LUX
moins , sa haine, devint ami intime du danphin < depuis Louis. XI ) , et combattit les Anglais , avec autant de succès que de gloire de 1445 h 1449. Il conserva cependant des relations avec la cour de Bourgogne et marcha avec le comte de Charolais ( depuis Charles-le-Tcméraire ) contre les Gantois rebelles et contre Louis XI m^me dans la guerre du bien public. Ce prince , pour se rattacher définitivement , lui donna le titre de connétable , la main de Marie de Savoie , sa belle-sceur , le comté de Guines et la seigneurie de Novion. Peu après le nouveau connétable enleva au duc de Bourgogne la ville de Saint-Quentin et la garda pour lui ; mais il trahissait également le roi de France, tout en paraissant le méuageï*.
Les deux princes s'aperçurent qu'il les jouait. Bientôt Louis acquit la conviction que de plus il invitait les Anglais à entrer en France : tous deux conclurent contre lui un traité à Bouvines , puis à Soleure (1475). Ln même temps Louis eut l'adresse de détacher de ses intérêts le roi d'Angleterre , après quoi il vint mettre le siège devant Saint-Quentin. Le connétable n'eut d'autre ressource que de s'enfuir à la cour du duc de Bourgogne. Mais celui-ci le livra à Louis qui le fit aussitôt juger par le parlement et condamnera mort. Il eutla tête tranchée sur la place de Grève le 19 décembre 1445.
"" LUXEMBOURG ( FaANçois-HBsm db MONTMORENCI-BOUTEVILLE , duc DE ) maréchal de France et l'un des plus célèbres capitaines du règne de Louis XIV , né en 1628 , était fib du comte de Bouteville décapité pour s'être battu en duel. avec le comte de Beuvron {vojrez Boctbvillb). Produit k la cour par la princesse de Condé, sa parente ( sœur de Henri II , duc de Montmorend) , le jeune Boiiteville devint aidede-camp du duc d'Enghien (depuis le grand Condé), et fit sa première campagne sous ce prince en 1647, dans la Catalogne. L'année suivante il se distingua tellement à la bataille de Sens , qu'il reçut le brevjpt de maréchal-de-camp , ajant à peine atteint sa vingtième année. L'étroiteamitié qui l'unissait au grand Condé Tayant déterminé quelque temps aprèb àsuivre le parti de ce prince dans les troubles civils qui marquèrent la minorité de Louis XIV, il se mit en évidence dans toutes les affaires qui précédèrent le traité de Saint-Germain (1649). L'année suivante , après avoir fait d'inutiles eflbrls pour délivrer son protecteur et son ami ,
renfermé an château de Vincennes avec le prince de Conti et le duc de Longacville , il se jeta d'abord dans la Bourgogne, où il ne put se maintenir , et rejoignit Turenne (qui commandait une armée espagnole dani les Pays-Bas) avec un régimentqu'il venait de lever (en Bourgogne). Nommé lieotenantr général par Turenne , il prit part à la fameuse bataille de Rethel (1650), y fut blessé, fait prisonnier ; et, sur son refus d'abandonner la cause de Condé , Mazarin le fil mettre au château de Vincennes. DcTcnu libre par suite de nouvelles commotions politiques qui forcèrent le cardinal à fuir pour la deuxième fois , Bouteville suivît la fortune de Condé , contribua puissamment à faire le siège de Valenciennes , vivement pressé par le maréchal de La Ferté (1652), et celui de Cambrai (1653). Plus tard, moins heureux à la bataille des Dunes (gagnée par Turenne en 1658), Bouteville y fut fait prisonnier, et échangé peu après contre le maréchal d'Aumont. Le traité des Pyrénées (1659) ayant terminé la guerre, Montmorcnci- Bouteville rentra en France avec le grand Condé , et refusa une somme de 60,000 écas que le roi d'Espagne lui avait envoyée comme récompense de ses services : « Je n'ai jamais entendu , dît-il , être au service d'Espagne, et je ne recevrai de bienfaits que de la main de mon roi. t> Quelque temps après il épousa l'héritière de la noble maison de Luxembourg , petite-fille elle-même dun Montmorenci , et joignit à son nom et à ses armes, les armes et le nom de Luxembourg^ sous lequel nous le désignerons désormais et qu'il a couvert d^une gloire nouvelle. En 1667 la guerre ayant recommencé contre l'Espagne , Luxembourg partit d'abord comme simple volontaire pour aller servir en Flandre dans Tarmée sous les ordres de Turenne ; et peu de temps après , Condé ayant reçu le commandement dune armée , il devint l'un des lieutenant-généraux de ce prince. En 1672, chargé par Louis XIV de la direction d'une armée contre la Hollande, il obtint d'abord les plus brillants succès : forcé ensuite d'évacuer le pays , il opéra cette célèbre retraite qui le plaça dès lor* au rang des plus grands capitaines. Sorti d'Utrecht avec 16,000 hommes , il traversa une armée qui en comptait 70,000, et arriva, au bout de 21 jours , à Charleroi , sans avoir perdu un seul homme ni un seul chariot. Il servit ensuite à Tarmée de Flandre sons le*»
ordres du grand Condé , qui lui confia le