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étranger aux connaissances littéraires ; on dit même qu^il consacrait tes loisirs au culte des muses.
* LUCRÈCE , fille de Sp. Lucretins Tricipitinus , illustre romain , et femme de Tarquin Collatin , inspira par sa beauté une passion criminelle à Seztus, fils de Tarquinle-Superbe, qui s'était introduit la nuit près d*elle pendant Tabsence de son époux, la força à consentir à bcs désirs , en la menaçant non- seulement de regorger , mais encore de tuer un de ses esclaves et de placer son cadavre dans son lit. Le lendemain Lucrèce envoya chercher Collatin et soA père, qui vinrent suivis chacun d'un de leurs amis; et après leur avoir raconté son malheur elle se plongea un poignard dans le sein en demandant vengeance (509 avant Jésus-Christ).
Tout le monde sait que cet événement devint cause de la révolution qui chassa de Rome les Târquins , en substituant à la monarchie le gouvernement républicain.
* LUCRÈCE (TiTDs LucBBTios Carus) , Tun des plus grands poètes latins , naquit Tan de Rome 650 ( 95 avant Jésus-Chnst).
Jeté par Tépoque de sa naissance au milieu des temps les plus orageux de la république, témoin des proscriptions de Marins et de Sylla , et de toutes les horreurs de la gruerre civile , il ne joua aucun rôle dans ces scènes sanglantes, se tint dans un sage éloignement des tempêtes publiques , et chercha dans le sein de Tétude et de la philosophie un asile contre la turbulence des factions. Trop heureux de pouvoir s'exiler en quelque sorte d'une terre que souillaient tous les genres de corruption , de s'isoler de semblables qui lui ressemblaient si peu , il se réfugia tout entier dans son ame , et chercha à s'expliquer ce qui se passait sur la terre en étudiant dans un ordre de choses plus élevé la cause du désordre moral qui l'affligeait dans Tordre politique. Dans une pareille disposition d'esprit, il était impossible qu'il vit toujours juste , qu'il jugeât toujours bien , et qu'il ne se méprit pas souvent sur la c;«use d'efiets si déplorables. Aussi son beau poème de la Nature des CAo^ei n'est-il point exempt d'erreurs , les unes étaient iné'vitafajes, mais n'en étaient point pour Jiui ; il prenait la science où il la trouvait : on lui a reproché plus durement les autres , et l'on n'a vu long-temps qu'un esprit faux et même un mauvais cœur dans l'écrivain qui a le plus éloquemment interprété la nature et plaidé la cause de l'humanité. Son habile et récent
traducteur en vers, M.dePotigerville,ra complètement justifié du grave reproche d'athéisme et de matérialisme. Il réfute également l'opinion , à peu près générale , sur la prétendue folie de Lucrèce, et démontre fort, bien qu'un ouvrage tel que le sien n'a pu sortir des rêves d'une raison égarée. Toutes les traditions attestent qu'il s'est volontairement donné la mort, mais aucune ne nous apprend la cause de cet acte de désespoir , qu'il faut sans doute attribuer à quelques événements malheureux , ou plutôt à l'iilipatience de voir le moment où suivant son .
propre système , son Âme devait se réunir au principe dont elle était émanée. H mourut ftgé de 44 ans ; et , par une merveilleuse réunion de circonstances , le jour même où Virgile prenait la robe virile. Contemporain et ami des Atticus , des Catulle et des Cicéron , ce fut , dit-on , au plus grand des orateurs que celui qui était alors le plus grand des poètes confia en mourant le soin de revoir et de publier son poème. L'ouvrage et la renommée de Lucrèce ne pouvaient certes tomber en de meilleures mains; et si comme on le pourrait croire, la première édition fut en effet publiée par Cicéron , rien n'étonne plus dans le succès qu'elle obtint d'abord , ni dans la profonde admiration de Virgile pour son maître et son modèle; modèle qu'il a bien surpassé sous le rapport de l'élégance et de la pureté du style , mais qu'il n'égale pas toujours pour la force de l'expressiomet l'énergie des couleurs. La premi^ édition de Lucrèce , avec date, est celle de Vérone y i486. Nous indiquerons ensuite celles de Venise, Aide, 1500-15 ; de Lambin , Paris, 1563-70; de Michel Dufay (Fayus), adusum Delpfiùu, Paris, 1680; de Maittaire , Londres , 1713; d'Havercamp, Leyde, 1725; de fientley et Wakefield, Londres, 1796-97, 3 vol. in-4*'; nouvelle édition, Glascow, 1813 ,.4 vol. in-8«. L'excellente traduction , en prose, de Lagrange , a fait oublier celles de Maix>lles et du baron des Coutures, comme celle de M. de Pongerville , en vers , Paris , 1823, 2 vol. in-8o, a replongé encore plus avant dans l'oubli où elle était déjà tonibée celle de Leblanc de Gillet. Lucrèce a été traduit en italien par Marchetti et Frachetta, et en anglais, par Th. Greechet J.-M. Good : il en existe une troisième traduction anglaise parTh.Busby, Londres, 1813,2 vol. in-4o,6g.
* LUCULLUS ( L. Licurius ) , Romain célèbre par ses talents militaires et sa magnificence, naquit l'an 1 15 avant Jésua-Chriat,
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et fit ses premières campagnes pendant la guerre sociale. Sa valeur lui mérita la protection de Sjrlla , qui le fit successivement questeur en Asie et préteur en Afrique. Il remporta dans cette province deux victoires navales sur Amilcar , et se concilia tous les cœurs par sa justice , sa modération et son humanité. Consul en 74 il fut chargé de poursuivre la guerre contre Mithridate , et débuta par délivrer son collègue Cotta , assiégé dans la ville de Chalcédoine. 11 remporta ensuite sur les lieutenants de Mithridate une grande victoire aux bords du Granique , conquit to^ la Bitbynie, battit la flotte ennemie sur les côtes de la Troade , et la détruisit entièrement à Lenmos. Mithridate , affaibli par tant de pertes , se retira dans ses états ; mais Lucullus Vy vainquit encore Tannée suivante , et le força de se rendre dans TArménie pour demander des secours au roi Tigrane , son beau-père.
Aussitôt le général romain franchit l*£uphrate avec 15,000 fantassins, met le siège devant Tigranocerte , puis marche en personne contre Tigrane , qui était campé au delà du Tigre, et remporte sur lui une victoire décisive. Plutarque porte h plus de 100,000 le nombre des Arméniens tués dans cette bataille. Les Romains n*eurent à regretter que cinq hommes tués et 100 blessés (72 ans avant Jésus-Christ). La prise de Tigranocerte fut le fruit de ce triomphé.L*année suivante fut marquée par de nouveaux succès et par la prise de Nisibis. Mais les soldats , depuis long - temps mécontents de la sévérité avec laquelle Lucullus maintenait la discipline militaire , murmurèrent hautement contre lui , sous prétexte qu'il ne leur laissait aucun repos même dans l'hiver. La défaite de Triarius, son lieutenant (68 ans avant Jésus-Christ ), founiit un nouvel argumenta la malveillance , et Pompée vint prendre le commandement de son armée et lai ravir la gloire d'achever la conquête de TAsie. Lucullus revint à Rome suivi de 1600 vétérans qui n'avaient obtenu qu'avec peine b permission de suivre leur général. Il fut reçu à Rome avec froideur , et peu s'en fallut qu'on ne lui refusât les honneurs du triomphe. Il vécut depuis dans une retraite profonde , étranger aux affaires et aux discordes politiques qui éclatèrent bientôt , et dans lesquelles , aVec un peu d'ambition , il eût pu jouer un des premiers rôles. Sa vie fut consacrée à la culture des lettres , au commerce de l'amitié , au luxe. Il écrivait
avec unie égale perfection en latin et en grec , çt composa une histoire des guerres marsiques qui est perdue aujourd'hui. Il avait dans son palais une bibliothèque magnifique où il admettait les savants , et un musée rempli des statues et des tableaux les plus célèbres. Les constructions qu'il fit dans la Campanie , des routes creusées dans les collines, des étangs dont après sa mort *la pèche fut évaluée à quatre millions de sesterces (800,000 fr. ), des cabinets de plaisance au milieu de la mer , étonnent encore rimagination. Les dépenses de sa table étaient excessives. Ses richesses , qui égalaient celles des plus puissants potentats de TAsie , lui permettaient ce faste qui du reste fut encore surpassé dans la suite sans ôtre aussi souvent dirigé vers un but utile. Lucullus mourut l'an 49 avant Jésus-Christ , âgé de 60 ans. Vers la fin de sa vie il était tombé en enfance. Le peuple voulait qu'il fût enterré au champ de Mars , et ses parents n'eurent que difficilement la permismission de transporter ses restes à la maison de Tusculum où il avait commandé de l'ensevelir. Les peuples de l'Asie , dont il avait été l'idole par sa douceur , sa' justice et sa libéralité, instituèrent desfétes en son honneur. C'est à Lucullus que l'on attribue vulgairement l'importation du parchemin et du cerisier dans l'Occident. Plutarque a écrit sa vie.
* LUCUMON. roj^ez Tarquih l'Ancien.
* LTJDEKE (Christophe -Guillaume ) , littérateur allemand,. né dans la marche de Brandebourg en 1737 , fiit d'abord pasteur de l'église luthérienne établie à Smyrne dans le Levant , revint ensuite en Allemagne pour remplir le même ministère à Stockholm, auprès de la communauté allemande, et mourut dans cette ville en 1805. On a de lui en allemand une Relation historique de la Turquie, et un recueil périodique contenant les extraits des meilleurs ouvrages suédois' publiés spus le règne de Gustave III , l'Histoire des universités , bibliothèques , collèges , écoles , et diverses dissertations sur les mœurs , les usages et les découvertes scientifiques des peViples du Nord. Ces deux, ouvrages ont été imprimés à Stockholm.
* LUDERE ou LUDEKEN ( Tbosias ), en latin Ludekenius , savant philologue allemand , né dans le 17" siècle, publia à Berlin en 1680 une collection des traductions de l'Oraison dominicale ( Pater ) en