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dans uu recueil les formules des contrats et des actes publics les plus usités à Tépoque où il vivait. Cette collection, un des monu* ments les plus importants de notre histoire, et surtout de la jurisprudence française , a été publiée par J. fiignon, Paris, 1613, in-8<> ; puis à la même époque dans le Codex Ugum antitjuar. de Lindenbrok , Francfort, 1613, in-fol., et dans la Biblioth. patrum. Théod. Bignon a réuni les Formules de Marculfe aux notes de J. Bignon sur la loi Salique , Paris , 1666 , in-4o ; et ce dernier volume a été textuellement inséré dans la Collection des CapiUilaires des rois de France.
* MâRCTJS GR^CUS , personnage prèsque inconnu , est Tauteur d*nn ouvrage sur Part d'exterminer les ennemis par le feu , dont il existe deuxexemplaires manuscrits (cotés no« 7 156 et 7 158 ) àla Bibliothèque du roi, sous ce titre : Liber igniumad comburendos hostes^ auctore Marco Grœco. Ces exemplaires paraissent être, Tun du 14« , Tautre du I5« siècle ; et aucun auteur deTantiquité ne fait mention de ce Marcns Graeeus ; des héllénismes nombreux feraient soupçonner que Touvrage primitif était écrit en grec.
M. Foumier fils , qui a consacré dans la Bi" hliographie universelle , de Michaud , un très-bon article à Marcus (dont Forthographe, suivant lui , devrait être Marchus ) , pense que Ton peut placer Tépoque à laquelle ce personnage écrivait , vers le milieu du 13»
siècle, 150 ans environ avant la destruction de Tempire d'Orient.
* MARDOCHÉE , un des juifs menés en captivité h Babylone par Nabuchodonosor vers Tan 595 avant Jésus Christ, fit épouser Esther, sa nièce, au roi Assuérus, et découvrit une conspiration tramée contre ce prince. Dans la suite ayant refusé de s'agenouiller devant Aman , ce ministre voulut le faire mourir ainsi que tout son peuple ; mais la protection d'Esther le sauva et Aman subit à sa place le dernier supplice.
* MARDOCHÉE , surnommé Juphe , ou le Beau, prince des synagogues de Posnanie, de Lublin , de Crcmnilz et de Prague , mort en 1611, avec la réputation d'un des hommes les plus savants de sa nation, a laissé un ouvrage écrit en hébreu ,. sous le titre de Lebusck Malckut , ou le Vélemimt royal ^ divisé en 10 livres qui porle le titre de divers vêtements , tels que Habit blanc , manteau de Un Jin et d'ècarlate , ha^it de lu* \
mière , habil de réjouissance , etc. ; les cinq premiers traitent des rites et des cérémonies , et ont été imprimés, quelques-uns séparé^ ment, tous ensemble à Cracovie^ 1594*1599, 4 vol. infol.; Prague, 1609, 1623, 1688 et 1701 ; le 6« a paru à Prague , 1604, in-fol. ; les quatre derniers n'ont point été imprimés.
* MARDOCHÉE , fils de Nisan, rabbin de la secte des Caraïtes , vivait vers la fin du 17e siècle à Crosni-Ostro ( Gallide ). On a de lui des réponses à des questions adressées à des rabbins de Pologne et des con^ trées voisines, siu* les Caraïtes, leur origine, leur antiquité , leur nombre , etc. Ces réponses ,, adressées à J. Trigland , professeor d'hébreu à Leyde, qui les avait provoquées, ont été imprimées à Hambourg, 1714, in4», avec une traduction latine eu regard «oos le titre de Notifia Karceorum, suivies d'un ouvrage de Trigland stir le même snjet, in* titulé : Diatribe de s^ctà Karœorum,
" MARDONIUS, général des Perses, était fis du satrape Gobrytu et d'une des filles de Darius , tt petit-cousin de Xerxès. L*an 496 avant Jésus-Christ U vint à ki tête d*une amiée de Perses au secours des villes de l'Asie-Mineure , dont il détruisit les tyrans , et auxquelles il rendit Tétat démocratique ; puis il passa en Europe , oà il soumit la Thraee et une partie de la Macédoine. Dans la suite il porta Xerxès i envahir la Grèce , et non-seulement il Ttccompagnadans son expédition en 480, maisil resta dans ce pays lorsque Xerxès, décourage, par la perte de la bataille de Salamine , rentra en Asie. Il parait qu'alors Mardonius 6t preuve d'autant de prudence que de sagesse dans les mouvements militaires qu'ilfit opérer à son armée. Cependant il fut vaiucu k Platée par Pausanias et 110,000 Grecs, quoiqu'il fût à la tête d'une armée considérable J et lui-même resta sur le champ de bataille. Tan 379 avant Jésus-Christ.
* MARE (Philibert de La), savant littérateur , né à Dijon en 1615 , fut conscffler au parlement de Bourgogne , donna tous ses loisirs à la culture des lettres , reçut ée Louis XIV le cordon de Tordre de Saint-Michel, et mourut dans sa patrie en 1687. H avait travaillé pendant cinquante ans à réunir too» les ouvrages imprimés et manuscrits relatif à Ihistoire de Bourgogne. Cette collection a été dispersée , mais les manuscrits ont été acquis pour la Bibliothèque du roi. On s de
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A. de Le Mare : Commeniaràu de Bello hrguiuiico (année 1636), Dijon , 1641, iù4»',Efenehus operum Léon, JretUU^ ib., 1653 , iMo; de Vaâ et Moribue G, PhiUndri, epistola ad cardin, Barbertnum^ ibid., 1667, in-4o et in-^; hùtoneorum Burgundiœ Coiupectus, ibid., 1689, in-d»; Hub.
[ Langueti Vita , Halle , 1700 , in 12 , publiée I par les soins de J.-P. Ludwig, professeur i i'uoiyersité de celte ville. Il a laissé en outre de nombreux manoscrits dont on a la liste daDê la Bibliothèque de Bourgogne^ et (pieiques lettres insérées dans les Epitt. elaror. vir. de Buimann et dans les œuvres de Gsisendi.
* MARE (Nicolas de La), procureur, paii coaamissaire au GbÂtelet, né en 1639 à Nois/-le-Gmnd, près de Paris, ville oà il mourut en 1723 , avait été conduit à Rome dans sa jeunesse par i|n goût très-vif pour rétude, et il en rapporta, avec des Dotioos étendues sur les monuments bistonqiies de Tantiquité , une grande aptitude pour les recberdies Le président LamoigBon , qui avait conçu le projet de réunir CB on code les règlements de police du royaome, l'employa à ce travail, et lui facilita les moyens de l'exécuter. Mais La Mare pcniit son protecteur avant Tacbèvement «le son ouvrage, dont les deux premiers voloaes parurent en 1705 sous le titre de :
Tnitéde la police, où l'on trouue l'histoire ^ son établissement , etc., in-fol.; les tom. 3 «t 4 , avec «ne réimpression , où divers suppléments ont été refondus , furent publiés par Leclerc du firillel , qui y mit la dern*«te main , et plaça en tête du dernier IV- %de Hauteur, Paris, in fol., 1722-38. Ce grand ouvrage a été refondu par Désessarts ^^vm Dictionnaire universel de Police ^ et il eo existe un extrait par FreminviUe sous j 1« titre de Traité de la Police.
I * MARE (L.-H. de La) , agronome , né eo Normandie vers 1730, s'est montré le délcBseor des nouvelles pratiques dans la ^Itore et Tassolement des terres ; on ignore l'époque de sa mort , mais on connaît de lui : ^fense de plusieurt ouvrages sur l'Jgriculture, en réponse au Manuel d'Agriculture de La Salle de TÉtang , Paris , 1765 , in-12 ; une édition augmentée du Dictionnaire agro»
ymù/ue de Cbomd, Paris, 1767, 3 vol.
in fol. U a eu part au I^ité des pêches de Duhamel du Monceau. Il ne faut pas le confondre , ainsi que Tout fait plusieurs biographes, avec le personnage suivant* — Mare
(Pierre-Bernard La), né à Barfleur en 1753, fut d'abord traducteur en sous-œuvre pour Letourneur {vojrez ce nom), qui publia sous son propre nom , sans doute après les avoir retouchées , les traductions des jeunes gens qu'il employait. En 1792, La Mare fut nommé commissaire civil aux Iles-sous-le- Vent , puis secrétaire-général du ministère des relations extérieures, secrétaire d'ambassade à Constantinople , et en6n consul à Varna. Il mourut ii Bucharest (en Valacbie) en 1809. On a de lui les traductions de plusieurs romans et autres ouvrages anglais, tels que : Mathilde, on le Souteirain , 1786, 3. vol. in-l2j Herbert^ ou les Mariages, 1787, 3 vol. in-12; le Moine (en société avec MM. Benoit et Després), 1797, 4 vol. in-12; le Cultivateur anglais , etc., d'Artbur Young (avec MM. Benoit et Billecoq) , 18001802, 18 volumes in-8<». Il a encore publié (en société avec M. Noël) l'Amanach des prosa^ teurs, etc., 18011803, 3 vol. in.l2 (il n'a pris aucune part aux cinq volumes suivants.) On lui a attribué plusieurs traductions {f^ojrages de Damberger , Voyage de Sophie en Prusse et Saint-Julien ) qui sont de L.-H. de La Mare. — Masb ou Marrb ( N. La ) , né à Quimper vers 1708 , prit d'abord l'ha-* bit ecclésiastique , et le quitta ensuite , obtint un emploi dans les fourrages de l'armée française pendant la campagne de 1741 en Allemagne, et mourut en 1746 à Egra d*un accès de fièvre chaude. On a recueilli la plupart des écrits composés par lui sous le titre iVOEuvres diverses de La Mare, Paris,
* MARE (Paul-Margbl dbl), théologien italien, né à Gênes en 1734, d'une famille juive, se converti^ au christianisme à l'âge de dix - neuf ans , et , s'étant voué à l'état ecclésiastique, il obtint en 1787 la chaire d'Écriture-^ainte h Pise. C'est dans cette ville qu'il mourut en 1824. Controversiste de l'école janséniste, del Mare a publié plusieurs écrits qu'a frappés V Index pontifical de Rome , entre autres un traité de'Locis theol'tgicis., 1789. Il avait aussi défendu le fameux Cathécisme universel de Gourdin dans un ouvrage. intitulé : six Lettres de Final.. Vers la fin de sa vie , il adhéra lui-même à la condamnation de ses opinions. M. Baraldi a consacré une Notice à del Mare dans ses Mémoires de religion et de morale , Modène, 1822, 1824.
* MARÉCHAL ( Geobgb ) , chirurgien français, né à Calais en 1G58, fit ses études
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à Paris, y fut vécu maître en chirurgie , acquit une grande réputation dans la pratique de son art, et particuUèremenr dans Topération de la taille. Devenu chirurgien en chef de ThOpilal de la Charité , il succéda ensuite h Félix de Tassy {^vojrez ce nom ) dans la place de premier chirurgien de Louis XIV, occupa le même poste sous Louis XV', et mourut en 1736. On trouve de lui un grand nombre inobservations in* téressantes de chirurgie pratique dans les Mémoires de FAcadémic royale de chirurgie, dont il avai^ sollicité l'établissement en )731. On trouve aussi son Elo§e dans ce recueil.
* MARÉCHAL (lord). Vo^ez Keith.
* MARÉCHAL (Pibrre-Stlvaih), littérateur, poète et sophiste, né h Paris, eu
1750, débuta daus la carriè|-e des lettres par quelques pièces dans le genre pastoral , et qu'il souscriyit du nom de Berger Sylvain. Il obtint ensuite la place de sous-bibliothécaire du collège Mazarin , et publia en '1781 un second recueil de vers sur des sujets plus graves que les premiers.
Cette publication fut suivie d'un écrit intitulé : Lit*re échappé au déluge, parodie indécente du style des prophètes , et qui lui fit perdre sa place de sous-bibliothécaire.
En 1788, il fut enfermé dans une maison de correction pour avoir fait paraître sous le titre à'Almanach des honnêtes gens ^ un calendrier dans lequel il avait substitué aux noms des saints ceux des hommCK les plus célèbres des temps anciens et modernes (voyez sur cet ouvrage le n© 473 du Dictionnaire des Anonymes ). Sylvain Maréchal embrassa avec chaleur les principes de la révolution, et donna dans les excès qui signalèrent les années 1793 et 1794; mais on lui doit la justice de dire qu'il ne fut point persécuteur ; et , bien qu1l professât hautement l'athéisme , il rendit des services importants à plusieurs ecclésiastiques , ainsi qu'à des royalistes. Sous le gouvernement directorial; et dans les premières années du consulat , il publia de nouveaux ouvrages , conformes à ses principes de morale, et mourut en 1803 à Montrouge, où il s'était retiré depuis 1798. Sylvain Maréchal a beaucoup écrit , mais nous nous bornerons à indiquer les principaux de ses ouvrages, dont on trouvera la liste complète dans la notice qu'il a donnée lui-même sur sa vie et ses ouvrages ( Recueil des Poésies philosophiques iht Xy^IJI* siècle) f ainsi que dans
le Dictionnaire des Anonymes .• Bergeries, Paris, 1770, in-12; tAge d'or, rtcueUde Contes pastoraux y ibid. , 1782, in-l8*, le Livre de tous les âges , ou le Pibrac moderne , 1779, in-12; Fragments d'un poème moral sur Dieu, 1781 , in-8o , réimprimés en 179Ç sous ce titre : le Lucrèce français; Litre échappé au déluge , etc. , Paris , 1 784 , in-l 2; traduit en allemand , Munich, 1786; Ko^ages de Pythagore en Egypte, dans la Oialdée , etc., ibid., 1799 , 6 vol. in-8«; Histoire universelle en style lapidaire , Paris , 1800 , grand in-8o ; Dictionnaire des Athées , Paris, 1800, in-8o, très-rare (Lalande y a ajouté un supplément de 120 pages qui est devenu plus rare encore) ; Pour et contre la Bible, ^Mà., 1801, in-8^ S. Maréchal a fourni des articles aux Révolutions de Paris, publiées par Prudhomme. '
MARÉCHAL. ( Technologie, ) L'art du maréchal se divise en deux parties distinctes , exercées chacune séparément , dans les grandes villes , par deux sortes d'ouvriers, le maréchal ferrant , et le maréchal grossier. Ces deux arts , quoique très-distincti , sont exercés le plus souvent par le même ouvrier , dans les petites villes et à la compagne,
Afar^c^Z/èrm/it. C'est celui qui se charge de ferrer les chevaux , les mulets , les ânes , les bœufs , etc. , et qui les traite dans leurs maladies. Il est tout à-la -fois artisan et vétérinaire {voyez ce mot).
On nommeyèr une espèce de semelle qoe l'on fixe , par des dons , sous les pieds des chevaux , des mulets , des ânes , etc. , afin de défendre leurs ongles de l'usure, et de les préserver de la destruction qui serait inévitable sans cette précaution. Cette semelle est formée d'une bande de fer, aplatie et courbée sur la largeur , selon la figure si généralement connue de^èr à cheval.
Un fer placé sous le pied d'un cheval posé par terre présente deux faces priocî' pales : celle qui touche la terre se nomme Jàce inférieure; celle sur laquelle repose le pied ou sabot du cheval se nomme face of périeure. La partie extérieure du fer doitsnivre exactement le contour de la corne, et sa partie intérieure ne doit gêner en aocooe manière \z fourchette que l'on observe son»
le pied du cheval , qui a la forme d'un V, dont la pointe est tournée vers le dedans dn pied , et dpnt les deux branches répondent au talon Le fer doit garantir par&itemeot
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la come , mais ne doit pas Texcéder; sans cela , ie cheral se couperait en marchant.
On nomme pince on morceau de métal , en forme de triangle , que l'ouvrier relèye d*un coup de marteau sur le bord du milieu du fer , et qui se trouve placé derant le pied , afin de garantir la corne contre le choc que le «Levai pourrait éprouver dans «a marche par la rencontre d*une pierre ou ~ de tout autre corps dur.
Les deni côtés droits du fer se nomment les branches , Textrémité de chacune dalles se nomme éponge; elles Correspondent au talon.
On remarque encore , sur chaque branche du fer, quatre trous qui servent h recevoir les clous à Taide desquels on fixe le fet* sur le sabot. Ces trous sont évasés du côté de la surface inférieure , afin de recevoir une partie de la tête du clou qui va s'y loger. Cet évasement se nomme élampwe, parce qu*il est fait avec un poinçon nommé Atnmpe. Il est conique ou pyramidal , selon que le dessous de la tête du clou a Tune ou l'autre fon£e.
Le maréchal forge ordinairement ses clous , qui exigent quelques précautions. U doit employer du fer très-doux , et faire la tige longue , plate, mince et facile h plier. La tête- doit être platrpar dessus, pour les elous ordinaires , et pyramidale pour ferrer à glace. La tête doit être toujours pyramidale ou conique par dessous , selon la forme que Ton a adoptée pour l'étampe.
lie% règles générales sur la meilleure forme à donner aux fers ne pourraient être établies qu*antant que tous les chevaux juraient les pieds parfaitement conformés , mais il y en a.beaucoup qui pèchent sous ce rapport.
Le maréchal, après avoir examiné le pied du cheval , et avoir donné au fer la forme qui peut lui convenir, se met en devoir de le fixer. Les outils qui lui sont nécessaires sont I o un marteau , nommé hrochoir , qui sert à implanter les clous ; 2» des tenailles , nommées tricoises , qui servent à couper la pointe des clous excédant la come , ' à les arracher , et aussi de point d^appui pour les nwar ; 3o une petite rénette , qui sert d*un côté à retenir la pointe des dons , et de Tautte côté porte une gouge pour fouiller dans . le pied ; 4« le rogne^ed , qui est un morceau d*acier tranchant d'un côté ; c^est ordinairement nn morceau de sabre cassé, doQt il se -sert pour couper la come qui dé- Tome 15.
borde le fer; 5© un repoussoir ou petft poinçon , qui sert à déboucher les fers , ou b faire sortir la pointe des clous du pied du cheval ; 6© des clous préparés pour servir à rinstant. Chacun de ces ontib est disposé dans une des poches du tablier de l'ouvrier, afin qu'il les trouve facilement sous la main.
On croirait, au premier aperçu, que l'art de ferrer les chevaux n'est qu'une pure routine , et , à voir tant d inhabiles ouvriers s'en mêler, on pourrait penser que c'est une des chosds les plus aisées. Cependant cet art exige beaucoup de connaissances et toute la capacité et l'expérience d'un maréchal instruit et intelligent, qui doit connaître parfaitement l'art'^étérinaire.
Maréchal grossier. Il ne faut pas prendre ici le mot grossier k la lettre : il ne signifie pas que l'ouvrier exécute grossièrement les ouvrages qu'il entreprend; mais on lui donne ce nom , parce qu'il s'occupe spécialement de gros ouvrages , qui , lorsqu'ils sont convenablement payés , sont d'ailleurs aussi bien finisqu'ils pourraient l'être par un bon serrurier.
C*est principalement à la fabrication des gros ouTrages de serrurerie , destinés aux voitures de toute espèce , que le maréchal grossier applique son talent. C'est lui qui forge et place les essieux , les arcs-boutants, les sièges, les crics , et généralement toutes les pièces de fer qui entrent dans la confection d'une voiture. C'est lui qui ferre leï roues des voitures , qui en forge les bandes et qui les place; ce qu'on appelle emhattre.
Jusqu'en 1822, on a constamment suivi l'ancienne méthode. Les nouveaux procédés sont préférables sous tous les rapports , et ont été imaginés à l'arsenal de Douai eu 1822, par ordre du ministre delà guerre, qui a voulu que tous les ateliers de l'artillerie procédassent de même. Ces moyens, que nous allons décrire , peuvent facilement être exécutés par les maréchaux grossiers , afin d'arriver à la perfection dans cette partie importante des arts industriels.
Avant cette heureuse réforme , les ouvriers , après avoir compassé les roues , coupé les bandes h froid , les perçaient , les étampaient et les cintraient un peu. Cet bandes étaient ensuite chaufiées au rouge cerise foncé dans un fourneau k réverbère , ou de toute autre manière , ensuite , après avoir placé la roue sur la fosse à embattre an moven de tenailles et de crochets , ils
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pr^teiptaient la bande sur la ro«ie. à la place qu'elle deyait occuper, hh , à l'aide do marteau , ou achevait de donner à la bande la forme de k roue, et Ton se bâtait de la parer et de la clouer, ce qui brûlait les jantes assez profondément.
Le charbon formé par la combustion de la jante restait interposé entre elle et la baude , se réduisait en poussière par le roulage et s*échappait. Alors la bande ne posait plus , ballotait , et finissait par te détacher. Chaque fois qu*il fallait remettre la bande , on brûlait de nouveau la jante, la roue cessait d'être ronde , les jantes étaient bientôt détruites et les roues hors de service.
Aujourd'hui ou donne aux band^ la forme nécessaire à Taid^ d'une machine ingénieuse et facile à construire. Cette forme est donnée exactement sur un mandrin en fer , à Taide duquel on opère avec la plus grande facilité, et on les pose ensuite à froid sur les roues ^ qu'on ne brûle plus , et dont la durée est incomparablement plus grande.
Comme cette machine est très- importante, et qu'il esl plus facile et plus court de la derrire h l'aide des figures , nous renvoyons aux planches, deuxi^e livraison • Techmologif, LaHoaMÂBD et Mbllxt.
MARÉES. ( Jstronomie-phjTiique et natn»
galion. ) Ifouvement alternatif des eaux de la mer, qui inondent et abandonnent succès»
sivement ses rivages. ( f^ojrez Tartide Flux et RxTLUX.) Lorsque les eaux, parle mouv^ ment du flux , sont parvenues h leur plus grande, hauteur , c'est alors l'instant de la hftute ou pleine mer, ou de la marée haute.
Les marins disent encore qu*alors la mer est étale. Quand ensuite, par le mouvement du reflux , la mer est arrivée à son plus bas terme , c'est le temps de la basse- mer ou de la marée basse ^ que les marins ap}>ellent aussi Vèbe ou le fusant. N. Nicollxt.
* MARELITJS (Niu), géographe suédois, né en 1706, mort eà 1791, éuit directeur du bureau d'arpentage li Stockholm lorsqnHl entreprit plusieurs voyages longs et pénibles pour reconnaître les montagnes, les fleuves et les gisements de terrains depuis la Scanie jusqu'en Laponie. U publia à son retour un Mémoire sur la direction des montagnes entre U Suède et la Norwége, une Description du lac Melar, des cartes nouvelles de plusieurs provinces, et des Obsen^ations insérées dans les Mémoires de l'Académie dessciepoes de Stockholm, dont i) était membre. On peut lire le détail de
ses travaux géographiques dans les Jrehit^ généraies de U littérature suédoise, publiées parLudeke, en allemand.
* MARENGO (bataille de), Yunt des plus glorieuses qui ont préparé l^élërstion suprême de Bonaparte , a reçu son non d\in hameau du Milanes, situé à deux lieiiei E. S. £. d'Alexandrie. L'armée française dite de réserye, commandée par le premier consul en personne , j remporta sur lei Autrichiens aux ordres du lieutenant-géuénl Mêlas une victoire décisive le 25 prisrial an VIII (14 juin 1800). Après douze hearci de manœuvres et de combats , le succ^ de cette brillante action était encore infertsin: il s'jr fit de part et d'autre des prodiges dlatrépidité , et le carnage fut grand. Le général Berthier , qui j commandait comne général en chef sous les ordres immédiats de Bonaparte , porte < dans la Relation qu'il a donnée de cette mémorable bataille (Parts, an XIV = I805«, in-S* et in-4«) les pertes des Autrichiens à 4,5C0 morU, 8,000 bleuet et 7,000 prisonniers ; toutefois il se peut que cette supputation soit exagérée : les Français, suivant lui, n'eurent que 1,100 hommes tués , 3,600 blessés et 90U prison^ Viers. Quoi qu'il en soit , la journée de Marengo eut pour résultat de replacer l'itslie au pouvoir de la république française, et de relever sa fortune militaire , non moins eoDpromise alors que la sécurité intérienre de rÉtaf. Chefs et soldats eurent uneégsicpart à la gloire de cette journée ; mais parai ceox des premiers qui y contribuèrent arec le plus d'éclat on doit distinguer Desaix, dont le. trépas mêla des cjprèa aux palmes dn triomphe; Cham peaux, dont la mort fat immédiatement vengée par son intrépide cavalerie; Lannes , Murât, Victor, Cardanne , Chambarihae , Garrat - Saint -Cjr, Bessières, Boude! , Kellermann, Kirsalt.
Watrin , etc., çte. Outre l'ouvrage do géacrai Berthier , on peut consulter l'eicdlent Précis des ét^énements militaires , du général Math. Dumas, le tom. 13 des f^ieteirnH Conquêtes^ etc., etc.
* MARES (Des). Foyez CsA«p*tsii<l DiSMAaxs.
* MARESCALCO. Foxez Bvoscoasiouo.
"^ MARESIUS. f'oxez Ois«4mrrs.
. * MARET (HcouBs), médecin, «s « Dyon en 1726 , acquit de bonne heure de la réputation dana son art, s'appliqua sfcc succès à la chimie , donna une^ impubisB nouvelle à TAcadémie de sa patrie, et laoa-
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rut vicUmo de son déTouement en urêtant les ravages d'une fièrre pestilentielle qui s'était manifestée dans un village près de Graj fsn PrancbeComté en 1785 II était médecin des états de Bourgogne pour les épidémies, censeur roj al , correspondant de TAcadémie de» sciences, membre de plusieurs autres académies nationales et étrangères, et secrétaire perpétuel de celle de Dijon, dont il a publié Tbistoine eu téta du Recu€U de cette société savante. On a encore de lui un grand nombre de Mémoii^eâ , Disêei-taUons et ObsertHitions sur des nuitières naédicales et pbysiques , des Eloges meadé' mtifuês insérés dans le RecutU de TAoadé- MÛe de Dijon , dans la Ganeîte de SanU , etc. Il a eu part avec Gujton de Morveau et Durande à la rédaction des Eléments de chimie thiotique et pratiqué ^ Dijon, 1777, 3 YoJ. in- 12 ; et il a fourni plusieurs articles daoa Tancienne Ertcjrclopédie. U avait été chargé de la rédaction du dictionnaire de pharmacie dans V Encyclopédie méthodique de Panckoocke ; mais il n'a pu donner que Tartide Jcideméphjrtique. — Jean-Pbilibert MA.miT , oncle du précédent , cbirurgienmajor de Tbôpital-général et pensionnaire .de r Académie de Dijon, mort dans celte villo en 1705, a laissé des Mémoires et 06emt^^tions insérés dans le Recueil dé la même académie. Son Eloge a été publié par H. Maret, Dyon, 1781 ,in-8«.
* MARETS ( Des ). f^ofez DisMAiats et
ilAUXBBOiS.
* ftlAR£TT£S ( Dts). Foyez LBsavii.
* MARGARIT. f^oyez MAmauuiT.
'^ MARGARITON£, peintre italien, né â Areizo en 1212, mort dans cette même ville en 1289, tenait le premier rang entre lea peintres imitateurs des Grecs du Bas- Kospire , avant que la renommée de Cimabué et de Giolte ( vojre% ces noms ) eût effacé celle de tous leurs contemporains. On conserve encore une Madone et un Christ painta à fresque dans l'église de Saint-François d'Areno, et un saint François dans le courent de Sargiano , près de celte ville. Cet artiste, comme tous ceux de son temps, cultivaitaussi Tarcbi lecture et la sculpture. U cOBttruisit dans sa patrie une cathédrale sur les dessins de Lapo. Les deux portraits (l'un en marbre , l'autre peint à fresque ) de Grégoire X , qui se trouvent sur le mausolée de ce pape à Areuo, sont également de Marga* ritona , ei passent pour ce cpi*il a produit de
plus parfait. (Kof#a, pour plus de détails sur cet artiste , sa vie dans Vasari.)
* MARGEUET (N,) voyageur français, né dans le 16« siècle , servit d'abord sous les drapeaux de Henri IV contre les ligueurs , passa ensuite en Transylvanie , en Hongrie , en Pologne, entra au service de Borisgodounof , czar de Moscovie , puis à celui du successeur de ce prince ,.Dimitri ou Demetri ( Grégoire Olrepieff, voyez Tart. des faux DaMBTsits , qui lui donna le commandement d^une compagnie dans ses gardes : il revint en France après 1* mort de ce dernier , fit le récit de ses yoyages et aventures à Henri IV ; et , sur l'invitotion de ce teonarque , il publia : Etat présent de l'empire de Russie et grund duché de Moscovie , auec ce qui s'y est passé de plus mémorable depuis l'an 1590 jusqu'en 1606, Paris, 1607, in-S»; ibid., 16^, in-l2 ; ouvrage eurieux et qui a été consulté parplnsieurft bistoriens.
* MARGGRAFF (Geobge), médecin et voyageur allemand, né à Liebstssdt (Alisnie) en 1610, passa au service du comte de Nassau , gouverneur des établissements hollandais dans r Amérique méridionale, visiU les contrées voisines des côtes depuis Rio- Grande jusqu'au sud deFemambouc dans le Brésil , entreprit ensuite un voyage en i«uinée , et mourut dans cette contrée d'Afrique en 1014. Une partie des observations qu'il avait recueillies ont été publieesparJ.de Laet, avec ceUes du médecin Pisou que Marggrnff avait accompagné au Brésil, sous ce titre : G. Pisonis de iiedicind hrasiliensi lib, jy; G. Marggra%fii Historiée rerumnaturalinm Brasilia Itb, f^lJl^ Amsterdam , 1646, in-fol., figures. On trouve de plus dans ce volume un autre écrit de Marggrafi*, intitulé : Tractatus tnpogruphicus et met* orologicNS Btasiliœ ^ etc. Plumier a nommé Marggrayia un arbrisseau grimpant des Antilles , dont ou a fait le type d'une famille de plantes. — Son frère Christian , né à Liçbstaedt , en Misnie ^ fut <^octeur de la faculté de médecine à Franeker, en 1659 , et occupa à Leyde la chaire de pathologie jusqu'à sa mort arrivée en 1687. On a de lui deux traités, imprimés d'abord séparément, réunis ensuite efpubliés sous ce titre : Opéra medica duobus libris comptehensa , etc. , Amsterdam, 1715, in-4o.
* MARGGRAFF ( Ardrb - Si4tstiovD ) , dftimiste allemand, né à Berlin en 1709, fut
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membre de rAoadémîe rojale de cette ville ^ directeur de la classe de pbjsique , associé de TAcadémie dès sciences de Parts, et mounit en 1782. On lui doit des découyertes précieuses en chimie, en métallurgie. C'est lui qui le premier a extrait la potasse du tartre et du sel d'oseille , a prouvé qu*on pouvait retirer avec avantage le sucre de la betterave , et a trouvé lacide formique. Ses nombreux opuscules, presque tous écrits en français, et insérés , soit dans les Mémoi» ns de l'Académie de Berlin , soit dans les Miscellanea berolinensîa , ont été réunis par J.G. Lebmann, en 2 vol. in-8o, Berlin , 1761-67, et traduits en aUemand dans les Récréations minérxilogiques , Leipsig , 1768, tom. !«'.
• MARGON (GfjiLLÀUMB PLANTA VIT DE LA PAUSE , abbé db ) , littérateur médiocre , né en ^Languedoc , près de Béziers, vers la fîn du 17* siècle, vint de bonne heure à Paris, et s'y fit connaître par quelques écrits satiriques qui annonçaient moins de talent que de méchanceté. Les propos indécents qu'il se permettait contre les personnes les plus respectables le firent exiler aux lies de Lérins ou de Sainte-Marguerite, puis enfermer au château d'If d'où il ne sortit que pour entrer dans un couvent de bernardins. Il ne se conduisit pas mieux dans cette retraite que dans le monde , et il mourut en 1760, détesté de tous ceux qui Tavaient connu. Les écrits qu'il a publiés sont lombes dans un juste oubli. Nous citerons seulement : le Jansénisme démasqué , Paris , 1715 , in-12 ; Lettres de Fitz-Moritz sur les affaires du temps, Roterdam, 1718, in-12; Mémoire du duc de yUlars, la Haje , 1734, 3 vol. in-12; Mémoires du maréchal de Berwick, Londres (Paris), 1737, 2 vol. in-12; Mémoires de TourvUle^ 1742, 3 vol. in-12- Il avait aussi publié quelques brevets de la calotte, recueillis dans les Mémoires pour servir à V Histoire de la Calotu, Moropolis (Paris), 1739, 4 vol. in- 16.
* MARGOTTI (Lâvfiahc), cardinal, né vers le milieu du i6« siècle , k Parme , fut
, secrétaire des papes Clément XI et Paul V, et jouit k nn haut degré de leur confiance.
On cite de lui : Lettere scripte per lo pià ne' tempi di papa Paolo V à nome del carti.
Borghese^inA^, Rome y 1627; Venise, 1633; et Bologne, 1697.
• MARGUENAT. Fo^et Lambest.
* MARGUERIN. F'ojrez Biovb.
* MARGUBRIT ( Jbav), cardinal esp^ gnol f mort à Rome en 1 484 , fut soccesiirement évèque d'Elne, puis de Girone, et ensuite de Patti en Sicile, reçut la pourpre de Sixte IV en 1483, et fut nommé ^ncelierd'Arragon pour avoir apaisé les troubles qui agitèrent la Catalogne sous le règne de Jean I*'. On a de lui une histoire d'Espagne , depuis Farrivée d'Hercule dans la péninside jusqa*àla naissance de Jésus-Christ, imprimée à Grenade en 1545 , sous le titre de Paralipomenon Hispaniœ, ei insérée par le Père André Schott dans le premier volume ( pag. 7-120) de VHispania illustrata, Francfort, 1603, in-fol. L'auteur f est nommé par erreur Margarin, — IfABcmr BIT (Pierre) , voyageur espagnol, s'embarqua pour les Indes, en 1492, sur la flotte commandée par Christophe Colomb, avec lequel il eut quelques différends qui l'obligèrent à s'en séparer. Quelques autairs, notamment Blasius , ont prétendu qu'il découvrit Ttle Marguerite, et lui donna son nom ; d'autres veulent que cette lie ait reçu le nom Ae Marguerite à cause des peries qu'on trouve sur ses côtes. — Don Joseph de Mab- CDBBiT et de BiVBB , marquis d'Aguilar, seigneur de Castel-Empourdan , lieutenantgénéral des armées du roi Louis XIII , mort en 1685, rendit d'assez grands iervieei à la France contre l'Espagne, sa patrie, dont il s'était séparé lors du soulèvement de la Catalogne et de la guerre civile de 1640, qui en fut la suite. Il enleva la vallée d'Aran aux Espagnols , leur prit Castel-Léoo en 1646, soutint un siège de quinte mois dans Barcelone , et cinq on six ioors avant la capitulation , se sauva dans un frêle esquif au travers de l'armée navale des ennemis en 1654. Il perdit en Espagne tous sa biens , qui étaient considérables , et fut seol excepté d'une amnistie accordée à ceux qoi avaient trahi leur pays.
* MARGUERITE , reine de France , fille ainée de Raimond Bérenger III , comte de Provence fut mariée en 1234 à Louis IX, dont elle fit le bonheur par ses vertus, ci qui de son côté lui témoigna toujours la pbf vive tendresse , malgré les efforts constants et quelquefois barbares de la reine Blancbe pour séparer ces deux époux et empêcher sa bru de prendre de l'ascendant aor le rot- Marguerite ayant accompagné aon épon dans PEgypte, se trouva assiégée dans Oa* miette par les Sarasias ; elle était enoeinlt ei
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tt'aratt plus d^espoir d'être secoiirue;c*est alors qu'elle pria un vieux chevalier de lui couper la tète si la ville était prise, et que celui-ci lui répondit : J'jr avais déjà pensé. Elle sortit cependant de Damiette avant la reddition de cette place , et quand la mort de Blanche rappela Louis dans ses états, elle ^r revint avec lui, et, sans prendre part au gouvernement, lui donna souvent dVtiles conseils.
Lu France lui doit d'avoir empêché le saint ,et grand roi de renoncer au trône. Après la mort de son époux , elle vécut, dans la retraite et multiplia les fondations pieuses.
£Ue mourut en 1295 à Paris, dans le couvent des religieuses de Sainte-Gaire, qu'elle «▼ait fondé. Elle avait donné onze enfants k Louis IX.
* MARGUERITE, 611e de Jacques W, roi d'Ecosse, et première femme du dauphin de France , depuis Louis XI , fut fiancée en 1428 à ce prince, à peine âgé de cinq aaa, et lorsque elle-même n*en avait que trois. Au bout de huit années le mariage fat conclu k Tours , malgré les Anglais, qui après avoir voulu vainement s'opposer ù cette détermination du roi Jacques , essayèrent d'enlever la jeune princesse. Elle put regretter de n'avoir pas été enlevée, car ^e n'obtint de son époux ni égards , ni af-.
£ection, et mourut k Ch&lonsen 1444, du chagrin profond que lui causèrent d'infâmes calomnies. Ses dernières paroles furent : Fi de la vit, qu'on ne m'en parle pius. Cette princesse réunissait à une rare beauté un esprit trèsrCuUivé et le goût ou plutôt la passion des lettres. ( f^ojrez Alain Chartier.)
♦ MARGUERITE DE VALOIS, dont le vrai nom était Marguerite d'Angoulème, fille de Charles d'Orléans, duc d'Angoulème , et sœur du roi François I*', née à Angoolême en 1492, morte au château d'Odos dans le pays de Tarbes, en 1549, fut la princesse la plus accomplie de son siècle , et romement de la cour de France par sa beauté, sa douceur, son esprit éclairé et l'élégance exquise de ses manières. François l«r la chérissait tendrement et l'appelait sa Mifçnonne et la Marguerite des Marguerites. 11 lui confia même [Plusieurs négociations importantes. Elle avait aussi pour lui la plus tendre afiection et sut la lui prouver pendant sa captivité , en se rendant à Madrid pour lui prodiguer des soins et des consolations, et traiter de sa rançon avec l'astucieux Charles-Quint. Veuve depuis 1625 de Charles IV , duc d'Alençon, premier
prince du sang, qu*elle avait épousé en 1509, elle se maria en 152> à Henri d'Aïbret , roi de Navarre , dont elle eut un fils mort en bhs âge , et Jeanne d'Albret , qui fut la mère de Henri IV. Elle fit beaucoup de bien à la Navarre; mais la protection qu'elle accorda aux novateurs donna lieu d'élever des doutes sur ses opinions religieuses ; le peuple murmura , la Sorbonne la déclara hérétique , et les professeurs du collège de Navarre à Paris eurent l'audace de l'exposer sur leur théâtre à la risée publique. Elle était pourtant bonne catholique, et la postérité doit lui savoir gré d'uue modération qui commençait dès lors ^ devenir bien rare. Gaillard est celui de tous les historiens qui nous semble avoir fait le portrait le plus fidèle de cette princesse (voyez son Histoire de François /''). C'est k tort qu'on a soupçonné ses mœurs de ne pas être très-pures , parce que Ton trouve dans 'ses ConUs, le plus connu de ses écrits, une liberté qui approche trop souvent de la licence. Il faut se souvenir que c'était-là le bon ton de la cour et le langage des honnêtes gens , et que son st^le est encore plus décent que celui de quelques sermons du temps. On a de cette femme aimable et spirituelle : l'Hep' iaméron ou les Nouvelles de la reine de Na.
varre, 1558, la Haye (Chartres), 1733,
2 vol. pcUtin-12; Berne, de 1780 à 1781,
3 vol. in-8o,.avec les belles estampes de Chodowiecki ; le Miroir de Vame pécheresse^ recueil de poésies médiocres ^ Alençon , 1533, in-8«; Paris, même année , même format; les Marguerites de la Marguerite des princesses , poésies recueillies par l'un de ses valets de cliambre , Sylvius de la Haïe ,' Lyon, 1547, in-<«>jParU, 1554, in-8«. Ou conserve parmi les manuscrits de la Bibliothèque du roi, 3 vol. in -fol. de ses lettres. L'Histoire de Marguerite de Falois (par Mii« de la Force ) , Amsterdam , 1696, 2 voL in-l2, Paris, 1719, 4 vol. in-12, est plutôt uu roman qu'une œuvre historique.
* MARGUERITE DE FRANCE, reine de Navarre , fille de Henri II , née en 1552 , morte a Paris en 1615, avait épousé en .1572 le prince de Béarn ^depuis Henri IV, qu'elle n'aimait point et dont elle n^obtint jamais une bien vive afiection. Ce fut au milieu des fêtes de ce mariage , dicté par une politique perfide, que le massacre de la Saint- fiarihélemi fut résolu, Marguerite nous apprend elle-même dans ses Mémoires
MâRG
MARC
qu*eU« faillit être une des victimci de cette nuit futaie. Lorsque le roi de Navarre par* vint à s'écbcipper de la cour , il était dèjh si mal avec son épouse, qu*il partit sans la voir ; mais elle alla le rejoindre , non sans avoir éprouvé de grandes difficultés de la part du son frère Henri Ili et de Catherine de Médicis. Elle fut reçue en triomphe d^ns le Béarn , et vécut en assez honne intelligence avec son époux pendant cinq ans. Un secrétaire du roi brouilla tout par son intolérance envers de pauvres pajsans qui venaient assister aux cérémouies du culte catholique dans la chapelle de la reine. Celle-ci in.liguée se retira à la cour de France oà sa conduite ne fut pas, à beaucoup prés, exempte de reproches. Perdue de réputation et criblée de dettes , elle accéda au désir de son mari, devenu roi de France, lorsqu'il voulut faire casser leur mariage , mais ce fut pour avoir une pension et payer ses créanciers. Retirée en Auvergne, elle fut ramenée à Paris en 16U5 par le besoin d'agitation, et désespéra encore le bon Henri par ses désordres et ses folles dépenses : Page n'avait point mûri sa tête. On doit admirer toutefois qu'elle ait sut allier à cette extrême dissipation le goût des éludes sérieuses. Elle a laissé des poésies très -agréables pour le temps et des Mémoires très-curieux qui ont été publiés par Mauléon de Granier, Paris (Hollande), 1658 et 1661 , in-i2. Godefroy eu a donné aussi une édition , Liège , 17(3 , in-8«. M^gez,* chanoine régulier, a écrit rhistoirede celte princesse , 1777, in-8».
• MARGUERITE D'ANJOU, reine d'Angleterre , fille de René , dit le Bon , roi titulaire de Sicile, née en 1423^ morte en France en 1482, avait épousé en (443 Henri VI qui régnait en Angleterre sous l'impérieuse tutelle du duc de Glocester sou oncle. Elle devait ce mariage brillant à un parti redoutable qui c*8pérait trouver en elle un appui contre le duc , et elle s'empressa de répondre à cette confiance , en se mettant à la tête du complot tramé par le comte de Suffolk , le cardinal de Winchester et l'archevêque d'York. Bientôt Toncle du roi , naguère si puissant, fut jeté dans une prison où le lendemain il fut trouvé mort. Ce meurtre excita la compassion et la colère du peuple. Quelque temps après l'on sut que le Maine était rendu à la France ( c*était-lh uue des conditions secrètes du mariage de Marguerite), et Ion vit Charles VII reconquérir la Normandie et la Guïenne. Le mécontentement
devint alors général et tei'rible : un préleif' dant à la couronne parut ] c^étâit Richard , duc d^York ^ qui venait réclamer les droits, de sa branche , usurpés par celle de Lancastre. Henri tomba à la même époque dans une imbécillité complète , et la reine cmt devoir désarmer Richard en le faisant dé« clarer protecteur du rojanme. Mais de noa* ▼eaux sujets de mécontentement portèrent ce prince à reprendre les armes. Les icoi partis se rencontrèrent à Sainte Alban's dans rHertfordshire en I4S5, et là fut versé le premier sang dans cette longue étemelle guerre de la rose blanche et de la rose rouge. Richard , maître par le sort du combat de la personne de Henri, se contents néanmoins de son premier titre de protecteur ; mais il s'assura Tassistauce du comte de Warwick , le Faiseur de rois , qui livrs bataille à la reine à Northampton , en 1460, la défit complètement et s'empara encore une fuis de l'imbécile monarque. Bientôt Marguerite, plus heureuse, remporta près de Wackefield une victoire qui coûta la vie au protecteur. Mais son fils , deux mois après, se fit proclamer, roi sous le nom d'Edouard IV, et soutena encore psr le comte de Warwick , força la reine de cher cher un asile en France. Elle n'obtint de Louis XI qu'un faible secours , reparut dsai Tarèoe des combats , malgré tous les obstS' clés , et vaincue de nouveau à Hexham, dan»
le Northumberland , en 1463, retoumtea France à travers mille dangers. Au bout de «x ans elle put espérer un moment de ressaisir U couronne. Le comte de Warwick , cédant s»
ressentiment d'un outrage , offre son épêc i Marguerite , oblige Edouard à s'enfuir es Hollande , et bientôt apprenant qu il repsrsU en Angleterre, vole o sa rencontre et troure la mort dans la plaine de Bamet en 1471.
Marguerite débarquait le même jour à Weymonth avec le prince de Galles, son fils âgé de dix* huit ans. Un moment ébranlée flt presque découragée , elle se décida poB^ tant il déployer encore une fois l'étendard de Lancastre, fut battue k Tewksbury en 1471 j et tomba au pouvoir de son ennemi. U trùne fut perdu pour elle ii jamais | éiett couvra la liberté par le traité d'Amiew (1475), après avoir vu massacrer son Ûis et son époux, et vint passer le reste de «es jours en France. Cette héroïne, digne d'un meilleur sort , avait soutenu dans dootc b* tailles rangées les droits de sa msisoo- L'abbé Prévost à écrit une Histoire dt M^
MARO
MARC
gu€rit0 cTJnjou , remplie d'erreun , de dir gret&ioos superflues et de discours supposés ; i?Ue doit être rangée dans la classe des ro* mans historiques. On a représenté en 1826 à rOdéou un drame lyrique en trois actes intitulé Marguentû d'Anjou , traduit de ritalien par M, T. Sauvage.
* MARGU£RIT£ D AlflRCCHE , princesse célèbre par %e» malbeurs et par la fermeté de son caractère « ainsi que par Tinfluence qu'elle a exercée sur les événements politiques de son temps , née à Gand , en M80, de l'empereur Maximilien l'r et de Marie « héritière de Bourgogne , morte à Bruxelles en (530, fut d'abord Hancée, en 1483 , au dauphin (Charles VII) , qui la renvoya à son père en 1491 , lorsqu il obtint la main d'Anne de Bretagne. Elle épousa suc* cessiveraent en 1497, Tinfant d'Espagne, fils de Ferdinand et d'Isabelle , et , en 1501, Phillibertle-Beau, duc de Savoie, qu elle eut encore la douleur de perdre, après quatre ans de l'union la plus heureuse. Veuve pour la seconde fois à l'âge de 24 ans , elle résolut de ne pas former de nouveaux liens, Maximilien reconnu en 1506 tuteur du jeune Charles-Quint, son petit fili, nomma Marguerite gouvernante des Pays-Bas ,'et lui abandonna la jouissance du comté de Bourgogne et du Charolais. Elle assiita en qualité de plénipotentiaire aux conférences de Cambrai et conclut le traité de 1508 avec le cardinal d'Amboise, ce qui ne remp<^:ha pas de susciter sourdement des ennemis k Louis XII , puis à François I<r. Ce fut elle qui détermina le roi d'Angleterre h entrer , en 1515 , dans une nouvelle ligue contre la France, et qui conclut, en 1529, avec la doehesse d'Angoulême (Louise de Savoie) , le traité qui fut si avantageux à lAutriche.
Ce fut le dernier acte important de sa vie.
Li^on doit dire que sous son administration J agriculture et les arts firent des progrès remarquables dans les Pays-Bas. Elle aima les lettres et protégea les savants. La Bibliothèque du roi possède un recueil manuscrit de »^ Chansons ; et Ton trouve plusieurs <le ses lettres dans le HecurU des UtU-ês iU Louis XII. (^oj-ez pour pips de détails la Mémoii'e historique sur In Bibliothèque de Bruxelles , par La SemaSantander ( 1809 , in8«»), et la Couronne margaritique , par Jean Lcmaire de Belges.)
• MARGUERITE, reine de Norwêge, de Danemarck et de Suède, surnommée la Sêmiramis du Nord, fille de Valdemar lïl ,
roi de Oanemarck , née à Copenhague en 1353, montra dès son enfance une force d'esprit et de caractère qui fit dire h sou père que la nature s'était trompée en la faisant naître femme. Elle épousa en 1363 , non sans de grandes difEculLés, Haquin , roi de Norwége, qui venait d'être couronné aussi roi de Suède. Mais les Suédois . mécontents de ce mariage, déposèrent Haquin^ élurent il sa place Albert de Mecklenbourg, et bientôt éclata entre le nouveau roi et le monarque dépossédé une guerre qui fut terminée en \Z1Q (voyez Haquiit VII et Magmus-Smik ). Quatre ans après , Valdemar , étant mort, Marguerite, malgré tous les obstacles, fit proclamer Olaiirs son fils, roi de Danemarck en 1376, et se fit donner la régence du royaume. A la mort de son époux, en 1380, elle se fit donner également la régence de Norwége, et dès lors sans doute elle jeta ses vues sur la Suède , qu'Albert était incapable de gouverner. Attaquée par ce prince en Scanie , elle le défit , dédaigna de le poursuivre, et remettant sa vengeance à un autre temp.^, elle s'occupa de rentrer dans la possession de la Scanie engagée par son père aux villes anséatiques pour quinze ans , et de détacher entièrement ces villes de la Suède , en favorisant leur commerce. Elle put songer alors à raccomplisscmeiit de ses grands projets.
Son fils Olaiis étaut mort en 1387 , elle eut d'abord à punir un aventurier qui , sous le nom du prince défunt , cherchait à opérer une révolution. Bientôt après, elle se fit déférer la couronne de Danemarck. puis celle de Norwége ; seulement, pour obtenir celle-ci, elle se crut obligée d^associer à son nom celui d*un roi , et de régler la succession. Elle choisit en 1389. un prince âgé de cinq ans , son petit-neveu Eric , fils de Vratislas, duc de Poméranie. Cependant les Suédois , mécontents de leur roi , consentirent à la reconnaître pour reine, a condition qu'elle maintiendrait les privilèges du royaume et le défendrait contre les prétentions d'Albert. Elle remporta une victoire éclatante sur ce compétiteur près de Falkœping en Vestrogothie , et , pour achever sa ruine « conclut un traité av^c Jean , duc de Mecklenbourg, qui soutenait le parti du roi, son neveu. Marguerite, maîtresse désormais des trois royaumes du Nord , après avoir fait élire son pupille , en 1 396 . roi de Danemarck et de Suède , sans fixer toutefois répoque précise où elle se démettrait
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de la régence, songea à réunir pour toujours par un acte solennel les peuples qui lui obéissaient, et en 1397 parut Tacte d^nnion, le célèbre traité de Calmar , daté du jour de Sainte-Marguerite. Elle venait de fonder une monarchie dont la grandeur et la puissance rappelaient aux peuples Tempire de Charlemagne ; mais il fallait une autre main que celle d'Eric pour soutenir un tel édifice. Aussi la reine eut-elle 'plus d^une fois à se repentir de son choix indigne.
Tandis qu'elle rétablissait la confiance et la paix dans le peuple, qu'elle favorisait le clergé pour Topposer à la noblesse, et qu'elle envoyait des missionnaires prêcher le christianisme en Laponie , Eric attirait sur les armes danoises, dans la guerre confre les comtes de Holstein, les premiers revers qu'elles eussent encore essu^rés sous le règne de Marguerite ; il faisait mourir injustement un fidèle ministre, Abraham Braderson, et se montrait , en un mot , aussi impatient qu'incapable de régner. Marguerite, après avoir ramené les esprits aliénés par le jeune prince , et conclu une convention avec les comtes de Holstein, se disposait h retourner en Danemarck, quand elle mourut en 1412, dans le port de Flensbourg , à bord d'un vaisseau. On voit son tombeau dans la cathédrale de Hoskild. Holberg dans son His^ toire des femmes célèbres^ a donné une biographie succincte de Marguerite; et il ajoute qu'il ne connaît qu'un poème d'Erasmus Laetus , intitulé Mar^aritica , où Ton trouve quelques détails sur la vie de cette princesse.
* MARGUERITE DE SAVOIE, ^o^ez Jbah IV de Portugal.
* MARGUERITE , comtesse de Richemont et Derby , fille de Jean de Beaufort ,
, duc de Sommerset , et mère de Henri VU , roi d'Angleterre , née en 1441 , morte en 1509 , eut trois époux , le duc de Sufi'olk , Edmond Tudor et le grand connétable lord Stanley. Placée sous la surveillance et la responsabilité de ce dernier par Richard III , lorsqu'il découvrit la conspiration du duc de Buckingham , dans laquelle était entrée la comtesse pour donner le trône à son fils, depuis Henri Vil, elle sut gagner son époux et en faire Tinstrument le plus puissant de la fortune du jeune prince. Marguerite fonda plusieurs collèges, favorisa les sciences et les lettres et publia elle-même quelques ouvrages dont voici les titres : une Traduction du tfuaitifine iivrt
de t Imitation de Jésuê-Christ, par Gerson ; on JRègiementde costumes êtd'étûpiettepoar les dames de la cour. (yoye% Walpole, Royal /iuthors. Il , 156, et Nichob , Anecdotes of Rowxer, V, 112.)
* MARGUERITTES (JiÀwAHTonrxTEIS^ SIER , baron nx ) , littérateur médiocre, né à Nhnes en 1744 , fut député de la noblesse de sa province aux états-généraux de 1789, d'où il s'attacha constamment aux vieox pnncipes de la monarchie et protesta contre toute innovation. Il fut condamné à mort en 1791, comme auteur ou complice des conspirations du Midi. On a de lui : Discours sur l'avènement du roi (Louis XVI) à la couronne^ Amsterdam , 1775 , iu-8* ; la fl^oùaion ds Portugal , tragédie médiocre , dédiée au roi de Portugal . 1775, in-8« , etc.
" M ARGUNIO ( Emxahubl ) , évéque de Cérigo , mort dans l'ilc de Candie en 1602, à l'âge de quatre vingts ans, établit à Venise une imprimerie grecque, d'où sont sortis beaucoup d'ouvrages , et publia en grec des Iljrmmes anacréontiques estimées, Augsbourg, 1592 et 1601, ih-8«»,'et d'autres poésies qui se trouvent dans le Corpus pottar. grœcor. , Genève , 1606 et 1614 , 2 vol. in-folio.
* MARIA, f^oj^ez Dblla-Mària.
MARIAGE. ( Droit cii^il ) Peu de mol»
ont une signification aussi généralement ^xkt que celui-ci , et personne n'ignore q^'il désigne l'union confugaU contractée selon les formes établies par lei lois ( I ).
Cette union légale est le fondement des familles , et seule elle peut conférer k caractère de légitimité aux enAints qui naissent après le mariage , on qui , nés auparavant de personnes aptes à s'unir légalemeot, recouvrent, par le mariage subséquent de de leurs père et mère, le titre à'^enfants légitimes.
Nulle autre voie pour atteindre ce M n'est ouverte ni reconnue par notre légidstion actuelle , qui n'a pas même conserré It légitimation par lettres du prince , laquelle avait survécu à divers autres modes du droit ^romain, et était encore admise en France avant la révolution.
Ainsi , hors de l'union conjugale consacrée par les formes et la publicité légales, il ve peut naître que des enfants naturels, vul-
(1) Les lois romaiiMs qualifitleot c«Ue jniomfl^ nmptittt et le» enfants qui en proTe»«l«n* t"^
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fànmatt appelés hâurds (1) : là qualité d'enâmt légitime est inséparable de Tacte qui coQstitue le lien conjugal des père et mère , et l'état des enfants assuré par cet «cte est le but principal que le législateur semble s'être proposé eu instituant le mariage.
Toutefois cette institution n'a pas été parlOQt et en tout temps comprise ou réglée de la même manière.
Admise cbez tous les peuples qui sont plus OQ aïoins civilisés , Tinstitution du mariage s dâ prendre chezcbacun d'eux un caractère analogue k Tordre politique , à la morale et ^ la religion de ces peuples.
L'union d'un mari avec plusieurs épouses est UgaU dans les pays qui admettent la polygamie; là aussi peuveht se voir divers oràm d'épouses , et , parmi elles ou à côté d'elles, des concubines avouées par la loi et infestiês de certains droits spéciaux. La Turquie est aujourd'hui le seul État europren, ou plus exactement mi-européen , où il oiste de telles lob.
Mais il ne faudrait pas remonter au delà da neuvième siède de notre ère pour apereeroir en divers États d'Europe déjà chré* tiens à etttt époque, et même en France , ne sorte de concubinage qui , sans conférer à la concubine tous les droits de ^a pure épouse , transmettaient aux enfants les mimes droits que s'ils eussent été légitimes. Quelques vestiges, ou plutôt quelques remplacements de ces anciens usages , se retrouvent encore aujourd'hui dans plusieurs contrées d'Allemagne , où s'est introduit un nutage appelé de la main gauche , en faveur des hommes puissants qui veulent satisCiire leurs afTections sans déroger à la tanité de leur rang (2). Ainsi , par concession faite aux préjugés de certaines classes , il est des pajs chrétiens qui admettent , dans le mariage même , une distinction fejetée par les autres.
Nous ne pousserons pas plus loin l'examen d*asages qae le temps ou les lieux rendent étrangers k la France de nos jours. Si cet examen embrassait tous les points du globe, combien aujourd'hui même n'en aperce- ▼rions-nous pas où le but de l'institution
(1) Yoym , «n ce qui regarde lei enfants natu* fv^ > et qiki a été dit»dans cet ouTrage, au tnot Bd» tari».
(2) Voyea noUmment le Code prussien , II* parliv , tHre I» , McUoB 9.
Tnme 15.
est méconnu ou souillé par les pratiques las plus barbares (3) .
Bornons-nous donc à voir le mariage tel que depuis long-temps nos propres mœurs l'ont admis ou modifié , en circonscrivant le lien conjugal entre Un seul homme et une seule femme , sans autre terme que la mort de rùn des deux époux.
Cette doctrine était déjà bien ancienne quand Montaigùe assimilait le mariage à un marché qui n*4t que l'entrée libre, sa durée estant contraincte et forcée (4).
Dans un style non moins ingénu et quel quefois aussi piquant , un autre auteur du même temps disait : Le mariage n'est point chose indîférente ou médiocre , c'est du tout un grand bien ou un grand mal^ un grand repos ou un grand trouble , un paradis ou un enfer; c'est une très-douce et plaisante vie , s'il est bienfait^ un rude et dangereux marché , et une bien épineuse et poisante liaison, s'il est mal rencontré; c'est une con^ uention où se vérifie bien à poinct ce que fon dit : Homo homini Deus aut lupus (5).
Cette grave alternative est en effet le tableau du mariage vu dans Vordre moral ^ mais c'est dans l'ort/r^/^^ que nous devons maintenant examiner cette institution ; car, si les conseils de la philosophie indiquent le besoin d'un choix sage et éclairé, c'est à la loi seule qu'il appartient de régler le caractère et les effets de ce choix , quand il a été fait et consacré selon les formes requises.
Parmi les caractères constitutifs tlu mariage, se préseute d'abord celui qui le circonscrit de telle- sorte , que nul homme ne puisse avoir en même temps plusieurs épouses , ni aucune femme plusieurs maris ; cette régie fondamentale et absolue était seule propre k honorer le mariage , en lui donnant une consistance inconciliable avec tout partage ; l'Europe presque toute entière n'admet point d'autre mariage.
C'est aussi, dans cçlte Europe, un principe reconnu que le mariage n'est point de sa nature un contrat temporaire, qu'on ne
(3) Gomvie en CWoe , au Tonquin et dau TSle FormoM , où rinslllutioa -du maritge «crall si d*grad^, qu'il serait permis et quelquefoU commiodé d'eo détruire les fruiU » si Ton peut ea croire certtines relations citées par Montesquieu , Espnt des lois, IWre XXm , clieptu^ 16.
(4) Essais de Montaigne» lirre I, chep. 27.
(5) De la Sagesse , par Cluirron , livre I , chapiue 42.
MARI
MARI
peut par aacone ttipulatioii , lai assigner tel ou tel nombre d*années poar terme , et qaHl ne peut se foimer ni être admis que dans des mes de perpétuité: mais d'accord sur le principe , on n*en a point partout tiré les mêmes conséquences , et TEurope est aujourd'hui divisée en deux parties , dont Tune admet le divorce ou la dissolution du contrat pour des cas graves , tandis que l'autre partie , même en séparant les époux, regarde le nœud conjugal comme encore subsistant.
La législation française a beaucoup varié sur ce point depuis moins de quarante ans.
^ C'était la règle de V indissolubilité absolue qui j était sai?ie avant la ^révolu^on : une loi du 20 septembre 1792 abrogea cette Higle, et introduisit en France la faculté du divorce^ mais avec une telle latitude qu'en 1803 le code civil dut modifier la loi de 1792 et renfermer le divorce danff des limites beaucoup plus étroites.
Sans doute on croyait avoir par là concilié tous les intérêts de la société, lorsqu'une troisième loi (celle du 8 mai 1816) supprima totaleinent le divorce , en ne laissant , pour y suppléer , que la séparation de corps que le code civil «vait admise aussi , mais seulement en second ordre , et pour les époux que des scrupules religieux porteraient à s'en contenter.
Dans le dernier état de la législation , et sans revenir sur ce qui a été observé ailleurs (1) touchant cette loi du 8 mjfi 1816, il ne reste qu'à parcourir , autant que le permettent les limites de cet écrit , les points capitaux de l'organisation donnée au mariage , points qui , en partie puisés dans les anciennes maximes on pratiques du droit , en partie dictés par le nouvel état social , se trouvent rassemblés de la manière la plus complète dans le code civil devenu ainsi , ou k peu près , notre seul guide dans la suite de cette notice.
Quand ce code civil fut composé, une grande innovation s'était déjà opérée dans 'la célébration du mariage. Durant plusieurs siècles , les prêtres de la religion catholique avaient été considérés comme les minbtres nécessaires du marine ; mais un tel état de choses dut changer quand la liberté des cultes fut proclamée , et que les principes de l'association civile furent attentivement scrutés et fixés.
(l)yoje« U mot Diforee.
Une loi du 20 septembre 1792 avait donc rendu à l'autorité laïque la tenue des actes de l'état civil ^ parmi lesquels se troavait essentiellement la célébration desniariaget; et dès ce moment le catholique, le protestant , le juif n'avaient pu receveur que de cette autorité la qualité d'époux et le caractère qu'imprime le mariage, sauf àchacan d'eux à faire ensuite , s'il le jugeait à propos, bénir on consacrer son union selon les rito de sa religion respective. Cette innovation, quoique fort déplaisante aux partisans des vieux abus , était trop conforme à la raison pour n'être pas maintenue dans le code (2).
Les dispositions que la même loi de 1792 contenait sur la capacité des contractants , sur les publications préalables , sur les oppositions, et enfin sur les formes intrinsèques du mariage (3), toutes encore utiles à consulter pour les époques qu'elles régissent « ont été postérieurement refondues dans le code civil ou modifiées par lui.
Mais ce code, pour embrasser complètement la matière, ne devait pas seulement poser les règles constitutives du lien conjugal (4) , il avait aussi à régler, quant aux biens, les droits respectifs des époux (5) : ces deux par ties , distinctement classées dans le code , le seront aussi dans l'aperçu qu'on se propose d'en donner en cette notice qui pourra , par cette diivsion , acquérir plus de clarté.