‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 16 sur 135 · PRID · texte numérisé non relu

PRID

fous ce titre , des tribunaux institués sous Tancien régime pour la répression des voleurs de grand chemin , et auxquels on attribua le jugement d*une foule de délits politiques. Leurs sentences étaient exécutoires dans les yingt-quatre heures , ce qui annulait le recours en cassation , aussi bien que le recours en grâce, et investissait d'une omnipotence effrayante ces tribunaux improvisés , en les délivrant du frein des formes judiciaires. Ce n'est pas ici le lieu de •'appesantir sur les fléaux que cette institution fit peser sur la France pendant plus de' trois années. L'histoire en conservera le souvenir. Les cours preuâtales furent dé6nitivement abolies en 1818^ et» selon toute apparence , elles ne reparaîtront plus.

, Le jury, qui, sous la Charte , avait con*« tinué d'être une commission , comme sous Fcmpire , et dont la composition dans les procès politiques excita plus d'une fois de justes et douloureuses réclamations, a été reconstitué enfin d'une manière plus satisfaisante par la loi du 2 mai 1827. La chambre des pairs a discuté le projet d'un nouteau code militaire, qui remédierait à une grande partie des inconvénients reprochés , avec raison, à Tordre actuel. Une grave anomalie subsiste encore ; c*est l'attribution faite h un tribunal amovible et secret ( le conseil d'État) d'un certain nombre de questions contentieuses en matière civile, et d'un fveio sur la mise en jugement des fonctionnaires publics : mais déjà l'on parle de reformer une partie de cet abus , et nous pouvons espérer que le jour approche où , . suivant la promesse de la Charte , nul y en France , ne pourra plus être distrait de ses juges naturels. ( yojcM Abbitiàiéb , JrsncB et PRBOVB. ) Bbbvilli.

• PRIAM {mjrtkologie), dernier roi de Troie , fils de Laomcdon , fut dans sa jeunesse emmené dans la Grèce par Hercule.

Ayant été racheté erisuite , il monta sur le trôuc à la mort de son père, fortifia et agrandit la capitale de ses États, qu'il sut rendre florissants. Il épousa Hécube, et en eut dix-neuf enfants , entre autres Hector , Paris , Déiphobe , Hélénus , Politès , Polyxène , Creuse et Cassandre. La fin de son règne fut cruellement troublée parla guerre qu'excita l'enlèvement d'Hélène par Paris.

Il soutint un siège de dix ans ; mais Hector étant enfin tombé sous les coups d'Achille « Troie fut prise, et Priam lui-même fut impitoyablement égorgé par Pyrrfius, fila d'A-

chille. On place cet événement rers Tan 1184 avant Jésus-Çhrist.

* PRICE (ÏOBH ) , savant scholiaste , professeur de grec h Pise , né à Londres en 1600, mort à Rome en 1676, a laissé : Notœ et Obsen'ationes in jlpologiam ApvUi , Paris , 1635 , in-4o; Notœ in II lib. Metamorphoseos JpuUi, Gouda , 1650 , in-8o ; cl plusieurs autres ouvrages.

* PRICE ( RfCHÀXD) , ministre dissident et écrivain politique anglais, né en 1723 ^ Tynton, dans le pays de Galles, mort en 1791 , a laissé : Discussion libre des doctrines du matérialisme et de la nécessité pliilosophique ; État des dettes publiques et des finances en jan^ierVSS, avec un plan d'emprunt pour le rachat des dettes publiques ; des sermons et diverses autres écrits politiques et religieux. Les Mémoires de sn vie ont été publiés par son neveu , William Morgan , Londres , 1815 , in-8o.

* PRIDEAUX ( JoBR ), savant théologien anglican , évéque de Worcester, né en 1578, mort en 1650, fut, pendant un très-grand nombre d'années , recteur du collège d'Exeter h Oxford, et professeur royal de théologie. On a de lui plusieurs ouvrages , parmi lesquels on cite : Tabula ad grammaticam grœcam introfiuctoriœ, Oxford, 1608, in -405 Tirocinium ad sjrUogismum contexendum , necnon Neptades logicœ , sive Uonita ad ampliores tractatus introductoria , imprimé avec la grammaire grecque j scholasticœ theologiœ Sjrntagma mnemonicum , Oxford, 1651 , în-4o. — Pbideaux ( Humphrey ), savant historien et antiquaire anglais , doyen de Norwich , né k Padstow en 1648 , mort en 1724, a laissé : Marmara oxoniensia ex arundellianie , seldœnianis aliisque con/lata , cum pefpetuo commentario, Oxford , 1676, in fol.; f^ie de Mahomet, 1697 , plusieurs, fois réimprimée , et traduite en français par Daniel de Lorroque , Amsterdam , 1G98 , in -80 , avec figures ; Histoire des Juifs et des peuples voisins , depuis la décadence du royaume d' Israël et de Juda jusqu'à la mort de Jésus-Christ (en anglais) , Londres, 1715-18, 6 vol. in-S", ouvrage qui eut en Angleterre un succè^ prodigieux, et qui eut dix à douze éditions dans lespace de quelques années. L^une des plus estimées .est celle de TiOndres , 1720. Deux écrivains anonymes (Brutel de La Rivière et du SouI, suivant M. Barbier, Dictionnaire des A nonjr/ncs , no 22,623 ) ont donné une traduction française de cette histoire, Amsterdam

PRIÉ

PRIE

f723, 5 Tol. I11-I2. Il en a paru depuis plihseorsfditioDs.

PBIÈHES. (Momie religieuse.) Les ctAies «t été fondés parja prière; ils n^ezistent qwpar elle: leurs rites, leurs symboles, Icon fêles et leurs oblations ne sont, à bien en, que la prière multipliée et répétée MHS (les formes diverses. Celle-ci est née arcessairement d'un besoin de notre nature , fBis<fu'on le rencontre sous le toit de bamboosdu pauvre ParU , ainsi qu'elle va frapper a la voûte des superbes basiliques de rEoropc. Parlent une Voix secrète a rappelé à rhomme qu'il est quelque part une puisttoce supérieure dont il dépend; partout die r« placée dans des régions inaccessibles à Kn organes , et où pourtant nos vœux et nos «applications semblent pouvoir Tatteindre.

Les grands phénomènes de l'ordre physique ont non-seulement quelque chose d'imposant pour nos yeux, ils parlent encore à notre cour, ils circonviennent notre âme , ils s'en en|>arent et l'impressionnent de terreur ou {amour. Une force quelconque se manifeste par eux; dans notre impossibilité de nous ikrer jusqu*à elle , nous la faisons desvndre ju$qu*à nous. La prière deviendra Tédielon mystérieux qu*en divers sens les nÇM parcouraient pendant le songe du jeune Jacob. Ainsi le villageois*, témoin Aaque année des progrès delà végétation, isToqnera la main qui conserve le gerrae du froment sous les glaces de l'hiver, qui le ittorritde rosée au printemps , qui l'afferlutuir son frêle chalumeau en été , et qui , loi dbtribuant dans une juste mesure la ^Jearet l'humidité, conduit de la racine < répi la substance farineuse qui en sera K trésor. Le nautonier menacé du naufrage *a<ires5era à l'esprit qui apaise ou qui s'oul^e Ici flots; il y aura pour lui un Dieu ^tempêtes. Mais ce qu'il y a peut-être de P^» remarquable , c'est qu'avant tout il y •on nn Dieu protecteur de la vertu ; c'est ""qai , sur un vaisseau menacé du^naufrage , P*>^ra d'un mouvement irrésistible Al- *''9*>^ae vers un enfant collé au sein de **merc; c'est sous son inspiration que le ^ Portugais , saisissant cet enfant entre *ttl>ra«, et le dirigeant vers le ciel , s'écria, «» milica des éclats de la foudre : « Dieu » loqt-puisîant , en faveur de cette inno- ' tente créature , pardonne au moins aux » coupables qui t'implorent sur ce frêle na- •Tïre! • Il faut l'avouer, ce n*é(ait pas une *ai«ntion dépourFQd de force que celle de

têtre hnmatn, h Taurore de la vie, montré ainsi à son créateur entre la nue embrasée et les abimes de la mer prêta à l'engloutir 1

Confessons-le également , nous avons créé un Dieu des batailles , c'est-à-dire que nous avons placé nos propres fureurs sous là protection du ciel. Or, deux nations européennes qui se sont déclaré la guerre , appellent en même temps la bénédiction divine sur leurs armées destinées à s'entr'égorger ; et quel que soit le parti vainqueur dans nne cause, où il a nécessairement justice d'nn côté et injustice de l'autre, à moins qu'il ne 8*ngisse d'une question d'existences respectives , il sera chanté des actions de grâces dans l'un des deux camps , et peut-être dans tous les deux , après la victoire. Cette objection «érieuse contre la prière nous conduit à en examiner d'autres non moins graves dont on s^est occupé sur le même sujet.

On a dit que les vœux des hommes étant souvent contradictoires entre eux , plus souvent nuisibles par exclusion à la généralité de l'espèce humaine, le ciel, en les exauçant, s'exposerait à consacrer de grandes iniquités; on n'a pas remarqué sans raison que les prières des uns ne pourraient être écoutées , sans que celles des autres, et presque toujours des êtres les plus faiblei , devinssent un objet de dédain ; on s'est cru fondé à soutenii* que l'Éternel , après avoir réglé le cours de la nature par des lois in6niment sages, ne saurait s'en écarter ^ans p orter lui-même atteinte k la beauté de son œuvre ; on a pensé , avec non moins de motifs , que des dérogations fréquentes à la marche établie (et il les faudrait telles pour satisfaire aux seules supplications bien intentionnées qui s'élèvent de tous les coins de l'univers ) amèneraient, au sein de l'ordre , un désordre inévitable ; on a ajouté qu'en donnant ainsi une nouvelle direction à la conduite des peuples et des individus , ces dérogations leur enlèveraient le libre arbitre qui en constitue le mérite moral ; enfin on est allé jusqu'à prétendre qu'en substituant une sorte d'économie accidentelle et fortuite à l'économie primitivement arrêtée dans les desseins du Très- Haut , elles établiraient entre le ciel et la terre une opération de banque où les bénéfices reviendraient h celle-ci en échange de paroles , de fumées d'aromates et de victimes offertes à> celui-là. Nous devons en convenir^ ces objections ne sont pas dépourvues de

PRIÉ

PRlè

ibrce; peut-être même serait-il difliciiede leur répondre d'une manière péremptoire , er pourtant la prière est universelle sur la surface de globe ! Cest pour eo favoriser l'élan que les coupoles des temples montent dans les airs , depuis la pagode de Jagrenat qui domine lemboucbure du Gange, jusqu'au dôme des Invalides , dont s'enorgueillissent les bords de la Seine ! Disons plus : il est rare que cette prière ne soit pas efficace quand ^le part d'un cœur pur, quand elle est dictée par un esprit de charité, quand elle est accompagnée d^une ferme croyance , et lorsque la bouche peut avouer tout haut les paroles que les lèvres ont murmurées tout ba^ au pied de Tau tel. Il ne nous sera pas aussi difficile qu'on serait disposé à le croire , de concilier ces contradictions apparentes. Le problème que nous nous proposons est nouveau, mais sa solution ne serait impossible que pour l'examinateur superficiel.

Deux sortes d'événements très-distincts forment ici-bas la chaine de nos destinées.

Les uns, en réagissant sur nous, émanent du domaine extérieur des choses. Dans une certaine mesure il nous est permis de les modifier par nos soins et nos prévoyances.

Ainsi , un changement subit de température est-il venu altérer la santé d'un enfant ou d*un père de famille, une mère attentive, en rétablissant une transpiration interceptée , un médecin , en déplaçant avec habileté l'irritation, pourront prolonger les jours d'un être chéri : mais si , après avoir fourni la carrière marquée par la nature, autrement par sa constitution primitive, un vieillard cherchait à reculer le terme de - son eMstence , ses vœux seraient dépourvus de raison ; l'art d'un Esculape appelé à les seconder échouerait complètement ; car il faut que les lois universelles s'accomplissent.

Cette catégorie de faits est d'une vaste étendue ; ils embrassent l'action entière du monde extérieur sur nos individus : mais le domaine des autres , où la volonté et les facultés de l'homme interviennent d'une manière non moins puissante, n'est pas non plus renfermé dans d'étroites limites. Combien de fois la direction des événements ne dépend-elle pas de notre fermeté ou de notre f&gesse ! combien d'obstacles ne sont-ils pas aplanis ou surmontés quand nous les abordons avec énergie 1 Qui ne sait encdre que les forces de l'homme peuvent être triplées, décuplées par sa confiance dans set moyens ,

quelle qu'en soit la source, et parla décision de son caractère? En général, ce qui nous est -le plus funeste dans la conduite de la vie , c'est l'iodolence des habitudes , le manque de fixité dans les^vues, l'incertitude dans les entreprises , et le peu de foi avec lequel on y eptre. C'est par là que des périls ordinaires , auxquels il eût été facile d'échapper, deviennent inévitables; c'est ainsi que telle vertu, tvqp en défiance d'ellemême , succombe, où, avec un degré de résistance de plus qu'il lui était facile d'atteindre . elle eût échappé à sa ruine.

Ce second ordre Je faits appartient à l'existence intérieure. Or , la prière , accompagnée de la foi, doit exercer une grande influence sur celle-ci : elle nous met en présence d un être tout-puissant , bon et juste. Par elle nous cessons d'être seuU dans les solitudes les plus désertes ; notre force s' accroît de celle qui domine tout. Alors nous formons des résolutions généreuses , nous arrêtons des desseins de vertu \ en paix avec tout le monde , nous le sommes avec nous-mémes,et nos résolutions prennent le caractère d'énergie qui leur manquait. Comment , en efiet, sous les yeux de celui auquel rien n'échappe , ne pas se sentir soutenu par la consolante certitude d'avoir un témoin de notre courage et un digne appréciateur de nos efibrls? Nul mécompte n'est à craindre. Au défaut de succès dans la vie présente , l'espoir dans l'avenir restera ; on se sera prosterné dans la douleur , on se relèvera consolé ; les périls seront afi'routés avec plus de hardiesse ; aux attaques nous oppo.

serons une résistance calme et vigoureuse ; nous oserons plus dans le bien , persuadés que dans le mal on pourra moins contre nous ; et c'est ainsi que la pensée de lu bonté providentielle , sous l'égide de laquelle noua nous serons placés, deviendra elle-même un secours efficace. Nous ne saurions alors mieux comparer la prière dans ses effets qu'à la rosée qui , véritable émanation de la terre et des plantes , chaque matin redescend pour les rafraîchir, de la région supérieure vers laquelle la chaleur du jour l'avait élevée.

Ne nous étonnons pas que Dieu ait disposé l'admirable économie de notre être de manière à en obtenir de pareils résultats : ce n'est pas peu de chose qu'il ait décidé, que les simples rapports de notre volonté avec la sienne devinssent une force à notre profit , et que l'homme, créature faible et tremblante dans son isolement , cessât de se

PRIÉ

PRIÉ

croire abandonné deyant la prévoyance qui ■oorrit le passereau , et devant la majesté ^ cieuz qui , dans un ordre immuable, roolenC sur sa tête.

Ifoos n'avons pas oublié de le remarquer, ans tous les cultes la foi est une des prénèret conditions de la prière. Quelle que «ft effectivement la puissance que vous in- '•fBCi , vous devez croire à celte puissance. U foi exaltée à un certain degré , comme Boas Tavons dit, ne saurait être sans action ■w DOS organes. Nous ne prétendons pas Alerter ici sur la vertu intrinsèque des prières du prince de Hohenlohe j mais , sans Kcepter tous les prodiges auxquels les feuilles allemandes ont servi d'ccbo , et qui ont été attribués à son intercession , nous som- Bcs persuadés qu*il a été la cause occasio- ■die de plusieurs phénomènes qui ont pu praidre le caractère de miracle aux yeux du pabtic. Lorsque des malades , affligés de paralysie locale ou partielle , se seront adres- »« à lui avec une pleine conBance «lans ses npperts avec le ciel, lorsqu'ils se seront Momis avec exactitude aux pratiques de piété qu'il leur aura prescrites , lorsque le jour, Iheore et la minute précise de leur détirrance leur auront été annoncés, qui *wa surpris que, Ténergie de la foi venant a rouvrir au, fluide nerveux ses anciennes >^tes, plas d'un impotent recouvre, au moment désigné , Tusage d*organes auxquels il Bc manquait , pour être rendus à un libre «eicicc, que la présence de ce précieux ftttide? Cet aperçu physiologique nous offri- <^it eacore une explication naturelle de plasiears guérisons instantanées, qui ont ^o^mtacé par réjouir les piirents et les amis (Ws valétudinaires , et qui n'ont eu de durée ?ie celle de la volonté forte Ik laquelle il coonent de rapporter de semblables secous- •« Quant à celles^! , on sent qu'un hnbîle P'^ticien pourrait en tirer avantage, si alors il lai était permis d^approcher du malade, et <ie prolonger , par ses soins, le bienfait àe la crise née sous l'empire des idées relipeuscs.

La remarque suivante rentrera également ^n» notre sujet : nous remprunterons de ^ réunion des fidèles , ainsi que nous lof»

^cat les temples ou l'asile des foyers domeshtjoes.

Notre nature était certes bien connue de cdui qui a dit : • Où deux et trois personnes seront réunies en mon nom , je serai au mi- '»«» d'elles. » Id , nous le pensons , la prière

doit recevoir une augmentation de force; car elle devient à elle-même son appui. Le besoin , loin de s'accroître par le besoin , est soulagé par la présence des êtres qui le p-ir* tagent. Les plantes se soutiennent par agrégation ^ les hommes aussi. La sympathie d'une douleur commune prête à leurs accents quelque chose de solennel et d'attendrissant qui finit par les charmer eux-mêmes. Réduits qu'ils étaient à gémir sur leurs destinées privées , ils trouveront dans leurs yeux des larmes pour d'autres infortunes , et dans leurs cœurs de l'énergie pour leur porter secours. Qu'ils soient rassemblés dans une église ou dans un temple, dans une mosquée ou dans une pagode, parlant plus haut à Celui qui, suivant leur foi, peut mieux les entendre, ils en espéreront davantage : partant, leur force en sera plus grande. Si des coupables gémissent et soupirent sous la nef, elle couvre aussi d'innocentes créatures, que la justice diviue épargnera. On se le dit ; ainsi Aibuqucrque montre avec audace au ciel l'enfant que les carreaux de la foudre écraseront, en frappant tout un équipage.

Induirat-on de ces remarques que la prière ne tire son efficacité que de ses effets sur l'admirable couibinaison de la machiné humaine? Non. C'est à la vérité beaucoup que nous puisions des motifs de courage en face du péril dans ufi simple reploiement de notre âme sur elle-même : c'est beaucoup que le nom de notre Créateur sorte de nos lèvres au milieu de nos angoisses , et que nous ne le prononcions pas vainement ; mais nous devons reconnaître aussi qu'il se passe en nous quelque chose d'indéfinissable à l'instant où la prière s'élance avec foi du fond d'un cœur brisé. Si quelques gouttes d'un baume céleste y coulent alors , nous ne prétendrons ni le contester, ni l'expliquer ; car tous les secrets de la vie n'ont point été dévoilés aux créatures de l'économie présente. Qu'il nous suffise de savoir que tous les jours la prière cicatrise bien des plaies , console bien des douleurs chez les êtres dont les talents et les lumières honorent notre espèce. Lorsqu'un pareil phénomène existe , sans pouvoir être révoqué en doute, il faut, à la manière des anciens , adorer et se prosterner devant le génie du lieu.

Au reste , la prière bien dirigée aura toujours cet avantage , que l'homme en sortira meilleur et plus moral. Dès lors elle a droit à nos respects, puisque la moralité, qui

PRIÉ

Page 1