‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 15Chapitre 117 sur 145 · DICIS · texte numérisé non relu

DICIS

* MÉDICIS (Jbam ) , général italien , surnommé le Grand-Diable^ né en 1498, descendait de Laurent-rAncien, frère de Cosme Père de la Patrie , et se trouvait ainsi parent du pape Léon X. Il demanda à ce pontife un commandement militaire , et fut employé par lui à soumettre les petits tyrans de la marche d'Ancdne. Il servit en 1521 la république florentine contre le duc d'Urbin , retourna ensuite en Lombardie , où , dans la campagne de 1524 , il remporta plusieurs avantages contre les Français , 4>our lesquels il prit du service , avant la fin de la même année, lorsqu'il vit son parent , le pape Clément VII , devenu 1 allié de François 1er. Il mourut en 1526 des suites d une blessure qu'il avait reçue près de Mantoue.

Ses soldats , auxquels il était cher par un courage qui approcha souvent de |a férocité, et par la licence dont il les laissait jouir ,* prirent tous le deuil à sa mort, l^hs lors on les nomma les bandes noires; et ils justifièrent ce titre par des cruautés qui firent croire que Médicis les commandait encore.

* MEDICIS (Alexandre) , tyran de Florence , souvent désigné comme premier duc de cette ville , quoiqu'il ne fût que duc de Città di Penna , était fils illégitime suivant les uns , de Laurent, duc d'Urbin , et d*uue esclave moresque ; suivant les autres , de Clément VII : du moins est-il certain que ce pontife témoigna toujours pour lui une grande affection. Il le fit élever avec Hippolyte , b&tard de Julien II de Médecis , et nomma le cardinal Corlone régent de la république florentine au nom de ces deux en^ fants; mais ce régent, homme dur et sans habileté, mécontenta extrêmement le peuple qu'il avait à gouverner , . se retira de Florence avec ses pupilles après la prise de Romte

par les Espagnols en 1527 , et laissa ûnsi li république maîtresse d'elle-mèmeet du choa d'un nouveau gouvernement. Clément VU, impatient de réduire les Florentins , s'unit avec Charles-Quint en 1529 pour rendre le pouvoir aux Médicis et faire reconnsitR Aleiandre comme chef de sa famille et de la république. Florence capitula en 1530 , et la même année le pontife se fit déliTrer par sou allié le diplôme impérial qui dédirait le duc Alexandre chef et prévôt de l'État ilo* ' rentin , avec le droit d'intervenir dans tous les conseils et le privilège d'hérédité poor sa race par ordre de primogéùitnre. Ce n'était point assez pour le pape et pour ion pr»tégé. Il fallut que de prétendus représestantsde la république abolissent Tandea gouvernement et déclarassent Alexandre es 1 532 doge ou duc de Florence. Alors cobmença pour cette malheoreuse cité la tTiasnie la plus insupportable. Après la mort île Qément VII , en 1534 , Alexandre ne offlnut plus de (rein; il empoisonna son cousin , le cardinal Hippolyte, et même sa propre mère, s'il faut eu croire les historieBi, pour qu'elle ne demeur&t pas pins looftemps un témoigpage de la bassesse de u naissance. De pareils crimes dispensent de parler de ses débauches , de ses adoltèits, de ses persécutions journalières. Il fut eofia assassiné en 1537 par Lorenzino Médias t homme d'un esprit ardent, d'un caraetère mélancolique, et qui avait puisé dans la écrits des anciens une admiration passionnée pour les )iéros dont la main pieusement criminelle avait su punir les tyrans et rétaUir la liberté. Alexandre avait épousé Uarpt rite d'Autriche', fille naturelle de Charki- Quint : il n'en eut point d'enfant, et u laissa'qu'un fil» naturel nommé Julien.

* MÉDICIS (HippOLTTB DB ), cardiml, fils naturel de Julien II de Médicis, doc de Nemours , né h Urbin en 1511, rcvéto defa pourpre en 1529, parut d'abord dertiné»

comme on l'a vu à l'article précèdes* t a gouverner Florence avec son cousin A^^*^, dre : mais on a vu aussi conoment cëiù-o lui fut préféré par aémcnt VII. ffi^J^^ dédiu de ses espérances, alla ç'éublir « Rome , où sa maison devint le rendcx-TO« de toutes les victimes du tyran de Florence.

Il conservait dans son exil un grand crédit h Rome et à la cour de l'empereur, iJonU ne se lassait pas d'implorer la protection •pour sa malheureuse paUie. Il résolut cnfia d'aller le joindre en Afiriqae; mais il Jo'

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«mpoisonné à Itri en 1535 par ordre d*A* lexandre, qui craignait de le roir s*aboucher arec Charles-Quint. Le cardinal Hippolyte était généreux , aflable , attaché à son pays , et adoré des gens de lettres , parmi lesquels il tenait lui-même un rang distingué. Il a laissé, entre autres ouvrages, une traduction italienne en vers libres du deuxième livre de YEnéide, insérée dans les Opère di FergUio, . . da dit^ergiautoritradotte, publiées . par L. Domenichi , Florence, 1556, in-8».

* MÉDICIS (CosMB 1«'), né en 1519 de Jean-le-Grand-Diable, fiit déclaré chef de la république en 1537 après la mort d'Alexandre, dont il était à peine parent au dixième degré. Charles-Quint, en confirmant cette élection, mit garnison dans les forteresses de Florence , Pise et Livourne : mais du moins il donna des troupes à Cosme pour résbter aux Florentins mécontents qui suivaient la bannière de Philippe Strozzi. Cosme, victorieux de ses ennemis, fît périr les principaux d'entre eux , et, pour s*assurer la protection des ministres même de Charles-Quint , épousa en 1539 Eléonore de Tolède , de la maison des ducs d'Albe. Dès lors le nouveau duc de Florence devint un tyran comme son prédécesseur. Dans les quatre premières années de son règne, 430 émigrés florentins ' furent condamnés h mort par contumace , et 35 virent leurs têtes mises k prix. Il supprima ou laissa sans force toutes les magistratures républicaines , décida toutes les af- £iires par sa seule autorité sans s'inquiéter des lois ni des magistrats , fit un devoir à ses lâches partisans de Tespiounage et de Tassassinat des rebelles, confisqutt^ les biens des familles suspectes, ruina le commerce en s'en attribuant le monopole, et spécula sur la misère générale pour élever des forteresses ' et des palais. Ce despote , si absolu chez lui, était an dehors le plus souple des hommes , quand il s^agissait de se concilier l'amitié de Charles^Juint , qui lui coûta des sommes immenses et ne lui fut pas toujours fidèle.

Cep^dant il sut faire craindre à Tempereur la perte de son alliance , et obtint de lui l'autorisation d'attaquer Sienne, qui capitula en 1555, et resta en son pouvoir, grâce à Tabdication de Charles, qui sans doute en aurait réclamé la possession. Cosme , débarrassé du soin de ménager le puissant Charles-Quint, tourna ses yeux vers une autre idole , la cour de Rome. L'élection de Pie IV (Jean-Ange de Médicis), en 1559, fut son ouvrage ; et ce pontife , qui portait le même

nom que lui , quoiqu'il fût d*une autre famille le favorisa en toute occasion. Quant à Philippe II , Cosme sut se rendre digne de son alliance par des auto-da-fé et de sanglantes persécutions. Bientôt après la moTt de deux fils de Cosme , le cardinal Jean de Médicis et D. Garcias , et celle de la grandedUchesse Eléonore de Tolède , parurent aux yeux de l'opinion de nouveaux crimes ajoutés parle tyran à tant de crimes déjà commis. Les douleurs de la pierre , qui le faisaient beaucoup souffrir, le déterminèrent en 1564 à partager avec son fils François les charges, mais non les honneurs de l'administration , encore moins le pouvbir et les revenus.

Après la mort de Pie IV il brigua Tamitié de Pie V, et Tacheta , en abandonnant aux fureurs de l'inquisition son favori Pierre Camesecchi, coupable de protestantisme.

Le pontife reconnaissant le déclara grandduc de Toscane par une bulle en 1569, et le couronna l'année suivante. L'empereur et le roi d'Espagne ne voulaient point reconnaître ce nouveau titre ; Alfonse d'Esté soulevait l'Italie contre Florence ; et Cosme , puni d'ailleurs de ses longs désordres par la goutte et par d'autres infirmités , traîna ses derniers jours dans l'inquiétude et la douleur. Il mourut en 1574, justement détesté.

* MÉDICIS (FnAwçois), second grandduc de Toscane , fils et successeur de Cosme I*', régna avec son père en qualité de prince régent , de 1564 à 1574 , et s'annonça dès lors comme un despote sombre, orgueilleux et dissimulé. Quand il se vit seul à tenir les rênes du gouvernement , il s'attacha tout entier a la maison d'Autriche , se regarda , pour ainsi dire , comme un vice- roi de Philippe II , et obtint à ce prix de faire reconnaître en 1575 le titre de grand-duc, qui avait toujours été contesté à son père. Il accabla le peuple d'impôts , rendit la justice vénale et cruelle, ruina par des confiscations les premières familles de ses états , et, tranquille dans son laboratoire de chimie , ne vit rien , n'entendit rien que par ses ministres ou ses favoris. La fameuse Bianca Capello surtout prit sur lui un ascendant dont elle abusa. Voulant assurer à jamais sa faveur , elle supposa un enfant dont elle parut accoucher en 1576, et parvint en 1578 à épouser secrètement son amant après la mort de sa femme. Ce mariage , qui fut rendu public Tannée suivante , et la rigueur avec laquelle François exigea , en 1580 , des impôts exorbitants pendant que les mala-

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âie$ et la Diiiuiie désolaient ses étata , aehàvèrent de U rendre méprisable et odieox an peuple. 11 tomba malade en 1587 en même temps que fiianca, et périt ainsi qu*elle après quelques jours de souQ'rance. On ne saurait assurer 51 leur mort £ut Veffet du poison ou doit ^étre attribuée à la nature seule : Ton sait toutefois que le cardinal Ferdinand de Médias , long-temps exilé , venait de reparaître à la cour de son frère , et qu*il devait lui succéder. François , le plus mauvais souverain , le despote le plus .cruel et le plus fourbe qu'ait eu la Toscane, tient un rang distingué parmi les protecteurs des lettres et des aria : on lui doit mime quelques inventions dans les arts mécaniques. C^est loi qui fonda en 1580 la superbe galerie de Florence, et qui vit se former TAcadémie de la Crusca.

,* MÉDICIS (Fbidimabd I«r ), cardinal , grand-duc de Toscane , fils de Cosme I«r , succéda , à Tâge de 36 ans , en 1587 h son frère François, et conserva les insignes de sa dignité ecclésiastique jusqu'à son mariage avec Christine , fille de Charles II , duo de Lorraine, et petite-nièce de Catherine de Médicis , en 1589. Nul homme n'était plus propre J)ue lui à faire ressortir par ses vertus les vices de son prédécoiiseur. Il se montra tout d'abord afiable dans ses manières , noble et fier dans sa conduite , généreux , plein de zèle pour la prospérité publique , sut se maintenir neutre entre l'Espagne et la France et faire respecter de toutes deux rindépeudance de sa couronne : remettant les lois en vigueur , il réprima l'arrogance et la cupidité des minutres , et fit refleurir le commerce, Tagriculture et les beaux-arts.

Il tira de la Toscane , sans l'épuiser , des revenus assez .considérables pour secourir à- U'fois Tempereur Rodolphe II , attaqué par lea Turks , et Henri IV conquérant son royaume. Le prince français surtout lui eut les plus grandes obligations , et |>arut s'attacher à lui pour toujours , et de la manière la plus intime^ en épousant Marie de Médicis, fille du grand-duc François. Mais, presque à l^poque de ce mariage , Henri IV, en accordant la paix au duc de Savoie et renonçant à ses droits sur le marquisat de Saluces , se priva des moyens de secourii* le graud-duc s'il était attaqué. Ferdinand irrité se réconcilia avec la cour d'Espagne et s'éloigna de plus en plus du roi de Franco. 11 donna en 1608 une preuve éclatante de ses nou veau \. sentiments en faisant épouser

à son ûls Cosme II nue arcbidadbisseâ'itttriche, n vit ce nwrkge , mais n'en pot i«cueillir les ûruiU , étant mort en 18Û8. Ui Toscans le regrettèrent vîvemeet \ m»» h postérité doit dire que ses brillâmes qnalitéi furent ternies par une dissimulatioB trof souvent voisine de la perfidie. Au Mstec»' tait là «ne verto du temps.

. * MÉDICIS ( don Pinu ) , 61s de Cosme I«* et frère potné des granânlso François et Ferdinand !«', commsnds llifanterie italienne au service -d'EspsgBe,«t passa la plus grande partie de sa vie à h cour de Philippe H , d'où il ne etm k troubler le^repos de ses deux frères pariei passions violentes , ses débauches effiésèes et ses dettes. Il moomt à Madrid en 1601, laissant un grand nombre d'enfants nstutb que le grand-duc Ferdinand mit asm ia couvents. Sa première femme, EUoooreie Tolède , avait été poignardée pat la a 1576 sur un soupçon d'infidélité.

* MÉDICIS (Cosmi II ) , quttriàse grand-duc de Toscane , succéda à l'âge k 19 ans , en ,1009, à Ferdinand, sob pèie, dont il n*avaît ni la capacité ni la figicv de caractère. H fit toutefois beaucoup psv tMin pays. Sa marine , entretenue par ila prises continuelles sur les infidèles , it r^ douter le pavillon toscan dans toute Is Hêditerranée ; il donna des secours aux Dm»

contre les Turks , et vit ses établisfcmeitil Tyr et à Çidon protégés par rémyrdew* liibu reconnaissante. XJn moment il tf brouilla avec la cour de France, en 161 7, à l'occasion du meurtre de Concini et da nfplice d*£léonore Galigaî; mais cette qaodle n'eut pas de suites funestes. U noonitcs 1621 , à l'Âge de 32 ans , après un règoefK la nature et les circonstances favorabb « plurent à marquer cbnome l'époque et b plus grande prospérité de la Toscane.

* MÉDICIS (don Jbav ) , fils natan)^ Cosme I«s né en 1566 , se fit use luaCeiêputation militaire sous le prince de ^n^f Flandre , et devint un des prindpsB"»»*' ircs de Ferdinand I*^ etde Cotnell^qà remployèrent dans plusieurs néfodabow importantes. Les aeandales qa'il donna ^ »

cour de Cosme II |^rla licence de setB^"' et de ses principes le déterminèrent en 161^ à quitter Florence pour Venise , où il reç^ le commandement de l'armée dettiftée > soumettre les tJscoqoes. Il fit la folie akr d'épouser sa maîtresse, livie Vernanat fl mourut à Murano, près de Vtn»c. en 1621

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* MÉDICIS ( Fbmdikavd II ) , cinquième grand-duc de Toscane , succéda , ù Tûge de i i ans^ en 1621, à Cosme IF, son père ; mais il vécni sons la tutelle des deux grandes- ^uchessea, sa mère et son a'teule , jusqu'en 1628 ,.époqne à laquelle il prit lui-même les rênes du gouvernement. Il n*aTait pas la main assez ferme pour les tenir dignement dans les circonstances difficiles où se trouvait ritalie ; il montra toutefois un grand courage dans la peste qui ravagea la Toscane en 1630. L'année suivante le pape s'empara de rkéritage du duc d'TJrbin , qui vepait de mourir; et Ferdinand , fiancé depuis longtemps avec la petite-fiUe et Tunique héritière dû prince défont, se contenta de réclamer les biens allodiaux de la maison de La Révère. Entre autres faiblesses qu'on peut- lui reprAcber encore, il eut celle de laisser traîner à Rome , en 1633 , Galilée, alors septu^génaii*e et infirme, et cité ai| tribunal de l'inquisition. La mort des deux anciennes r<5gentes et de leurs principaux ministres parut devoir ouvrir une plus vaste et plus libre carrière à Ferdinand : mais en 1641 , 42 et 43 , il fit la guerre au pape avec une mollesse et une timidité qui rendent ridicule le récit même de ses expéditions. Plus heureux et plus habile dans l'administration intérieure^ il encouragea les lettres, les arts , et plus encore les sciences , se fit aimer par sa douceur, son afiàbilité, et mourut en 1670, hgé de 59 ans.

* MÉDICIS (CosMB m) , sixième grandduc de Toscane , succéda , à l'âge de 27 ans,' en 1670, à son père Ferdinand II, mais* n'hérita pas de ses vertus et de ses qualités aimables. Il avait épousé en 1661 Marguerite Louise d'Oriéans , nièce de Louis XlV , qui témoigna' toujours pour lui une aversion invincible , et parut en cela partager les sentiments de tout)e peuple. Il fut obligé de la laisser partir pour la France en 1675 , et ce ne fut pas pour lui un médiocre sujet de dépit de savoir que , quoique retiré au couvent de Montmartre , elle se livrait en toute liberté à sa passion pour le plaisir. Il avait eu d'elle deux fils , Ferdinand et Jean-Gaston, et une fille; Anne-MarieLouise^ mais en vain chercha-t-il à perpétuer par ses fils et par ses parents la famille des Médias , prête k s'éteindre. Ferdinand fut marié en 1688 à la princesse Violente de Bavière , qui se trouva stérile ; Jean-Gaston, le plus jeune, épousa en 1697 Anne-Marie de SaxeLauem- Ijourg , veuve du prince de Meubourg , dont

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