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a besoin d*étre ponctué aussi régulièrement que le discours oratoire. Un emploi judicieux des moyens que nous offre le rhjrth' me, peut nous faire atteindre à ce but.
Cette yérité une fois reconnue , il est donc permis de dire qu'une mélodie non rhjrtk' mée^ u*est qu'une chose inerte, un corps inanimé auxqueb le i-hjrthme seul peut donner le mouvement et la vie. Mais, si le rhyth-me a cette faculté 4 Vharmonie n'en est pas moins aussi Tun des puissants auxiliaires de la mélodie; car le degré de l'échelle sur lequel à la 6n d'une phrase on fait reposer la basse ou partie grave de l'harmonie, peut seul déterminer la nature du repos que Ton veut opérer et servir de régulateur à la ponctuation.
La mélodie , le rhjrthme et Vharmonie sont donc une trinité indivisible , et toute composition où chacune de ces parties n'est pas employée judicieusement , ne peut être réputée bonne. Cependant il ne faut pas inférer de là que Ton ne puisse composer de bonne mélodie sans avoir préalablement fait des études en harmonie , et être un érudit en cette science ; car de nombreux exemples de mélodies charmantes, créées par des personnes tout à fait ignorantes des premiers principes de la musique, viendraient démentir une telle assertion ; cette espèce de phénomène est inhéreixt à la nature de l'art musical, qui , plus que tout autre , est un art de sentiment, et, si l'on peut s'exprimer ainsi, un art sensitif , puisqu'il agit -sur nos sens avant de parler à notre esprit. On peut donc penser que le sentiment 4e l'harmonie, ainsi que l'instinct et le besoin du rhjrthme , sont innés chez tous les êtres doués de la faculté de créer des chants mélodieux. Témoins les airs composés par les habitants du midi de la France , d une partie de l'Italie , de l'Ecosse, de l'Allemagne, et surtout du Tyrol. Dans ces lieux , écoutez le pâtre , sur le haut des monts , en guidant son troupeau ; le bûcheron , dans le fond des forêts , la coignée en main ; leybr^ron , de son pesant marteau, battant la mesure sur son enclume; Us chantent! et si l'un ou plusieurs de leurs compagnons viennent unir leurs voix aux leurs , ce n'est pas à Tunisson, mais souvent en harmonie et presque toujours d'une convenance parfaite. Cet instinct , cette science innée des convenances musicales, vient aussi les guider dans le choix des rhythmes qu'ils adoptent, et qui, dès lors, sont toujours appropriés aux sentiments qui les animent ,
et aux besoins de leur» travaux. Le péttr^ jamais ne fait choix que de ceux qui , par leur nature , peuvent s'accorder avec la marche timide et paisible de ses chères brebis , ou de ceux qui , par leur peu de vitesse et leur mollesse , peuvent donner le temps anx échos' de répéter ses chants d'espoir on de crainte, et de les porter de vallons en vallons jusqu'aux lieux habiles par aa maîtresse. Le bûcheron^ par le choix d*an rli/thme modéré , mais énergique , qui vient Taider il régler les coups de sa pesante coignée , sait alléger le cours de ses pénibles travaux. l^e forgeron , au contraire , fait presque Ionjours choix , pour ses chants , d'un rhjthme accéléré, et Télément qui vient incessamment alimenter ses fourneaux semble être le véhicule qui les lui inspire; à chaque coup de marteau dont retentit l'endome, répond successivement un autre coup , et ce toujours dans un ordre semblable.
Nous le répétons donc, le rhjthme est Tame de toute espèce de composition musicale , et une mélodie privée de son secours n^est qu'une froide psalmodie , fort inférieure même à notre piain-chant; car cdni-cia encore une apparence de rhythme, pnisqae l'on y fait emploi de longues et de brèves. Oui , le rhythme seul a la puissance d'imprimer tel ou tel caractère à la mélodie, et le même chant , sans qu'on y change une seole iiote, une seule^ intonation, selon le déplacement que l'on opère dans la disposition des valeurs , et surtout selon le degré de vitesse ou de lenteur avec lequel on l'exécute , peut , à notre gré , servir à exprimer ou la douleur ou la joie ; et nous avons eu maints exemples de chants d'amour qui , par un changement de rhythme et surtout de mouvement, ont puissamment contribué à guider nos soldats dans les champs de la victoire.
Les anciens entendaient désigner par le mot rhjrthme ce que nous voulons exprioMr aujourd'hui en musique par le même mot, c'est-à-dire l'ordre choisi dans lequd onvêot établir la succession des sons dontse compose la phrase musicale , lequel ordre se conslitoe par la durée que l'on veut assigner ^ chacoa d'eux , par leurs différents placements aux temps faibles des mesures , et par k degré de vitesse ou de lenteur avec lequel on doit exécuter le tout; en6n, par ce qu'il est possible k un tambour, ou à tout autre instrument de cette sorte , de nous transmettre de la nature du rhythme d'un chant quelconque.
Ils entendaient aussi , parlemotaiâofér,
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-esprimer ce que nous entendons par celui de mélodie, c^est-àdire une succession de sons différents qui viennent former les diffé* rentes phrases et les périodes dont se compose le discours musical. Une seule voix ne peut donc faire entendre que de la mélodie rfajrthmée.
Les Grecs , ainsi que nous Tarons prouvé précédemment , entendaient désigner par le mot symphonie ce que nous avons nommé harmonie, c>8t-à-direla réunion de plusieurs mélodies entendues simultanément, qui, quoique différentes, sont d*accord entre elles. Il dut donc plusieurs voix pour faire entendre de rharmonie.
Dans Tarticle Compositioh , j*ai cherché à démontrer qu'il ne pouvait j avoir de bonne musique sans la réunion intime des trois parties constitutives de l'art; Tanalyse du bel air composé par mon illustre maître en est une démonstration complète , et le meilleur exemple de mélodie que Ton puisse proposer. Nous invitons le lecteur à ^voir cet article , et nous croyons qu'il pourra 8*j convaincre que la mélodie est à la musique ce qu^est la pensée a la poésie , ou le dessin à la peinture ; que le i^jrtîime y est ce que le m^tre est à Tart de la versification , ou la perspective à celui du dessin ; et qu'enfin y harmonie, par ses actes décadence , par la variété de set accords , par le prestige de ses modulations, par Taulhenticité de ses repos ^ la fin des phrases, et surtout par Tas- *urance c^u'elle seule peut donner à la tonalité , premier et impérieux besoin des jouissances de Touie , est la logique de Tart musical. H. BsaTOM.
MÉLODRAME. {Jrt dramatique.) Ce mot, dont Tacception usitée répugne à son ^tymologie , ne trouverait pas ici sa place s*il ne tenait à l'histoire des mœurs et de la littérature en France. Mélodrame signifie exactement drame en musique : c'est dans ce sens que Suard , secrétaire perpétuel de l'Académie française, remploie toujours; et le mauvais traité de Rétif-de-la-Bretonne sur le mélodrame n'est qu'un essai didactique sur Vopéra . On ne peut s'empêcher de remarquer le bizarre caprice de notre langue :^es deux termes , opéra , mélodrame , dans leur acception connue et reçue , sont également absurdes ; car opéra ne veut rien dire , et tnélodrame signifie tout auti'e chose que ce qu'il exprime.
La tragédie bourgeoise , populaire , délivrée de la pompe des vers alexandrins; Tome 15.
le drame sans art , empreint d'emphase et de pathos; tel est le mélodrame originel.
Ses premiers inventeurs ne cherchèrent qu'à émouvoir le bas peuple : la musique, placée au commencement et à la fin des scènes, leur semblait de nature à toucher vivement leur auditoire, et h renforcer Tintérét de leurs ébauches grossières. Quand la princesse infortunée entrait en scène , la flûte poussait des sons lamentables : une symphonie lugiybre annonçait la présence du tyran. De là ce nom de mélodrame , qui a sui*vécu à cet usage même, et qui s'est atUché au genre, depuis que, sortant de ses langes, il s'est élevé jusqu'à une certaine dignité littéraire, a conquis le droit de bourgeoisie sur le Parnasse , et menacé l'antique scène française d'un envahissement qu'U n^accomplira pas.
On peut regarder le mélodrame comme l'enfant naturel de la révolution. Il se rattache aux mœurs de cette époque orageuse , aussi étroitement que le drame de Diderot se lie à Tépoque sentimentale , hardie, philosophique , où Voltaire écrivait , où Rousseau convertissait les cœurs et les esprits:
Ouvrez les drames de Diderot et de Mercier, vous y retrouverez ces sentiments généreux etexaltés, cetenthousiasme quelquefois factice , ce partage des salons , ces grands mots de vertu , de patrie , ce mouvement fébrile , dont la société , prête à se désorganiser , était agitée. Parcourez les premiers mélodrames , vous n'y découvrez qu'une continuelle révolte contre les classes supérieures de la société. Partout les grands y sont immolés aux petits , les puissants aux faibles. Tous ces essab informes sont des plaidoyers contre les institutions sociales : vous diriez les théories de Jean-Jacques sur I inégalité parmi les hommes , les doctrines d'Anacharsis Clootz sur la communauté des biens, celles de madame de Staël sur la passion et l'enthousiasme, réduites à une forme dramatique. L'innocence , long-tem|>s et cruellement opprimée , le vice armé du pouvoir et foulant aux pieds la justice; tel est le sujet invariable, le thème constant du mélodrame , tel qu'on l'a fait de 1790 à 1820: au dénouement , la Proridence, long-temps endormie , s'éveille , et Tinnocence a gain de cause.
Cette donnée eût pu être féconde; et comme elle se trouvait en rapportavec les sentiments d'exaspération et de colère que de longs et graves abus avaient entretenus chez le peuple , elle aurait peut-être produit des ouvrages hardis et remarquables , si les écrivains ,
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