M£ND
fortifié p«r le temps à ce poinl que le lonvamin pontife a compté dans sa milice jas^u'à douze ordres religieux voués spécialement à la mendicité; et encore ai^oupd'hai , dans certains États catholiques d*Al- ' Itmagne 9 on punit un mendiant valide qui o*est pas habillé autrement qu'un autre, tandis qu*on vénère celui qui a endossé la robe d*un ongustin ou d'un cordelier. On ne peut pas se dissimuler que la mendicité ne trouve un perpétuel aliment dans les États catholiques, tels que l'Italie , TEspàgne et le Portugal, par Tabondance des aumônes, les distributions publiques aux portes des couvents, et l'application peu judicieuse faite au temps présent des moeurs qui entouraient le chrbtianisme à son berceau.
La France , qui avait moins à souffrir de cette fausse direction des idées , est aussi le pajs où depuis un demi-siècle le gouvernement s'est occupé davantage de la répression de la mendicité. Les ordonnances de i764 y 4767 et 1777 , fidèles à la distincUon que nous avons établie , prononcèrent contre lea mendiants valides la peine des galères , «t la réclusion à Tégard des femmes , des enfants , des infirmes et des vieillards* On prépara les étal>lissements nécessaires pour r<»écution de ces lois , c'est-à-dire des dépôts de mendicité qui étaient une sorte d'intermédiaire entre les prisons et les hôpitaox. Trente-trois de ces malsons existaient en 1792. Dans quelques-unes et notamment dans celle de la généralilé de Boissons^ on recueillit de curieuses observations sur les causes les plus fréquentes de la mendicité, le secret de la saisir dès %t% inremiers développements et d'jr porter promptement remède. Ces établissements encore naissants disparurent pour la plu»
part au milieu de la tourmente révolution^ naire. On avait mis ceux qui restaient à la charge des départements, qui faisaient des' efforts pour secouer une charge dont le poids était sous leurs yeux, et qui né Calculaient pas celle qqe leur imposait la mendicité personnifiée et répandue sur tout leur territoire.
En 1808, Napoléon qui trop souvent a cm possible tout ce qu'il voulait, prononça, par un décret du 5 juillet, Teatirpation de la mendicité dans l'étendue de la France.
Le décret admet entre les mendianU la distinction établie par les lois précédentes.
Mais fl fonde dans chaque département où
la nécessité en aura été reconnue, un dépôt de mendicité dont la dépense sera faite concurremment par le trésor public* les départements et les villes. Depuis l/date de ce décret jusqu'à la chute de l'empire, cinquante-neuf dépôts avaient été établis dans divers déparlments. Trente-sept seulement avaient été mis en activité. Ces établissements , toigours attaqués par les conseils généra uxqui en déclinaient la dépense, sont aujourd'hui réduits à six qui sont placés dans les départements de la Seine, de l'Aine de l'Arriége, du Jun , de la )f ame et de U Haute- Vienne. Ces dépôts renferment à peu près deux mille individus, vieillards, inJBrmes, malades ou mendiants atteints à Texr teneur de difformités; de sorte que ces établissements sont , ainsi que nous les avons définis, des hospices intermédiaires entre les hôpitaux proprement dits et les prisons.
U est, an reste, à désirer que les dépôts de mendicité augmentent en nombre et jusqu'à la proportion do besoin réel , et qu*ib soient placés avec discernement sur les points divers de la France. Si on les soumet à un régime où l'humanité obtienne tout ce qu'aura permis le bon ordre, la société aura pajré sa dette envers la classe d'indiridus qui ne peut pas travailler et qui a le droit de vivre sans travailler.
I«e règlement publié par le ministère de rintérienr, le 27 décembre 1808, renferme ce qo'on peut désirer pour la bonne organisation d^un dépôt de mendicité. Ce règlement en 181 articles pourvoit à la direction écokiomiqoe , temporelle et religieuse de ces maisons. Rien n'est oublié de ce qui intéresse la sAreté, la propreté , la salubrité et un bon système de travaux. Cet acte du gouvernement est la mise en pratique de ee qu'on a pu recueillir des meilleurs écrits publiés sur la .matière , et des renseignements que des comparaisons bien frites ont pu fouiîiir depuis quelques années. Il serait difficile d'aller plus loin ; et ce qu'il y a de mieux à faire est sans contredit de le suivre. Mais un bon règlement n'est pas suffisant. Il faudrait rencontrer pour directeur d'un dépôt de mendicité 9 un ami de l'humanité patient et éclairé, envieux des succès dont l'homme de bien garde le secret pour lui-même, qui fût payé de ses soins par le spectaole d'individus qu'il a raçus vils et qu'il rend à la société dignes d'y figureri Mais con^Men de teb hommes sont difficiles à rencontrer!
MEHD