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sera-ce si ces versets sont rapprochés de ceux ou il est écrit sans détour : « L'infidèle qui refuse de croire h l'islamisme est plus abject que la brute aux yeux de l'Étemel (4). Combattez jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de schisme, et que la religion sainte triomphe universellement (5). »
Nous en avons dit asset pour' démontrer que le Koran fut , dans son origine, un manifeste de guerre et de foi. Les femmes n*y sont pas aussi peu favorablement ti*aitée que le prétendent , sur parole , des auteurs étrangers aux anciens usages des pays orientaux.
Ma^iomet n'a point aggravé leur sort. Partout il stipule pour les droits de l'épouie , de la .simple concubine ou de l'esclave. En certaiftes circonstances, il assure la dot de celleci , la liberté de celle-là , et il n^oublie pas l'enfant entre les bras de sa m^re. Le reste doit être mis sur le compte de la température et de la constitution organique qui en résulte. Ne pouvant changer ni Tune ni l'autre , le réformateur , qui eût vainement essayé' d'abolir la réclusion du sexe, au moins avec l'esclavage, a fait entrer la bonté dans le harem : aussi fut-il chéri de toutes ses femmes. Soit conviction , soit qu'il soit doux d'être de la religion de ce que l'on aime , toutes restèrent fidèles à l'islamisme. La première, Kadige, aida le prophète à commencer sa mission; la dernière, Aïescha, lui en adoucit la fin, et ce fut sur ses genoux que reposant sa tête, le conquérant de l'Arabie , le fondateur d'un vaste empire , Tapôtre d'un culte qui allait parcourir les deux tiers du monde connu, et l'écrivain de génie , exhala son dernier souffle.
Lorsque le plan mûri dans la grotte du mont Hara vint à se produire au grand jour, Kadige mérita d'être nommée le premier des croyants. Si Mahomet , comme on l'a prétendu , fut séduit par quelqu'une de ces inspirations , dans lesquelles on s'imagine trop facilement entendre la voix du ciel, lorsque nous n'écoutons en réalité que celle de nos désirs ^ serait- il surprenant que le vicaire de Dieu eût fait passer , dans le sein de son épouse, la confiance dont il était animé?
Les fenomes tenaient, en effet, une grande place dans son cœur et dans sa pensée. Il disait d'elles que le Tout-Puissant les avait créées , avec les parfums , pour le bonheur de l'homme. Il n'est pas de chapitre dans le
(4) ChapUre 8, veriet 58.
(5) Idem , Tenet 3g.
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MAHO
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l^oran où leur souvenir ne «e reproduise par de» images gracieuses. Plus d^une fois , en les douant d'une nature perfectionnce , il Us transporte dans une autre vie pour j faire le bonltenr des justes. Le ei«l fut peuplé par lui « de vierges aux yeux noirs qui <» n'enfantent point , exemptes de taches na-* » turelles , et alTrancbies des besoins qu'on « éprouve sur la terre , si ce n^est de celui >» d^aimer. » Certes , de pai*eils tableaux at< testent Toubli du poison qui dévora ses entrailles jusqu'au dernier de ses jours , et que I» main d'une jeune juive avait apprêté pour venger la mort d'un frère (1).
En nous résumant , nous croyons qu'à une tête susceptible de combinaisons fortes, Mahomet allia un grand courage. Ses cruautés tinrent h sa seule politique; car il avait l'ame naturellement haute. Les vastes contrées, régies par son code depuis douze cents ans , déposent de sa capacité législative. S^il abusa do la crédulité de son siècle, pour ce siècle même ce fut encore de Thabileté , et nous ne saurions , quant à présent, 6xer l'époque oà ce moyen de domination cessera d'être à l'usage de l'espèce humaine. L'islamisme, lorsqu'il parut , donna peut-être à l'Arabie , et aux provinces voisines la seule civilisation qu'elles fussent susceptibles de recevoir. On ne saurait non plus oublier que , tel qu'il est sorti du cerveau de son fondateur , ce culte est celui où l'on abjure le moins. S'il dispa* ralt de la face de la terre , comme on doit le désirer, ce sera par l'extinction successive de ses disciples, mau non par leur défection. Quandonrefusera.de compter Mahomet parmi les grands hommes , il faudra commencer par en réduire beaucoup le nombre.
KXRATKT.
* MAHON ( Paul-Accustix-Olivibr ), médecin , né à Chartres en 1752 , mourut en 1801. Nous avons de lai : Obsen^ations n^édicales et politiques sur la petite^vérole e^.,. l'inoculation générale, traduites de l'an^ glilisdu docteur W. Black, Paris, 1788, in«12 ; Médecine pratique de Stoll, iruducùon nouvelle, et Dissertation (du même auteur) stir la matière médicale , etc. , 4 volumes in-8P, Paris, 1801 ; Histoire de U médecine clinique , ouvrage interrompu par sa mort , et publié avec des additions de Lamauve , 1804 , in 8<».
• MAHOUDEAU ( Jeax-Matthibo ),jé-
(1) Zaïoab , sœar de Marh%b , tn« en combat singulier, par Àli, lieutenant dé M«hoinet.
suite » élève du Père Hardooio , né en Bretagne dans le 17« siècle, mort vers 1730, surpassa son maître dans la science de la chronologie. Il a publié : Analyse astromo^ mique de l'hypothèse lunaire du calendrier gtégoriem ( Mémoires de Trévoux , 1728).
Il avait terminé un Traité dm oaiendrier Judaïque que le Père Hardouin avait promii de publier , mais qui n'a pas vu le jour. On cite encore de Mahoudeau 14 volumes in-A* de recueils inédits.
* MAHUDËL (NicoLi^) , médecin, lavant antiquaire et numismate, né à Langrei en 1673, exerça d'abord la médecine à Montpellier, puis à Lyon , d'où il vint à Paris , fut reçu en 1716 à l'Académie des inscriptions , et mourut en 1747. On a de lui : lettiv contenant l'explication d'une inscriptitm nntique gtvuée sur une pierre trout*ée duos la ville de Calnhom , Trévoux, 1708, iD-12; Dissertations historiques sur les médailles antiques d'Espagne, etc., Paris, 1725, in-4^ Lettre suh une médaille de Canhaee ihid. , 1741)in-8û; traduites en latin (par J « Riehtcr) sous ce titre : NoiHi nummi in eolonid Kartkas^ine , etc. , Leipsig , 1742 , ln-8« ; Catalogue historique d'un laraire curiettx , ihid., 1746, in-8« : c'est la description de son cabinet ; Médailles sur la régAice av^c Uê tehleaux symboliques de Paul Poisson de Boutvalais^ etc., Sipar (Paris), 1716, in-ll Mahudel a été en outre éditeur des iVoiivelles lettres de Gui-Patin, Amsterdam, 1718, 2 vol. in-l2 , et de VUtilité des Voyegesy par Baudot de Dairval , 1727, 2 val.
in-l2; enfin il a laissé en manuscrits um Bibliothèque des illustres Langrois%
» MAL fV«» Mai.
* MAICHEL ( Daniil), savant philologue allemand , né à Stuttgard en 1693 , mort en 1752, fut nommé en 1724 professeur de théologie et philosophie à Tubingen , et en 1739 professeur de droit naturel et politique, et enfin abbé de Konigsbrunn en 1749. On s de lui : Introd. ad histor. litterarùun de prœcipuis hibliothecis parisiensibus , etc. , Cambridge , 1720 , 1721 , in-8o ; Lucubrmtio' nés Lamhetamee, etc., Tubingen, in-8o; Dir sert, de ingénie GaU^rum, ibid , 1736, in-8»; dénnotationes ad Gra^esandii Introduction nem ad metaphysicam , ibkd. ,1737-38, .2 parties in-4« ) Oratio de vitd netnini mancipio, etc. ,ibid, 1739, in-4' j Factum Simsonit ab xireyainé^crimine vindicatam^ ibid., idem. C'est -Maichel qui a fourni les détails sur les églises luthériennes à Fé-
MAIB
MAIG
dilear des Cdrémonits et Coutumuê rêligieum.
*MAICHIN (Abkaud), célèbre avocat de Bordeaux au 17* siècle » a laissé : Swnma jurû cifiiii , Sainl-Jean-d'Augely , 1654 , in^* ; Histoire du Poitou , Saintonge , Au* nis et Angoumois , ibid., 1671, in-8« ; Oo«militaires sur ta coutume de Saint -Jeand'Angel^^ Saintes , 1708 , in-4'. U est assez estimé comme jurisconsulte et buUement comme historique , quoique ses i-echerches historiques n'aient pas été sans utilité.
" MAIDALCHINI PAMFILI (Olimpia ), née à Viterbe en 1594, d'une famille noble mais pauvre , quitta le couvent où elle avait été élevée pour épouser un des cadets de la maiaon Pamfili , qui ne lui apporta aucune fortime et' la laissa veuve après quelques années de mariage. Olimpia , avide d'honnéon et de ricliesses, vit bientôt son ambition satisfaite par l'élévation de J.-B. Pam* fili , son beau-frère t au souverain pontificat sous le nom d'Innocent X : c'est à force d'in* trigves qu'elle était parvenue à lui faire décerner la tiare ; aussi eut-elle la principale part au gouvernement de TËglise tant que vécutce pontife. Mais la faveur extraordinaire dootcUe avait joui nese prolongea pas sous lOA successeur Alexandre VI, qui la repoussa lorsqu'elle vint le complimenter sur son élection , et la relégua à Orviète , où elle moaruten 1656,laissantunefortuneimmense dont la plus grande partie passa au prince Camille Pamfili, son fils unique. Gregorio Leti a publié en italien , sous le nom de Tabbé Gualdi , la vie de don Olimpia Mai> dalchini , traduite en français par Renoult , Lejrde , 1666 , in-12 , et depuis par Jourdan {vojrezce nom).
*MAIDSTON (RicBAmo ni), théologien anglais , d'Oxford , ainsi nommé du lieu de sa naissance dans le comté de Kent, mort en 1396 an couveiit d'Ailesford, avait beaucoup de talent pour la chaire , et combattit avec Succès par ses prédications l'hérésie de Widef. D a laissé un grand nombre d'ouvrages qui sont en manuscrits dans les principales ^liothèques d'Angleterre. La Bibliotheca carmelitana , tom. 2, pag. 682, en donne la liste. Le seul qui paraisse avoir été imprimé est le recueil de ses sermons : Sermones dominicales intitutati : Dormi securè , in-fol. , sans date ( vers 1480 ) , Lyon , 1 494 , in-4», gothique; et Paris , 1520 , même format.
* MAIENNË (CuARLBB DiLORRÂmE, duc DB ), deuxième fils de François de Lor-
raine , duc de Guise , né en 1554, ftt ses premières armes contre les Turiis et y acquit une réputation de bravoure qu'il soutint dans les guerres civiles , à la défense de Poitiers , au siëge de la Rochelle « à la bataille de Moncontour et surtout à la prise de Brouage.
Après la mort de ses deux frères (le duc de Guise et le cardinal de Lorraine ) , dont il apprit la nouvelle à Lyon , il revint h Paris, où sous le titre de lieutenant-gênéml de l'État et couronne de France, il domina dans le conseil de la ligue. A la mort du cardinal de Bourbon, il fut, dit-on «^l'auteur de l'arrêt fameux du parlement pour le maintien de la loi salique rendu en 1593. Cependant après la reddition de Paris , Maïenne se réconcilia avec Henri IV , qui vécut avec lui dans la plus grande intimité, et le nomma gouverneur de TIle-de-France. Maïeiuie mourut à Soissons en 1611. — Maïbiihx (Henri de Lorrain b , duc de) , fils unique du précédent , grand chambellan de France et gouverneur de Guienne, fut tué d'un coup de mousquet dans l'oeil en 1621 au siège de Montauban , sans laisser de postérité.
* MA1£R ( MiCHBL ) , fameux alchimiste allemand, né en 1568 à Rindsbourg dans le Holstein, mourut à Magdebourg en 1622. lia a laissé un grand nombre d'ouvrages devenus rares , et en général plus curieux qu'utiles. On en trouvera les titres dans la Bibliothèque hermétique de Lenglet Dufiresnoy et dans le Dictionnaire de médecine d'Eloy, au laotMajrer.
* MAIER. roresi Matbb et Mbtbi.
• HAIGN AN (Emmahubl) , célèbre physicien et mathématicien , né à Toulouse en 1601 , entra dfltns l'ordre des minimes à l'âge de dix-huit ans , s'appliqua à l'étude des mathématiques , y fit de grands progrès , et fut appelé à Rome en 1636 pour professer cette science dans le couvent de la Trinilédu-Mont, et revint à Toulouse en 1650.
Louis XIV , passant par cete ville en 1660, voulut visiter son cabinet de machines et tenta d'attirer à Paris ce savant religieux , qu'il ne put décider à quitter sa cellule. Le PèreMaignan mourut en 1676. On a de lui:
Perspectiya horaria, etc., Rome, 1648, in-fol.; Cursus philosophicus , Toulouse, 1652, 4 vol. in-8o; Lyon, 1673, in-fol ; Sacra Phiiosophia entis supernaturalis , Lyon,l762-72,2 vol. in-fol. j Dissen. théolog. de usu licito pecuniœ , ibid., 1673, 1673, in.l2.
♦ MAIGRET. Vo^ez Mbiorbt..
• MAIKOF ( BisiLBlyAMOYiTSCR ) , poète ru»8e,iié à Taroslaf en l725,iiioui'uten 1778 à Moscou. Outre deux poèmes comiques ( V Elisée ou Bacckus furieux et le Jeu de l'hombre) , on a de lui deux tragédies , des odes , des fables , etc. Ses Œuvres complet tes ont été recueillies en. un vol., Saint-Pétersbourg, 1809.
MAILHOL (Cl4udb), genovéfin , né à Garcassonne en 1703, mort en 1775, associé de FAcadémie de Béziers , est auteur de deux Mémoires qui parurent en 1770; Tun sur les longitudes à découvrir en mer; l'autre sur un marbre des Juifs que l'on voit à Béziers. Dans ce dernier écrit Tauteur chercbe à prouver que la chronologie de la Bible hébraïque était la même que celle des Septante^ avant qu'elle n'eût été altérée par un certain juif nommé Akiba, qui vivait vers Van 1S8. La même question avait déjk été traitée par le savant Père Pezron {voyez ce nom). — Mailhol (Jean-Pierre), frère du précédent, chanoine, théologal, puis grandvicaire à Mirepoix , né à Garcassonne en 1729 , mort dans les dernières années du 18* siècle, a laissé une Oraison funèbre de Louis XV; et un exercice de Vame -pendant la messe et les vêpres. — Mailhol (Gabriel), de la même famille que les précédents , né à Garcassonne en 1725 , mort à Saint- Papoul en 1791, s'était d'abord fait connaître par un poème intitulé , les Beaux-Àits placés au Temple de Mémoire^ qui fut couronné en 1750 par l'Académie des jeux floraux ; et il donna successivement un grand nombre d'ouvrages anonymes, dont les. plus importants sont: Anecdotes orientales, 1752, 2 vol. in- 12 (qu'il ne faut pas confondre avec un ouvrage portant le même titre publié en 1773 par Mentelle) ; la Nouvelle du jour. Ou les Feuilles de la Chine y 1753, in-12, roman dont Fréron a fait une critique sévère ; Euménide et Gondamir^ histoire française , 1756, in-12: Lettres aux Gascons^ Toulouse, 1771, in-12, etc.
G. Mailhol donna aussi au théâtre plusieurs pièces dont les plus remarquables sont : les /V/iimc5 , comédie-ballet, 1753: P<iro5, tragédie en 5 actes, 1754; /m Lacédémoniennes ou Ljrcurgue , comédie en 3 actes , en vers libres, même année; le Prix de la beauté , ou le Jugement de Paris , comédieballet, 1754 ; Ramir^ comédie héroïque qui eut du succès : M. Oraignon , avocat , avait aidé Fauteur dans cette composition. £nfin Mailhol n'a pas craint de mettre en vers
l'admirable comédie de l'Avare de MoU^e :
a G'est en 1775 (a écrit M. Auger) qu'a paru ce chef-d'œuvre de hardiesse et de sottise. • On trouve des détails sur les Mailhol dans les Souvenirs et Mélanges littéraires de M. de Rochefort ( de La Bouisse) , Paris, 1826,2 vol. in-8«>.
MAILLA , ou plutôt MAILLAG (Josbpr- Ahhx-Marib de MOYRIA db) , jésuite-missionnaire, né en 1679 au château de MailUc, fut envoyé à la Ghine en 1702 , et s'j concilia l'estime et la confiance des empereurs Khang-hi et Rhian-loung. Le premier le revêtit du titre de mandarin et le fixa à sa cour , en récompense du zèle avec lequel il avait dressé la carte générale de la Ghine et de la Tartane qu'avait demandée ce prince.
Le Père Maillac mourut à Pé-king en 1748.
On a de lui une traduction française du Thoung-kian-kang mou ; ma}s c'est plutôt un extrait avec quelques additions étrangères au texte : cette traduction a été pubUèe par M. l'abbé Grozier et l'orientaliste Deshauteraies, Paris, 1777-83, 12vol. in-4», avec cartes et planches. On connaît encore du Père de Maillac treize lettres imprimées en tête du [•' vol. de V Histoire générale de la Chine; une quatorzième insérée à la fin do Chou'king du Père Gaubil j et deux autres dans le quatorzième recueil des Lettres édifiantes,
* MAILLAIIE ( PaulJoseph des POR- GELLETS , MABQUI8 db ) , historien , né à Beaucaire en 1684, descendait de GuiUaame des Porcellets , l'un des deux Français que l'on épargna , dit-on , à cause de leur vertu dans le massacre des Vêpres siciliennes. 11 mourut à Aix en Provence en 1745, après avoir publié des Recherches historiques et chronologiques sur la ville de Beaucaire^ 1718, in-8« : ouvrage rempli d'erreurs et d anachronbmes qui en ôtent tout le mérite.
Il avait entrepris d'écrire aussi les Annales de Beaucaire; mais cet ouvrage est resté imparfait.
* MAILLANE ( Pibbbb • Toussatrt DU- RAND DE ). f^OyeZ DUBÂHD.
* MAILLARD ( Olivieb ) , docteur de Sorbonne et professeur de théologie , né en Bretagne dans le 15« siècle, mort près de Toulouse en 1502, fut chargé d'emplois honorables par le pape Innocent VIII et par plusieurs . souverains. Prédicateur du roi Louis XI , il ne sut pas se tenir dans les bornes de la véritable liberté évangélique , et ajrant glissé dans ses sermons des traits pi-
MA IL
qnanU sur ce monarque , cdai<KÛ fit dire au prédicateur quHl le ferait jeter dans la rivière. « Le roi est le maître , dit-il , mais dites-lui que je serai plutôt en paradis par eau qu'il n'y arriTera avec ses chevaux de poste.» Louis XI feoait d'établir les relais de la poste ; il ne fit pas attention è la sotte réponse du cordelier et le laissa dire ce quHl voudrait. Nous aTODs de lui en stjle ijuacaronique le précis deses Sermons^ faits la plupart à Saint- Jean< eu-Grève , en breton , Ljon, 1503 , infol., Paris, et Ljron sous différents titres partiels ; Sermon prêché le cinquième dimanche de carême à Bruges en lôUO, in^d* , en français gothique, peut-être le seul livre, dit Debure> où il soit fait mention de Téloquence tousseuse de ce temps , dont on tro uve Tindication en marge par des hem ! hem l aux endroits où il était de la bienséance du prédicaleiir de s'arrêter pour tousser. On a encore de lai : la Confetsion générale du frère OUt^iet Maillard, Ljou , 1526 , in 8», gothique ; la Conformité et Correspondance des SatMts mystères de la messe à la passion de yVbfrr Seigneur- Jésus- Christ , Paris , 1552 , in-8*, gothique. Le Père Lefèvre , dans son Grand Art de rhétorique, rapporte une ballade faite par Maillard , et Ton trouve aussi de loi dans un recueil de pièces, in 8», gothique (CaCa/o^e de La Vallière , n* 3097), une chanson piteuse qu'il chantait dans un de ses sermons , sur Tair : Bergeronnette savoisienne.
• MAILLARD. A^oxesDESFoacES etTouasov.
• MAICLEBOIS ( Jeam - Bapt. - Fraikj.
DESMARETS , marquis db ) , maréchal de France , fib de Nicolas Oesmarets , contrôleur-général et petit-61s de Colbert , né à Paris en 1682 , inort dans cette ville en 1762, se distingua au riége de Lille en 1708, soumit la Corse en 1739, défit les Autrichiens et les Piémontais entre Valence et Alexandrie en 1745 , et exécuta une retraite honorable dans la guerre contre les Autrichiens en faveur de Tinfant don Philippe en 1746. h* Histoire de ses* Campagnes en Italie a été publiée par le marquis du Petaj, Paris , imprimerie royale , 1775 , 3 vol. in-4« , avec atlas in-fol. — Maillbbois (Yves- Marie DcsiLABBTs, comte de), fils du précédent, lieutenant* général , gouverneur de Douai, né en 1715, servit sous son père dans la guerre d'Italie , et l'aida de ses conseils dans sa fameuse retraite sur le Var.
11 se signala en 1748 à la prise du Port-
Mahon. Mais ayant pnbUé un Mémoire contre le maréchal d'Estrécs , il fut accusé de calomnie et renfermé dans la citadelle de Douions. Libre en 1784, et envoyé en Hollande pour soutenir contre la Prusse le parti démocratique , il fut dénoncé à l'assemblée nationale en 1790, pour avoir rédigé un plan de contre-révolution : décrété d'accusation , il se retira dans \,es Pays-Bas , et mourut à liiége en 1 791 .
* MAILLET ( BbhoIt db), né h Saint-Mihiel en 1656 , fut consul-général de France en Egypte , puis inspecteur des établissements français dans le Levant et sur les côtes de Barbarie ; il s'acquitta de ces emplois de la manière la plus satisfaisante , et mourut à Marseille en 1738. On a de lui :
Relation touchant le dessein qu'ont les
missionnaires d'entrer en Ethiopie, imprimé à la suite de la Relation d'Jhyssinie , pai; le Père Lobo ; Description de l'Egypte , etc. , Paris, 1735, in-4o ; la Haye, 1740, 2 vol.
in-12; traduite en flamand, la Haye, 1737 , 2 vol. in4o • Idée du gouvernement ancien et moderne de V Egypte , etc. , ibid. , deux parties in-12 fîg. ; Talliamed, ou Entretien d'un philosophe indien avec un mission" naire français , mis en ordre par J.-A-G.
( Guer ) , Amsterdam ,1748, in-8"' ; nouvelle édition augmentée sur les originaux de l'auteur avec une Notice (par Lemascrier), Paris , 1755 , 2 vol. in- 12. — Un autre Mail- LBT, maître des comptes du Barrois au 18* siècle , a publié un ouvrage curieux et utile sous le titre de Mémoire alphabétique pour servir à l'histoire , uu pouillé et à la description du Barrois , contenant les noms des villes , bourgs villages , hameaux , etc. , Bar«.le-Duc, l749,in-8o.
" MAILLET-DUCLAIRON (AirromE), commissaire dé la marine et du commerce royal en Hollande, né h Hurigny, près Mâcon , eu 1721 , mort à Paris en lb09, rendit d'importants services , et fut honoré de l'estime et de la bienveillance de Louis XV et de ses ministres. On a de lui :
Essai sur la connaissance des thédtresjrançais , Paris, 1751 , in- I2j Eloge du maréchal de Saxe, 1759, iu-I2; Obseruations d'un Américain des lies neutres sur la négociation de la France et de l'Angleterre , etc. , 1761, in.l2; Cro/ww*// , tragédie , r764, in-12; Gustave /i^o^'z , tragédie, traduite de l'anglais de Brooke, 1766, iu-8o.
• MAILLY (FBAif<jois de), cardinal-archevêque de Reims, né à Paris en 1658, se mon-
M AIM
MAIM
tra ferme à soutenir les mandements par ïeê* quels il avait ordonné de recevoir la bulle Unigenitus^ et adressa en 1718 une lettre de représentation au régent , qui avait imposé silence à Tarchevéque et à %eA adversaires.
Des copies s'en étant répandues , cette lettre fut déférée au parlement de Paris , qui la condamna au feu. MaiUy , dans une cir^ cataire adressée à son clergé , se félicita de cette condamnation comme d'une faveur, et par un nouveau mandement condamna les appelanu. Il fut créé cardinal dans ce même temps par le pape Clément XI, et le régent, piqué d*une nomination où il n'avait point eu de part , lui défendit de porter les marques de sa dignité. Ce ne fut qu'en 1720 que Louis XV lui donna la barrette. Ce prélat mouruten 1721 à labba/e de Saint-Thierry , près de Reims.
* MAILLY (le chevalier db) , littérateur, Blleul de Louis XIV, fut destiné dès sa naissance à la profession militaire , et, après avoir cultivé les lettres avec plus de zèle que de succès mourut à Paris dans Tobscurité vers 1724 , fort avancé en Age. On a de lui : l^yie d'jidam, traduite de Titaliende Lore* dano, Paris, 1695, in- 12; RomegalanU, etc., ibid., 1685, 2 tom. in- 12, réimprimée sous ce titre : Amour des Emperturs romains^ etc. , Amsterdam, 1701 , in-12; Histoire de la république de Gênes, Paris, 1696, 3 vol. in-12; ibid., il ^'^ Aventures secrètes et plaisantes ^ ibid., 1698, in- 12; Aventures et Lettres galantes , avec la Promenade des Tuileries^ et l'Heureux Naufrage, ibid., 1700, 1718, 2 vol. in-12; Histoire secrète des Vestales, ibid., 1701 , in-12; les Entretiens des cafés de Paris i Trévoux, 1702, in-i2; diverses Aventures de France et d'Espagne , Paris ,
1 707 , in-12; Nouvelles toutes nouvelles, ibid. , 1708 ; Amsterdam , 1710, in-12; Histoire du prince Erastus, traduction nouvelle de l'espagnol, ibid., 1709, in-12; la Promenade du Luxembourg^ Rouen , 1713 , in-12; l'Horoscope accomplie, Paris , 1713, in-12; Voyage et Aventures des trois urinces de Sarendip, traduit du persan, ibid., 1719; Amsterdam, 1721 , in-12, et dans le tom. 25 du Recueil des Voyages imaginaires; et un Eloge de la Chasse, Paris, 1723; Amsterdam, 1724,inl2, que l'auteur présenta à Louis XV. Voir les Nouvelles littéra ires , 1 704 .
•MAILLY D'HAUCOURT (Josbpe-Au- CUST1S, comte de), maréchal de France, né en
1708, antraau service en 1726, et commença ses campagnes par le siège de Kehl en 1733.
Nommé commandant en chef du RoussiUod, il s'occupa d'y rétablir Tordre qu'une admi* ^tration indolente avait négligé, etparseï soins le Roussillon changea totalement de ^ftCe, tant sous le rapport militaire que looi ceux du commerce;, de la civilisation et de l'instruction. En 1790, Louis XVI lui confia le commandement d'une des quatre arméei décrétées par l'assemblée natioonale; msis il donna sa démission la même année, dèa qu'il eut appris le départ du roi et de sa famille. Le 10 août 1792 il pénétra jusqu'au monarque , et, tirant sud épée , le genou en terre, lui jura de mourir à ses cOtés ou dere* lever le trône. Fidèle à sa parole il tai décapité en 1795 à Arras , où il avait été tramféré , et fit entendre sur l'échafaud le cri de vive le roi !
* MAILLY (Jbah-Bàptisu), historien, né à Dijon en 1744, mort dans cette vUle en 1794 , professeur d'histoire au collège de Godran , membre de l'Académie de IHjoB , s'est fait connaître par les ouvrages suivants; V Esprit de la Fronde , Paris , 1772 , 5 vol. 'm-i2\V Esprit des Croisades, ibid., 1780, 4 vol. in-12; Fastes Juifs , romains etfrmnçais , Paris (Dijon) , 1782 , 2 vol. in-8« ; des Poésies fugitives , des LeUf^s^ des Discourt^ des Mémoires ; il a publié avec M. le comte François de Neufchâteau : Poésies diverses de deux Amis, Amsterdam (Dijon), 1768, peti t in-8o. H a été aussi pendant les années 1776-77 le principal rédacteur des Affi^et littéraires de Bourgogne , 2 vol. in-4o.
* M AIMBOURG ( Louis ) , jésuite , né a Nancy en 1620, ne commença à écrire qu'assez tard; mais par sa ha'rdiesse dans la défense des libertés de l'Église gallicane, il s'attira l'animadversion du pape qui loi ordonna de quitter les jésuites. Le roi de France lui Ht une pension et lui accorda une retraite à l'abbaye de Saint-Victor , où il mourut en 1686, laissant imparfaite une Histoire du schisme d'Angleterre. On a en outi*e de lui un grand nombre d'ouvrages dont on trouve la liste exacte dans Joly , Rmtârques sur le Dictionnaire de Bayle* Le recueil de ses OEuvres a été publié à Paris, 1686^, 14 vol. in-4<» , ou 26 vol. in-12 ; —Théodore Maimboubg célèbre renégat , parent du précédant, mourut à Londres en 1693. On a de lui : un Examen du Traité relatif à l'EucharistU, Cologne , 1683 , in-i2 ; une Réponse sommaire à la méthode du cardinal de Richelieu, Groningue , 1664 , et une Réponse k V Exposition de la Voi, par Bossuct, en 1688.
MAIM
MAIN
* HAIMON (Salomok) , phik>M>pbe aUemand da 18* siècle , né en 1753 h Neschwitz es litbiMnie , de parents israélites , possédait à rige de 11 ans tontes les connais*lance» exigées d*an ra|)bin , et se livra dès lors à ré(ude des livres cabalistiques. Après avoir passé la plus grande partie de sa vie (bas an état complet d*indigence , et avoir eMojé toutes sortes de dégoûts de la part de ses coreligionnaires eux-mêmes , il finit par trouver un protecteur dans le comte de iUlkreutb , qui lui donna asile dans Tune de ses terres, près de Freistadt, où il mourut en 1800. Maimon avait été lié successivement avec le célèbre Moïse Mendelssohn et le poète Kuth , ses compatriotes. A un vrai taknt pour les spéculations de la philosophie la plus abatraile , il joignait beaucoup de légèreté , de biiarrerie et d>ntétement ; il avait on fonds de scepticisme qui le conduisit noo-seuleoMut à examiner avec beaucoup de liaxdiesse les fondements de la croyance rel^iease de sa nation, mais encore les sjstèaies des philosophes chrétiens) et Ton doit avouer qu'il a (ait preuve d'autant de perspicacité que de sagesse dans les réfutations qa'il a laites de celui de Kant , à Tétude duquel il était néanmoins redevable de cette même justesse d^appréciation qui lui servit à le combattre dans plusieurs points. Outre de onrieux Mémoires sur sa vie (publiés à Berlin par Ch.-P. Moriz, 1792.9.1^ 2 vol.
in-l8)y Maimon a laissé divisers écrits philosophiques, dont le meilleur a pour titre : Mêcherchée critùfuet sur V Esprit humain , etc., Leipstg , 1707 , in-S». Il a de plus travaillé AU ètmgasim psjrnologiqtie de M. Moritz. On trouve la liste de ses ouvrages dans Meusel, et Textrait de son auto-biographie dans la Galerie des Tableaux historitfues du 18* »éc/e,par Sam. Baur, tom. 5. {yojrez aussi, pourVexposé de ses doctrines philosophiques, le grand ouvrage de M. Degérando intîtaJé : Histoire comparée des Sjrstèmes de Phjrtosophie^ etc.)
* MAIMONIDE8, ou MOÏSE fils db Mai- Hov , le plus célèbre des Rabbins , né à Cordoue en 1131 on 1 130 suivant les juifs, mais plus probablement en 1139 , étudia la philosophie et la médecine sous Abou-Djaffar-ibn-Tophaîl , et ensuite sous Averroës , dont il se concilia Tamitié par son zèle et s« heureuses dispositions. Il excella dans Ij philosophie, approfondit la jurisprudence fies juifs et leur théologie, où il ne partagea pas leurs erreurs ; enfin il était très-versé
dans les mathématiques , et écrivait égaler ment bien en arabe et en hébreu. De ses nombreux ouvrages les plus importants sont : Vlad Khasaeah^ ou la Main forte , abrégé du Talmud , en hébreu , imprimé une première fois sans date en 2 vol. in-fol., édition décrite par de Rossi dans ses Annales heb. typ. pag. 126 et suivantes, Soncino, 1490; Constantinople, 1509; Vienne , 1524 , 2 vol. in-fol. ; le Docteur des perplexes Moréh Nérokim , traduit par Abeo Tibbon , et imprimé une première fois sans date (Thessalonique , 1480, suivant M. de Rossi); Venise 1551, in-fol. ; Sabioneta, 1553, in-fol.; et Berlin, 1791, in-4o, par le R. Salomon Maimon. Les juifs regardent Maimonides comme le premier écrivain de leur nation. M. Michel Berr a donné en 1815, une Notice sur Majrmonides^ etc.
* MAINARDO. Voyez Aatorro.
* MAINE (LocisAuGvsTB de BOURBON, due nu), fils de Louis XFV , et de madame de Montespan, né à Versailles en 1670, légitimé en 1673 , et déclaré prince souverain de Dombes en 1682 , épousa en 1692 Anne-Louise-Bénédicte, petite-fille du grand Condé. Ayant reçu avec les autres princes légitimés le titre et les prérogatives de prince du sang, il en fut privé avec eux par le duc d'Orléans , devenu régent du royaume , avec qui pourtant il se reconcîliii quelque temps après. Le duc du Maine mourut à Sceaux en 1 736 d'un cancer au visage, laissant deux fils, Louis-Auguste et Louis - Charles , qui lui succédèrent Tun après l^autre , dans la principauté de Dombes. Il a laissé une traduction des premiers chants de YÀnti^Lucrèce. — Mairb ( Anne- Louise-Bénédicte de BovBBON, duchesse du), petite-fille du grand Condé, née en 1676, épousa h rage de seize ans hé duc du Maine ( Louis- Auguste ) , et parut trèssoigneuse de conserver à son époux le rang et les honneurs que le roi lui avait accordés. Lorsqu'à la mort de Louis XFV ce rang et ces honneurs furent enlevés au duc du Maine , la duchesse ne put retenir sa vengeance ; elle fit entrer son mari dans ses projets , mais elle fut arrêtée et conduite au château de Dijon , puis h. Ch&lons , et ne reparut à la cour qu'en 1720. Elle prodigua les soins les plus alTcctueux à son époux dans la maladie cruelle qui le mit au tombeau , et mourut en 1753 , h l'Age de 77 ans.
* MAINE DE BIRAN (Marib-Frahçois- Pikbrb-Gortribr) , né à Chanteloup près
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Bergerac (Périgorli), mourot à Paris en 1824 , conseiller d'état à la section de Tintérieur, membre de la commission de liquidation des créances étrangères , correspondant de rinstilut et membre des ordres de Saint-Louis et de la Légion-d'Honneur ; il mérita un rang distingué parmi les idéologues modernes. On trouve dans le journal le Globe, année 1825 , n» 139 et 140, une analyse détaillée de la philosophie et des opinions de Maine de Biran. Outre plusieurs ouvrages inédits sur cette matière , on a de lui : Influence de l'habitude sur laj acuité de />«r»«i',^ouvrage qui remporta le prix proposé parla classe des sciences morales et politiques de rinstitut national , Paris , an XI (1803) , in-8o ; un Mémoire sur la décomposition de la pensée ; un Examen des leçons de M. La Homiguière ^ et un Article sur Leibnitz .
* MAINFROl. yoj^ez Mahfbbd.
* MAINO (Jasoh) , jurisconsulte italien, né à Pesaro en 1435 , a laissé de nombreux ouvrages de jurisprudence qui ont été recueillis et imprimés à Lyon , 1536 , Venise, 1590, en 9 vol. in-fol.
* MAINTENON (Frahçoisb d AUBIGNÉ, marquise de), petite- fille de Théodore- Agrippa d'Aubigné, née en 1635 dans les ^irisons de la Conciergerie de Niort, où était détenu son père Constant d'Aubigné , fut menée à quatre ans en Amérique par celui-ci, qui à sa mort (1645) laissa sans aucune ressource une famille en bas âge. Sa veuve ne se détermina qu'à regret à confier la jeune d'Aubigné à M»* de Villette , tante de Tenfant, qui en effet Téleva dans les principes du calvinisme. Lorsqu'ensuite yime de Neuillant , sa parente , Teut retir/ïo des mains de M"»* de Villette sous le prétexte de la sauver de Thcrésie , on lui fit endurer toutes sortes d*humiliations et de dégoûts pour obtenir son abjuration, qu'elle fit enfin aux Ursulines de Niort. Rendue k la religion de sa mère , la jeune personne se trouva privée des bontés dé sa tante ; et M*"* de Neuillant, qui d'abord pcnsaitavoir fait assez pour elle en la ramenant au catholicisme , ne manqua point de lui faire payer bien cher sa dépendance* Telle était Tamertume des tracasseries qu'on lui faisait supporter , qu^elle put s'estimer heureuse d'épouser le poète Scarron , alors , comme on sait , vieux et perclus de tous ses membres. C'est à cette époque que se rapporte l'entrée de M<"" Scarron dans le beau monde et sa liaison avec Ninon de Lenclos , qui ,
on doit le dire , a rendu un témoignage assez flatteur de la pureté de sa conduite et de la solidité de ses vertus. A la mort de soo époux (1660) , celle que plus tard la fortone devait élever si haut allait de nouveau tomber dans rindigence. On la pressa de donner sa main à un marquis débauché et bel esprit , mais elle s'y refusa , peut-être d'après les conseils de Ninon, et tout au moins avec l'approbation de cette femme célèbre qui, à ce sujet, dit que son amie valait bien tous les marquis de la France. Cependant la belle veuve était l'objet des empressements des galants les plus à la mode ; Villarceaux est le seul qui paraisse avoir obtenu qu^ue accès dans son cœur. La reine-mère lui avait continué la pension de 1 ,500 livres qu'elle faisait à Scarron, et la reine la porta à 2,000. Mais cette pension cessa à la mort de la reine-mère , et ce fut en vain qu'elle présenta au roi de nombreux placets pour qu'il la lui ût rétablir ; -enfin , lasse de solliciter , M"*" Scarron allait partir pour le Portugal avec la princesse de Nemours (fiancée du roi Alphonse VI ), lorsqu'une flatterie adroite intéressa à son sort la merveille de U France , M«« de Montespan , à qui elle se fit présenteri^ et qui, en lui accordant sa protection, prépara elle-même la fortune de celle qui la devait bientôt éclipser. Chargée do soin des enfants de la maîtresse du monarque, elle s'acquitta de cette fonction avec tant de zèle que Louis fit monter sa pensioD à 2,000 écus. Insensiblement M"« de Montespan vit son crédit s'affaiblir. La jeune veuve qui plus que jamais donnait carrière aux rêves d'une ambition qui Tavait toujours dévorée, employa les premiers bienfaits du roi à acquérir la terre et le chAteaa de Maintenon , qui furent érigés ponr elle en marquisat. La reine mourut en 1683.
Louis XIV éleva bientôt M»* de Maintenon au faite des honneurs , et quoiqu'en public elle ne prit aucun rang et ne fût qu'one personne de la cour, elle eut dans le particulier toutes les prérogatives et les distinctions qui ne pouvaient appartenir qu'à l'épouse du roi. On a dit que le monarque et elle avaient reçu la bénédiction nuptiale des mains de M. de Harley, archevêque de Paris , dans l'un des cabinets du roi , la nuit en présence du Père Lachaise , ayant pour témoins Montchevreuil, le châtelain de Forbin et Bontemps. L'époque en est incertaine. Voltaire la recule jusqu'en 1686. Ce mariage , quoiqu'il soit impossible de prou-