‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 15Chapitre 129 sur 145 · M ELU · texte numérisé non relu

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qui s'en emparèrent les premiers , ayaicnt été doués de génie. Le moment était favorable aux témérités: une idée nouvelle , une route vierge encore, se présentaient ; malbeureusement, les créateurs du mélodrame crurent n'avoir nen de mieux à faire que de parodier les tragédies de Sophocle , et leur œuvre monstrueuse , source d'émotions pour les classes inférieures , devint, pour les gens de goût , un objet de risée.

* Sons les vêtements modernes dont ils affublaient leurs personnages , c'était chose curieuse que d^observer et de reconnaître les lambeaux antiques, les débris de la Grèce et de Home dont ils n'avaient pu se débarras- •er. Au lieu de peindre la société vivante et moderne, ils jetaient, péle-méle sur leur scène, des généraux russes qui parlaient comme OEdipe roi , et des reines d'Allemagne qui s'exprimaient comme Jocaste. Rien de plus comique que ces Orestes en frac et ces Agamemnons en habit court. Nos auteurs commencèrent par exploiter ainsi l'histoire moderne tout entière. Cette mine une fois épuisée, les romans anglais, mutilés, rac-r conrcis, comprimés dans le moule commun de trois actes , apportèrent sur la scène leurs fantastiques horreurs. En6n l'on consulta les thé&tres étrangers , dont les chefs-d*œuvre , g4tés par une imitation maladroite , languissants , décolorés , à peine reconnaissables , eurent quelque temps le privilège de piquer la curiosité , de réveiller Tattention publique , déjà blasée par tant d'essais ridicules et par cette longue succession de trivialités, de pédantesques et faibles parodies , et dp tentatives sans hardiesse comme sans résultat.

Quelques auteurs dramatiques modernes, auxquels il serait injuste de refuser un talent remarquable , ont tenté de relever ce genre bâtard et faux. La peinture exacte des mœurs populaires et la disposition habile des incidents distinguent les drames de M. Victor Ducange et de plusieurs de ses rivaux : mais plus ces écrivains se rapprochent de la vérité , plus ils s'éloignent du mélodrame.

Mous avons montré tout le ridicule de l'ancien mélodrame ; ajoutons que l'entente matérielle de la scène , que la manière, non de développer , mais d'arranger les incidents , enfin que la partie pour ainsi dire mécanique de l'art , étaient connues et pratiquées avec succès par les auteurs qui s'exercèrent les premiers dans ce genre. On trouve dans leurs compositions grossières.

une certaine adresse de combinaisons, qui souvent , il est vrai , dégénère en métier et en habitude. Quoi qu'il en soit, on ne peut considérer le mélodrame que comme une anomalie et une dégénérescence de l'art.

Après trente ans de vogue populaire , on le voit disparaître et faire place au drame réel, à la peinture forte, animée, vivante, des hommes et des mœurs. Timide^ et grossier, prétentieux et faux^ barbare et sans audace, il ne laissera aucune trace de son existence ou plutôt de son passage ; et ce ne sera pas son extravagance qui l'aura perdu, mais son défaut de vérité. CnaisTLur.

* MELON ( JauiFaAiK^is), secrétaire perpétuel de TAcadémie de Bortdeanx ^ né à Tulle , mort à Paris en 1 738 ^ fut successivement premier commis du cardinal Dubois « de Law, et secrétaire du régent. On a de lui : Mahmtnid le Gasnetnde , kfitoire oHentaU ,

Jragment traduit de l'arabe , avec des notes , 1729, in-8o ; Roterdam ,1730, inl2 et in-8*; Essai politique sur le commerce, itt-12 , 1734, 1736, 1761; Notice sur l'abbé de Pons, k la tête des œuyres de cet auteur dont Melon fut éditeur.

* MELONCELLI (Gabâisl-Maku) , clerc régulier bamabite , né à Bologne , mort à Rome en 1710, Agé de 72 ans , cultiva avec succès les belles-lettres et la poésie italienne. On a de lui : Poésie liriche , etc. , Lucqoes , 1683, in-4<*; la Farsaglia owero deUagaemt civile di M» Anneo Lucano , tnukuta e transportata in ottaua rima, Rome, 1 707, etc.

* MELOT (Ahicbt) , sarant modeste el laborieux , né à Dijon en 1697 , mort à Parisien 1759, membre de TAcadémie des inscriptions et Qpnser7ateor de la Bibliothèque du roi , partagea toute aa vie entre l'étude et l'exercice des plus aimables vertus. Il avait une connaissance approfondie des mathématiques , possédait le grec , le latin , Thébreu , l'italien , l'anglais , avait même étudié la jurisprudence et s'était fait recevoir avocat an parlement de Paris. Outre plusieurs mémoi^ res qu'on trouvera dans le Recueil de V Académie des inscriptions ,^oxi lui doit le Cafa- /ogue des manuscrits de la Biblioihè^fue du roi, 1739-1744, 4 vol. in fol. (le !•' avec Fourmont) ; le sixième volume du Catalogue des Livres imprimés de la BibUothkfue du rai , contenant le Droit canonique; et enfin il a coopéré , avec Sallier et Cappcronnier , à la publication de l'édition in-fol. de VHistoire de saint Louis par Joinville.

* MELUN (Charles de), baron des

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