‹ Encyclopédie moderneChapitre 89 sur 308 · T. B RUDEMENT · texte numérisé non relu

T. B RUDEMENT

AQUARELLE. ( Beaux-Arts. ) L'aquarelle est la peinture des dames , dit l'auteur d'un traité sur ce sujet. En effet, la légèrelé de cette peinture , son élégance et l'on peut dire aussi sa propreté en font un art mondain et charmant , plus propre aux femmes qu'aux hommes. On sait que les femmes même les mieux douées pour les arts , Madame Lebrun par exemple , donnent encore à leur peinture à l'huile un air de mignardise et d'afféterie qui en amoindrit l'effet. Jamais le pinceau dans leurs mains n'a la même hardiesse que dans celle d'un homme ; mais celte faiblesse relative devient presque une qualité dans l'aquarelle, genre de peinture où il faut plus de grâce que de force, plus de délicatesse que de fougue , et dont le mérite principal est daus la mollesse des lignes jointe à une douce harmonie des tons et des couleurs.

L'aquarelle, de nos jours, est à la mode:

elle convient parfaitement à l'étroitesse élégante de nos appartements, et à l'honnête médiocrité de nos bourses ; on peut voir aussi une cause de sa vogue actuelle dans les grands progrès qu'elle a faits depuis le commencement du siècle. Redouté, autrefois célèbre dans toute l'Europe comme peintre de fleurs, est égalé de nos jours par des aquarellistes connus seulement chez les marchands de tableaux. L'aquarelle est encore la peinture des amateurs, parmi lesquels beaucoup ont du talent et arrivent, par une longue étude des procédés , à (aire de charmants petits tableaux de genre.

L'aquarelle, ainsi appelée du mot italien aquarclla, est une pointure sans empâte-, ment, et qui s'exécute avec des couleurs dites à l'eau, que Ton détrempe dans une eau légèrement gommée , |H>ur les rendre plus

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