‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 15Chapitre 120 sur 145 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

MEHE

en 7ÔI (1302),àrâge de 68 ans. n se rendit célèbre par sa magnificence , sa valeur, ses talents politiques et miliUires, protégea les lettres , les sciences et le commerce, et sut profiter dcsTautes d'AlfonseX, roi dé Castille, pour agrandir ses états aux dépens des chrétiens. Nous croyons utile de noter ici que ce n'est pas à ce personnage mais bien à Mahomet II que se rapporte Fouvrage intitulé : Histoire de Mahomet II, enrichie de Lettres originales, traduite du grec et de l'arabe sur les manuscrits trouvés à Constantinople, par M. B. de M. (Belin de Monterzi) , Paris, 1764 , 2 toI. in-12, et reproduit sous le \i\xe à% Lettres turques (vojrez le n** 10,453 du Dictionnaire des Anonymes).

• MEHEMED IV ( Abou - Abdallah ) , sixième roi de Grenade, fils et successeur d'Ismaël ben Féragh , plus connu sous le surnom d'Aboul Walid ou Saïd, n'avait que 12 ans, et même 10 suivant les historiens arabes , lorsque ce prince fut assassiné par un noble musulman appelé Muhamad,à qui il avait eidevé une jeune captive espagnole de la plus grande beauté. Avant que la mort du roi fût connue le commandant de ses gardes Othman ou Ozmin assembla les grands, et leur fit reconnaître le jeune Mehemed, qui fut proclamé sans contradiction, et qui, à peine sorti de Fenfance, commença son règne sous les plus brillants auspices.

Cependant Fambition , Favarice etFinquiète jalousie de lliagib Mohammed'Almahruc , sur lequel tomba le choix de Mehemed après la mort d'Aboul Hazan ben Masoud, ancien ministre d'Ismaël auquel il n'avait survécu que quelques mois (an 726 de Fhégyre = 1326), ne tardèrent pas à répandre de vives alarmes dans les esprits : deux frères du roi sont jetés dans un cachot, puis transportés en Afrique ; et le fidèle Othman lui-même est disgracié; mais, jurant de tirer oneyengeance éclatante de son affront, il soulève un parti qui proclame roi Mohammed ben Ferugh , frère dlsmaël et oncle de Mehemed. Celui-ci, apercevant alors la cause de Forage qui se formait , fit arrêter son hagib Almahruc , et marcha en personne contre les rebelles. Dans le même temps les Castillans , appelés aux armes par ces circonstances favorables' , et surtout par les menées du principal chef de l'insurrection , s'emparaient de plusieurs places et menaçaient d'envahir le royaume.

Mehemed , ayant perdu l'élite des siens da^ un combat que lui livrè|[ent les Castillans

MBHE

non loin de Cordoue, rerini dans sa capiUk^ et, après.avoir voué au supplice rindigneminiâtre, cause de tous ses désastres , il ranima le courage de ses fidèles Grenadins , et mit h leur tête son nouvel hagib Alkigiati , qu'il envoya combattre l'enneuii devant Algéiirat.

Les Castillans plus nombreux remportèrent encore une victoire complète : Tbagib perdit la vie dans le combat, qui fut des plus meurtriers. Il fallait au jeune roi tout son courage et toute sa constance ponr (aire face ii de si fâcbeux événements. Trouvant quelque froideur dans ses chefs les plus aguerris, il jure d^enlever sans eux la place de Baëza aux chrétiens , se présente devant ses murs avec une poignée de cavaliers, chassant devant lui Ten- .nemi venu à sa rencontre , Toblige à capituler, et en peu de temps il réussit, à force depersévérance, à rétablir ta fortune au dehors et au dedans. L'histoire a recueilli des paroles dignes d'un paladin quUl adressa àquelqoesuns de êCê cavaliers qui s'élançaient pour retirer du flanc d'un guerrier castillan une lance de grand prix dont il l'avait frappé :

«1 Laissez, dit-il, ce malheureux; s'il ne meurt point de sa blessure , qu'il ait au moins de quoi la guérir. » Gibraltar était en son poi»* voir ; il avait repris les places conquises sur lui par les Africains , alliés des rebelles de son rojaume , et venait de se mettre en mesure de soutenir, pour sa part, la ligue formée contre les Maures par AlfonseXI de Caslille et les roissd'Arragon et de Portugal. La campagne, ouverte avec quelques avantages pour Alfonse, fut bient(>t suspendue par sa retraite précipitée de devant Gibraltar. Vainement ce prince avaît-il espéré que Mehemed se montrerait peu empressé de porter au roi de Fez Aboul Haçan AK , depuis peu son allié, des secours dans cette place , 'que ce dernier s'était un peu brusquement appropriée : le roi de Grenade était trop généreux ou trop clairvoyant pour ne pas sacrifier à des intérêts aussi graves que ceux qui se débattaient alors, l'intérêt de son orgueil offensé. Mais après avoir délivré , par un coup de main non moins vigoureux qu'imprévu, ses alliés d^un danger immédiat et pressant , il ne se crut pas obligé d« leur épargner les railleries et les sarcasmes ; et les farouches Africains résolurent de payer par un assassinat le service qu^il leur avait rendu. Ils le firent poignarder, dès le kudemain, dans une partie de chasse , où il eut l'imprudence de sè j«ndrf presque sans escorte. Son frère Tonssouf Aboul Begia^h fut

proclamé à sa place par l'armée , quHl m* menait de Gibraltar. S'il faut en croire Wa inscriptions placées sur sa tombe, et coBaervées par les historiens arabes (vo^^ss le tome 3 de YHistoin de la domination deê Jmbes en Espagne, parD. Joa.-A. Conde), Mehemed n'était âgé que de 18 ans lorsque fut assassiné ( 13 dylhagia de Tan 733), ci était dans la huitième année de son règne. Mais ces assertions ne pourraient être admises sanff infirmer la véracité dn reste de ^son histoire , qui, ce nous semble , méritait de trouver quelque place dans la Bio gr a phie universelle , où elle eût pu fournir matière aux investigations de M. Audifirei, oo de quelque autre de ses savants coUaboratéors.

* MEHËMET-EFFENDI ,dei^erdnr, o« grand-trésorier de l'empire othomaB , fnt l^énipotentiaire an traité de Paaaarowitach conclu en 17 18 entre les Turkseirempereor, et fut nommé , deux ans après , ambassadenr près la cour de France. Le but principal de sa mission était d'ob|enir, par la médiation de cette cour , une trêve avec Malte , dont les armements faisaient beaucoup de mal à U Turquie. Il fut reçu à Paris avec les plus grands égards par le régent et par le Yieu maréchal deVilleroi, gouverneur de LouîsXV encore enfant ; mais il n'obtint pas ce qall désirait. Cependantil serait parvenu aux premières charges de son pays sans la révoliilioB de 1730, qui coûta la vie à son protecteur, le grand-vézyr Ibrahim-Pacha , et le trûne à Achmet III y et qui le fit exiler lui-oArae dans l'ile de Cypre , où il mourut. Ce •musulman , qui aimait la France , a laissé une relation de son voyage, publiée en français, Paris, 1758, in-12; et litko^phiée en turk, Paris , 1820. — Said , son fib , l'accompagna dans son ambassade comme secrétaire, fut dans la suite nemak beglierbeg de Homélie, puis ambassadear près la cour de France en 1742. Cefîit lui qui établit l'imprimerie de Scutari, d'oà sont sortis plusieurs ouvrages remarquables.

* MEHEMET RIZA-BEYG estlepraûer ambassadeur de Perse qu'on ait vu en France.

Montesquieu,- dans ses Lettres persanes ^^ paru nier , par la bouche d'un de ses voyageurs , le caractère diplomatique de ce pcr^ sonnage : et il faut dire que Meheaset cal plutdt l'air d'un aventurier que dn représca tant d'un souverain. Cependant les arcliivci du ministère des relations extérieares constatent qu'il fut réeUcment chargé par sea maitre d'nne importante négociation. 11

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