Marsyas, ce silène phrygien que, d'après la fable, Apollon écorcha après l'avoir suspendu à un pin. On voit aussi le dieu combattant Hercule et lui disputant le trépied de Delphes, ou perçant Tilyus de ses flèches, sujet représenté sur le magnifique trône consacré au dieu à Amyclées, et dû au sculpteur Bathyclès. Mais le sujet favori des artistes, celui qui occupait la plus grande place dans l'histoire du dieu , c'est son combat contre le serpent Python, dont les diverses circonstances sont représentées sur les bas-reliefs et les vases peints.
K. O. MQUer. Uandbuch der jirchtïologi* der Kunst. — Creuser, Religions de t Antiquité, uad. par M. Gulgnlaut.
Alfred Maury.
apologue. (Littérature.) Il n'y a peutêtre pas de genre littéraire dont la définition soit plus difficile, l'origine plus incertaine, les règles plus contradictoires et les modèles plus rares. L'histoire, le drame, l'épopée, toutes ces grandeurs de l'esprit humain, ont reçu de la main des mattres des définitions qu'on n'est pas tenté de refaire : l'humble apologue attend encore la sienne. Un de nos bons fabulistes a même déclaré « que ce genre n'est susceptible ni de définition ni de préceptes ».
L'autorité d'Aristote, qui a été si grande en toutes choses, a complètement échoué sur ce point, les règles qu'il a tracées n'ayant été
(t)Claric, n° m.