ARABESQUE
Ce passage nous donne la date précise à laquelle ont été introduits dans Tai t classique les ornements en forme d'arabesque , qui, suivant le même auteur , ne seraient qu'une fâcheuse imitation du style égyptien.
Plus anciennement Aristote avait fait mention de certaines tapisseries persanes surchar* gées d'ornements que, d'après la description qu'il en donne , nous devons regarder comme de véritables arabesques. « Ces tapisseries, « dit-il , étaient aussi remarquables par l'éclat « de leurs couleurs , que par la richesse et la « singularité de leurs dessins, représentant un « bizarre assemblage de plantes et d'animaux, • et même de griffons et de centaures. »
Enfin, dans les fouilles de Pompéi on a trouvé sur les murs des édifices romains mis à découvert un grand nombre de peintures m forme d'arabesque et représentant le plus sourent des fabriques, dont les formes architecturales sont entièrement opposées à la simplicité des lignes grecques et latines. Ainsi, soit que l'on s'en rapporte à l'opinion des anciens auteurs sur les arabesques , soit qu'on juge par le cachet particulier de leur style, il est difficile de ne pas les croire de descendance orientale.
Et en recherchant leur première origine par* delà toutes les données archéologiques, ne la retrouverait-on pas dans ce double mouvement de l'imagination humaine , qui tantôt la porte à se représenter les choses réelles telles que la nature les lui offre, et tantôt à s'en créer de merveilleuses et de surnaturelles, auxquelles elle donne ensuite un corps et une figure par les procédés en usage dans les divers arts? C'est ainsi que tous les peuples, les plus raffinés comme les moins avancés en civilisation, ont fait usage des arabesques.
Les Indiens, les Chinois, les anciens Mexicains les ont connues : on en trouve partout sur les édifices , sur les mosaïques , et jusque sur les étoffes. Ne faut-il pas même appeler du nom d'arabesques les tatouages bizarres des peuples sauvages et les grossières sculptures dont ils ornent leurs armes et leurs pirogues ?
Mais bornons notre sujet à l'histoire de l'art européen.
Au temps des empereurs, les Romains peignaient sur leurs édifices publics, leurs palais, leurs tombeaux, des arabesques ou sujets symboliques ' qui indiquaient la destination des monuments auxquels ils servaient de décoration. Le motif des dessins, le ton des couleurs en sont fort variés ; on y distingue pourtant trois dispositions constantes, et qui sont dans la partie inférieure un large soubassement d'an brun rouge et peu orné de dessins , au milieu un encadrement , le plus souvent en couleur jaune, coupé par des filets et des co-