ARABESQUE
que l'aquarelle ne pùt rendre. Les deux frè res Johannot, deux aquarellistes célèbres, dout l'un a été récemment enlevé aux arts, ont aussi, comme peintres anecdotiques, plus d'an rapport avec M. Delaroche.M. Eug. Delacroix, génie d'un caractère tout différent, a fait aussi des aquarelles , entre autres un lion au repos, qui pour la vigueur de l'effet n'est point inférieur à ses peintures à l'huile. Les noms des architectes qui peignent à l'aquarelle leurs plans et leurs projets d'ornementation n'arrivent point au public, que l'appareil technique rebute ; mais c'est bien d'eux qu'on peut dire qu'ils font rendre à l'aquarelle tout ce qu'elle peut donner; toutefois, ce sujet n'entre pas dans notre article : il a plus naturellement sa place sous le titre d'ornementation.
arabesque. ( Beaux-Arts. ) Parmi les divers genres de peinture et de sculpture, l'arabesque se distingue des autres en ce qu'il est plus particulièrement une dépendance de l'art architectural. Une arabesque n'est pas par soi-même une véritable œuvre d'art, et l'on ne prend pas sérieusement la peine d'en peindre, d'en dessiner ou d'en sculpter, si ce n'est pour en faire l'ornement d'un édilice on de quelques meubles de luxe. L'arabesque se caractérise encore par son mode de composition, qui est un bizarre assemblage de fleurs, d'arbustes, d'animaux, soit réels soit imaginaires, dont les images se mêlent à des détails d'architecture.
Vitruve , qui fait mention de ce genre d'ornement, dont la mode commençait à son époque chez les Romains , n'en parle que pour le condamner, regardant celte nouveauté comme une atteinte portée à la pureté de l'ait antique.
« Les anciens, dit-il, plaçaient sous leurs porte tiques des paysages d'après nature , qui rc- « présentaient des ports, des promontoires, des « fleuves, des bois, des troupeaux , ou des « sujets historiques, tels que la guerre de Troie « et les voyages d'Ulysse. Maintenant de mau- « vaises coutumes portent à abandonner h « vérité, qui servait de guide aux anciens. On < « peint sur les murs des êtres difformes, plu- « tôt que des êtres qui existent réellement.
<c On remplace des colonnes par des roseaux ; « ou fait supporter par des candélabres de « petits édifices , d'où sortent des tiges qui « semblent y avoir pris racine, et qui forment « des volutes où, contrairement à la raison, « sont assises de petites figures. Ailleurs ces « branches aboutissent à des fleurs dont on fait « sortir «les demi-figures, les unes avec des « têtes d'hommes, les autres avec des têtes « d'animaux Mais ces choses n'existent pas, « et quant à moi , je n'approuve que ce qui « est conforme à la vérité. »