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ARAM

substituant le nom d'une race à celui d'nn homme, il n'y aurait pas de difficulté à admettre ce fait , et il expliquerait l'analogie des mots Aram et Arménie , que les auteurs grecs et particulièrement Slrabon ont confondus quelquefois.

En général, le nom d'Araméens indiqne les Syriens d'au delà du Liban. La partie de ces populations qui s'établit entre le Tigre et l'Euphrate est désignée plus particulièrement sous le nom de Nabatéens, les IV abats des auteurs arabes. Le nom et la nationalité des Araméens survécurent aux conquêtes des Séleucides, des Partîtes et des Romains, puisqu'il est fait mention d' un roi araméeo tributaire des Arsacides, qui était en guerre contre un roi nabaléen, tributaire comme lui, dans la première moitié du troisième siècle de l'ère vulgaire. Seulement, an lieu de dominer la vaste région de l'Aram, ce peuple était réduit à un petit canton de l'Osrhoène.

Dérivée du nom géographique d'Aram, l'appellation linguistique Araroéen ou Aramaique désigne un dialecte sémitique qu'on a subdivisé en Babylonien ou Aramaique oriental, et syriaque ou Aramaique occidental. Mais Abon'l-Faradj ou Bar Hebraeus, écrivain bien connu du treizième siècle de notre ère et bien compétent par sa nationalité et son ént dilion, au lieu de faire du syriaque une branche de l'aramaïque, donne celui-ci comme un dialecte de la langue des Syriens ou Assyriens. Il établit (Hist. Dynast.éA. Pococke,p. 16-17 du texte arabe ) la distinction du syriaque en trois dialectes : 1» l'aramaïque, le plus élégant de tous, parlé à Edesse, Harran et dans ce qu'il appelle la Syrie extérieure; 2" le palestinien, en usage à Damas , dans les vallées du Liban et dans la Syrie intérieure; 3° le chaldéonahaléen , qu'il qualifie de détestable dialecte, relégué dans les montagnes de l'Assyrie et les plaines de la basse Mésopotamie. Sans disputer sur le goût d'Abouï-Faradj , qui préférait naturellement son propre dialecte, il est certain que la dénomination adoptée par lui correspond mieux à la valeur étymologique des mots Aram et Aramaique , et qu'elle ressemble parfaitement à l'expression high dutch (haut tudesque), par laquelle les Anglais désignent l'allemand, tandis qu'ils donnent le nom de low-dutch ( bas tudesque ) on simplement de dulch à la langue hollandaise.

Après tout, les applications impropres tYAram à la Babylonie et d'aramaïque oriental au chaldéen s'expliquent parfaitement, comme dans le cas de l'Arménie, par les effets de la conquête, qui rendit communs aux pays occupés les noms appartenant à la race conquérante. C'est à peu près comme le nom de français donné à la langue néo-latine des Gaules , parce qu'une tribu franque étendit sa

ARAM — ARCHAGÉTE

domination d'abord jusqu'à la Loire et ensuite jusqu'à la Méditerranée. Nous suivrons donc la nomenclature adoptée plus généralement au lieu de celle de Abou'l-Faradj, et nous désignerons par le mot aramaïque les dialectes syriaques, oriental et occidental , étrangers à la Palestine.

L'aramaïque s'introduisit en Palestine après la captivité des Juifs ; il y resta jusqu'à la dispersion de ce peuple, et il était très-répandu du temps du Christ, ainsi que cela ressort de plusieurs passages du Nouveau Testament et de Flavien Josèpbe. Ce dialecte faisait concurrence à la langue grecque, apportée dans le pays par une autre conquête ; mais il était plus populaire, comme dérivé de la même souche que l'hébraïque , l'ancienne langue du pays aux temps de son indépendance. Les luttes des Romains contre la Perse sous les deux dynasties arsacide et sassanide, luttes qui bouleversaient souvent les provinces intermédiaires, mais empêchaient aussi rétablissement d'une nouvelle race étrangère, ne tirent que consolider dan» l'aucien Aram les différents dialectes syriaques qu'on y parlait. Mais la conquête arabe , complète, durable et (aile par une race analogue, porta un coup mortel aux dialectes indigènes. Elle les aurait même absorbés entièrement sans l'antagonisme religieux des populations araméennes , qui en grande partie ont été fidèles à la religion de l'Évangile. Aussi les chrétiens de la Babylonie parlent encore un patois chaldéen, ou aramaïque oriental , et l'occidental s'est rooserré dans les environs de Mardin et de Mo&soul, au dire des voyageurs modernes.

D'après les orientalistes qui ont étudié plus spécialement les dialectes aramaïques, ceux-ci se distinguent des deux principales langues sémitiques, l'arabe cl l'hébreu, par la fréquence des monosyllabes, la pauvreté des formes grammaticales et un matériel de mots plus restreint.

Abon'l-Faradj. Hist. Dynatt.; OionM, 167S.

Hoffmann, Cramm. Syr.j Hais. 18*7.

Qnatremère, Mémoire sur les Nabatéens, Journal Asiatique, janvier 1835.

Ciuwin de Perceval, Essai sur VHist. des Arabes; ParU, 1847.

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