‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 15Chapitre 87 sur 145 · MAKI · texte numérisé non relu

MAKI

Mée par la loi (1) : nuis, en proclamant la dette des aliments et sa réciprocité sans limitation d'âge, qiiand le besoin est constant, il convenait de ne point étendre Tobligation des pères et mères au delà de certaines limites.

Dans quelques contrées , Tenfant avait action contre ses père et mène pour un établissement par le mariage ou autrement : le code abolit et refuse cette action (2) qui , toujours irréyérente, devenait souvent inqnisitoriale.

Après avoir. trace lea obligations cornnranes aux époux envers les enfants , le code en exprime qui leur sont propres à Tégard Tun de lautre : ainsi la femme est obligée dliabiter avec le mari , comme le mari est obligé de la recevoir (3) ; ceci était lune des premières conséquences du lien conjugal.

La protection due par le mari à sa femme n'était pas moins une suite de leurs positions respectives; mais dans le plan d'une législation qui tendait à ramener sur le territoire français de TUniformité dans les principes , il a fallu donner à la protection ou puissance maritale un caractère plus général que celui dont elle avait joui jusqu'alors.

En effet, si, dans la majeure partie de la France « la femme mariée , même non commniie et sépai^ée de biens , ne pouvait don^ ner , aliéner , hypothéqurn* , acquérir à titre gratuit ou onéreux , ni procéder devant les tribunaux civils , soit en demandant , soit en défendant , sans le Consentement ou l'autorisation de son mari , il en était autrement dans quelques pays où la femme conservait et exerçait , sans le concours de son mari , la pleine disponibibté de ses biens parapkern^ux , c'est-à-dire , autres que ceux qui composaient sa dot.

Aujourdliui, sifr tous les points de la France, Tantorisation du mari est nécessaire pour la validité des actes de l'espèce de ceux qui viennent d'être énoncés , et de même la femme ne peut plaider en matière civile sans cette autorisation que le tribunal accorde au défaut du mari, mais seulement lorsque celai-ci est dans l'impossibilité de la donner ou la refuse injustement. L'au^m torisation du mari a donc été considérée eonme un attribut essentiel et inséparable de la puissance maritale, et tellement atta-

(1) Coàe ciTtl« art. 209.

(2) Jbid., «rt. 204.

(3) Jbid.,Mri. 214.

ché à sa personne qu'il n'est permis 4'/ déroger par aucune des conventions relatives aux biens , malgré toute la Utitude laissée à ces conventions.

Nous voici parvenus à cette seconde partie du code qui regarde les biens des époux.

Deuxième partie : du contrat de mariagt et des droits respectifs des époux»

Pour faciliter l'intelligenoe de cette partie du code , il ne saurait être inutile d'eptrer dans quelques explications préalables.

Avant que la code civil régit la Franœt elle était , sur cette matière , comme dirisée en deux zones dont la plus considérable suivait le régime de le communauté de biens entre époua^, avec les modifications diverses qu'avait établies une multitude de statuts locaux : la plupart de ces statuts boraaioit cette société aux meubles , fruits et revenus , et n'y faisaient entrer les immeubles et droits immobiliers qu'autant qu'ils étaient acquis par la communauté méine; les unmeubles que les époux s'étaient constitués en dot , ou ceux qui leur avenaient par weC" cession ou donations , restaient propres s chacun d'eux , et s'ils étaient aliénéa peodant la communauté, la taasse ^i devait le remploi à œlui des époux auquel avaient appartenu ces immeubles.

£>ans ce régime , le mari était admânialrs*' teur et maître de la société , mais la fesme pouvait y renoncer lors de la disaolutioB, et exercer inême sur les biens du mari les actions propres à la rendre indemne , en lu procurant le recouvrement de ses appoiti dûment justifiés ; si la communauté avait été utile et était acceptée, il était , après les prélèvements respectifs , procédé au partage des profits par moitié entre les époux oo leurs représentants.

Telle est l'idée générale qu'on peut se former de l'ancienne communauté statih taire; nous disons l'idée générale y car il serait impossible d'en offrir une qui embrs»* sât. toutes les localités auec précision , dans l'extrême confusion ées coutumes , et an milieu des nuances qui les distinguaient

D autres règles plus appropriées au droit romain étaient suivies dans la pailie da territoire français qu'on appelait pays de droit écrit. Là , nulle société de biens ne se formait de plein droit entre les époux ; si U femme apportait une dot , le mari en avait l'administration et en touchait les revenus pour subvenir aux charges du mariafo mais , sauf quelques exceptions très-rare»

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et introdoitet pour de» cas trèt-grares , lu ctpitiil de la dot était maUénabU^ et restait frappé d'une indisponibilité absolue, tandis que, par une attribution tout à fait inverse, la femme seule et sans autorisation de son ffiar» pouvait disposer à son gré de tous ^ea biems extraAiotaux ou paraphsrnaux •* ee régime avait reçu le nom de régime dotal.

Tels étaient les dewi systèmes qui se divi»

saient la France, non qu*il /àt nuUe part dé* fendu d'adopter soit Tuor, soit l'autre , mais de jsanière que chacun régissait les contrées qui lui étaient soumises , quAijid il n'y était pas dérogé par des conventions expresses.

Dans cette position, qu'a fait le code ? La pensée du législateur serait mal comprise , si Ton supposait qu'il eût roulu avant tout faire prévaloir l'an de ces systèmes sur l'autre { le vrai principe qui domine dans le code et qui régit cette matière, c'est un grand respect pour la volonté des contrac* tants, limitée seulement par quelques pro* kibitions d'ordre public.

Cet ordre public s'opposait h ce qu'il fût dérogé par aucune stipulation a la puissance maritale ou paternelle; il s'opposait de mfne à tout-changement de l'ordre légal des successions, et, dans la vue éminemment utile de faire cesser la bigarrure des statuts coulumiers , il ne pouvait permettre qu^on se soumit à aucun d'eux par des réfé • réa en termes généraux.

l^ei conventions qui blesseraient ces principes on les bonnes mœurs sopt les seules qu^interdise le code; toutes les autres sont permises , pourvu qu'elles soient rédigées arant le mariage par acte devant notaire (1). Mais le plu» grand nombre des mariages a lieu sans contrat , surtout dans les classes inférieures de la société , et il a fallu établir, p^T la loi même , des règles qui devinssent le iiroit commun de tous ceux qui n'auraient point pourvu à leurs intérêts pécuniaires par des conventions spéciales.

J>aiis cette position , pour faire cesser une actsaion de territoire désavouée par la raiaoo, et pour établir un droit commun qui fût

(1) Vojflstout le chap. \" du Ut. V, llv. lU du cod« civil : l'art. 1389 partlculfèrameat nelm cette foule <le 4i«posliioat iojustei ^i* en Normandie, »oas le nom de mariage avenant ; ea Bourgogne , sons eehii de mariage divisé , el ailleurs , «oui dl*«ntr<ss nomt, ne tendaient qu'à établir de dio- <{uaQtss Inégalités , entre Tenfant qu'on mariait et «es rrèrve et toeura.

le même pour le Français du Mitli comme pobr le Français du Nord, il restait h se décider entre les deux systèmes eiposés plus haut, la communauté de hiens et le régime dotal f celui-ci était plus simple ; l'autre a semblé plas juste et plus en harmonie avec le nœud conjugal ; la communauté de hiens a donc obtenu la préférence , mais avec des tempéraments propres^ h ne laisser même à l'esprit de routine aucun sujet de plainte raisonnable.

Telle est en effet l'ordonnance générale adoptée par le code. Trois ordres de choses fort distincts entre eux , mais embrassant ensemble toutes les situations possibles , viennent successivement prendre place dans ce code et y recevoir chacun les règles qui leur sont respectivement propres , Vordre légal ou droit commun , Vordre convention' /le/et le régime dotal. Disons quelques mots de chacun.

L'ordre légal ou droit commun n'a pas été établi , comme on l'a déjà indiqué , pour .dominer la volonté des époux , mais pour la suppléer quand elle ne s'est point expliquée. Dans ce silence , il y a entre les époux communauté de tous leurs meubles et des immeubles acquis durant le mariage à autre titre que de successions ou donations propres à l'on des deux époux , et de ce point sont sortis tous les développements qui concernent la composition tant active que passive de la communauté , son administration par le mari , sa dissolution , la faculté accordée à la femme ou à ses héritiers de l'accep- . ter ou d'y renoncer, les effets de la renonciation , ceux de l'acceptatiou , en6n le partage des profits , après état fait à chacun de ce qui peut lui être dû pour remplois ou indemnités , le tout aux termes et selon les formes de la loi : telle est Tidée succincte de la communauté légale, qui forme aujourd'hui en cette matière le droit commun de la France. .

. Vordre conventionnel n'admet d'autres limites que celles qui sont posées par des lois formellement prohibitives, et les époux peuvent convenir de tout ce qui ne transgi^se point ces limites. Veolentr-ib donc restreindre la communauté de biens , l'étendre, même la stipuler universelle, ou la rejeter totalement , toutes ces voies \eut sont ouvertes ; de même , en créant une communauté qui devient purement conventionnelle, ils peuvent établir que les parts seront inégales. Pour ce cas et une multitude d'au-

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très stipulations que l'imagination ne saurait embrasser, c'est le contrat qui fait la Idi; et , si la communauté conventionnelle reste soumise aux règles de b communauté légale , c^est seulement pour les cas auxquels il n'y a point été dérogé implicitement on explicitement par le contrat (1).

Après avoir parlé de la communauté légale et de celle qui peut s^établir conventionnellement , il reste un troisième ordre de choses , le régime dotal. Ce régime avait long-temps été celui des contrées méridionales, et, après avoir satisfait aux besoins et aux habitudes des trois quarts de la France où la communauté de hienà était diversement admise , le code civil a vquIu aussi , pour la commodité de Tautre quart , rassembler parmi les règles qui lui étaient Mes plus familières celles qui étaient compa« tiblcs avec les principes généraux de la législation actuelle. Un chapitre spécial (2) a donc été ouvert et accordé au régime do^ tal^ non pourtant que ce régime dût rester la loi d*aucune partie du tenitoire , mais de . sorte qu'il pût devenir partout Tobjet d'une convention expresse établie par un acte authentique comme toutes celles qui dérogent an droit commun.

Dans les dispositions retracées en ce chapitre devait essentiellement se trouver Tinaliénabilité de la dot apportée par la femme , inaUénàbilitè qui est Tun des fondements du régime dotal.

L'administration laissée à la femme de ses biens paraphemaux n'était pas ou n'a point semblé une attribution excessive , mais leur aliénation sans le conaours ou l'autorisation du mari était contraire à la puissance maritale, et cette exhorbilante faculté a été non-seulement retranchée, mais formellement interdite par le droit nouveau.

Le «privilège que l'ancien régime dotal, d'après la loi romaine jéssiduis , attribuait à la dot , même sur les créanciers antérieurs en hypothèques , ne pouvait également être que rejeté comme renfermant la plus intolérable injustice.

A ces modifications près, le chapitre relatif au nouveau régime dota) retrace la plupart des dispositions qui étaient propres à l'ancien.

Ces dispositions sont assez nombreuses ; mais ici , comme pour la communauté , il a

(1) Code civil. , arL 1528.

(2) Ct clupltre etl le 3* da tit. Y, Ht. III do coda cItU.

bien fallu nous renfermer dans les poioti capitaux , sans aborder les accessoires H des détails organiques , qui ne pouvaient entrer, même par simple analyse , dans le cadre étroit de cette notice.

Pour acquérir une connaissance conplèle de tant d'objets , c'est dans des tourtes pins fécondes qu'il faut la puiser, et spedalemest dans la discussion qui a eu lieu au conieil d'État sur les deux titres du code civil, touchant le mariage et les droits des époux ^ dan3 les discours prononcés et rapports faits à ce sujet, tant au tribunat qu'au oorpt* législatif, et dans le récent commentaire qu'y a joint un jurisconsulte très-instruit et très-versé dans les matières législatives (3).

Ici semblerait devoir se terminer cette notice, s'il n'était utile de porter ses regards sur certaines mesures ministéridla évidemment extensives des incapacités prononcées par la loi.

Par Vune de ces mesures , il est déleodo aux officiers de l'état-civil de recevoir oo célébrer le mariage d'un blanc av^ «ne négresse, ou d'un nègre ayec une blanche (4).

Par Vautre , mêmes défenses sont fûto de célébler le mariage d'un prêtre catholique (5).

La première réflexion que font naître de tels actes, c'est leur illégalité; car la là seule avait le pouvoir d'introduire de telles prohibitions.

Au fond , l'utilité de ces mesures pourra* bien trouver des'contradicteors.

Dans la première espèce , on pourra ne voir qu'un cas bien rare , sans inflaence sensible sur la masse et sans une grav»** suffisante pour restreindre les facultés cifO» d'indiridus admis dans la même société; k danger, sll y en a, est dans cette adni»sion , car les inconvénients du sang mité ne seront pas moindres quand ils seront produits par des conjonctions illicites.

Dans la deuxième espèce, c'est l'^n*^' rite civile qui s'arrête et fléchit ^defa"| un empêchement purement canonique ; cea tire à de bien plus graves conséquences;

(3) Voyei le Commentaire et CompUmsa/ d« codes frmtaUs , p«r M. le beron Locr^, to»« * et 13.

(4) Jbid, lom. 4. p. 615, drcolmire da gr»*joge . du 8 jâovier 1803.

(5) Ibid. , (om. 4 , p. 610 et solv. , lettres da >*' nittre des caltei , 14 janvier 1806 et 30 jeaviar 110?

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«oaicMM-Bouê de Fédit de 1680 (1).

Du reste, sans entrer plus a?ant dans <ette controverse , ce qui du moins est érident , c*est un excès de pouvoir que les ministres d'alors ( 1803 et 1806) ne se seraient vraisemblablement point permis , sans Timpulsion d^une autorité plus élevée qui, étonnant TEurope par dinonis succès et s'éblouissant elle-même, n'avait que ttt>p de propension à franchir les limites de la loi. Si répoque actuelle est environnée de prestige , puisse lui être réservé ravantafi^e moins brillant, toais plus solide, de voir tout rentrer dans Tordre légal.

Voyet an surplus les moU Absent^ Accouc^e^ meHtf Adultère , Divorce , dans les points de rapports qu'ils ont avec le mariage. Foyes aussi Sépu" ration de corps. BiRLIBB.

• MARIALVA (don JuAH CODTINHO , comte ])B ) , Tun des plus braves chevaliers du Portugal au 15* siècle, issu des anciens seigneurs du comté de Léomil , servit avec dbtinction dans les guerres d'Alplionse V en Afrique , en fut tué à la prise d'Arzile en 1471. Alphonse, après sa victoire , se rendit à la grande mosquée , sanctifiée par les cha- |>elain8 de Tarmée, offiit à Dieu ses actions de grâce devant une croix posée sur le corps àa comte de Marialva , fit mettre le jeune prince son fils à genoux , et lui dit : « Dieu vous iÎEisse aussi bon chevalier que celui que vous voyez devant vous percé en divers en- <ilroitB 9 pour le service de Dieu et de son prince. » — Mabialva (dom François Ccu- Txvso , quatrième comte de ), frère du précédent , mort en 1529 , servit aussi avec distinction daos les guerres d'Alphonse V contrp Ferdinand et Isabelle de Castille , et sut se concilier la faveur des rois Jean II et Emmanuel. Possesseur d'une fortune immense qui rendait sa fille le premier parti do royaume , il osa demander à Emmanuel d^onir son troisième fils , Tinfant Ferdinand, avec cette riche héritière, nommée Guiomar.

Le roi y cbnsentit ; mais^Tunion n'ayant pas été contractée à cause de la jeunesse des époivx , le marquis de Lancaster , bâtard de Jean II , voulant s'emparer d'une si belle fortune , déclara impudemment , sous le roi

(3) C*esl par eet éàW que Louis XIT'dtfendlt le mariage en Ire ^«^onoef des religion i catholique et r^rm^ , se foodanl sur ee que les emnons deê eon' eii^s mHtiemt condamné les mariages catholiques av0c las kirétiques comme un scandale public.

Jean III , qu'il avait depuis long-temps épousé secrètement la fiancée de Tinfant Ferdinand. Le comte je Maiialva, ftgé alors de 70 ans , demanda justice au roi qui fit enfermer le marquis de Lancaster, et ordonna rinstruction d'un procès dont le vieux comte ne vit point la fin. Ce ne fut qu'après sa mort que l'infant Ferdinand put épouser Isa fiancée. — Le marquis de Ma- BÎALVA , grand-écuyer de la cour de Portugal, commandeur de Tordre du Christ, etc., de la même famille que les précédents, et allié par les femmes à la maison royale de Bragancc , fut chargé en 1808 d'une mission auprès de Napoléon, dans le but d*obtenir quelques modifications aux injonctions qu'il venait de faire au gouvernement portugais de rompre immédiatement avec l'Angleterre.

De Madrid Marialva se rendit à Bayonne , pour y signer la fameuse adresse du 27 avril 1808 , où une députation de la noblesse portugaise exprimait le vœu de recevoir un roi du choix de l'empereur. Les 'circonstances le retinrent plusieurs années en France ; et, après les événements de 1814, ce fut lui qui complimenta Louis XVIII au nom du prince des Algarves ( depuis Jean VI ). La même année il fut envoyé à Vienne pour demander la main de l'archiduchesse Léopoldine pour le prince de Beira, fils aine du prince régent. On a conservé le souvenir de la magnificence que déploya le marquis de Marialva dans les fêtes qui furent célébrées à la cour de Vienne en 1817 à l'occasion de la ratification de cette demande. Il résidait en qualité d'ambassadeur de Portugal près la cour de France lorsque la révolution de 1821 amena son rappel ; mais il ne quitta point Paris , et y mourut en 1 823 d'une apoplexie foudroyante.

* MAfllAMNE , femme d'Hérode-le- Grand , avait inspiré à ce prince une telle passion que des envieux ayant réussi à la noircir dans son esprit en l'accusant d'infidélité 9 il resta inconsolable de sa perte après avoir eu la faiblesse de la faire mourir, Tan 28 avant Jésus-Christ. La fin cruelle de Mariamne a fourni des sujets de tragédie à Hardi, Tristan, Nadal et Voltaire; l'ouvrage de ce dernier est le seul qui se lise aujourd'hui ; encore n'est-il pas resté au théâtre.

* MARIANA (Jbah), jésuite et célèbre historien espagnol , né à Talavera , dans le diocèse de Tolède , en 1537 , mort en 1624 , avait professé la théologie à Rome pendant quatre ans, au bout desquels il en passa

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deux CD Sicile , et fut envoyé de là à Puis , où il expliqua U doctrine de saint Thonae avec succès. Mais raffaiblissement de ta santé Taj-ant force de renoncer à renseignement, il retooma en Espagne en 1574, se retira dans la maison des jésuites à Tolède , et composa alors les ouvrages auquels il dut sa grande célébrité, mais aussi des critiqaes et des persécutions qui troublèrent le repos de sa vie. On a de lui : Hiu. de rébus HUparnœ iib. *XXX^ eum append, , Tolède , 1592, in-fol.; la Haye, 1733, 4 tom. in-fol., avec la continuation du Père Jos.-Eman.

Miniana, depuis 1516 oi^ finit Mariana , jusqu'à 1609; traduit en espagnol par Fauteur lui-même, Madrid, 1679, ibid.; Ibarra, 1780, 2 vol. in fol. ; Valence, 1783-96, 9 vol. petit in-fol. ; Madrid , 1819, augmentée d'une nouvelle continuation par J. Saban y Blanco; traduite en français par le Père Charenton , Paris , 1725, 5 tom. en 6 vol. iD-4o, figures; de rege et régis Jnstitntùme libri ires , Tolède , 1599, in 4» ( cet ouvrage , où Mariana examine s'il est permis de tuer un tjrrau et penche pour Taffirmative , «dut une grande partie de sa célébrité à Tassassinat de Henri IV, et fut condamné au feu par arrêt du parlement de Paris en 1610); L^er de ponderibus et mensuris^ Tolède , 1599 , in-4o; et avec Touvrage précédent, Mayence, 1609, in-8«; Tractatus septem , theologici et historiei t de Aduentu B. Jmcobi apostoliin Hispaniam; •>- pro Ediiione viUgatd SS.

bibliorum; — de Spectacuits ; «^ de monetm Mutetione; -— de Die mortis Chritti et annù, etc., Cologne ,1609, inibl. (le traité de monetœ Mutatione fit prohiber Touvrage et enfermer Fauteur pencûint un an); Traité dei choses gui sont dignes d'^amendement en ta compagnie des jésuites, Paris, 1625, in-8Ô. La vie de Mariana a été écrite par Tamaio de Vargas , et Bayle lui a consacré dans son Dictionnaire un article très-intéressant.

♦ MARÏANI (Aimai -François), fécond écrivain italien , né à Viterbe en 1684, mort à Rome en 1758 , connaissait les langues grecque et hébraïque , et se livra à Fétude des antiquités nationales. On cite de lui :

breue Notizia délie antichità di Viterbo , Rome , 1730 ; de Etntria cifitate , etc. ; </tf Thermistaurianis^ etc.; de antiquis Vejiset vejente Colonià, etc., lesquels opuscules se trouvent tous trois dans le Journal de Rome, année 1755. On trouve aussi de lui quelques poésies grecques et latines dans VArcadum Cmnina ^ pars altéra, pag. 57, Rome, 1756.

* MARIANO-SANTO, médedn do 16* siècle, appelé par G«ssiier San cti BaroUteni, par Jnstnt et Van der Linden êf. SsMctus BaroUtanus , du nom de Barietta , n TiUe natale, au royaume de Naples, panltètre le pVemier qui ait pratiqué dans ce ptys la lithotomie avec autant de succès que le permettait la nouveauté de Fopération. On s de lui : de Lapide renum liber , el de LsfitU vesicte excidendo, Venise, 1535, io-D*; Paris , 1540 , in-4o ; de ardore wrints et Mfi' cultate tainandi lÀbeUxts , Venise , 1568 , in-8o.

" MARIANUS SCOTUS , historieii et chronologiste du IT siècle, né en 1028 en Éco8se ou plus vraisemblablement en Irlande , mort à Mayence en 1086 , fol regardé comme le plus savant homme detoa temps. Habile calculateur , théologien profond , excellent annaliste , il ne se fit pii moins remarqua par sa vie exemplaire, qui lui mérita la réputation d'un saint. Sod principal ouvrage est une chronologie noiverselle, sous le titre de : Mariani Scott Ch^ nicon universale à ereatione mundi, Hhm tribus, per œtates sex usquê ad ann. Chrùti^ 1063, continuée jusqu'à Fan 1200 par Dodechin , abbé de Saînt-Disibod , an àkxht de Trêves, et put>liéeà Bâle en 1559, in-fol., par Basile Jean fiérold , qni y joignit dW très chroniques. — Mamakus , religieux de l'ordre de Saint-François , né à Floreatt vers 1430, mort dans cette ville en I52S, composa une chronique de son ordre, <p se termina à Fan i486 , et qne Fon consetre à Saint-Isidore ^ Rome , et quelques aeUt»

ouvragés dont Michel Poccianti fait mention dans son catalogue des écrivains deFlereoce.

— MaiiAnus ( André) , professctir de méde cine à Pise et à Mantoue , né k Bologne, aé il mourut en 1661 , a. écrit , on en est ceit«Bi sur divers sujets ; mais il ne reste de Ini qn^ seul ouvrage intitulé : de Peste anni 1630, cujus generis fuerit, et an àb aëref Boloja^ 1631 , in-4«. Cette peste de 1630 à Boiope serait peut-être celle qui désola la vifc de Digne en 1629. Il serait curieux de coaip*' rer le tableau que Gassendi a tracé de a da^ nier désastre avec l'ouvrage de Marianos-

* MARIBAS-CATHmA, le plus an*»

des historiens arméniens dont nous ayoïM connaissance , vécut dans le 2* siècle sawsX notre ère sous le règne de Vagharscbagoa Valarsace I*', premier roi arsacide en Arménie (149-127 avant JésusX^brisQ , et ssa* celui d'Arsace,fils et successeur de eepfiBce

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(U7-il4 avant Jésus^Chmi) , car Moïse de Klioreo nous apprend quil avait écrit rkis- (oiredecesdeuziDOBarqaes. Pour composer £011 histoire d'Arménie, qui est perdue, mais dont CD trouve dans Moïse de Khoren un grand nombre de fragments fort curieux , il arait fait dans les archives de Ninive des recherchei exactes et avait recueilli de précieai renseignements sur les origines armé-

* MARIE , communément dite la Sainte ^tf/^, mere-de Jésus-Christ, était fille de JoacÛm ou Héli et d'Anne , et descendait pw ion père de la race royale de Darvid.

Elle naquit sans la tache du péché originel , ^ cette particularité que Jésos-Christ seul partage avec elle est expliquée par TEglise «ouilenooa dimmaculée conception. Fiancée à uint Joseph dès rage de 15 ou 16' ans, elle fat saluée mère de Dieu par Tange Gabriel, qui lui annonça qu'elle concevrait MM cesser d'être rierge. Son époux s'aperceriot de sa grossesse voulut la rçnvoyer en secret chez ses parents; mais um ange vint lui apprendre pendant la nuit que Marie avait ^choisie pour être la mère du Messie, et (pie Bialgré son titre d'époux, il ne serait que •e gardien de sa virginité. Peu après elle alla rendre visite à saint« Elisabeth, sa cousine , alors enceinte de saint Jean-Baptiste , ^^ passa trois mois avec elle. Au bout de ce ^ps an édit d'Anguste louchant ledénomi>reqient de tout l'empire , força les deux ^poQx à se rendre à Bethléem pour se faire inscrire : n'élaut arrivés que très-lard dans 'a Hlle , ils furent forcés de se contenter (^onectableà défaut de logement, et c>st^ ^ que Marie mit au monde le Sauveur dans* ïanait dn 24 au 25 décembre. Quarante jours apiès eDe alla présenter son fils au temple , pois partit pour l'Egypte avec Joseph et J^ four soustraire ce dernier à la cruauté d'Hérode, qui avait ordonné de massacrer tout les enflants mâles de deux ans et au'^es- ^Ottf* Les Saintes Ecritures présentent Marie eomme rentrée en Judée après la mort d'Hé* rodejraais il n'y est plus parlé d'elle jusqn au temps des noces de Cana et do la mort de JésoM^ist. C'est elle qui, dans la première <^coostancc, sollicita en quelque sorte Jésus à conmencer ses miracles. Dans la seconde ^He se tint aux pieds de la croix et fut re- <^mmaudée par l'Homme-Dieu mourant à »int Jean , qui dès lors la regarda comme «a mère et la prit chez lui. On ignore quand *^ conment la Sainte Vierge mourut. Une fomê 15.

ti^dition respectable , mais qui n^a eu de vogue qu'à partir du 6» siècle, la fait monter au eiel en co^ps et en a me ainsi que son fils. Il paraîtrait cependant qu'elle mourut plus que septuagénaire à Ephèseou à Jérusalem.

L'Eglise l'honore comme la première des mortelles , et lui rend un culte dit d^h^per^ dulie (c'est-à-dire plus que dulie) ; mais les prolestants rejettent son intercession. Les principales époques de la vie de Marie sont célébrées par huit fêtes savoir : la Conception de la Vierge ( 8 décembre ), la Nativité ( 8 septembre ) , la Présentation au Temple (21 novembre), les Epousailles (23 janvier) , l'Annonciation ( 25 mars ) , la Visitation (2 juillet), Purification (2 février), l'Assomption ( 15 août ). Un grand nombre d'ordres religieux et de confréries l'honorent d'un culte spécial et en ont fait leurpatrone. Tout le monde sait qu'en 1638 Louis XIII par un voeu particulier mit son royaume entier sous sa protection. Beaucoup d'églises ont cru avoir de ses reliques , par exemple des cheveux, du lait, etc., ou des objets qui lui avaient appartenu. Mais ces pieuses hypothèses n'ont point- de fondement et ont fourni quelquefois à des esprits superficiels des armes contre U religion même. On attribuait autrefois à la Sainte Vierge divers écrits apocryphes , tels qu'une lettre à saint Ignace « une autre aux habitants de Messine , etc. Plusieurs ouvrages , entre autres VEt^anffUedt la Nativité de Marie ;V Histoùt de la Naissance , de la Vie et de la Mort de la Sainte Vierge , par Stméon Métaphraste ; le Pi>otèvan§ile de saint Jacques, etc., sont pleins de fausses traditions et ne doivent être lus qa*avec défiance. Kousnommerons''avec plus d'honneur les ouvrages ascétiques sai« vant : Imitation de la f^ierge; la f^ie et les Mystères delà très-sainte Vierge par Lafitaa; les Grandeurs de Marie par le Père d'Argentan ; et la Dêt^otion à la Sainte Vierge par Baillet.

• Mi^RIE-THÉRÊSED AUTRICHE, impératrice d'Allemagne, reine de Hongrie et de Bohême , née en 1717 de l'empereur Charles VI<;t d'Elisabeth-Christine de Bruns wick-Wolfenbuttel , put croire, à la mort de son père en 1740, que ses droits au trône étaient solidement assurés par le règlement de succession , connu sous le titre de pragmatique-sanction^ que celui-ci avait publiée dès 1713, et dont la clause principale portait qu'à défaut des mâles de sa lignée, ses filles lui succéderaient préférablemcnt à celles de

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l'empereur Joseph U^, son frère. Mais cette pragmatique^sanction fut tout h coup considérée comme non avenue. L'électeur de Dayicrc , l'un des gendres de Joseph I«r , et bientôt après Télecteur de Saxe , autre gendre du même prince , se présentèrent pour disputer à la jeune Marie-Thérèse l'hérilage de ses pères. Le roi d'Espagne , Philippe V, réclama les couronnes de Hongrie et de Bohême, le roi de Sardaigne revendiqua le duché de Milan. Frédéric II, roi de Prusse , réclama quatre duchés en- Silésie ; et deux mois après la mort de Charles VI ^ il était déjà au cœur de cette riche province avec une puissante armée. La cour de France voulant abaisser la maison d'Au- Iriche , son ancienne rivale , forma avec l'électeur de Bavière une ligue offensive , dans laquelle elle fit entrer sans peine les rois d*£8pagne, des Deux-Siciles, de Prusse, de Pologne et de Sardaigne. On se partagea d'avance les provinces de la monarchie autrichienne : il ne devait rester à la fiUe de Charles VI que la Hongrie avec la Basse^Autriche , les duchés de Carinthie, de Stine, de Carniole et les provinces belgiques. Bientôt rélecteur de Bavière, à la tête d'une armée française , se fait couronner archiduc d'Autriche à Lintz , roi de Bohême à Prague , puis empereur d'Allemagne à Francfort sous le nom de Charles VII. Marie-Thérèse, obligée de quitter Vienne , court en Hongrie , asseipble les quatre ordres de TÉtat à Presr bourg , leur montre son fils aîné ( depuis Joseph II ) , et se met avec lui sous leur protection. Pleins, d'enthousiasme « les palatins hongrois tirent leurs sabres et s'écrient :

« Moriamur pro rege nostro Marid-Therestà.nWi firent plus que mourir, ils vainquirent pour elle. L'Autriche est reconquise et la capitale même de la Bavière tombe aux mains des vainqueurs ; le roi de Prusse , auquel la reine a cédé la Silésie et le comté de Glatz , pose tout à coup les armes au milieu de la campagne de 1742; le roi de Pologne , électeur de Saxe , en fait autant; le roi de Sardaigne, pour obtenir des cessions de territoire, abandonne la coalition et se dispose à la combattre ; le roi d'Angleterre , George II, plus désintéressé, arrive lui-même au secours de la jeune reine avec une armée composée d'Anglais , d'Hanovriens et de Hessois. L'usurpateur de l'Empire est réduit en peu de temps à n'avoir d'autre asile que Francfort , et d'autre prolecteur que Louis XV. Celui-ci, secondé encore une fois

par le roi de Prusse, ranime un moment b fortune de Charles VII ; mais ce prince meurt, Frédéric se détache alors de la France , et la France , après avoir soolenu quelque temps la guerre , seule et avec succès, signe le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748. Marie-Thérèse , maîtresse alors des pli»

belles parties de son immense héritage, fit fleurir l'agriculture, le commerce et les arts, ouvrit ou agrandit des ports , des canaux, de grandes routes, établit des manufacturet.

fonda des universités , des collèges, des éco les spéciales pour le dessin , la peinture, l'architecture , la médecine et la chirurgie, enfin des observatoires et des bibliothèques publiques. Mille autres institutions graixies et utiles firent luire alors les pins beaux jours qu'ait vus la monarchie autrtchienoe.

Cependant Marie-Thérèse conservait toujours l'espoir de reprendre au roi de Prusse îa Silésie. Pour assurer Texécution de ses projets, elle conclut un traité avec la France en 1756 , puis avec la Russie , la Suède et la Saxe. Alors commença cette guerre de se|>( ans , si glorieuse pour Frédéric , et dans laquelle les armes de Timpératrice obtinrenl quelques succès bien infructueux , puisqo'à la paix de Hubertsbourg { 1 763) elle fnlobligée de confirmer la cession de la Silésie. En 1 765 Marie-Thérèse perdit son époux, Franc- .çois !•»" , qu'elle regretta sincèrement et toute sa vie. Ni sa douleur ni sa piété , devenue plus fervente encore depuis la perte quelle avait faite , ne l'empêchèrent de pa^ ticiper à l'injuste démembrement de la Pologne. U faut convenir pourtant qu'dle est lieu de craindre, si elle n'accédait pas an phn de partage , d'attirer sur ses États les armes de la Prusse et de la Russie : c'est dequw l'on peut se convaincre par l'original encore existant de la convention secrète signée à Pétersbourg le 17 février 1772. La bonne intelligence rétablie entre l'Autriche et U Finisse par ce grand abus dé la force ne taitU pas à être troublée de nouveau par U W^^ de Maximilien-Josepji , qui laissait vacante la succession de Bavière. Marie-Thérèse envahit cet Etat , Frédéric se porta sur b Bohême; mais la médiation de Louis X^^' et de Catherine II mit fin à cette guerre i f^ l'Autriche renonça à ioutes ses prétentionJ La paix de Teschen (1779) fut le àtxtâff acte politique de la vie de Marie-Thérfs*- Elle mourut en 1 780 avec le calme et la r^ signatiou d'une ame vrai&cnt chrélieaB*' laissant huit enfants , parmi lesqueb on doit

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distinguer les empereurs Joseph 1 1 et Léopold II , et rinforlonée Marte-Antoinette , reine de France. On peat consulter sur cette impératrice les Annales du règne de Marie- TiUrèee, par l'abbé Fromageot, Paris, 1775, in-8o.

* MARIE DE BRABANT, reine dé France, femme de Philippe -le -Hardi,- fille de Henri III , duc de Brabant, vint en France en 1274. Elle se vit exposée après deux ans de mariage , aux calomnies du fayori du roi ^ La Brosse (voyez ce nom); mais^son innocence fut bientôt reconnue. Marie mourut en 1321 à Murel près de Meulan, où elle s'était retirée sur la fin de ses jours.

* MARIE DE CLÈVES. Voyez CLtvas.

* MARIE D'ANGLETERRE, troisième femme de Louis XII , et fille de Henri Vil , roi d'Angleterre , née en 1497 , morte en Angleterre en 1534. ayait été fiancée fort jeune à l'infant Charles ( depuis Charles- Quint ) : mais elle aimait Charles Brandon , duc de Sufiolk et fayori de Henri Vlil. Ce prince, qui d'abord ne parut pas désapproorer cette inclination peu couyenable , maria Marie en 1514, à Louis XII , veuf depuis quelques mois d'Aune ^e Bretagne. La princesse anglaise , acoompagnée en Fiance par son amant , nommé ambassadeur, abrégea la vieillesse de Louis XII, qui prit trop h cceur de lui plaire, et mourut en 1515.

François l'c, qui n'avait pu être insensible non plus aux charmes de cette enchanteresse, n'écouta plus, à la moi-tde Louis XII, que les leçons de la politique , et la maria secrètement au duc de SufTolk. Bientôt après , celte union fut rendue publique en Angleterre. Les aventures de Marie ontfourni le sujet d'un roman à M*l« de Lussan.

* MARIE DE MÉDICIS, femme de Henri IV, roi de France , et fille du grandduc de Toscane, François II, née à Florence ' en 1573 , épousa Henri IV en 1600 , lui donna bientôt un fils , et à celte occasion reçut du prince les témoignages d'une afiectioa sincère ; mais elle ne tarda pas à empoisonner par son caractère opiniâii:e et allier , par son humeur irascible , violente et jalouse à l'excès, une union commencée sous de si heureux auspices. Les époux se rapprochèrent plusieurs fois : le bon Henri voulut tout oublier j mais leur réconciliation ne fut/amais durable. Marie osa un jour lever le bras pour frapper le roi , et peut-être rctU-elle frappé sans l'intervention de Sully. Ses prières et ses sollicitations furent ce-

l>endant assez puissantes pour engager Henri à la faire couronner et sacrer h. Saint-Denis en 1610. On sait que le lendemain du jour de cette cérémonie il fut assassiné. On soupçonna la reine de n'avoir pas été étrangère à cet horrible attentat , et il est certain qu'elle n'en parut ni assez 'surprise, ni assez affligée ; mais malgré les insinuations de Mézeray et l'autorité des Mémoires de Sully et de ses secrétaires , personne n'a osé placer le crime qu'on lui impute au rang des vérités historiques : Voltaire même a combattu cette accusation. Nommée régente par le parlement, Marie parut s'appliquer uniquement à détruire l'ouvrage et à condamner les projets de son époux. Sully, Villeroi et Jeannin sortirent du conseil* pour faire place au nonce-du pape, à Tambassu- * deuF d'Espagne , au Père Cotton etàConcini , devenu premier ministre et maréchal d'Ancre. On accabla le peuple d'impôts , on ne ménagea pas les grands , incessamment prêts h se soulever, et la guerre civile fut le fruit sanglant de cette administration inquiète et imprudente» Lorsque la majorité de L<Mis XIII eut été reconnue au parlement en 1614, Marie vit chaque jour tomber sa puissance, qui s'évanouit entièrement après la mort tragique de Concini en 1617. , Luynes dominant alors la France et son roi, la reine-mère fit la guerre à son fils. Richelieu ménagea un accommodement entre eux en 1620 , et fut récompensé de ses services par la protection de Marie, devenue plus puissante; mais dès qu'il se crut assez fort, il résolut d'écarter cette rivale (racassicVe. Après avoir lutté quelque temps , Marie fut enfermée à Compiègne. Elle s'en échappa ^ et passa le reste de sa vie dans l'exil , d'abord à Bruxelles , puis en Angleterre, toujours demandant justice, se plaignant et intriguant. Elle se retira enGn à Cologne , où elle manqua plus d'une fois du nécessaire : on y montre encore le galetas , où elle mourut en 1642. Le seul mérite de cette princesse , si coupable à-la -fois et si malheureuse , est d'avoir protégé ci aimé les beaux -arts. Voyez pour plus de détails :

Mémoif^es d'élat soUs la régence de Marie de Médicis, Paris , 1666, in-I2 (par le ma* réchal duc d'Estrées) ; Mémoires concernant les affaires de France sous la régence de Marie de MédicisjU Haye, 1720, 2 vol. in-l2, attribués h Philippeaux, comte de Pontchartrain ; Uistoiiede la Mère et dujils, Amsterdam, 1730, 2 vol. in-12, qui porte le nom

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de Mézerajr, mais qu'on attribue avec raison au cardinal Richelieu (voyez le Dictionnaire des Anonymes , u" 7540) ; yie de Marie de Médicis^ par M<n« la présidente d'Arcon ville, Paris, 17y4,3vol. in-8o.

* MARIE-LECZINSKA, reine de France, fille de Stanislas , roi de Pologne , puis duc de Lorraine , née en 1703 , morte en 1768 , fut assaillie au berceau par le niklbeiir.

Long-temps errante avec son .père, elle venait enfin de trouver avec lui un asile en France dans une commanderie près de Wei^* sembourg, quand elle apprit quelle allait épouser Louis XV. De ce mariage , célébré à Fontninebleau en 1725 , naquirent dix en« fants , deux princes et huit princesses. Le dauphin , père de Loub XVI , Louis XVXII et Charles X-, a/ant épousé la fille de celai par qui Stanislas avait été dépouillé de htA états , Marie Leczinska fut assez généreuse ou assez juste pour aimer sa bru à Tégal de ses p/*oprcs enfants et pour mettre en oubli tout ressentiment fâcheux. Elle avait Tcsprit fin et cultivé, et protégea les lettres (voj\ sa yie par Tabbé Pro^ art, Paris , deuiième édition, 1802, in-l2j et son oraison fuaèhre^ prononcée en 1 768 par Tabbé de Boismont devant l'Académie française.)

* MARIE - ANTOINETTE -JOSÈPHE- ANNE D'AUTRICHE, reine de France, née en 1755 à Viei^ue, de Tempereur François l^r et de la célèbre Marie -Thérèse, fut dèslage de 15 ans manée au jeune duc de Berri , depuis Louis XVI. De fâcheux événements, qui à Paris troublèrent les fêtes célébrées à Toccasion de «et. hymen, semblèrent présager quelles épreuves attendaient laimable couple, objet alors d^un si juste enthousiasme.

Accueillie aux acclamations d'une joie unajiime , lorsque avec sou époux elle ceignit la couronne de France (1774) , Marie-Antoinette se trouva la première en butte aux attaques du parti que les fautes ou les torts de la cour enhardissaient à siy)er les fondements de l'antique monarchie. On machina des intrigues dans le but de lui enlever l'affection, l'estime même d'un peuple qu'elle cUit appelée à enchaîner au pied du trône par le plus pujssant des Hens j et Tinsipide affaire 'du colher ne remplit que trop bien les vues de ceux qui épiaient loccasion de répandre sur elle les outrages de la plus audacieuse calomnie. Quelques efforts qu'ait fdiU depuis Marie- Antoinette, elle ne retrouva plus que des élans passagers de cet ciilhousiasnie qu'elle! méritait d inspirer et

par les précientei qualités de son cceur et par le rare assemblage des grâces doaces et majestueuses qui distinguaient sa penoooc On alla mdme jusqu'à lui faire un crime des démonstrations de dévouement et des marques d exaltation que sa'présence fit éclater en quelques circonstances parmi tes plas zélés serviteurs, notamment au fameux basquet de Versailles , donné par les gardetdu-corps au régiment de Flandre ( 1«' octobre 1789). L'animosité en vint contre elle à un tel point qu'on a pu avancer sans inrraisemblance que les mouraments des 5 et 6 octobre ne furent excités que pour attenter à sa vie. Après l'acceptation de la constitution par Louis XVI , la reine , qu'on tenait séparée de liii depuis l'arrestation de Varennes , recouvra momentanément une entière liberté \ mais elle en fut de nouveau prifée par la journée du 10 août 1792. D'abominables libelles pleuvalent contre elle de toate^ parts, et, en la couvrant d'injures affreuse, la signalaient comme dirigeant aux Tuilerica le prétendu comité autrichien dont on effrayait La multitude. Enfin allait comneocer la dernière période du long martjre de cette infortunée princesse. On ne peut sTattendre à trouver ici le tableau des tourments qu'elle eut à subir pendant sa captivité au Tem{^, puis à la Conciergerie, où elle fut transférée le 5 septembre 1793. Leur touchant récit a fourni matière à divers mémoires qui peot* être laissent encore bien des lacunes à remplir. Marie-Antoinette fut arrachée de son cachot le 14 octobre 1793 pour paraître devant le sanglant tribunal , où son arr^t de mort était porté depuis long-temps. Elle entendit avec calme la lecture de son acte d'accusation, en releva la monstrueuse iniquité avec le même calme et la même noblesse qo« l'avait fait son vertueux époux, et enfin attendrit par l'expression à-la-fois pathétique et solennelle de ses réponses jusqu'aux hideuses mégères qu'on tix>uve à cette ép«q0<^ mêlées à toutes les scènes d'horreur M d effroi. Les débats du procès durèrent tro^i iours et trob nuits, et préparèrent d^nK manière bien cruelle l'infortunée princesicà son supplice, qu'elle subit le 16 octobre 1^93. Une partie de ses ossements fut retrouvi'e avec ceux de Louis XVI en litf 5, et Tano^ suivante on construisit une chapelle expûtoire dans son cachot à la Conciergerie. Ostre la plupart des ouvrages indiqués à l'artick Loou XVI , on peut consulter sur Man^ Antoinette son histoire psr Mootjoie {vo/c^

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ee nom) ; sa A7e ( par Babié ) , Paris> 1802 , 3 yo). m-12; les Mémoires de 1, Weber , Londres, J8C6, 3 vol. in-8*», réimprimés dan* la CoUection publiée chez les frères Baudouin; ceux de M^c Campaa, insérés dans la même collection ; VHistoit^ complète de la capti" t^ité de Louis Xf^I et de lajhmille rajrale^ Paris, 1817, in-S»; enfin les Mémoires secfets et universels des malheurs et de la mort de la reine de France , par Lafoat d'Aussoùne , Paris, 1824, in-8o; deuxième édition 1826 (arec un nouveau titre).

* MARlE-ANNE-CHR^gTINEVICTOI- RE D£ BAVIÈRE , dauphine de France, et fille de Ferdinand, électeur de Bavière, née a Munich en 1660 , morte en 1690, avait épousé Louis , dauphin , fils de Louis XIV , en 1680 à Chàlons-sur-Mame. Dès son début à Ja cour elle y parut tellement à son aise qii*ou eât dit qu^elle était née au Louvre.

Elle avait de Tesprit et de, la dignité dans le langage et les manières, et sutpluireà Louis XIV , auprès duquel elle aurait pu jouir d'un grand crédit. Mais aussitôt après les fêtes du mariage elle se renferma dans une société extrêmement bornée , et remplit tous Ks moments par la lecture^ la musique, la promenade et la dévotion. Son oraison

/ïsnèbre , par Fléchier , est un des chefsd'œuvre de cet orateur.

• MARIE-ADÉLAIDE DE SAVOIE, mère de Louis XV, et fille aînée de Victor- .Axoédée II , duc de Savoie , née à Turin en 1685, morte en 1712, avait épousé en 1697 le duc de fiouA-gogne , petit fils de Louis XIV. Moins dévote que son mari et douée d'ailleurs de beaucoup d'esprit et de grâces , elle eut un grand succès à la cour de Versailles, et fut initiée par le vieux roi et par Mme de Maintenon dans la plupart des secrets de la politique. Duclos prétend qu'elle abusa de cette confiance et informa son père de toutes les décisions qui l'iutéressaient. — Sa sœur MfARisLouisB, morte à Tâge de vingt-six ans tf n 1714, avait épousé Philippe V, roi d'Espagne , et avait gouverné , en qualité de régente, «vec beaucoup de sagesse çt de courage, pendant que ce prince faisait la guerre cxk Italie. Mais elle servit aussi d'instrument £a la politique de son père. — - Marib-Josvhb DB Saxb , née à Dresde en 1731, de Télecteur f*rédéric- Auguste II , épousa eu 1747 Louis, dauphin de France , dont elle fit le bonheur fpakx ses vertus et sa tendresse, et auquel «file ne survécut que peu de temps, (f^oj-ez

sa vie h la suite de celle du dauphin , père de Louis XVI , par Tabbé Proyart.

* MARIE I»«, reine d* Angleterre, fille de Henri VIII et de Catherine d'Arragon , née en 1515 , itvait des droits incontestables à la couronne , après la mort de son frcre , Edouard VI, arrivée en 1553. WaisTambitiekixduc de I>îorthumberland , beau-père de Jeanne Grey, avait arraché au jeune prince un acte par lequel il excluait de sa succession ses deux sœurs , Marie et Élisa • beth , pour y appeler cette même Jeanne , sa parente éloignée. A peine Marie eut-elle appris la mort de sou frère, que , prévoyant tout ce qu'elle avait h craindre du duc de Northumberland, elle adressa une proclamation au conseil et aux pairs du' royaume.

Déjà elle avait rassemblé toute la noblesse sous ses étendards et s*était fait proclamer dans Londres , avant même d'en prendre possession , tandis que le duc, généralement détesté, s efforçait de lever des troupes pour soutenir les prétendus droits de sa belle-fiUe. Marie,dèsson entrée dans Londres, manifesta son attachement à Tancienne religion de rÉiat, en ordonnant un service pour Edouard selon le rit de TÉglise romaine. Elle fut mal obéie par Cranmer , primat de TEglise anglicane , et dès le lendemain elle fit connaiti'e par une proclamation ses opinions religieuses. A partir de ce jour elle employa tous les moyens pour détruire jusqu'au dernier vestige du culte protestant établi par Henri VIII. Elle fut secondée dans Tcxécution de ce projet par le parlement , qui se laissa trop souvent entraîner à de cruçllcs réactions , dont nous ne croyons pas que la reine doive encourir seule le reproche. En 1554 elle épousa Philippe, fils de l'empereur Charles -Quint, et n'en eut que plus d'urdeur à établir dans ses États la foi catholique. Les persécutions dirigées conti'C les calvinistes a^ant donné lieu à la conjuration du duc de Sufiblk , père de Jeanne Grey {vojez ces deux noms et Craumbr ), Marie, fit répandre encore du sang. Elle n'en fut pas assez avare , et fut désapprouvée hautement par le cardinal Pôle , légat du pape. So^i époux , dégoûté d'elle , après quatorze mois de séjour en Angleterre, s'éhkbarqua pour la Flandre, et bientôt , iiyant succédé à son père , ôta tout espoir à Marie de le revoir. Elle le revit un moment , en 1557, lorsqu'il vint rengager dans une ligue contre la France j mais le chagrin qu'il lui

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avait donné et surtout la douleiur que lui causèrent la perte de Calais , enlevé paf le duc de Guise et le mauvais succès d'une expédition contra Brest, la conduisirent au tombeau en 1558. Cette princesse , mise par Horace Walpole dans ses Royal Auihort , a laissé des lettres^ dont quelques-unes, en latin , ont obtenu les suffrages d^Érasme.

* MARIE II, reine d* Angleterre , fille ainée de Jacques II et d^Anne Hjrde , née à Londres en 1662, morte en 1695^ avait épousé à l'âge de quinze ans, en 1677, le prince d'Orange, depuis roi d^Angleterre , sous le nom de Guillaume III. Ce mariage déplaisait beaucoup à Jacques , alors duc d'York ; mais il fut obligé de faire céder son zèle pour la religion catholique aux raisons politiques de Charles II , qui voulait montrer combien ilavaitpeu d'aversion pour la foi protestante, devenue depuis long-temps celle de TÉtat.

La jeune princesse d'Orange eut bientôt çon* çu pour son époux Taffection la plus vive et l'admiration que commandaient les qualités brillantes de cet homme extraordinaire : elle lui en donna des preuves , en refusant de siéger seule sur le trône britannique et lui remettant la lettre où le comte de Danby lui faisait à ce 'sujet quelques ouvertures. Il faut avouer toutefois qu'elle oublia trop qu'avant tout elle était la fille du malheureux Jacques 11. En usurpant le trône de son père elle devait au moins comprimer les transports d^une joie indiscrète et coupable, dont la cour et le peuple même furent scandalisés.

Investie de la souveraine puissance pendant que sou époux copibattait Jacques en Ir- ' lande ; elle déploya contre les partisans de l'autorité et de la religion de son père une rigueur que l'impartiale histoire doit condamner. A sa mort elle refusa de voir la princesse Anne , sa sœur , dont le seul crime était de n'avoir pas vouhi renoncer à l'amitié de la duchesse de Marlborough. Guillaume si froid, si impassible par caractère et par habitude , parut désespéré de la perte de sa femme.

* MARIE DE LORRAINE , reiue d'Ecosse , et Tafnée des enfants de Claude , duc de Guise , née en 1515 , morte au château d'Edimbourg en 1560, avait été mariée en 1534 ^ Louis d^Orléans , duc de Longueville, dont elle resta veuve. Elle épousa en 1538 Jacques Stuart , cinquième de ce nom , roi d'Ecosse , et à sa mort , arrivée quatre ans après , fut établie régente du royaume, avec

un conseil dont le roi défunt avait nommé les membres. Elle avait l'esprit élevé et n'aurait sans doute pris conseil que de la modcmtion , si elle eût eu plus de fermeté de caractère ; mais vaincue par les sollicitations de Nicolas de Pellevé, évèque d'Amiens, depuis cardinal, que le ministère de France lui avait envoyé pour la diriger , elle publia en 1559 un édit contre les protestants, de jour en jour plus nombreux , souleva le peuple par cette mesure, comme elle l'avait prévu , et pour apaiser la révolte , fut obligée de faire venir des troupes de France , et avec elles tous les malheurs d'une guerre intestine. ÈUe fut la mère de la célèbre Marie Stuart , plus imprudente encore et aussi plus malheureuse.

* MARIE STUART, reine de France et d'Ecosse , fille de Jacques V et de Marie de Lorraine, naquit en 1542 au château de Linlitfagow , et par la mort de son |)ère devint reine dès le berceau. Henri VUI Tavail déjà demandée pour épouse du prince Edouard, héritier de la couronne d'Angleterre , lorsque , parvenue à sa cinquième année et destinée à partager le trône de France avec le dauphin, depuis François II , elle fut conduite à Saint-Germain-eo- Laye , et placée dans un monastère où son éducation allait être l'objet àe% plus grands soins. La princesse la plus belle de son temps réunit bientôt tous les talents, toute* les connaissances, aux charmes séduisants dont chaque jour voyait accroître le dangereux éclat; enfin elle atteignit sa smicm^ année, et fut conduite à l'autel par son jeune époux qu'elle salua du nom de roi d'Ecosse. Nous avons dit ailleurs qu'à rmçtigation des Guise , ses oncles , Marie prit à celte époque le titre de reine d'Angleterre et d'Irlande ; mais c'est ici qu'il convient de rappeler les conséquences que devait en* tiainer cette nouvelle protestation contre les droits d'Elisabeth {vojrez ce nom). L'établissement de la réforme avait codté au peuple anglais d'assez grands efforts pour qu'il restât dans les esprits une méfiance exagérée du parti catholique. On se crat , permis d'opposer intrigue à intrigue : le ministre Cécil, si connu par son habileté politique et son patriotisme ardent , n'épargna rien pour fomenter le soulèvement des religionnaires écossais {voyez Ksox), et coTe> nimer les mésintelligences qui s'élevèrent entre Catherine de Médicis et sa bru , aos»

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lôt^ae celle-ci fut reine (1559). Presque à« la-fois orpheline , Teuve et déchue du trône de ce plaisant pajrs de France^ où elle n'avait régné qu'on peu plus de dix-sept mois (1560), et que dans la célèbre ballade d^adieuelle nomme avec plus d'abandon que de prudence sa patrie la plus chérie^ Marie, rappelée en Ecosse par les vœux de ses sujets et sollicitée par Elisabeth de donner son accession définitive au traité conclu en son nom \ Edimbourg , et par lequel il lui fallait renoncer à toute prétention sur la couronne d^Angleterre, demandait que préalablement il lui filt permis de traverser cet État pour aller prendre conseil de son parlement.

Elle avait prévu et essujra efleclivcment un refus de la part d'Elisabeth , qui ne manquait pas déraisons de craindre que la présence de sa rivale n'offrît l'occasion d'un soulèvement aux catholiques d'Angleterre ; mais ce refus même détermine sa résolution et elle s'embarque à Calais. Echappée à grand' peine aux écueils ainsi qu'à la vigilance d'une flotte anglaise apostée pour l'enlever, Marie aborde à Leith ( 16 août 1561 ), après une traversée de cinq jours ; elle est suivie de trois de ses oncles et de plusieurs gentilshommes français , notamment du marquis de Damville et du jeune Chastelard ( voyez ce dernier nom). Aux transports de joie qui accueillirent l'aimable reine en Ecosse succéda rapidement une longue série d'outrageantes révoltes. Rien n'est mieux constaté que les scènes de fanatisme et de délire avec lesquelles commencèrent les infortunes de cette prin-~ cesse : leurs auteurs même en ont tracé la révoltante peinlure.En s'éloignant d'Ecosse, où leur présence ne pouvait qu'accroître encore l'effervescence ^es calvinistes , les oncles de Marie lui conseillèrent de s'entourer de personnes populaires parmi ceux-ci ; et dès lors le comte de Murray , son frère , et le secrétaire d'état Maitland Revinrent les principaux dépositaires de son autorité jusqu'à ce qu'elle eût épousé en secondes noces le jeune Henri Damley , son cousin , et le plus bel homme du royaume (I5G5). Marie qui , dans les premiers instants de cette union , source de tant d'infortunes, donna le titre de roi à son époux, eut bielitôt à regretter sa précipitation : elle empira le mal en cherchant à le réparer. Ainsi , tandis qu'Elisabeth fondait par des mesures de prudence la tranquillité religieuse dans ses États , la reine d'Ecosse , sous une influence contraire et ne trouvant qu'un homme faible et vicieux dans

celai qui devait seconder sou zèle contre le presbytérianisme, s'abandonnait follement aux conseils d'obscurs intrigants peu capables de ces grandes vues qui seules impriment une direction soutenue à l'esprit des nations et rendent efficaces les lois répressives. Cependant saisi tout à coup d'une violente jalousie contre le musicien David Rixzio , secrétaire et favori de la reine, Henri le fait assasiner dans l'appartement et sous les yeux même de cette princesse alors enceinte (voyez Jacques I*»- ou VI) : ce fut le lord Ruthven, l'an des seigneurs d'Ecosse les plus dévoués à la nouvelle croyance , qui se chargea de porter les premiers coups au malheureux David ; et l'on croit avec beaucoup de fondement que le comte de Murray ne fut pas étranger à ce complot, que ses oonséq'uences peuvent faire regarder comme un coup d'état.

L'espace nous manque pour rechercher les fils de cette trame ; d'ailleurs on serait peutêtre réduit à recommencer Phistoire, s'il fallait éclaircir tous les points d'une intrigue aussi ténébreuse. Remarquons seulement que les apologistes de Marie semblent avouer que le salut de la religion presque généralement établie en Ecosse put paraître un prétexte suffisant aux meutriers du favori ; mais que ce fait n'écarte point le reproche qui s'attache à la mémoire de la reine pour la nature de ses liaisons avec l'adroit Piémontais. Et en admettant comme vi*aisemblablc que la hideuse scène de sa mort ait affecté moins vivement le cœur de la reine qu'elle ne fut outrageante pour la fierté de la nièce des Guise, a-t-on détruit tout fondement des soupçons qui la présentent comme complice du trépas de Darnley? Trois mois à peine s'étaient écoulés depuis la catastrophe de ce prince (février 1567), qu'il était remplacé comme époux de Marie par le comte deBothwell , calviniste, et auteur justement présumé de-son assassinat. Suivant un historien moderne (M. de Sevelinges), l'espoir de trouver et pour elle-même et pour son fils un protecteur puissant dans le nouvel époux qu'elle acceptait, n'eut pas moins d'influence sur la détermination de Marie que les menaces ou les vœux exprimés par un grand nombre de nobles et de prélats dans la déclaration que lui montra Bothwell au château de Dunbard, où il l'avait conduite. Mais s'il est vrai que cette monstrueuse alliance ait été préparée comme un piégc pour prendre la reine, et que le comte de Murray , à qui l'on prête cette manœuvre

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plus atroce encore , ait été l'instigfttfur du meurtre de Darnley ainsi que de« trames précédentes , quHl aurait ourdies pour s'assurer le trône , comment ce s^^eur a-t^il pu déterminer Bothwdl à se faire Kinstrument d'un tel crime par Tunique appAt de la main de Marie dont la perte était le seul but des autres conjurés ; comment ce même Botbwell n'eût-il pas , a^ant de fuir devant les armes de Murray , démasqué ce dernier à la reine qui , en6n réduite a céder la couronne à son fils après s'être remise aux mains des confédérés, dont lui Murray était chef,^ le nomma régent du royaume ? Ce ne sont pas là tous les points faibles du système de M. de Sevelinges. Revenons aux faits. Bien que la dernière faute de la faible Marie eût soUleyé contre elle , nori-seulerocnt l'Ecosse mais l'Europe enlière, jl lui resta des partisans dévoués qui long-temps encore tentèrent de rétablir son autorité. Enfin elle est réduite à cbercbcr un asile en Angleterre, et elle n'y trouve qu'une prison , puis la moit (18 février 1587) , après dix-huit ans de captivité (voyez Elisabeth). On a pu voir que jusqu'ici, écartant de cette faible esquise les inculpations hasardées dont la conduite de celte princesse a été l'objet, nous n'avons point cru nous devoir ranger non plus au parti de ceux qui la prétendent justifier de tout reproche \ mais qui pourrait se défendre d'une admiration mêlée d'en* tbousiasme dès que se déroule l'bistoirc des derniers instants de l'infortunée Marie, a N'oubliez pas que j'ai été reine de France ,♦> disait-eile au comté de Kent, qui

la veille de son assassinat juridique repoussait avec dureté sa demande d'être assistée à l'heure suprême par ses fidèles serviteurs. Après avoir pesé sans fiel comme sans flatterie les torts ou les erreurs de celte princese , l'historien peut dire avec une plus juste confiance : N'oublions pas qu'elle subit en héroïne et en martyre une mort infâme qui couvrira ses bourreaux d une honte éternelle. Il appartenait à l'ingéniejix défenseur de la belle reine d'Ecosse (M. de Sevelinges), dont l'opinion a donné lieu à quelques remarques dans cette courte notice, de tracer avec autant de sensibilité que de talent le touchant tableau des derniers instants de Marie Stuart (voyez le tom. 27 de la Biographie uniuerseilé). On peut consulter encore pour les détails que le cadre de cet ouvrage ne peut admettre , outre l'histoire de de Thou, Tabbc de Choisi et Voltaire {Histoire géné-

rale, tom. 2), les tom. 5 et 6 de VUtsioin d'Angleterre , par Hume (traduction de M.

Campenon , deuxième édition, IS25)j Vffittoire de la Hvalité de la France et de H Angleterre , par Qaillard ; le Recueil dcslùsloricns contemporains de cette princesse, publié à Londres , 1725, 2 vol. iu fol.; ^ Vit et les Amours de Marie iSh/ar/ , Paris , 1793, iji-8o, , ouvrage tiré de la Cour sainte dn Père Caussin {voxez\es n« 7.724 et I9;082da Victiohnnire des Anonymes) ; enfin YHistoin de Marie Stuart rédigée d^nprès des octet authentiques et enrichie de pièces inéditet^ par M. L. de Sevelinges, Paris, 1819, 2to].

in-8*. On a recueilli plusieurs pièces de Tcrs de Marie Stuart dans Y Anthologie française.

Les événements de sa vie et de.son règne ool fourni le sujet de plusieurs pièces dramatiques , parmi lesquelles on peut rein4r(|iier la célèbre tragédie de Schiller , inlilulre Mort de Marie Stuart^ traduite eu françaié par M. de La Touche en 1820 , et pat M. de Barante en 1821 (t. 3 de la tradad'ioB des OEuvres de Schiller) : cette pièce a élé reproduite avec un brillant succès sur notre scène en 1820 par Lebrun. Sir Walter Scott, dans son roman intitulé Y Abbé , a tracé quelques-uns des attachants tableaux dont la vie de Marie Stuart offre le sujet.

* MARIE, reine d'Espagne. fq;^« Mouia.

* MARIE-CAROLINE, reine de Naplcs.

Ployez Caroltke.

* MARIE-CLOTILDE-ADELAIDE-XA- VIÈRE DE FRANCE , reine de Sardaigue.

née à Versailles en 1759, morte à Naplesen 1802, eut pour père le vertueux dauphin, fils de Louis XV, pour mère , Marie Joséphine defiaxc.Elle épousa en 1775 le prince de Piémont, fils aine du roi de Sardaigoe.

qui parvint au trône en 1 796 , sous le Boa de Charles-Emmanuel IV. Elle partagea constamment sa bonne et sa mauvaise fortune , le consolant et'se consolant ellem^^ par la pratique sévère d'une religion douce et éclairée.. La réputation de sa saist^ était universellement répandue dànilw^ les lieux qu'elle avait habités, et Pic VIL qui avait été témoin de ses vertus , b déclara vénérable en 1808.

* MARIE D'ARRAGON . reine deSiate, fille de Frédéric II , auquel elle succéda en 1372 , régna depuis cette époque jusqu a s* mort, arrivée en 1401 , ou pli>tôt ne récw cfiectivemcnt que deux années, à partir d' 1399. D'un côté', Pierre IV, le Céi-émomen'^ roi d'Arragon et aïeul de Marie, pr^endH

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devoir succéder au trône de Sicile préféra- Uement à sa petite fille : d'un autre côté , les barons de Tile se soulevèrent contre elle. La reine fut tour à tour retenue captive par Pierre et par Artus d'Alagoae , chef du parti opposé aux Arragonais. Pierre , pendant ce temps , se fit nommer jroi de Sicile , et choisit en 1303 son second fils Martin , pour être son vice-roi et son succesiseur dans celte ile. Le fils de celui-ci , nommé aussi Martin, épousa M^e en 1391 , et confondit ainsi les droits des deux branches delà maison d'Arragon ; mais, grâce aux troubles causés par rhumenr indépendante des nobles , par les factions des Italiens et des Catalans , par le schisme de TÉglise partagée entre Urbain VI et Clément VII , Marie, son époux et son beau -père ne furent reconnus définitivement par leurs sujets qu'en 1 399.

* MARIE-ÉLÉONQR£ DE BRANDE- BOURG, reine de Suède, femme de Gustave- Adolphe et mère de Christine, était fille de rélecteur Jean SigiSmond. Gustave se rendit laî-méme à Berlin pour lui offrir sa main.

Marie-Eléonore n*avait pas un esprit supérieur, mais elle était belle , et joignait à une imagination vire une grande sensibilité : elle' sot gagner le cœur de son époux, que d^ailleurs elle adorait, et dont la mort la laissa inconsolable. Pour charmer sa douleur , elle institua un ordre , dont la marque était un cceur couronné, ayant d*un côté un cercueil et de Tautre une divise en vers altemands. Elle mourut en Suède en 1655.

* MARIE DE BOURGOGNE, fille uni* qiie de Charlesle-Téméraire , née à Bruxelles en 1457 , morte à Bruges en 1482, dès saites d\ine blessure causée par une chute de cheval , n'était âgée que de 21 ans lonqa*elle hérita des vastes états de son père.

£lle se vit bientôt exposée aux attaques de Liouis XI et aux révoltes de ses propres sujets, qui la tinrent prisonnière dans son palais et lui défendirent de rien entreprendre sans Tavis d'un conseil. Elle résolut .alors de prendre lin, époux, ou plutôt un protecteur ; et , parmi tous les prétendants c|ai s^ofiraîènt è elle ou qu'on voulait lui imposer, elle choisit Tarchiduc Maximilien , fils de Tempereur Frédéric III. Cette union, contractée en 1477 , fut aussi heureuse qu'elle fut de peu de durée; mais , en transmettant à Tempereur les droits deç ducs de Bourgogne, elle étabit entre la France et l'Autriche une rivalité dont Gillard a fort bien développé le principe dans une Histoire

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