M AGE
MAGG
el Je toat mal , de lui-même , par envie , et d où sont veDues les ténèbres.
Le dogme fondamental des mages était que toutes choses consistent dans le mélange des contraires ^ que le fini ou le monde s'est produit au sein de l'infiui on de Dieu , par Jd lutte morale des deux principes. La division qui a donné l'existence aux choses cessera, puis les contraires se résoudront dans leur source commune et les choses ellesmêmes cesseront.
L'Éternel ayant fait la lumière et le bon , par une opposition nécessaire naquirent aus* sitôt les ténèbres et le mal. Il ne les a pas Toulues, mais il les tolère, afin que la lumière et le bon , brisant les limites que leur opposent les ténèbres et le mal , Ténergie morale sorte victorieuse de cette lutte. Viendra un temps où le mal lui-même se résoudra en bien , et alors commencera le règne étemel de la lumière sans tache et sans ombre.
La mort a été introduite dans le monde par Ahriman , à cause du péché du premier homme. Aux côtés de chaque homme est un ftrvtr^ émanation d'Ormuzd, pur modèle qu'il doit s'efforcer de réaliser. Dès qu'un homme meurt , les devs , émanations d'Ahriman , cherchent à s'emparer de son a me ; s*iJ a fait le bien , elle est défendue par les iiedi , autres émanations supérieures d'Ormuzd ; puis elle est jugée par Ormuzd et son assesseur Bahmon , et conduite au delà du pont Tchinevad , dans la terre du bonheur ; ou bien elle reste en deçà , dans un séjour d'expiation. Il viendra un tems où les bons et les méchants selèveront à-la-fois, reprendront leurs corps ; les méchants et Ahriman sercot précipités dans les ténèbres et dévorés par l'airain fondu ; la terre chancellera comme un homme malade; les montagnes couleront en torrents de feu ; les âmes pastant à travers les flots brâiants seront purifiées; la nature entière sera renouvelée ; «4oat deviendra lumière , et le règne d'Ormozd sans nval commencera. Ahriman, étant rappelé à ses devoirs , ils offriront en commun un sacrifice à l'Éternel ,, et toutes choses cesseront.
La prière passait pour irrésistible , aussi les mages se relevaient sans cesse mutuellement, afin qu'elle nefût jamais interrompue; autrement le monde périssait aussitôt. Conserver Ormuzd , le roi du monde , dans la pureté de son cœur ; célébrer la création de ce dieu suprême ; reconnaître Zoroastre comme son prophète, et détruire le royaume
d' Ahriman : telle était la liturgie et la morale du magisme. De tous côtés des temples s^élevaient pour le feu ; mais on adorait Ormuzd , le feu principe « immatériel , intellectuel , et non le feu matériel qui n'en était que le symbole.
L'adorateur d'Ormuzd devait extirper, par le travail , les serpents, emblèmes d'Ahriman , les animaux nuisibles , les insectes , les mauvaises herbes. Ormuzd créa un lieu de délices et d'abondance , un e«rie/te, un paradis, Zoroastre visita le ciel , y reçut d'Orn\uzd le feu sacré , avec la parole de vie ou le Zendâvesta ; puis il descendit aux enfers et se retira ensuite sur une montagne , pour s'y consacrer uniquement à la méditation et aux exercices de piété. Dans les mystères de Mithras^ qui était la vie, 1 amour, le médiateur incarné, ramenant les anies à Dieu à travers le zodiaque , il y avait une sorte de baptême : des signes étaient imprimes sur le front, un breuvage de farine détrempée dans Teau était avalé en prononçant certaines formules.
Tel est , fort abrégé , le tableau de la religion des mages , qui subit sans doute bien des altérations après Zoroastre, et qui dut emprunter beaucoup aux autres religions lorsqu'elle fut portée dans l'empire romain.
Trois mages furent guidés , par une étoile, selon saint Mathieu, vers le berceau du Christ : circonstance notable, rapportée par un seul des évangélistes.
Hommage pur rendu d'abord à la nature et à son auteur représenté parla nature ellemême , le magisme se compliqua peu à peu, dans l'intérêt des mages , et aussi parce, que le sentiment religieux populaire a besoin d'être alimenté par des objets qui frappent les sens. Mais la religion des mages finit par être à peine distincte sous des formes trop multipliées , et qui l'éloignaient de plus en plus des dogmes primitifs. Elle s'est brisée avee tant d'autres lors de l'établissement dû christianisme , et ses débris se retrouvent encore çà et là dans les croyances qui ^ partagent la vénération de l'Orient et même de l'Europe. Le sentiment qui en avait été l'origine, comme il est celui de toutes les religions, est resté intact, parce qu'il tient à la nature même du cœur de l'homme.
AnoirTMB.
* MAGGI ( BABTHiLEiii ) , chirurgien italien , né à Bologne en 1477 , mort dans sa patrie en 1552, a laissé les ouvrages suivants; Je Sclopetorwn et bumbardamm vulner.
Cnrat. ," Bologne , 1552 , iD-l» ; Venise , (566, in-8o ; et dans le recueil de Gester intitulé : de Chirurgid Scriptores , etc. , Zurich, 1555, in- fol. ; Comtnentaria super li' bros metheomrum, cité sans autre indication
manie de rendre en musique les diflVrcnU cris d*ammau3L ; il fut recherché par plusieurs cours éti'angères , mmia ne voulut point prendre d'engagement et préféra parcourir librement l'Europe donnant ses ou-
par Orlandidans les Notizie degU scrittori vrages dans les diflFërentes villes où il a'ar-
Boiognesi. — MAGcr ( Lucinio-Filalteo ) , prêtre et savant médecin du 16* siècle , né à Brescia vers 1510 , d'iine illustre fapaille de cette ville , mort professeur à l'université de Turin vers 1570, a laissé des traductions latines de quelques traités d'Âristote , et les ouvrages suivants : de Bello in Turcas suscipiendo, Milan, 1542, m-4<> ; Epistolarum JamiliaiHum libriJJI, Pavie, 1564 , i/t-8* ; Afethodus recitandi euras, etc., ibid., 1565 , in-8«î ConsUia de grauissimis morbis, Bàle ; lom. 1er, Pavie, tom. 2% 1565, in-8«. — Jérôme Maggi , savant italien du 16' siècle,
rêtait. Ses meilleurs opéras sont: ArtasenB de MéUsUse, 1762; Antigono du même, 1768; Didone abbandqnata du même, 1799; Allessandio neli Indie^ 1774 , etc.
MAGIE , science occulte à laide de laquelle rbomme est censé exercer un pouvoir surnaturel , un pouvoir égal à celui du diable , si ce n'est à celui de Dieu. Commander aux éléments, évoquer lésâmes , intervertir la marche des astres, se faire obéir des esprits infernaux^ telles sont ses opérations habituelles. Le réprouvé qui possède celle science diabolique , est presque aussi paii-
né k Anghiari dans la Toscane , fut nommé Sant en fait de prodiges , que l'est en fait de
juge dans l'ile de Chypre, tomba au pouvoir miracles le prédestiné le plus favorisé de la
des Turks, et fut étranglé en 1572, tandis grâce d*en haut. Presque tous les miracle»
que les ambassadeurs de l'empereur et du de Moïse étaient répétés par /aiw/iè* et Afem-
roi de France négociaient son rachat. On a brès , magiciens de Pharaon, de lui : / cintjue primi canti délia gnetTa di La magie est une science bica vieille. Elle
Fiandra , Venise , 1551 , in-8o , publiés par était si fort en pratique avant le déluge , dit
le Père Aretin ; de Mundi Exustione , et la tradition , que c'est pour la détruire qae
ele Die Judicii, Bâle, 1562 , in-fol. ; ^anœ Lecttones , seu miscellanea , Venise, 1564 , in-8o ; Délia fbrtificazione délie citte , à la suite du Traité de fortifications de Castriot en 1564, et sépai*ément, Venise, 1584 , infol. ; de Tintinnabulis , Hanau , 1608, in-8o,
Dieu envoya ce cataclysme universel. Il est permis de douter de cela ; autrement la vengeance céleste eût-elle épargné Cham , arec lequel , si l'on en croit aussi la tradition , tous les secrets de la magie ont été consenrés dans Tarche , et par qui , depuis la première
précédé de la vie de l'auteur par Sweert, apparition de l'arc -en-ciel, ils ont été répan-
Amsterdam , 1664 , in-12 , figures ; du Eque- dus de nouveau sur la surface de la terre. La
Ico , Hanau , 1609 , in-8* ; et quelques opus- Genèse, en effet \ dit qu'à l'époque où Dieu
cules dont on verra la liste à la suite de la se repentit d'avoir fait l'espèce humaine et
vie de l'auteur par Sweert, et dans les Éloges résolut de dépeupler par leau cette terre qui
de Teissier, tom. 2, pag. 370. — Màggi périraun jour par lefeu, lecœur deThomnie
(Charles-Marie) , en latin Maddius , littérateur , né en 1630 à Milan , où il mourut en 1699, a laissé différents ouvrages recueillis par Muratori , et publiés avec sa vie , Milan, (700, 5 vol. in-12; Venise , 1708, 6 vol. ibid. ♦ MAGGIO (Frakçois-Marie) , théatin , savant orientaliste , né à Palermecn 1612 ,
était plein de malice : et qu'en tout temps sa pensée était tournée vers le mal , et cuncta cogitatio corJis intenta erat admalumomni tempore. La magie est certainement une des inventions les plus malicieuses de rbomme, mais rien ne prouve qu'elle fût pratiquée avant le dclu-'e. Il est écrit dans le même
mourut dans celte ville en 1686. On trouve livre que du rapprochement des fils de Dieu
dans la Bibliotheca sicula de Mongitore , avec les filles des hommes naquirent des
pag. 221 et suivantes, et additions pag. 40, et géants qui furent de fameux hommes , vm
mieux encore dans les ScriUoi i de Cterici famosi^ mais il n'est pas dit qu'ils étaient
regolari^xx Père Vezzosi, tom. 2 pag. 4-23, sorciers.
la liste des 1 17 ouvrages dç cet auteur, dont 45 sont restés manuscrits.
* MAGGI GRE { FRAtrcEsco ) , compositeur, né à Naples, vers 1727, mort en Hollande vers 1776, se singularisa parla
La magie inventée ou conservée parChanii et qui fut transmise par lui à son fils Misraïm qui s'appelle aussi Zoroastre, est I*
de
magie noire ; elle vient du diable et tu« lui sa puissance. Mais les anges sont aussi
MAGI
MAGI
ea possession de faire des prodiges ; ib ont réTcléles secrets de cet art à Salomon , le plos sage et le plus savant des hommes.
Pare comme sa source , cette magie-là s'appelle (iiiAcAe, par opposition à l'autre . Telle estrorigine que donnent li la magie les amatean du merveilleux. Un art qui produit des effets si au-dessus du pouvoir de Thomme ne peut pas selon eux, avoir été inventé par l'homme.
On serait pourtant fondé h croire , si on préférait le témoignage de Thistoire à celui delà tradition, que cette science est une invention toute humaine; qu^elle se composait originairement des connaissances que Zoroailre (et c'est du philosophe persan qu'il s'agit ici), avait acquises , soit par ses études, soit par ses voyages , et surtout par le séjour qu'il fit dans les Indes , où il s'instniisit eu physique et eu mathématiques à Técole des brachmanes. De retour en Perse, Zoroattre enseigna tout ce qu'il savait à ses adeptes , qui desservaient avec lui le culte da feu , symbole de l'Être suprême. Or , comme ces adeptes s^appelaient mages , leur science qu'ils ne communiquaient point aux profanes , s'appela magie.
Cette magie-là se divise en natut-etle et en artificieUe^ sciences fort innocentes toutes les deux. Les prodiges que la magie naturelle opérait , résultats de l'étude de la nature et de la connaissance des propriétés des substances , sont ceux que les chimistes et les physiciens renouvellent tous les jours dans leurs laboratoh-es. Quant à la magie artificielle, elle ne doit ses prestiges qu'à l'adresse des gens qui la pratiquent ; c'est l'art des escamoteurs et des mécaniciens.
Mais revenons-en à la magie proprement dite , à la magie noire. Elle se divise , dit Corneille Agrippa, en cœlestialis et en ceremonialis. La première est celle par laquelle non-seulement ou lit les destinées de l'homme dans les astres , mais en vertu de laquelle on commande aux astres ; la seconde est celle par laquelle , en vertu de certaines cérémonies , on se fait obéir des démons , pourvu qu'on ait fait un pacte avec eux et placé chez eux son ame à fonds perdus.
Comme le monde a toujours été peuplé de dopes et de fripons , et que le vulgaire est enclin partout à attribuer à l'inteiTention d'une puissance surnaturelle les effets dont il ne connaît pas les causes , chez toutes les nations et dans tous les temps on retrouve des hommes qui , plus adroits et moins iguo<
rants que les autres , exercent la magie sous des noms différenU. Chez les Juifs, chez les Grecs , chez les Romains , chez les Lapons , chez les sauvages et même chez nous, sous les noms de pythonisse, d'augure, d'enchanteur, de nécromancien , d'aruspice , d'astrologue , de devin, de jongleur, de sorcier, ne voit-on pas des imposteurs abuser les idiots et exploiter la crédulité publique? Les moyens par le/quels les gens qui pratiquent la magie préparent leurs opérations sont à peu près les mêmes depuis six mille ans. Certaines herbes , certains chan^ , certains nombres , certaines paroles , appuyés d'un coup de buguette, suffisent à Médéc, à Circé , à la sorcière d'Endor pour intervertir les lois de la nature.
Effer 0çuam et molli cinge htfc altaria vitta FêrbêiMsque adoU ptngnes et masçula turm, CoHj'ugis ut magicis smnos avertere sacris Erperier sentut : nihil hic nisi etwmùte desunt, Jhicite ab urbe domum, mem carmina « ducite
Dmphnis, Carmina vel cafo possunl deducere lunmm :
Carmimibus Circe socios mutavit Ulytei; Frigidus in ptwtis catttando rttmpitur anguis. Terna tibi httc primum triplici divers» colore Licia circumdo « terque altaria circum , Effigiem dttco; numéro deus impari gaudet.
YiBO.,Eclog. 8.
Qu'on tpporte l'etn stlnle, ornops île Ttoletlet Obs anteh entouras de mollet bandeletles ; BrdloD* sur le bûcher la ▼enreine el rencens. D'oD Infidèle ëpoox ponr égarer let-sens , rioTOque un art calibre et se* lilcs antiques. Il reste i prononcer les paroles magiques ; Charmes thcssaliens , raroenes-rooi Dapbnis I Tout cède k leur vertu, ma chère Amaryllis ;. Eux seuk ont transformé les compagnons d'Ulysse; Ils peuvent , dans les près où le serpeat se glisse. Soudain briser son corps saisi d'un froid mortel ; • Ils contraindraient la lune i descendre du ciel. J'ai choisi trois bandeaux qui ceindront le volage ; De leur triple couleur entourons son image.
Trois fois je la promène autour de ces autels , Toujours le nombre impair agrée aux immortels.
TlSSOT.
11 est une espèce de magiciens , et ce n'est pas la plus noble , qu'on appelle sorciers.
Ce nom leur vient de ce qu'on leiu* attribue la faculté de jeter des sorts ou des maléfices sur les individus et les choses auxquels ils veulent nuire; de là , les sortilèges.
Il fut un temps , et ce temps n'est pas éloigné , où , aux sorciers près , tout le monde en France croyait à la sorcellerie. On peut juger , par le nombre des charlatans qui l'excroflicnt, du nombre d'insensés qui les
MAOI