‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 125 sur 135 · BEST · texte numérisé non relu

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pour éyiter les «oafflures. On ne la fait donc adhérer que successivement ; on fait sortir Tair et Texcès de colle, en les poussant toujours du centre vers les bords.

Lorsque la colle est presque sèche, on promène sur la surface du tableau un fer à repasser, qui n'est pas assez chaud pour endommager la peinture , mais qui fond la gélatine contenue dans la colle de pâte , la fait pénétrer dans toutes les fissures , et recolle les écailles prêtes à se détacher. Le but de cette opération est aussi de rendre unie la surface du tableau. Cest pourquoi on passe le fer à plusieurs reprises , en com<* Biençant toujours' par les bords ,. où rhumidite est maintenue plus long-temps par les bois du châssis, qui empêchent l'accès de Tair extérieur. On laisse encore le tableau pendant plusieurs jours dans un lieu très-sec.

Il ne reste plus alors qu'à décoller le cartonnage appliqué sur la peinture ; ce que Ton fait <| Taide d'une éponge mouillée.

Cette opération pourraitrendre assezd'hn* midité pour décoller les bords du tableaa : c'est pourquoi on les maintient en collant sur les bords du châssis de petites bandes de papier qui s'étendent un peu sur le tj|ble«u.

Lorsqu'on a enlevé le papier, il arrive quelquefois que Ton trouve sur le tableau l'cmprciate des marges superposées des feuilles.

Cet effet a lieu , lorsqu'on a employé du papier trop épais. Pour faire disparaître ces empreintes , il faut de nouveau coller du papier mince très-uni , en disposant les feuUies de manière que les endroits où se trouvent les traces produites par la superposition des marges , soient couvertes par le centre des nouvelles feuilles ; et lorsqu'on emploie le fer , on ne le passe que sur les endroits que Ton vent aplanir.

Si la toile n'est endommagée que par une légère déchirure , on peut réparer le mal sans être obligé de rentoiler le tableau. On le met h plat sur une table , et l'on applique sur l'endroit entamé plusieurs morceaux de gaze que l'on colle l'un sur l'autre avec unn^astic très-dense , composé de blanc de céruse et d'huile extrêmement visqueuse.

On pose sur cette espèce d'emplâtre un morceau de marbre ou une tablette de bois, que l'on charge d'un poids , et on maintient un jour ou deux cette pression.

Lorsqu'il s'agit d'énl/ever un tableau de dessus un panneau, on commence toujours de la même manière , c'esl-à-dire , qu'on se

rend maître de la peinture , en collant descnt delà gaze et plusieurs doubles de papier. C^ cartonnage étant parfaitement sec , on pose le tableau à plat sur une table bien unie , et avec une scie montée de manière qu'elle ne puisse pénétrer dans toute l'épaisseur du bois , on scie le panneau par petits carrés 9 qu'on enlève ensuite très-facilement avec un ciseau. On approche ainsi très-près de la peinture sans courir le risque de l'endommager. Alors avec un petit rabot et des râpes on réduit le bois à une si mince épaisseur 9 qu'en le mouillant légèrement avec une éponge , on le détache sans peine. On a mis ainsi à découvert l'impression en détrempe appliquée sur le panneau avant de commencer le tableau. On enlève avec un graitoir cette impression , qui presque toujours est fendillée comme la faïence qui a été sur le feu. On procède ensuite au rentoilage, comme il a été dit plus haut.

Si le dommage n'a lieu que dans une partie du panneau , si le bois est d'ailleutrs sain , et que l'humidité n'ait attaqué la peinture qu'en quelques endroits , où elle se trouve prête à se détacher du fond , on remédie à ce mal local sans enlever le tableau. Dans ce cas, on verse sur la partie endommagée de la colle-forte chandc qui pénètre par les fentes sous les écailles. Lorsque la colle est figée , on enlève toute celle qui reste à la surface de la peinture , et l'on colle du papier sur cette place avec une colle de pâte très-légère. Jjorsque le papier est sec , on passe dessus le fer chaud <qui fond la colle, la répand uniformément sous les écailles , et les rattache d'une manière très-solide. On mêle à la colle-forte environ un huitième d*huile siccative blanche , laquelle s'y combine et la rend moins accessible à l'humidité (I).

Lorsqu'un panneau est fendu , ou qu'il s'est déjeté , ou y remédie en collant derrière ce qu'on appelle un parquet : c'est un grillage en bois de sapin , dont on colle seulement les barres qui sont dans la direction des fibres du bois du panneau. Les barres transversales sont maintenues par les premières dans des entailles faites dans leur épaisseur, dans lesquelles elles sont engagées. Elles ne sont point collées au pan-

(1} Il doit paraître asses extraorilioalra qae rhaile puisse se mêler i la colle ; toutefois l'expérieDce pronre que la combinaison a liea , et que ce mélange résiste mieux aux aiternatiTei de la sécheresse et de l'humidité.

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neau , car le mouvement dans le bois 8*0pérant toujours sur la largeur , elles ne pourraient y adhérer solidement ; elles servent seulement par leur pression à maintenr le panneau de manière qu^il ne puisse plus se déjeter.

L'enlèvement d'un tableau peint sur mur ne présente pas plus de difficultés , bien qu*on ne puisse attaquer le mur par derriert , comme un panneau. Liorsqu'on a appliqué sur la peinture un fort cartonnage , on fait dans le mur, autour du tableau , une entaille assez large pour pouvoir , avec un ciseau, détacher du mur le ciment sur lequel ordinairement le tableau e^t peint. Cet enduit y qui n'a pas plus^de six à huit centimètres d'épaisseur , se détache facilement , et reste adhèrent à la peinture.

A mesure que Tenduit se sépare du mur , on roule le tableau sur un gros cylindre , pour le transporter. Il reste à enlever le ciment adhérent à la peinture ; on y parvient avec un ciseau. C'est une besogne qui exige plus de patience encore que d'adresse.

Si le tabledu était peint immédiatement sur la pierre , sans aucun enduit de mortier (1)> on parviendrait encore à l'en détacher en t^y prenant comme un écorcheur, et se servant d'un ciseau ajant des dents comme une scie, mab aiguisé de manière qu'il tende toujours à mordre du cdté du mur.

Si le tableau que Ton rentoile devait être placé dans un endroit humide , i l faudrait , au lieu de colle de pâte mêlée de gélatine, employer un mordant huileux , tel à peu près que celui dont se servent les doreurs.

Cerentoilage a été exécuté avec succès sur quelques tableaux du Musée. On peut composer le mordant avec de Thuile de lin épaissie par une longue ébullition ; on broierait du blanc de céruse et un peu de minium tiès-fin avec cette huile visqueuse , et on en appliquerait une couche* bien égale sur la toile neuve et sur le tableau , soit ài Taide d'une brosse ferme , soit à Taide du couteau dont on se sert pour l'impression des toiles cirées,

On attendrait quelque temps que cet enduit fût à demi sec ; alors on collerait le tableau en le faisant adhérer successivement depuis un bout jusqu'à l'autre.

ti^enlet^age et le rentoihge une fois ter-

(1)L« plafond de Sainle-Geoevlèv« est sur la pierre enduite sealement d'one coache d'haile nuélée de résine et de cire.

minés , il reste pour compléter la restauration à nettoyer le tableau , et k repeindre les endroits détruits.

Pour la première opération , qui est trèidélicate , on se sert de divers moyens qui réussissent entre les mains d'un artiste habile et expérimenté ; mais qui , employés par tout autre , sont plut dangereux qu'un rasoir manié pour la première fois par un apprenti barbier ; car ici le patient n'avertit par à l'instant de la blessure qu'il reçoit.

On se tromperait fort si l'on croyait qu'on puisse employer sans danger les alcalii et les savons , pourvu qnlls soient suflisammeut étendus d'eau. L'eau seule -fait dntort aux tableaux , lorsqu'ils sont très - desséchés ; elle peut dissoudre certaines couleort; elle pénètre par les fentes , augmente l'aridité de la couleur , et contribue à la détacher de son fond. Il est donc mieux 4e commencer par imprégner d'huile le tableau jusqu'à ce qu'il n'en absorbe plus. Les Flsounds se servent pour cela d'huile de pavot.

On peut employer également l'huile de noix, et même l'huile de lin , puisque cette huile, quoique beaucoup pli^s jaune que les deox autres , blanchit , comme elles , au contact de la lumière. Au surplus, quelle que soit l'hvile dont on imbibe la vieille peinture, elle pénètre dans la couleur desséchée, et en se résinifiant , elle recolle la partie prête à tomber (2).

Après cette opération , on peut, avec le»

précantioAs convenables, nettoyer le tableau avec des dissolutions alcalines, l'ai vu même employer avec succès le savon noir qui, comme Ton sait , est très-corrosif; mais on ^ l'avait mêlé avec une telle quantité d'huile, qu'il ne pouvait plus avoir d'action sor It peinture. On le laissait même pendant plusieurs jours sur le tableau , sans qu'il produisit d'autre effet que de ramolKr la crasse elle vieux vernis. Lavant ensuite le tableau avec une éponge , il se trouvait en grande partie nettoyé. Toutefois , un pareil procédé est dangereux, en ce qu'on opère en aveugle.

Si le tableau est recouvert d^un vieux vernis , le savon ou la dissolution alcaline l'enlèveront en partie , parce que les résines , surtout lorsqu'elles sont devenues rances , sont très-facilement saponifiées.

Lorsque la crasse qui se trouve dans les cavités formées par le tissu de la toile , ou

(2) On emploieratl avec inccès I1iail« ëpeiuie k lair, délayée daoi de l'eaMnce de térêbentkioe. ,

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1e« kiégalités de U pemture , n'est pas enlerée , il ne faut pas s'obstiner à frotter avec la brosse ou Téponge , on s'eiposerait à cflkurer les parties saillantes de la couleur, avant d'atteindre cette crasse ; il faut alors reeourir à remploi du grattoir, et il est inutile d*a?ertir<|ue les plus grandes précautions sont indispensables en usant d'un pareil mojren. Dans beaucoup de cas, un curedent peut tenir lieu de grattoir ; dans d*autres , il faut un tranchant bien acéré.

On a vu , au comufencement de cet article, qn^on peut enlever le vernis avec un mélange d'alcobol , d'essence de térébenthine et d'huile; on peut employer le mêtae mojren pour nettoyer. Au surplus , Tétat dans lequel se trouve le tableau doit déterminer le choix des procédés. Par exemple, «'il a été vernis avec du blanc d'oeuf, il est évident qu*on ne pourra enlever ce vernis qu'avec de l'eau ; si , au contraire , ou 4. employé un vernis huileux , tel que nos vernis au copal , il faudra le ramollir en le frottant pendant plusieurs jours avec de l'essence de térébenthine et de l'huile , puis avec de l'aicohol tenant un peu de potasse en dissolution ; et quand ce vernis sera suffisamment ramolli , on Tenlevera avec un grattoir.

Lorsque le nettoyage est terminé , il reste à fermer toutes les plaies qui se sont décpu* vertes. S'il y a, des trous, on les bouche avec un mastic composé de colle et de blanc de craie , semblable à l'apprêt des doreurs , et Ton égalise bien ce mastic , de manière qu'il soit au niveau de la surface du tableau. Si le grain de la toile est apparent , on produit un effet semblable en appliquant sur le mastic encore mou un morceau de toile du même grain , et pressant dessus pour former Tempreiute du tissu.

Les trous étant boucha, il faut nécessairement repeindre sur le mastic.

La plupart des restaurateurs sont dans l'usage d'appliquer une légère couche de vernis sur le tableau avant de commencer les repeints^ Ils le font , afin de mieux voir ' la teinte de l'original, avec laquelle ils se proposent de s'accorder : il arrive de là' qu'en dé vernissant le tableau , on doit enlever les repeints. Je crois qu'il est mieux de frotter d'huile la partie que l'on doit re- « peindre : par ce moyen , on fait reparaître les couleurs du tableau dans tout leur brillant; on essuie complètement l'huile avec un lioge. propre on du coton. La couleur perd alors de son éclat ; mai5 elle eu con-

serve assez pour guider le peintre. Elle pa« rait un peu phis p&le qu'étant vernie ; ce n'est pas un désavantage, par là raison que les couleurs à l'huile prennent, en séchant, un ton plus foncé : c'est pourquoi il faut tenir ses teintes un peu plus claires , afin qu'après leur entière dessiccation , elles se trouvent au ton de l'ancienne couleur. D'ail* leurs, comme on ne parvient presque jamais limiter la teinte d'une peinture ancienne autrement que par des glacis , il est indupensable que les repeints soient toujours d'un ton plus clair.

De tous les accidents qu'on rencontre dans la restauration des tableaux, celui des gerçures présente le plus de difficultés; il est même sans remède si elles ont lieu sur un ancien tableau ; on ne peut plus alors rapprocher les parties écartées. Il n'y a d'autre moyen que de boucher les fentes en les remplissant avec de la couleur; mais si le tableau gercé n'est peint que depuis un petit nombre d'années , et que la dessiccation ne soit pas par* faite , on peut faire rapprocher les parties séparées ; il suffit pour cela d'enlever complètement le vernis, et de poser le tableau à plat. Avec le temps, les parties de la peinture qui se sont retirées s'étendent , et en s'étendant elles se rapprochent, au point que les fentes disparaissent entièrement.

' De tout ce qui précède , on doit conclure que ce serait trop risquer que d'entreprendre de nettoyer ou de restaurer un tableau , si l'on n'avait aucune expérience dans cette partie. Il serait mieux, sans doute, qu'un peintre habile ne s'en rapportât qu'à lui seul du soin de nettoyer un tableau , dont mieux que personne il peut apprécier le mérite ; mais , auparavant de l'entreprendre , il faut qu'il, fasse des essais sur un tableau qu'il peut gâter sans regrc^t; et, quelque succès qu'il ait obtenu dans, ieê expériences, il ne doit pas croire qu'il réussira constamment.

Celui qui s'est occupé toute sa vie de la restauration Jes tableaux , né peut pas encore se llâtter d avibir rencontré toutes les difficultés ; .il doit toujours, par précaution, essayer sur quelques parties les moins importantes du tableau le procédé de nettoyage qui convient le mieux. ( f^oj-ez PxiaTVTBt. )

* RESTAUT (Pibire), grammairien français et avocat, né à Beanvais en 1696, vint de bonne heure à Paris , et fut c^rgé de quelques éducations particulières- an collège ac Louis-le>Grand. Il se livra, ensuite à

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