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(Ht hommage à un penchant que, par expérience peut-être, il jugeait inutile de cooh battre. Le sérail fut non -seulement autorisé sur la terre, il fut même transporté dans i«t deux pour le musulman fidèle , religion de délices sans 6n ^ qui dut exercer sur les es* prits une empire bien plus étendu que celai d'un paganisme déjà ruiné , et qui s'cUit contenté d*ofirir le honteox exemple de di* vinités prêtes à s'associer à des plaisirs ter* restres. Il y avait nne certaine' adresse à doter l'avenir de la faveur mensongère ac* cordée par les Grecs à la vie présente.
Dans^ette partie du dogme et du précepte qoi lui appartiennent en propre , Mahomet est essentieUemsnt novateur. Jugeant que , sous une température élevée, le culte austère des chrétiens laissait une place à prendre, il fonda la religion du sensualisme ; Tobéissance des peuples lui semblant aussi le pre^ mier besoin du pouvoir, l'impérieuse nécessité fut également mise sur Tantel. La volupté et la prédestination sont donc les deux grands ressorts qu'il emploiera désormais k la conduite de ses frères. Avec Tune , il fera des héros ; avec Fautre , des martyrs. Mais par une réaction toute naturelle , l'empire des femmes trouvera sa ruine dans la possibilité d'en posséder plusieurs à-la-fois ; elles ne seront plus que l'instrument à peine animé de jouissances éteintes avant que le désir ait eu le temps de naître ; et , desséchée à sa source, la reproduction restera languissante.
Ainsi la perpétuité du genre humain, telle que la voulut la pensée créatrice, trouva deux ennemis dans les deux religions qui étaient destinées à se partager le globe policé. I^ christianisme , égaré presque dès son berceau , et Tislamisme abandonné k cette fougue délirante qui fort heureusement s*arrêta devant Charles Martel , seuls eussent suffi pour dépeupler la terre. Sans parler des guerres d'extermination inspirées par l'esprit de prosélytisme , qui fut commun aux deux cultes , les sérails et les couvents , sortes de contraires placés aux extrémités d'une même ligne , pouvaient devenir les tombeaux de l'espèce humaine. Celle-ci eût inévitablement succombé par Texcès ou par labsence de Vacte chargé de la reproduire.
Quant à la prédestination (I), die était
(I) Le chapitre 10 du Korao , Intitulé U Jouas, est employa presque tout entier A établir le dogme de la prédestination. On y trouve an venet 2 : « Qu'on ne peut inlercMer ao^pris de Dieu sens sa voloDlé. »
asaex puissante ponr faire la conquête des deux mondes , si elle n'avait porté son eor^ rectif avec elle. Ennemi de tout perfectioBnement , stationnaire par principe , le fota> lisme , en même temps qu*il lanee lliomme avec énergie , et au moins avec impassibilité contre les obstacles , abat tout esaoï^dela pensée. En nous donnant un avenir immmi.
ble , il nous dégage du soin de le préparer et de le rendre meilleur. Avec lui , plus de regards projetés au loin , plus* d'attentioDi prévoyantes pour l'espèce. Partant, vous n'aurez ni établissements utiles et bien entretenus , ni régime de salubrité publique.
Les famines et les pestes seront le cortège de ce dogme de fer ; la privation de tontes découvertes avantageuses au bien-être de la vie , l'absence des arts propres à rembeUir on k la défendre seront ses conséquences inévitables. VoWk ce qui a enlevé an mahotisme Tempire de l'univers. Voyex , en effet, comment il s'est arrêté tout récemment devant les arts de TEurope ! Une faible artnée de Français en a triomphé en face des pyn* mides ; s'il n'avait été protégé par la tactique anglaise, c'était fait de lui à Saint-Jetnd'Acre , et une poignée de Grecs le tîenten échec depuis sept années révolues ! H n'en était pas ainsi il y a quelques siècles : alon Tespèce humaine n'ayant nulle part secoué ses langes , les musulmans se battaient à armes égales contre les autres nations, et nous sommes peu surpris que , dans leur foi jemie et vigoureuse , ils n'aient rencontré presque partout que des barrières impuissantes.
Cette foi venant k s'attiédir, il était possible que , favorisé par le climat . le dogme de la prédestination restât seul debout, msis sans porteries mêmes fruits qu'an temps de Saladin et de Mahomet If. Au reste, la guerre que le croissant soutient aujourd'hui contre les Russes prouve que le fils d'Abdallah n'avait pas trop mal calculé son ouvrage. Certes , ce n'est pas à nue faible con-
(Verset 25. ) <> Dieu conduit ceusquMI rent dans les voies du selut. » ( Verset 93. ) « La parole de Die« s'est accomplie sur ceux <pii oommeUent le crlat : Us ne croiront pas. » ( Verset 48.) • G%«qM natioa a son terme ^x^ : elle ne saoreit le liiter ni le relar> der d'un insUnu » (Verset 74.) « C'est ainsi que ooM endurcissons le coeur des prérariceteurs. »
On lit dans le chapitre U . dit Abrahmm, ces paroles remarquables , ■ Dieu affermira les croyants en cette Tie et dans l'antre, par sa parole immosble; n égarera les méchants ; il fait ce qull lut plait- • ( Verset 33. )
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ccption que le Koran est échappé» Si, à certains égards , il entretient la somnolence des esprits , ii leur ménage aussi des réveils teiTâ>les. Car dans le gouyernement des hommes, saivant les occorreoces, ii n>st pas rare de voir ctes effets contraires surgir de b même cause.
Mahomet venait renverser des idoles, c'est ime justice qnll faut lui rendre , et dès lors il ne pouvait proclamer sa mi&sion sans déployer Tétendard de la guerre , ne fût-ce que pour sa propre • défense. A pciue se fut-il assuré d'un certain nombre de prosélytes dans sa famille et parmi ses amis , qu'il eut à soutenir sa doctrine les armes à la main.
Bientôt aussi il la propagera par la même foic. Vainement on a répété que la tolérance est dans son livre ; vainement même elle parle le langage qui lui est propre dans cinquante versets que murmurent, tous les jours , les croyants appelés par le muézim à la prière \ le caractère de domination , dont Tenscmb^dece s3rmbole de foi est bien plus réellemenl empreint, en a fait une lettre morte, sous le rapport de la liberté accordée aux autrc28 cultes. Le Koran a été donné au monde , ainsi que le disent plusieurs de ses pages ; mais c*est à la pointe du cimeterre.
Quand le cbapftre de la f^ache nous affirme que les nausulmans , les juifs , les chrétiens et les sabéeus , qui croiront en Dieu et au jour du jugement, en recevront la récompense (1 ) sans acception de leurs rites divers, on est tout surpris de la latitude eflrajante du verset subséquent de ce chapitre, par lequel le vicaire ouvre son apostolat: a Combattez vos ennemis , y lisons-nous, jusqu'à ce que vous n'ayez plus à craindre la tentation, et que le culte divin (autrement Tislamisme) soit établi (2). »
La même pensée se reproduit 'sous mille formes diverses dans les cent quatre-vingtquatorze chapitres dont se compose ce livre réglementaire, souvent dogmatique, et quelquefois sublime. « O croyants, est-il dit dans le chapitre de la Contorsion , cessez d'aimer ^os pères , vos frères , s'ils préfèrent l'incrédulité à la foi (3). Et n'a-t-on pas lieu de frémir quand, un peu plus loin, le commandement suivant est intimé ? « O croyants , combattez vos voisins infidèles ! qu'ils trouvent en vous des ennemis implacables ! » Que
.(I ) C3iapitr« 2, Tenet 59. n) Idem, rmei 190, {?) Chapitre 9 , vcreel 23.