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Vaatre était le chrUtianitme , déjà oublieux de ta belle origioe. Les juifs méprisés et dispersés depuis la dernière mine de leur temple, les querelles ibéolo^^ques de VÉgUse grecque , les arguties de Técole substituées à la simple morale de rÉvangile , les Perses campés devant les murs de Constantinople , et les Arabes sans frein jetés au milien de ces événements avec leurs superstitions ; fournissaient un champ vaste aux réflexions d*une tête ambitieuse , quoique gouvernée par une grande vigueur du jugement. Au sein de ce désordre , Mahomet entrevit la possibilité d'une religion nouvelle. Mais quel peuple, quelle famille en fournira les éléments? Sur quel tronc coofient-il d>nter ce jeune rameau ? Ou bien aara>t-41 des racines qui lui soient propres ? Cette dernière idée ne pouvait être suivie.
Riche de la grande tradition de Tunité d*un dieu créateur et juge, la Genèse était là pour commander le respect; elle posait des homes infranchissables. Moïse avait fixé poor long-temps le point de départ de Fespèce humaine.
Malheureusement , après avoir renoncé à lapins noble portion de 1 héritage d'Abraham, les Koréishites se contentaient de mener une vie chasseresse et pénible sur la plaine bornée où le fils d'Agar avait trouvé à étancher sa soif. Ils regardaient la spoliation du vojageur comme un droit de leur part ; le brigandage était passé dans les moeurs ; pour se rendre favorables les npu- TeUes divinités venues de Phénicie , on leur immolait des enfants, et, au mépris de tous les sentiments naturels , on en mettait d'autres à mort par forme de bienfait , pour leur épargner les horreurs de la 'misère. Le grand-prêtre de la Mekke n'était plus qu'un pontife dldoles. Le culte, comme la nation, était à refaire ; Mahomet en était convaincu, et, ea fondant une religion , il crut pouvoir fonder on empire. Lltsue des choses prouva encore qu'il ne s'était pas trompé.
Ce dessein était vaste ; en guerre avec les juils, dont la dégénération était moins frappante, Tapôtre de Médine n*avait pas le choix des instruments : c'est avec des Arabes , c'est avec les Koréishites , ses compatriotes , qu'il résolut de parcourir sa nouvelle carrière. Au sein de leur corruption , ceux^ ne pouvaient être dociles à ses vues qu'en voyant en lui l'organe d'une autorité plus qu'humaine. Il fallait paraître devant eux avec un sceau divin sur le front , et Ma-
homet pensa que leur entraînement vers des idées superstitieuses ne lui serait pas d'un \ médiocre secours. Dès que les croyances du paj^ se partageaient entre le judaïsme et le christiajiisrae , il importait de mettre à contribution tous les deux. Le judaïsme , il est vrai, se présentait avec une noble simplicité^ mais s*occupant beaucoup de la vie temporelle , il parlait trop peu de la vie future , ressort puissant que la politique des sages inventerait pour la conduite des peuples , si elle n'en trouvait déjà le principe dans le sentiment qui nous pousse vers un avenir illimité. De son côté, le culte du Chriit, sévère dans ses dogmes, encourageait, sous une zone brûlante , le célibat qui ne pouvait s'y naturaliser sans jeter les esprits dans des aberrations funestes à la nature humaine. Il faut bien le reconnaître : après s'être emparé de la doctrine abstraite et souvent inintelligible de Platon , les premiers chrétiens avaient exagéré tous les préceptes de leur fondateur: les couvents, dans lesquels expire l'amour de la patrie , se multipliaient ; les solitudes de la Thébaïde se peuplaient d'anachorètes contemplatifs j le mysticisme «envahissait jusqu'aux villes , qu'il agitait de ses questions folles ou imprudentes ; et {a dépopulation, dont un zèle mal entendu menaçait tous les États de l'Europe , et qui ne devait trouver son terme que dans ie mouvement contraire manifesté à la fin du quinzième siècle , devenait déjà sensible en Orient. Nous ne dissimulerons pas que , loin d'atténuer ce péril, le mahométisme l'accrut par des causes que nous signalerons « bientôt.
Créer une foi viefge de tontes notions antérieures étant une entreprise impraticable, une sorte d'éclectisme en religion devait naitre du cerveau de Mahomet. Mélange adultère du christianisme et du judaïsme , leRoran parut , ou plutôt descendit du ciel; car il était de toute nécessité que la mission du nouveau prophète fût j ustifiée par le livre ^ même qui lui conférait son mandat. Dans un pays où l'on vit de peu el où le trouble des sens pourrait s'accroître de l'usage des boisions irritantes , il crut que l'hygiène ne pouvait rester étrangère à son code. Difficile sur le choix des aliments, il défendit encore de recourir aux liqueurs fermcntées. En cela, allant plus loin que^Moïse , il voyait la possibilité de la soumission au précepte; mais, en permettant d'une manière plus explicite le divorce et la pluralité des femmes , il ren-