‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 124 sur 135 · RESTAURATION DES TABLEAUX · texte numérisé non relu

RESTAURATION DES TABLEAUX

(Beaux-arts, Technologie.) Oalre les accidents qui peuvent en un instant endommager plus ou moins le tableau , Vair et la lumière ont.sur la peinture uue action puissante qui l'altère plus ou moins promptement, suivant la qualité on la préparation des couleurs employées , et suivant le lieu où les tableaux sont exposés.

Les vernis qu'on applique sur les tableaux n'ont pas seulement pour résultat de faire ressortir la transparence et l'éclat des couleurs , ils les préservent encore de l'action de certaines émanations qui les altéreraient, si elles se trouvaient en contact immédiat avec elles. Ces vernis doivent être renouvelés de temps en temps , parce qu'ils perdent leur transparence et jaunissent d'autant plus promptement , qu'ils sont exposés dans un lieu plus obscur, et où l'air se renouvelle plus difficilement.

Il résulte de là que la place la plus convenable pour la conservation des tableaux est une salle Bien aérée et éclairée par un jour du nord.

Lorsque l'altération du vernis est parvenue au point qù il nuit plutôt qu'il ne sert à l'effet du tableau , il faut l'enlever et en remettre un autre , opération assez facile .

tant qu'on ne rencontre que des vernis ordinaires composés de mastic dissous dans l'huile volatile de térébenthine ; mais quelques peintres ont cru pouvoir employer des vernis huileux , tels que le vernis au copal , et' il est très-difficile de les enlever. Dans tous les cas , même lorsqu'il ne s'agit que d'enlever un vernis tendre , il y a des précautions à prendre pour ne pas attaquer les glacis.

Le procédé le f/lus ordinairement employé pour enlever le vernis , consiste à frotter la surface du tableau avec le bout des doigts, que l'on a préalablement dégraissés avec un peu d'une résine quelconque pulvérisée. Ce frottement réduit aussitôt le vernis en pous-

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sière; et, en continaant de frotlery on le fait disparaître en entier.

On conçoit qu*une pareille manutention doit user répiderme; c'est pourquoi il est m^eux de se senrir d'un morceau de peau.

Mais de quelque manière qu*on opère, il faut essuyer souvent la poussière, pour 8*assur6r qu'on n'effleure pas la peinture.

On peut encore enlever le vernis en le dissolvant avec un mélange d'alcohol , d'essence de térébenthine et d'huile.

On tient de chaque main un petit tampon de coton imbibé , Tun du mélange ci-dessus , Tautre d'huile pure. On commence par frotter d'huile la placeque Ton yexildévemir; ensuite on emploie le mélange spiritueux , qui dissout le vernis très-rapidement : c'est pourquoi il ne fapt frotter que pendant quelques secondes , et de suite oh doit- arrêter l'action dissolvante avec le coton imbibé d'I^uile. Sans cette précaution , on s'exposerait à dissoudre une partie de la couleur.

De plus, on a soin d'examiner à chaque instant l'état du tampon dissolvant, pour t voir s'il n'a attaqué que le vernis.

Comme l'action sur le vernis dépend de la proportion d'alcohol contenue dans le inélani^e , il vaut mieux en mettre moins , et rendre plus lente l'action dissolvante , que de s'exposev H dissoudre la peinture.

La restauration des tableaux ne présente pas beaucoup de difficultés , tant qu'ils n'ont reçu d'autre altération que le jaunissement di;^ vernis tendre qui ' les recouvre \ mais lorsque , pendant une longue suite d'années, ib ont été exposés sans précautions aux diverses causes qui amènent leur destruction ; lorsque la toile est déchirée ou à denûpçurrie \ loraïque les panneaux sont disjoints, ou quç la couleur est prête k s'en détacher au moindre choc , il ne semble pas possible de rçmédier à de pareils accidents. Cependai^t, quelc^ue imminente que paraisse la complète di^lruction de ces tableaux, on parvient à les sauver, en enlevant la peinture de dessus sçn fond , quel qu'il soit , et en la recollant solidement sur une nouvelle toiie,

J,c vais décrire cette iipportante partie de la restauration des tableaux, en commençant par l'opération, la plus facile, le ren toilage des tableaux peints sur toile.

On est obligé de remettre un tableau sur toile, lorsque la toile est déchirée, lors mêipe qu'elle n'a d'autre mal que d'être usée par les bords , b}\ point qu'il n'y ait plus de

prise pour la douer sur le chAssîs. Dsns «t état , il est possible que la peinture soit partout solidement adhérente à la toile : slon on se contente de la coller sur une autre) mais si la couleur est prête a s'en détacher par écailles , il est in(Uspensable d'enleTer la vieille toile.

Dans tous les cas , on commence par coller du papier sur la surface du tableau , aia de pouvoir le manier sans danger , et que^Hۥ fois on en colle plusieurs feuilles l'one mt l'autre.

Si la vieille toile doit être enlevée, il est de la plus grande importance que le papier adhère par toute la sur&ce. Dans ce cas , od colle d'abord de la gaie , et l'air sortant afec facilité , il ne peut y avoif de soufDures.

Si le tableau est extrêmement desséché, il convient d'appliquer dessus plusieurscoudMs d'huile mêlée d'un peu d'essence detérébenthine.Cette huile pénètre la peinture devesoe trop aride , et recolle les parties de coolear prêtes à se détacher. Mais la colle ne prendrait pas sur une surface grasse ; cestpcnrquoi , «près avoir Bien essuyé le tahleao , os dégi^iisse sa surface avec une légère diiiolution de sonde ou de potasse.

La colle dont on se sert eat préparée arec parties égales de colle de Flandre et de farine de seigle. On la préfère à celle de froment , parce qne la colle préparée avec cette farine se conserve plus long- temps hanidei et est moins cassante. Le papier doit élie mince , peu collé , très-nm et ébarhé stcC soin.

Ayant aiwii 6xé très-solidement le tilAesa à l'espèce de cartonnage appliqué à la siff* face , on procède à l'enlèvement de la v/Sk toile.; ce qui ne présente aucune dificuUé, si elle j» été encollée avant de recevoir )»

couches d'impression. Il suffit , dans ce ctsi de la moniller légèrement avec une éponge.

La colle ne tarde ,p^s à se détremper, et h •toile se détache, en cédant au nioiadie effort. S'il n'y a pas d'encollage sous la couche d'impression, il faut u^er la toik avec de la pierre-ponce ou une rApe.

Pour procéder au rentoilage , on tendstf un châssis une toile neuve, forte et uait Ou en (ait disparaître les nœuds avec ^ pierre-ponce \ pui^ on en coUe bien é^akment là ^urljuce. On met de même ua^ couche de colle sur l'envers du tableau, qot l'on a bien nettoyé de toutes les inégalités qui peuvent s'y trouver. Alors on Tappli^ae sur la toile ^vçc les précauUoiis conveiiai>l<<

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