‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 15Chapitre 41 sur 145 · M AGI · texte numérisé non relu

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• Kppe-le-M, Charles VI el îc glorieux » Charles VII , considérant qu'ils ne pou-

• vaient avoir par eux-mêmes une connais- » sance assez exacte de leurs sujets , pour » ne pas être souvent exposés h se tromper

• dans le choix qu'ils en feraient, avaient » oiHionné que , toutes les lois qu'il vaque-

• rait une place de judicature , le tribunal « où elle raquerait élirait , à la pluralité des

• voix, les ttx>is hommes qu'il croirait U » pluê capables de U bien remplir^ et les » présenterait au roi ^ gui coi\férerait la

• place à l'un des trjis. Par ce moyen , la

• conscience du roi était déchargée , et les » places étaient toujours bien remplies. » Il serait à désirer que cette méthode salutaire, récemment adoptée par un décret du 17 mars

1808 , ^ur la nomination des conseillersauditeurs et des auditeurs, fût employée pour toutes les places de magistrature.

2^ L* inamovibilité des magistrats a fondé leur indépendance , que j'appellerai légale, en les mettant à Tabri des destitutions arbitraires ; mais leur indépendance morale n'a jamais été plus exposée aux prestiges de Tambition. Sous Tancien régime , le magistrat avait bien moins à lutter contre ce dangereux écueil : non-seulement les charges de magistrature étaient inamovibles , mais elles étaient héréditaires et même aliénables , ce qui présentait néanmoins de graves inconvénients d'un autre ordre. Pour être admis à exercer une de ces charges, il* suffisait d'en payer la finance , de subir un examen , uçe enquête de vie et mœurs, et d'obtenir Vagrénfent de la compagnie dans laquelle on voulait entrer; le reste était de pure forme. Le juge royal aspirait rarement 2i une place de conseiller ; le magistrat de provioce , à une magistrature à Paris; chacun exerçait sa charge sans crainte , sans espoir d'avancement; il la transmettait ensuite à son fils, ou atout autre ayant les qualités requises , sauf être obligé de solliciter la faveur du ministre, ni de contracter aucqne obligation envers lui. Aujourd'hui , quelle différence ! tontes les places de magistrature sont dans la main du ministre ; il peut ne présenter , pour les remplir , que des personnes qui lui •ont personnellement dévouées.

Ces places , graduées , offrent la perspectâre d*au avancement plus ou moins rapide, dont le ministre dispose à son gré. Supposons qu'un ministre pervers surprenne la confiance du roi /et qae, pour attenter à la liberté de la presse ou des cultes ou à toute

autre base du gouvernement représentatif , il use de son influence sur lavmagistrature, il ne pourra destituer aucun juge , attendu qu'ils sont inamovibles ; mais il donnera toutes les places vacantes à te% affidés. On verra les auditeurs dévoués au système du novateur , parcourir rapidement les différents degrés de la magistrature , parvenir à la cour suprême ou au conseil d'État; obtenir des honneurs , des décorations , des dignités même; tandis que les magistrats doués d'un vrai mérite , qui se borneront à pratiquer les vertus austères de leur état, resteront auditeurs , suppléants ou juges de première instance. Sans doute que ceux-ci résisteront constamment à la séduction , et sauront se contenter du respect et de la oonlidéraiion, puisque, suivant l'auteur del'^sprit des lois , c'est le lot des magistrats fidè^ les qui ne trouvent que te travail après U travail; mais conserveront-ils la majorité ?

ne la leur arrachera-t-on pas à la longue par de pareils choix ? Cest ce qui a fait dire à M. Bérenger : o Sous un gouvernement représentatif, la magistrature sera toujours ce que le ministère voudra qu'elle soit. » La présentation , par les cours et tribunaux , de trois candidats pour chaque place vacante , atténuerait ce danger. Le choix de bons ministres de la justice le ferait presque cutièrement disparaître. Espérons que la sagesse du roi ne confiera Tauguste sacerdoce dans lequel Lhôpital et D'Aguesseau ont acquis tant de gloire , qu'à des magistrats dignes de les remplacer.

3« Pour que la magistrature puisse remplir le grand objet de son institution , il faut que son autorité ne puisse être éludée, ni ie% attributions envahies. Les art. 62 et 63 de \\ Charte l'exigent impérieusement : Nul ne pourra être distrait de ses juges naturels : — il ne pourra en conséquence être créé des commissions et des tribunaux extraordinaires. Ces dispositions salutaires ne recevront leur entière exécution que lorsqu'on fera cesser les nombreuses usurpations de Tautorité administrative sur le pouvoir judiciaire, et que l'on renverra devant les tribunaux ordinaires le contentieux des biens dits nationaux , les appels comme d'abus , les prises maritimes , et généralement toutes les matières purement contentieuses. Ces infractions à l'ordre natur el des juridictions , introduites , les unes par des mesures révolutionnaires , les autres par des actes de pouvoir absolu , ne doivent plus subsister, puis"

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qu'elles sont une violation permanente de la Charte, soit plirce que le conseil d'État et les conseils de préfecture , qui se trouvent encore actuellement saisis de la connaissance de ces matières, sont des auxiliaires de Tautorité administrative et non des tribunaux , soit parce que les membres qui les (Composent n'ont pas le caractère de juges , étant privés de V indépendance légale produite par Vinamouibilàé , soit enfin parce que la publicité et les plaidoiries , qui sont au nombre des formes substantielles des jugements , sont exclues de ces conseils. Toutes ces propositions ont été démontrées dans ^ les ouvrages modernes, publiés par des magistrats du premier mérite.

. Il s'ensuit que pour rendre.à la magistra iure toute l'autorité et tout l'éclat qu'elle doit avoir , pour porter l'administration de la justice au plus haut degré de perfection, les principes consacrés par la Charte constitutionnelle suffisent; il ne faut que les mettre dans une pleine et entière activité , en réprimant les abus et les usurpations de pouvoir par une bonne loi réglementaire.

fiouRcniCNOir.

* M AGISTRIS (Htacihthb di) , missionnaire italien, né eu 1605 au diocèse de Crémone , mort en 1668 préfet du noviciat de Goa dans les Indes , est auteur d'une Relation ( en latin ) de Vétat des missions à Maduré et des établissemenU des jésuites sur la côte de Malabar, Rome, 1661 , in-S*, traduite en français par le Père Jacq. de Machault. — Macistris (Franc, de), chanoine de Maples , a publié : Status rerum memorabilium ciuitatis Neapolitanœ, avec un Supplément par Jos. de Magistris , son neveu , Naples, 1661 - 1678, in-fol. — Macistris ( Simon ou Siméon de) , prêtre de l'Ori^oire de l'ÉgliseNeuve de Rome , né à Serra en I72Ô , mort à Rome en 1 802 , fut nommé par Pic VI chef de la congrégation cbargée de corriger les livres et liturgies des églises orientales. On lui doit : Daniel secundiun Septuaginta, etc., grec et latin, Rome, 1772,in-fol. ; Acta martjrrum ad ostia tiberina ex manuscriptis, etc., Rome, 1795 j S. Dionysii Mexandrini, etc., opéra quœ supersunt, grec et latin, Rome, 1796, in-fol.; (Ûi atti di cinque martiri nella Corea , etc. , Rome , 1801 , in-8** ; et une édition de P. Josephi Bianchini Elogiuni hist. , Rome , 1764.

* MAGLIABECCHI ( Artoihb) , savant bibliothécaire, naquit à Florence en 1633 , de parents pauvres, qui le destinaient à une

profession mécanique ; mais une passion invincible pour la lecture l'entrafna bientôt ' dans la carrière qui devait le rendre si célèbre. Guidé par les conseils d*£rmini, bibliothécaire du cardinal de Médicis , le jeune Magliabecchi acquit en peu de temps les connaissances les plus étendues sur la littérature, les langues et l'antiquité. Son mérite ne resta pas ignoré : Cosme III le nomm»

conservateur de sa bibliothèque, etl'autôrisa à faire transcrire les manuscrits de la bibliothèque Laurentienne. Dès lors Magliabecchi se livra avec une nouvelle ardeur à ses études favorites. Doué d'une mémoire prodigieuse il parvint par la seule lecture des catalogues à savoir le contenu et même la disposition des principales bibliothèques de l'Europe. A ce violent amour de rinslruction, il joignit le dédain des honneurs , de la fortune et de la société : pour condescendre à ses désirs , le grand-duc lavait dispensé de paraître à la cour , et lui transmettait its ordres de vive voix ou par écrit. Magliabecchi^ regardé comme Thomme le plus érudit de son époque, mogrut en 1714 à râgedcS'Si ans. Quoiqu'il n'ait laissé aucun écrit important , les sciences lui ont de grandes obligations pour les renseignements précieux qu'il fournit aux savants de tous les contrées \ il a d'ailleurs contribué h fSlusieurs publications intéressantes , et mis au jour des ouvrages inédits , entre autres V Hodoeporicon d'Ambi'oise le Camaldule; le dialogue de Benoit Accolti de Prœstantià virorum sus œpî ; VHistona Ftortntinorum de B. Sôila , les Poematia de U. Verini , etc. , etc. Marmi , qui avait été l'ami de Magliabecchi , a écrit la vie de cet homme extraordinaire; on en trouve des extraits dans le Giornale liei litterati d'Italia , tom. 33 , dans les Mémoires de Téi^oux , novembre 1722 , et dans les Mémoires de Niceron, tom. 4 et 10, deuxièn^e partie. Diverses parties de sacorrespondance ont été imprimées sous les titres suivants :

Clarorum Belgarum ad- MagUabecchium Epistolœ , Florence , 1745, 2 vol. inSo ; Clatx>rum Venetorum Episttda: ^ ibid, 1745, 2 voL ; Clarorum Germanomm Epistolœ , ibid. , 1745 , in-8o. La bibliothèque de Magliabecchi comprenait h sa> mort plus de ^jrente mille volumes ; il l'avait léguée à la ville de Florence , et bien qu'elle ait reçu depuis des augmentations considérables , elle a conservé le nom du Maglihecchiana, *MAGNAEUS (Aithb MAGNUSSON , plus connu sous le nom d'ARNAS ) historien

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blandait, né eu 1663 à Ovenb«cke dans le district de Dale, mort à Copenhagae en 1 730, professeur d'histoire à l'Académie de cette ville, a laissé les ouvrages suivants : Tncerti auctoris Chronica Danorum , etc. , Leipsig , I695,in-8o, et dans les Scriptortê rtrum danicatnun ; Magniregis Norwegiœ^ Testamentout, Copenhague, 1719, in-S»; f^ersio latina jupis eccUtiast. Arnœani à la fin des Anna- Us ecclesiast. Danicœ de Pont-Oppidan ; Epist, ad Bassowitiium , etc. , ien tête de VUlphilas de Benzelius; de Jppellatione gothicà Unguœ Islandicœ, à la fin des CrunnloMàgs Sagu , Copenhague, 1775, in-4o ; Expiicatio inscript, cornu Danici, etc. , dans le Not^ lilteraria maris Baltici^ 1701. Jonas JoDcenns acheva et publia à Copenhague en 1780,in-4« ,avec traduction latine, le Recueil des Smgas , dont Magnaeus avait laissé des maténanz.

* MAGN AN (Dominique), religieux de Tordre des minimes , savant antiquaire , né en 1731 au bourg de Raillane près de Forcalquier dans la haute Provence , mort à rhôpital de Florence en 1796 , membre de plusieurs^ sociétés savantes de Tltalie, a laissé les ouvrages suivants : Dictionnaire géographiéfue et portatif de la France , Paris ( Avignon), 1765, 4 vol. in-8o. la ville de Rome, etc. , Rome, 1763, 2 vol. in- 12, ouvrage fort estimé, dont Tauteur donna une seconde édition revue en 1778, 4 vol. in-fol. avec 425 gravures ; Problema'de anno natiuitatis Christi, etc., etc. , Rome, 1772, in-S» , 1774, in-4«^ réimprimé plusieurs fois, suivant Millin ; Miscellanea Numîsmatica , Rome, 1772-74, 4 vol. in*4«, reproduits sous les trois titres suivants : Brutlia Numismatica , etc. , ibid , 1775 . in-fol. ; Lucania mmùsmatica , etc., ibid, 1775 , inA" ; Japygia Numismatiea^ etc., ibid, 1775, grand in-4«. Lipsius cite icpcoredu Père MagiSan :

jTentamen iconarii uniuers., Rome, 1776, in-fol. oblong, figures. Il annonça en 1793 une espèce d'encyclopédie , sous le titre de C3iose logiaire ou Chose logie , mais , heureusement pour sa réputation , il n'en publia qo^on fragment intitulé : Pennon paie des artcétres de S. A. R. Marie Amélie , etc. , Florence , 1796, in-fol. (1 a , dit-on , laissé CD oaanuscrit une partie de Y Histoire des grands-ducs de Toscane. .

• HAGNEN ( Jbah-Cb«tsostômb ) , médecin , né à Luzeuil ( Bourgogne ) an commeiMement du 17* si^e , étudia à Tuniver- AÎté de Oôle , et se rendit en Italie , où ses

succès lui obtinrent une chaire à Pavie ; il y professa aussi la philosophie. Magnen est mort à Paris , où il était venu à la suite d'un ambassadeur étranger. On lui reproche d'avoir mêlé Tastrologie à des connaissances plus réelles. Ses écrits sont : Democritus reuiuiscens , sive de Jtomis , etc. , Pavie , 1645, in-4o, La Haye et Londres^, 1658, 1688 , in-.l2 ; de Tabaco Excrcitationes quatuordecim. Pavie, 1618, ib-d» ; Amsterdam^ 1669, in-l2j de Mannd^ liber singidaris^ Pa^ vie, 1648, in-8o j La Haye, 1658, in-12.

* MAGNENCE (Flavius Maç/iewtius Au- GusTos ) , tyran , né en Germanie Tan de Jésus-Christ 303, d'une famille obscure, fut conduit dans les Gaules comme prisonnier , prit du service dans Tarmée romaine, et arriva de grade en grade à celui de commandant des gardes de Temperenr Constantin. Profitant des querelles qui divisaient les deux fils de Constantin , il prit la pourpre à Augustodunum en 350, fit ma.ssacrer Constantin^ qui fuyait vers les Pyrénées , et de Rome, où il parvint sans obstacle , il envoya sommer Constance , alors occupé k combattre les Perses , de le reconnaître. Celui-ci refusa nettement toute alliance avec le meurtrier de son frère. Alors Magnence marcha contre lui à la tête d'une armée considérable j mais, après quelques légers avantages, il fut batt^ complètement à Murse sur la Drave dans rillyrie : 50,000 hommes restèrent sur le champ de bataille. Il rassembla cependant les débris de ses troupes et opéra sa retraite sur ritalie , et de là, vers les Gaules; mais , ayant éprouvé un nouvel échec dans les Alpes , il s'enfuit à Lyon , et s'y tua pour ne point tomber vivant entré les mains des ennemis , le 1 1 août 353. Il avait déclaré césars , dès le commencement de son usurpation 9 ses frères Décence et Desiderius.

L'histoire reproche à Magnence la dissimulation , Tavarice et la cruauté ; mais tous les auteurs' lui ont reconnu de la bravoure, des talents militaires , de l'éloquence et de l'amour pour les lettres. Il était païen.

MAGNÉTISME. ( Physique.) La série des cfiets connus sous la dénomination commune, de magnétisme ne saurait, au moins dans l'état actuel de la science , être convenablement expliquée , si ce n'est en admettant l'existence de deux agents doués de propriétés analogues à celles cfue nous avons attribuées aux deux fluides Jqui nous ont servi à développer l'ensemble des actions auxquelles l'électricité donne naissance»

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Nous ajouterons que très-probablement ces deux classes de phénomènes ont une origine commune , puisqu^à Taide de courants élec* triques on peut reproduire tous les résultats du magnétisme , siuon d'une manière perséyérante 9 du moins aussi long-temps que dure la circulation électrique établie à travers des fils éminemment bons condacteurs ; en sorte que l'identité de cause serait prouvée , si Ton parvenait à démontrer qu'une semblable circulation a lieu sans interruption dans des aimants ; mais , il faut Tavoucr , rien ne parait en attester Texistence.

Quelque évidente que soit l'analogie de rélectricité et du magnétisme , il existe cependant entre ces deux causes actives des différences assez marquées. L*une développe son influence attractive sur tous les corps indistinctement, tandis que Tautre ne la manifeste qu'ai Tégard do fer, de Tacier , du irickel et du cobalt ; ce quf conduit à penser que ces quatre corps doivent être , pour les émanations magnétiques, d'inGniment mauvais conducteurs. Les autres substances , an contraire , ne leur opposent aucune résistance* A cela près , les principes précédemment établis , relativement aux actions électriques , conservent toute leur intégrité.

Ainsi le fluide magnétique doit être conçu oomme composé de deux autres fluides , qui agissent par attraction Tun sur l'autre , et par répulsion sur leurs propres particules ; rénergie de ces actions est , /lu surplus , sul>ordonnée à une influence qui^ ainsi que rélectricité , suit la raison inverse du carré des distances. Ces données suffisent pour lier entre eux les phénomènes du magnétisme , que nous rapporterons aux cinq titres «nivants :

io jéetion de l'tdmant sur le fer et sur l'acier trempé ;

2o Action» ricipirtques tie deux aimante ;

3<i jietion^iuglobesurl'aimanietsurUjèr;

4» Communication du magnétisme ;

5« Influence des courants électriques pour développer le magnétisme dans les corps conducteurs ( ou électro-magnétisme).

Si nous voulions épuiser les détails que pourrait comporter Tezamen de tes cinq paragraphes, nous dépasserions de beau^ coup les bornes dana lesquelles doit être renfermé cet article , et nous serions obligé de revenir sur des développements qui , à la Térité, ne se trouvent point textuellement contenus au mot ÉLscratciTi , mais cepen-

dant y existent assez évidemment en principe pour que chacun puisse aisément découvrir les modifications qu'il faut leur faire subir, à raison, de la diflërence qui existe entre les agents électrique et magnétique.

1® Action de V aimant sur le fer et sw l'acier trempé, La faculté attractive que raimant exerce sur le fer ne pouvait sam doute échapper à l'œil observateur des anciens philosophes : aussi en ont-ils en connaissance , et , bien que ce phénomène ne soit pas le plus important de ceux que pré»

aente le magnétisme , il leur paraisssdt être non-seulement l'un des efi'ets les plus singuliers de la nature , mais encore un de ceux dont il était le plus difficile de donner une • explication satisfaisante.

En appliquant à ces sortes d'actions les principes théoriques précédemment exposés, toute difficulté disparait, c^t le phénomène se réduit a un développement de forces dont il est a priori facile de prévoir les résultats ; en effet , si M {pi. ^^Jig. 3 ) représente une pierre d'aimant , et que A B soit un berceau de fer placé dans son voisinage, le fluide naturel de ce barreau , décomposé par le magnétisme de la pierre , se résoudra en ses deux éléments constitutifs : l'un A seporters vers l'extrémité la plus voisine de l'aimant, et l'autre B vers l'extrémité opposée : dès lors l'action attractive de M sur A , s'exerçant a une moindre distance que l'action répulsive développée sur B, les deux corps devront se précipiter l'un vers l'autre, et adhérei' aussi longtemps qu'une cause étrangère n'en opérera pas la séparation. On conçoit effectivement que , si la faculté coercitive du fer n*a pu empêcher son fluide naturel d'être décomposé, elle peut néanmoins ne permettre i;»i à l'un ni à l'autre des deux éléments dont il est formé de s'échapper dans l'espace ; eu sorte que l'action persévérante des puissances qui ont déterminé le rapprochement des. deux corps devra nécessairement eu maintenir le contact.

Si de l'extrémité libre d'un barreau de fer jictuellement en contact avec un aimant on approche un second barreau , on remarque qu'il éprouve de la part du premier une influence analogue a celle que la pierre développe sur celui-ci ; ce premier barreau semble donc être lui-même devenu magnétique, exactement de la même manière qu'un corps conducteur est rendu électrique lorsqu'il est placé, non gi contact, mais dans le ■voiH' nage d'un antre corps lui-même électriséi

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otréMilUi eti inportMit, f«ûsq«*il conduit nttureUcnent à penser qae TaionDt est kabitoetteraent dans l'état où se trouve le fer soumis à son infloetice.

En sobatitaant an boireaù de fier dont il est qaestion classas vm barreau semblable d'acier trempé, ca observe des résultats qui d'abord me diffèrent en rien du précédent ; ■sais si ^, après avoir laissé subsister le contact pendant un temps assez long , on sépare Jes deux corps, on pourra se cenvaisMre , en larésestant le morceau d'acier à de la limaille ou à des aiguilles de fer , qu'il a «entracte la propriété qui semblait être le caractère dktinctif de Taimant Aussi , dans cet état , on le nomme ahmamt artificiel ; il est électif TemcBt alors propre à produire tous les r^ «nUais qu'on obtiendrait au moyen d'un aimant matard. Cette substance n'est , au anrf^os , qu'une mine de fer improprement Momméc jntrre ^ parce qu'elle est quelquefois accidentellement mêlée arec des parti* cules pierreuses. Dans les recherches sur le magnétisme , l'emploi des aisaants artificiels fiift beaacoapplus commode qoe^ne le serait <^ai d'on «imant naturel , auquel il ne •crait point toujours aisé de donner une €ormit appropriée aux expériences que Ton se propose de Dure.

^ jiciion$ réeipro4fue$ de deux Mimante.

Il u'cti ^ue deux manières d'opposer l'un à raoire deux aimants artificiels : ou ils se regardent par celle de lenrs extrémités qui a été mise en contact avec un côté donné d'un aimant naturel , ou biçn leur positiosi est teUe qu'ils présentent l'un à Tautre , le premier cdle de ses extrémités qui avait imm^ djatement touché l'aimant, et le second la partie qui était le plus éloignée du point de ooBtact. Dans le premier 4:as, les extrémités en regard se rq>oassent ; dans le second , «Oes s^attirent ; résultai complètement d'ao- «cord avec les principes qui attribuent une ùtaâié j:«pal8ive aux fluides de même nom , «t unelîac^té attractive aux fluides de noms -diffibrents. Or , si les barreaux d'acier ainaanté représentent , ôomme nous l'avons déjà £nt pressentir , des aimants naturels , ceux^ devront se comporter exactem^ de bi même manière ; c'est aussi ce que prouve Texpérience , paisqu'eu prenant deux pierres d'aimant quelconque , on peut toi^ours constater qu'il est deux points de leurs surfaces par lesquels elles s'attirent , -et deux autres points par lesquels elles se repoussent. La cauae Acs influences attractives et né- Tome 15.

poisîves magnétiques étant bien oomiaes , il ne reste plus qu'à déterminer la loi qui les régit. Coulomb, en substituant , dans sa balance électrique, une aiguille aimantée au fil de gomme bque terminé par un disque de papier doré, a transformé cet instrument en un appareil, au moyen duquel il a prouvé que les attractions et répulsions de l'aimant sont en raison inverse du carré de la distance; vérité dont il a également donné la preuve , en comparant le nombre des oscillations que fait une aiguille aimantée , influencée par Tune des ei trémités d'un aimant artificiel, placé ainsi qu'elle dans le plan do méridien magnétique du lieu oA Ton fait l'expérience.

3« Action du glohe sur Vaimant €t eur le fer. Quelque populaire que puisse être aujourd'hui la connaissance de la faculté directrice de l'aimant, elle n'en est pas moins une des plus importantes découvertes que l'on ait pu faire , puisqu'on lui est redevable des progrès de la navigation , et par conséquent des rapports qui se sont établis entre les hommes qui habitent les diverses parties du globe. Pour constater cette propriété, il suiBt de suspendre librement un aimant quelconque de manière à ce que, pouvant se mouvoir indistinctement daae tous les sens , il prenne dans l'espace une position déterminée par la résultante de l'action des forces qui le sollicitent. En opérant ainsi, on reconnaît bientôt qu'il eatune situation fixe à ^laquelle ce corps revient constamment, situation dans laquelle une de ses parties est à peu près tournée vers le nord , et l'autre vers le sud ; de là sont nés d'une part Vidée de la polariU del'aÎBwint , et de l'autre \t% dénominations assignées aux deux fluides dont on suppose que l'agent magnétique est composé. £n eéet , pour expliquer cete direction constante , on admet que la terre agît sur un aimant Qiobile exactement comme le ferait un antre aimant; d'après cela , puisque les fluides de noms contraires s'attirent , il faut bien -qne la portioB de Taimant tournée vers le nord contienne le magnétisme austral, tandis que -celle qui regarde le aud renferme le magnétisme boréal.

Comme l'action de la pesaoteor , si elle ne détermine pas toujours , du moins modifie la situation-que prend «in corps suspendu ou soutenu, dans les recherches magnétiques , pour se mettre à l'abri des perturbations que pourrait occasioner cette ibrce

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il fttut suspendre raimant ou mieux encore Taigaille aimantée par son centre de gravité. Libre alors de toute influence étrangère , sa direction dans Tespace dépend tout à fait de la puissance magnétique de la terre. Pes expériences rigoureuses , faites conséqueomient à ces principes , ont fait voir qu*étant ainsi disposée, Taiguille se fixe dans un plan vertical , formant avec le méridien un angle qui varie non-seulement avec la longitude du lieu ^ mais encore avec répoque à laquelle on fait Tobservation. Cet écart du méridien constitue la déclinaison de Tiiguille aimantée , de même que Tangle qu'elle forme avec la verticale du lieu donne la mesuré de son inclinaison ; on s^estefiectivement assuré que sons des latitudes différentes cette aiguille n'est pas également inclinée à l'horizon. Quant à Ténergie de la faculté directrice, on l'évalue d'après le nombre des oscillations faites dans un temps déterminé.

Déclinaison de raiguille aimantée. L'observation pouvait seule faire connaître cette déviation ; car , d'après les lois les plus probables du magnétisme, rien n'indique qu'elle doive exister ; aussi les Variations observées dans UB lieu quelconque ne fournissent-elles aucun renseignement sur les modifications qui auront dû être chservées dans un autre . endroit. Par exemple , à Paris f en 1580 , la déclinaison était de 1 1 « 3& k l'est ; depuis cette époque , elle a continuellement diminué , et en 1663 elle était nulle, c'est-à-dire que l'aiguille aimantée était dans le plan do méridien. Depuis cette époque , k déclinaison a toujours été occidentale , et de plus en plus considérable ; en telle sorte qu'en 1819 elle éuit de 22o 29' h l'ouest, et depuis lors elle semble diminuer annuellement, en sorte qu'en 1828 elle n'était plus que de 22».

Ce mouvement annuel de l'aiguille vers l'ouest ne se fait pas par un mouvement continu , mais il est le résultat de plusieurs oscillations ; on s'est, en général , assuré que la déclinaison augmente depuis le solstice d'hiver jusqu'à l'équinoxe du printemps.

A partir de cette époque , elle diminue jusqu'au solstice d'été , augmente ensuite de nouveau jusqu'à l'équinoxe d'automne, pour diminuer encore, mais légèrement, pendant les trois derniers mois de l'année. Or, la déviation définitive n'est autre que l'excès des déviations partielles qui ont lieu successivement à l'est ou à l'ouest.

Indépendamment de ces oscillations an-

nuelles , l'aiguille en éprouve encore une qui est diurne et telle que, depuis le lever du soleil jusqu'à une heure après midi, elle marche vers l'occident, pour rétrograder en suite vers l'est. Au surplus , l'amplitude de ces oscillations diurnes n'est la même, ni atu diverses époques de l'année, ni dans les différents lieux de la terre , et il est même probable que tout ce qui a été observé relativement à l'augmentation de la déviitioa vers l'ouest se reproduira en sens inverse, à mesure que l'aiguille se rapprochera da plan du méridien magnétique.

Plusieurs circonstances atmosphériques et surtout les aurores boréales, influant sensiblement sur l'étendue des variations diurnes de l'aiguille; mais il parait que c'est particulièrement vers les régions polaires que cette influence se fait ressentir ; car, à mesure que l'on se rapproche des contrées équatoriales, elle va continuellement en s'affaiblissapt. Ainsi , à Sainte-Hélène , die est presque insensible.

En comparant à une même époque , dans différents lieux , la déclinaison de l'aigaille, on voit qu'elle y est très-variable. Ainsi, en Europe, cette déclinaison est maintenant occidentale ; mais il est d'autres parties de la terre où elle est orientale, et il est des points intermédiaires qui forment des bandes sans déclinaison, et où, par conséquent, l'aiguille se dirige vers les pôles. On connaît jusqu'à présent trois lignes sans dédinaison , dont une traversait Paris en 1663, et passe maintenant dans le voisinage de Philadelphie , d'où elle parait à présent s'écarter en suivant un mouvement rétrograde.

Lorsque le ciel est couvert , la direction de l'aiguille aimantée pouvant seule indiquer au navigateur la route qu'il doit suivre , on conçoit qu'il était important de recueillir avec soin tout ce qui peut être relatif à la déclinaison magnétique. Aussi ces résultats, inscrits sur les cartes marines, indiquent-ils les modifications qu'il faut apporter aux indications fournies par la boussole, modifications d'autant plus importantes, qu'entre le Groenland et la terre de Labrador, le chevalier.de Langlade a observé une déclinaison de 45* ; en sorte que la direction de l'aiguille y était également éloignée du nord' et de l'ouest.

Inclinaison de l'aiguille aimantée. L'axe magnétique d'une aiguille suspendue par son centre de gravité , forme avec l'horixon un angle qui , ainsi que celui de la déclinai-

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•OD, est sQsceeptible de changer , non-seulement anîyant les lieux , mais encore à raison de répoque où Ton fait Tobsenration ; malbeureusement ce phénomène n'a été ni aussi anciennement, ni aussi exactement obserré que le précédent. Cependant il parait que iHnclinaison va continuellement en diminuant; ainsi, d'après une observation de M. de Humboldt, elle était à Péris, en 1796, de 69» Sr, tandis qu>n 1828 eUe rtiit seulement de 68«. Il est impossible de piéToir la limite de cette diminution.

Quand on change de latitude , Tinclinaison yarie très-rapidement, en sorte que dans le Toisinage de Téquateur Taiguille est sensiblement horizontale ; mais , à mesure que Ton se rapproche du pôle austral, c'est Teztrémité tournée de son côté qui s'incline yers la surface de la terre , tandis que dans notre bémispbère, c'est la partie opposée qui éproore cette inclinaison. L'équateur magnétique diffère de l'équateur terrestre, et même à proprement parler, on ne devrait point loi donner ce nom, puisqu'il n'est point Tun des grands cercles de la sphère , mais bien une couri>e qui éprouve des rebroussements et coupe an moins Téquateur en quatre pointa diiférenta. La plus grande inclinaison que Ton ait observée est celle de 82o 9^ ; cVst le capitaine Phipps qui, en 1773, fit cette observation , par 79o 44' de latitude boréale.

Action du globe sur lejer. Ce n'est point aniquement sur l'aiguille aimantée que se développe l'influence magnétique delà terre, elle agit aussi sur le fer. Ainsi «une barre de ce métal , tenue dans la situation que prendrait une aiguille d'inclinaison, devient un véritable barreau bimanté , susceptible d'attirer et de repousser, par chacune de ses extrémités , les pôles d'une petite aiguille placée dans son voisinage. En renversant cette barre de fer, les résulta ta opposés que Ion obtient indiquent que le seid changement de position a suffi pour intervertir la disposition du magnétisme de ce barreau acddentel. Ce résultat explique certains faits dont on peut tous les jours constater la réalité; des tiges de fer qui ont long-temps demeure dans une situation fixe, telles que des paratonnerres , ou barres de fei' employées dans la construction des bAtiments, donnent des signes manifestes d'aimantation, que l'on Be peut attribuer qu'à la durée de l'influence iiagnétique du globe terrestre.

Les physiciens ont imaginé plusieurs hylothèses , à l'aide desquelles ils ont cherché

à se rendre compte de Taction que la terre exerce dans ces sortes de phénomènes; quelques-uns ont prétendu qu'il existait vers les régions polaires des mines d'aimant que l'on pouvait considérer comme des centres d'où , émanait l'influence magnétique. D'autres , au contraire , ont attribué cette faculté au globe lui-même. Dans Tune et l'autre supposition , il est également difficile d'expliquer les résultata singuliers , que présentent le phénomène de la déclinaison et celui de Tindinaison ; phénomènes qui , pour atteindre leurs limites respectives , exigent un espace de temps si considérable , qu'il faut un intervaUe de plusieurs siècles avant que l'observation ait pu constater leur retour périodique.

4o Communication du magnétUmc. Les aimanta artifipiels ont sur les aimanta naturels des avantages qui ont engagé les physiciens à rechercher les procédés les plus convenables pour transmettre à ses barreaux d'acier une vertu magnétique , énergique et durable. Lé simple contact peut , ainsi que nous l'avons dit , en parlant des actions que l'aimant exerce sur l'acier, communiquer un magnétisme durable à un fil de ce métal ; mais cette propriété est en général peu intense , et souvent même il se forme dans la longueur de ce fil des pointa conséquente , dus à ta résistance qu'oppose la facuUé coerdlive de l'acier , et que ne peut surmonter l'action trop faible de l'aimant employé pour lui communiquer le magnétisme : inconvénient que Ton évite en se servant du procédé auquel on a donné le nom de méthode de la simple touche , ou mieux encore de celui appelé méthode de la double touche.

Aimantation pour la simple touche. Cette méthode consiste à frotter la tige d'acier que l'on veut aimanter avec un barreau magnétique dont on fait glisser un des pôles dans toute sa longueur ; opération que l'on répète en agissant toujours dans le même sens. Ces frictions successives décomposent le fluide naturel de la tige d'acier' et produisent vers l'une de ses extrémités l'accumulation du fluide boréal, tandis que le fluide austral est entraîné vers l'autre. D'après cela^ on conçoit que dans la barre d'acier ta disposition du magnétisme est telle, que l'extrémité sur laquelle ou a d'abord appliqué le pôle de l'aimant est dans le même état que lui , tandis que l'autre extrémité possède le magnétisme contraire ; de là résulte encore ta nécessité de continuer les frictions tou-

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jour» dan» le même «eus ; car , en rètrogracfaiBt, on détroirait infailliblement Tefl^t déjà produit.

Aiaumtaiion par la double touche. Cette seconde méthode, inventée par Micfaelli, est beaucoup plos avantageuse que la précédente. Pour la mettre en praticpie , on se sert de deux barreaux aimantés que Ton dresse verticalement à une petite distance Tun de Taotre , de manière que leurs pôles oppWs sorent en contact avec la partie moy^ne de la barre d^acier que Ton vent aimanter. Tirant alors en sens centrairet les deux aimants , Tnn entraine le fluide boréal, tandis que Tautre exerce une semblable influence sur le fluide austral. £n répétant ces frictions un certain nombre de fois , on communique h Tacier une propriété magnétique d'autant plu» considérable , qu^ les deux aimants agissent simultanément pour décomposer son fluide nature). Quelquefois , pour augmenter les résultat» obtenus , on dispose entre deux barreaux aimantés la tige sur laquelle on opère , ajaiit soin que les aimants qui servent à toucher aient leurs pôles respectifs disposés de manière à agir simultané- «nent avec ceux qui supportent la tige. Cette métbode est sans aucun doute préférable à la précéden(e , puisqa'en multipliant le notnbre des puissances qui agissent simultanément sur le corps que Ton veut rendre magnétique , on ne peut qu'augmenter la décomposition de son fluide naturel.

5« Influence des courante électriqueê pour développer le magnétisme dans les cotps conducteurs (ou électro-magnétisme). Quel-, ques expériences , anciennement faites par Dalibard , fiuflbn et Franklin , semblaient devoir faire pressentir qu'il existe quelque rapport entre Télectricité et le magnétisme.

La foudre, en changeant qudqaefois les pôles de Taiguille d'une boussole, rendit plausible cette opinion, à laquelle les recherches d'OEpinns ont donné encore plus de probabilité; cependant jusque-là il n'existait que des soupçons même assez vagues. Un fait découvert par (^ersted leur a donné un plus grand degré de probabilité , et depuis bette époque, qui ne remonte pas au delà'de 1819, les recherches d'un grand nombre de savants parmi lesquels les Français tiennent le premier rang , ont presque changé cette proba* bilité en certitude. D'après cela, Tordre chronologique semblerait exiger que Ton fit d'abord reconnaître les expériences d'OEersted ; cependant la liaison des idées réclame

une marche différente à laquelle nous aoas assujettirons, sans néanmoins prétendre diminuer l'importance d'une découverte auiri remarquable.

Dans les phénomènes de l'électricité ordinaire et dans quelques-uns de ceux que produit la pile vol tai[que , le fluide électrique est dans un état d'équilibre , et , agissant par répulsion sur ses propres molécules, il donne des signes manifestes d'une teiision que Von peut mesurer au moyens d'inslraments appropriés. Dans le) influences dûmiques et dans les acticm» magnétiques que développe l'appareil de Volta, le fiinde est au contraire en mouvement et sa tension bulle; en sorte que, pour reconnaître sa présence , on est obligé d*avoir recours, non à des étectroscopes , mais à des galvanomètres dont la construction repose sur les propriétés électro-magnétiques que nous aUoos rapidement passer en revue.

ïo Influence respectif^ de^Jits conducteurs traversés par des courants électriques. Dans toutes les expériences électro-magnétiques, on obtient à l'aide d'une seule'pile des résuhts identiques avec ceux que produiraient deoi ' de ces appareils agissant isolément. Haii il faut alors, pour se procurer àes courants convenablement dirigés, faire éprouver au fluide des déviations difficiles à suivre, à moins d'avoir sous les jeux Tingénieux appareil imaginé par M. Ampère. Pour éviter cette difficulté, nous supposerons, dans tout ce qui va suivre , qu'une pile particulière est annexée h chaque système de conducteor; ils seront donc alors traversé» par des coarants , dont la direction allant toujours de l'extrémité positive à rextrémi té négative de la pile , pourra être aisément intervertie en changeant le mode de communication.

Lorsque deux fils parallèle» , dont Tun est fixe et l'autre immobile , transmettent des courants qui se meuvent dans le même sens, ils s'attirent , et se repoussent au contraire lorsque leur direction est opposé. On vérifie l'exactitude de cet énoncé au moyen derap* pareil suivant, lequel il est toujours faaïe d'échanger la direction des courants dans l'un ou l'autre fil afin d'obtenir desrésidtats opposés. CD (pi. ^Jig. 2 ), est une fil métallique communiquant d'une part avec le pôle positif , et de 1 autre avec le pôle négatif d'une pile , et dans lequel par conséquent le fluide se meut de C en D. A B est un fil mobile traversé par un second courant, dirigé dans le même sen» que le pre-

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r «t fourni par une autre pile. Pour donner au fil A B de la mobilité , on le suspend au moyen de deux pointes qui plongent dans deux petites coupes de métal contenant du mercure. l^Jig- S indique cette disposition, à laquelle on a recours dans la plupart, des ctrcbnfttances où Ton veut que Tun des conducteurs ait de la mobilité.

Si an lieu d'être parallèles , les fils métalliques forment entre eux un angle , on les Terra se porter Tun vers Tautre , toutes les fois que les deux courants s'approcheront os s^écarteront simultanément du sommet de cet angle. Us se fuiront, au contraire, dans le cas où Tun des courants serait dirigé vers le point de concours des deux fils , tandis que Tautre s'en éloignerait; et, si auenn obâtacle n'arrête le fil mobile, il prendra une position telle, que les deux courants seront alors parallèles et dirigés dans le même seiàs. Ces dispositions variables sont indiquées sur la figure 4, dans laquelle A B représente le fil mobile , et C D ce)ui qui est ùmc. Afin que le premier puisse se mouvoir dans un plan horizontal , il doit n*avoir qu'un seul point de suspension , ce que Ton obtient en le plaçant ainsi que le rqn^sente la figU^e 5 , de manière que Textrémité F téuche.le fond de la coupe sopérioure, tandis que l'autre extrémité E est seulement en contact avec le mercure contena dans la coupe d*en bas.

2» Influence du globe sw des courants moitiés. £n établissant un courant électrique à travers un fil disposé et suspendu comme l'indique la figure 6 , on voit après un certain nombre d'oscillations ce fil s'arrêter dans une position telle , que la partie daoas laquelle le fluide est ascendant , se dirige vers l'ouest magnétique , tandis que la portion où il est descendant regarde l'est ; diaprés cela , on conçoit que , si l'on contourne un fil métallique de manière à former une série d'anneaux dont les centres répondront à un axe commun , les portions de leur circonférence dans lesquelles le fluide est ascendant se porteront simultanément à l'ouest, exactement comme il arrive à l'égard d'un anneau isolé : dès lors l'axe commun sera placé dans le plan du méridien magnétique du lieu où l'on faitTexpérience.

Un appareil ainsi disposé , prend le nom de cyiindre électro^ynamique. Un coup d'œil jeté snr la figure 7 en indique la disposition et le mode de suspension.

Si au cylindre dont il vient d'être ques-

tion on en oppose un tout à fait semblable et comme lui traversé par un courant électrique , on verra le premier s'approcher de lui ou le fuir suivant celle de leurs extrémités que l'on présentera l'une à l'autre. Ainsi, quand les parties mises en rapport sont telles , que par l'influence libre de la terre elles ^ se dirigeraient dans le même sens , il y a répubion, tandis que dans le cas contraire il y a attraction. Les deux cylindres se comportent donc rigoureusement comme le font deux barreaux aimantés qui , pi*ésentés l'un à l'autre par leurs pôles de noms diflérents, s'attirent , tandis qu'ils se repoussent quand ils se regardent par leurs pôles de même nom. Ce résultat est sans doute un puissant motif pour supposer beaucoup d'analogie entre les phénomènes de l'électricité et ceux du magnétisme, ce que les faits dont il nous reste à parler rendront beaucoup plus pro* bable encore.

%o Influence d'un counmtjixe tar m» ai* mumi mobile , et réciproquement. Si au-des* sous d^une aiguille aimantée libre et par conséquent placée dans le plan du méridien magnétique, on dispose un fil métallique qui lui soit parallèle, à l'instant où il sera traversé par un courant électrique , Taiguillç changera de position et déviera a l'est ou à l'ouest , suivant la situation du fil et le sens dans lequel se meut le fluide. Supposons que celui-ci aille du nord au sud , et que le fil soit an-dessus de l'aiguille, alprs la déflation aura lieu vert Test; tandis qu'elle se ferait à l'ouest si le courant était en seaa contraii*e, ou bien si, conservant sa direction primitive , le fil était placé an-desaous de raiguiUe.

Il eût été difficile de donner une explication satisfaisante de cette expérience, dont on est redevable à OEersted, lorsque les recherches dont elle a été l'origine n*avaient pas encore fait connaître des faits susceptibles de modifier les idées que Ton avait alors sur la cause du magnétisme. En efiet, si l'on assimile un barreau aimanté k un cylindre électro-dynamique, on concevra qu'il existe perpendiculairement h son axe des courants circulaires , dont la partie ascendante est tournée vers l'ouest ; en sorte que sur la sur* face supérieure du barreau ils vont de Touest à l'est. Or, ils ne pourront prendre la direction de celui qui, dans le fil placé au-dessus ou au-dessous de ce barreau , va du nord au sud , qu'en changeant la situation de oe dernier , le faisant dans le priemier cas tourner

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Yen Test , et dana le second vers Tonest.

Diaprés cette explication, le barreau devrait constamment se placer perpendiculairement à la direction du fil ; cependant il n'en est point ainsi , ce qui semble au premier aspect infinpaer Thypothèse que nous ayons admise. Cette objection fondée disparaîtra , pour peu que Ton réfléchisse qu*en même temps que le courant électrique tend à écarter le barreau de sa situation naturelle , le globe terrestre agit pour Vy maintenir; dès-lors, la direction dans laquelle il se fixera ne peut être autre que la résultante des deux forces qui agissent simultanément sur lui. Pour qu'il en fût autrement, il faudrait soustraire le barreau à Tinfluence magnétique de la terre; alors les effets observés seraient rigoureusement ceux que la théorie indique. Or, on remplit cette indication en se servant d'une aiifuiUe attatique , c'est-à-dire d'une aiguille à laquelle on donne une telle situation dans Tespace , que Faction du globe agit perpendiculairement à sa surface , et est par conséquent uûUe pour la faire tourner auteur de son axe , placé luimême dans le prolongement de la résulti^te des forces magnétiques terrestres. On pourrait encore obtenir le même résultat, en se servant de deux aiguilles dont la force directrice serait égale , et auxquelles on donnerait un axe commun, en ayant soin de tourner leurs ^ ,pdles de même nom en sens inverse ; enfin il serait encore possible d'arriver au même but, en disposant un aimant de manière à ce que son influence contre-balançât Celle de la terre.

Comme entre deux corps toute action est réciproque, on conçoit que, si le barreau aimanté est fixe et le fil mobile , c'est alors celui-ci qui est assujetti à se mouvoir. Effectivement , quand on présente les pdles d'un aimant à un fil mobile traversé par un courant électrique , celui-ci est attiré ou repoussé, suivant le sens dans lequel leur rapport est établi. Ces mouvements, dont la direction est entièrement conforme aux indications théoriques , conduisent à penser qu'en opposant au cylindre électro-dynamique mobile , dont il a été précédemment question, un barreau magnétique, on pourra' agir sur lui exactement comme on le faisait au moyen d'un autre cylindre. L'expérience, d'accord avec le raisonnement, semble donc affiiiblir de plus en plus les doutes que l'pn pourrait avoir sur l'identité de causes entre les phénomène^ électriques et magnétiques.

4* Action dei courants pour communiquer

A l'acier un magnétisme durable. Le magnétisme d'un û) , traversé par un courant électrique , disparaît aussitôt que la cause qui l'avait fait naître cesse d'agir. Cependant on peut^ soit avec rélectricité ordinaire, soit avec l'appareil voltaïque, communiquer à un barreau d*acier un magnétisme durable ; il suffît , pour cela , de le placer dans Tintérieur d'une hélice formée avec un fil, dont les spires , toujours dirigées dans le même sens , font circuler le fluide autour de la surface. Au bout de quelques minutes , oo reconnaît que ce barreau est devenu un véritable aimant, et la situation de ses pêlet dépend du sens dcns lequel la circulation ^a été établie ; en telle sorte que l'on peut à volonté , en faisant toumerrhélice de droite à gauche, ou de gauche à droite, faire que l'une des extrémités du fil , dont la position est déterminée , possédera le magnétisme^ soit austral , soit boréal ; on pourra même obtenir des points conséquents , en donnant alternativement aux spires de l'hélice des directions contraires. Ces phénomènes, dont la découverte appartient à M. Arago,ncsont point les faits les moins importants de ceux dont se compose une branche de physique à laquelle les savantes rechetches de MM. Ampère , Arago , Faraday , etc. , ont si promptement donné les plus heureux développements. Thillatx.

MAGNÉTISME ANIMAL, yo^ez So«-

■AMBULISMB.

* MAGNI ( Vai.é»ibh), en latin Megnut.

célèbre franciscain et partisan zélé de la doctrine de Descartes, né en 1587àMilsDi mort à SalUbourg en 1661 , fut mis par le pape Urbain VIII à la tête des missions du Nord, et contribua par ses conseils àfsi^ abolir par ce pontife l'ordre des jé*oitiD»

{voj ez Jeanne de Lbstovac). Les Pères de la Société de Jésus se vengèrent en lui f«isant i^user le chapeau de cardinal qne La* dislas-Sigismond , roi de Pologne, avait de* mandé pour lui au pontif. Il parait d'aillears qu'à cela ne s^est point bornée la querdle de Magni avec ses redoutables adversaires. P^' cal en parle assez au long dans «es Provin' eiales; et quelques biographes italiens, mel* tant le principal tort du côté de Magni} l'accusent de peu de modération. Nous ignO" rons s'il donna lieu à ce reproche avant l'emprisonnement qu'il subit à Vienne comni* prévenu d'hérésie dans quelques propositions qu'il avait émises ; seulement "^^V^'t Uin que , nonobstant la défense qui 1*" "**

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