X. La justice est le pouvoir Institué pour
prononcer ; «près débats contradictoires ,
entre la personne inculpée par tes actes de*
la police et Je ministère public, tant sur
0) V. Trmilé des Délits et dès Peines , $ H).
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rexittence du fait et la culpabilité de -celui que ces mêmes actes désignent comme en étant Tauteur ou le complice , que sur Tapplication de* la loi pénale en cas de convictiou acquise.
Ainsi , lorsqu'il a été pourvu par la police aux premiers besoins de sûreté que la société réclame , Taction de la justice commence , et alors le règne des présomptions et des suspicions doit faire place à celui de hi certitode et de la conviction ; et si la police a dà consulter avant tout Tordre social et la .tranquillité publique , la justice , dans son action , doit placer avant toute autre considération le «respect et les précautions qui sont dus à Finnocenoe en péril, (f^ojrez Accu-
S4TIOV. )
Envisagées comme réglant cette action de la justice criminelle , les- lois de procédure doivent surtout prescrire la plus grande publicité dans la procédure. Tout ce qui a été fait par la police doit être communiqué à Taccusé; il faut que sa comparution a la barre du tribunal qui doit prononcer sur son sort ait été précédée de la connaissance de toutes les charges , de toutes les pièces ; il £But qu'elles soient connues de lui et de ses conseils, comme de ses juges eux-mêmes.
Liberté pour ainsi dire indéfinie des mojens de défense ; droit de les faire valoir par un ou {dusieurs conseils ; faculté de reprocher les témoins , de récuser même les juges , dans les cas et suivant des formes prescrites par la loi ; publicité des débats , voies ouvertes pour se pourvoir contre les décisions pour cause d'erreurs ou d'injustice au fond , ou de contravention à la loi , dans tontes les circonstances où Tusage en est compatible {\) avec le mode d'exercice de^ la juridiction j telles sont , dans tintérét de l'accusé , et indépendamment des circonstances diverses des temps , des lieux et des formes de gouvernement , les bases fondamentales de toute législation criminelle, (flores PiBUVB et PusLieiTi. )
Mais si les droits de Taccusé sont respectables , ceux de la société ne le sont pas moins; ils exigent impérieusement que le législateur remette entre les mains du mi-
(1) Nous disons compatible t parce que, dans les affaires de grand criminel jugées par jurés , la voie d'appel serait en conlradicllon avec llnUrucUon : il suffit que le recours en cassation soït ouTerl' pour cause d& violation de formes essentielles ou fausse «pplication des lois pénales par les juges du droit. rome 19.
lûstère public tous les moyens nécessaires pour accuser les coupables , acquérir et présenter les preuves de ces accusations sans injustice, sans prévention , sans doute, mais avec toute la sévérité, toute linflezibilité qu'exigent le maintien de Tordre social et la sûreté publique, (yojrez MiBisTèaa public. )
C>st ainsi que, dans leur ensemble , les Ipis régulatrices de la double action de la police et de la justice parviendront sûrement au but commun qu'elles se proposent, celui de concilier les deux grands intéréts qui sont toujours en opposition dans les procès criminels, de manière qu'aucun coupable n'échappe et qu'aucun innocent ne soit la victime de l'erreur et de l'injustice.
Il est permis de le dire , sans crainte d'être accusé d'une prévention inspirée par l'orgueil national , nulle législation étrangère n'a mieux atteint ce but que la nôtre ; toutes les améliorations apportées chez nos voisins dans le système de leur procédure criminelle sont dues aux saines théories créées par l'assemblée constituante , et perfectionnées dans leur application par les auteurs de notre Code d'instruction criminelle.
XI. La définition que nous avons donnée de la procédure civile , indique en peu de mots toute la marche d'une affaire contentieuse , autrement d'un procès porté en justice civile , poury être instruit et jugé après débats contradictoires entre les parties litigantes. C'est , en général , sous ce seul rapport que la science de la procédure civile a été envisagée dans les ouvrages qui ont précédé en France la publication du Code. Mais, disait avec raison l'orateur du gouvernement, le savant conseiller d'État Berlier ( en exposant les motifs de la seconde partie de ce Code , qui renferme des régies et des formalités de diverses procédures particulière que notre définition ne comprend et ne suppose même pas ) : a l'instruction des procès , dans le sens attaché à ce mot, et l'exécution des jugements sont loin d'embrasser toutes les actions judiciaires que comportent les besoins de la société. »
Il est, en effet, une foule de circonstances qui exigent l'intervention des officiers ministériels , sans néanmoins supposer né* cessairement un litige , et par conséquent un jugement à rendre par un tribunal. Les actes à faire , les ordonnances à rendre dans ces circonstances , n'ayant pour objet que Texercice ou la conservation de certains droits , l'accomplissement de certaines obli-
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gâtions <|ui dérivent de la loi civile , «ont donc étrangers à la juridiction conlentieuse, à Texercice de laquelle se rapporte la définition ci-dessus , et n'y entrent qu'à Toccasion de débats qui surviendraient acciden- .tellement.
Cependant des régies sont posées, des formalités sont prescrites aux parties pour provoquer llntervention du )uge, aux ofliciers ministériels pour dresser et notifier les actes nécessaires pour que le juge soit mis à même de remplir la mission que lui conâe la loi. Ces régies , ces formalités constituent autant de procédures particulières. C'est donc dans le Code de procédure que leur place est marquée; et pour que ce dernier mot exprime tout ce qui appartient à la branche des lois dont il indique Tensemble , il faut nécessairement admettre une distinction en* irtX'A procédure judiciaire y à laquelle seulement convient la définition ci-dessus , qui ne concerne que les matières contentieuses et la procédure extrajudiciaire, que nous définirons « la méthode ouli| marche à suivre en toute matière non conientieuse, Cest au savant professeur de Ja Faculté de Paris , M. Berriat-Saint-Prix , que Ton doit la première idée de cette distinction , admise par tous les jurisconsultes qui ont écrit après lui (1).
XII. Avant la publication du nouveau Code de procédure civile , les formalités que Ton suivait en France pour l'administration de la justice civile étaient en grande partie celles que prescrivait Tordonnance de i(>67 ; et c'est apparemment parce qu'elle ne contenait, pour ainsi dire, aucune disposition sur la procédure extrajudiciaire, que les commentateurs ont été conduits h. donner de la procédure civile en général une définition qui ne s'applique qu'à la marche à suivre dans les affaires contentieuses.
L'ordonnance dont il s'agit était l'ouvrage des magistrats les plus éclairés du dix-septième siècle, le résultat , pour l'époque , de la science* et de la méditation la plus profonde. Elle offrait ce qu'il y avait de plus sage et de plus complet sur la pratique judiciaire. Les auteurs du code qui lui a succédé n'ont pas manqué d'y puiser les dispositions dont une longue expérience avait prouvé futilité, en même temps qu'ils ont tâché de profiter de tout ce que la jurisprudence des
(1) Foyez Cours de procédure duilê , notions prélin&ittaires , r«g. 2.
arrêts , les ouvrages des auteurs et les lois iuterm^iaires leur offraient d'utile.
On ne saurait contester de bonne foi que la loi nouvelle n'ait sur l'ancienne une prééminence marquée , qui s'accroit encore de l'influence de l'esprit général qui a pn^sidc h sa confection. Le législateur s'est constamment appliqué dans ce grand travail à éviter deux écueils également funestes : d'une part , la multiplicité des formalités , qui éternise les procès ; de l'autre , l'excès de simplicité , qui conduit à l'erreur , quelquefois à l'injustice , suites ordinaires de la précipitation.
A-t-il complètement réussi 7 Ce n'est pas l'opinion commune , et nous n'hésitons pas à la partager. Ainsi nous ne dirons point du Code de procédure civile ce que nous avons dit du Code d'instruction criminelle. Maia nous conviendrons néanmoins qn'il a puissamment contribué h la réformation des lois . de nos voisins sur la même matière. Celles de Genève , celles des Pays-Bas en portent partout l'empreinte dans leur esprit général , dans les classifications qu'elles ont adoptées , et dans une grande partie des dispositions de détail qu'elles renferment. Elles ont sans doute beaucoup amélioré. La France à son tour profilera de ces améliorations, lors d'une révision générale ou successive. Déjà le gouvernement prépare , sur l'importante matière des ventes judiciaires d'immeubles, un projet de loi qu il a sou* mis non-seulement aux méditations des magistrats des cours souveraines , mais encore à ce! ^es des jurisconsultes qui , dans le corps enseignant , font de la science de la procédure l'objet de leurs travaux journaliers , et par conséquent celui d'une étude spéciale.
Il ne saurait entrer dans le cadre de cette courte notice de signaler les défauts nombreux du Code. Cette tAche a été remplie par un professeur distingué de la Faculté de Paris, M. Royer-Collard (1). Le savant ouvrage de la Théorie de la procédure civile , fruit de l'expérience consommée et des connaissances profondes de l'honorable doyen de la Faculté de Poitiers , M. Boocennes , les ouvrages des commentateurs qui ont approfondi les difficultés que les textes présentent chaque jour dans leur application (2)
(1) Foyez jMutiiet de législation et dejurispru^ dence , particulièrement aux qo' 2 et 32.
(2) Pigeau , Bernat-Saint-Prix , Thomine9-J}es^ masures » Demiau- Crottiithac.
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oflHronl des vues utiles pour le perfectionnement d'une législation d*aut«nt plus importante, que les lois judiciaires dont elle fait partie , tiennent à la nature du gouvernement par des fils imperceptibles au praticien qui ne connaît que sa routine , mais dont le publidste et le jurisconsulte saisissent la liaison. Carié ( de Rennes ).
* PROCIDA ( Jbav db) , gentilhomme napolitain , chef de la conjuration contre les Français , connue sous le noin de vêpres sicUiennes , né rers 1 125 , s'adonna d abord à Ja médecine avec tant de succès , que sts talents lui valurent la faveur de Tempereur Frédéric U , et celle de êt% fils Conrad IV et Uanfred , qui le comblèrent de bienfaits.
Dépouillé de ses charges et de be% biens par Charles d'Anjou , il conçut contre ce prince et contre tous les Français une haine implacable , résolut' d'affranchir sa patrie du joug de ses oppresseurs , et de faire déférer la ooarpune à Pierre 111 , roi d'Aragon. Pour tramer ce complot plus secrètement , il se déguisa en cordelier, parcourut les Deux- Siciles et diverses autres contK*es , pour susciter des ennemis à Charles, se rendit ensuite à Constanlinople , obtint des subsides de l'empereur Michel Paléologue, et après avoir ourdi sa conspiration pendant deux années avec des soins infatigables , il la fit exécuter CD 1282.
* PROCLUS ( Saimt ) , patriarche de Constantinopie , mort en 447 , fut un des discidples de saint Jean-Chrysostome. On a de lui des homélies , des épitres, etc. , insérées en latin dans là Bibliothèque des Pères , puhUèes aussi à Rome , 1630, in-4« ; et traduites en français par N . Fontaine, ai la xuitede saint Clément d'Alexandrie , Paris , 1696 , in-S».
* PROCLUS , philosophe platonicien , né , suivant Topinion la mieux fondée ^ au commencemeul du 5» siècle , à Constantiuople , fut envoyé fort jeune encore à Alexandrie pour y suivre les leçons du grammairien Orion et du rhéteur Léouas, professeurs alors renommés. 11 étudia ensuite la philosophie éclectique ou syncrctique , sous Olympiodore , et les mathématiques sous Héron , deuxième du nom. A l'âge de vingt ans , il se rendit à Athènes , où Plutarquc , fils* de Nestorius , lui expliqua le Phédon de Platon et quelques livres d'Aristote. Proclus devint chef de Técole platonicienne d'Athènes après la mort de Sjrianus , et écrivit un grand nombre de livres où il associait ses propres dooirines (mélange de plalonicisme et d'à-
ristotélisme) à celles d'Orphée, de Pythagore, de Plotin , de Porphyre et de Jamblique. Parmi les nombreux élèves qu'il forma, on distingue Asclépiodole , Zénodote, Hégius et Marinus , qui a écrit sa vie , et qui lui succéda. Proclus mourut à Athènes vers l'an 487. Il avait composé un grand nombre d'ouvrages, dont la plupart se sont perdus.
Ceux qui nous restent, publiés d'abord dans divers recueils , ont été réunis et publiés par M. Victor Cousin, avec des commentaires sous ce litre : Procli philosophi platoniei Opéra, è cod, MSs, BibUoth. regiœ patisiensis, etc. , 1819-1823 , 5 vol. in-8o. A ces volumes il faut joindre celui qu'on doit aux recherches de M. Boissonnade , publié à Leipsig, 1820, in-8o, sous le titre d! Extraits des SchoUes de Proclus sur le Crat^U de Platon. — Il y a eu plusieurs autres Pboclus , Paocui,i7s ou Paoclâs. Fabricius en compte vingt-cinq , la plupart antérieurs au philosophe platonicien. Mous n en indiquerons que cinq; Eulychius Pboclus, grammairien du 2* siècle , précepteur de l'empereur Antonin, qui le fit proconsul.— Pboclcs de Naucrate , mort dans le 3« siècle, professeur d'éloquence à Athènes , élève du sophiste Adrien , et maître de Philostrate, qui parle de lui. Il ayait conservé , dit-on , jusqu'à 1 âge de quatre-vingt-dix ans, une mémoire prodigieuse, supérieure à celle de Simonide. — PitocLOs , préfet de Constantinople , sous Théodose , mis h mort eu Tan 389.11 avait fait élever en trente -deux jours un obélisque dans THippodromc. — Un autre Pboclus , philosophe, qu'on a confondu avec le platonicien, interprétait les songes. Ce fut lui qui brûla une flotte de Vitalien, non avec des miroirs, mais avec du soufre , s'il faut en croire Jean Malalus. — Procope , Suidas , et d après eux Banduri , parlent d'un Pboclus , jurisconsulte sous l'empereur Justin 11, au 6' siècle , et auquel on éleva une statue , sur laquelle se lisaient six v4îrs grecs , recueillis au livre 4 de Y^nûiologie.
* PROCOPE , historien grec, n^ à Césaréc en Palestine vers le commencement du 6« siècle, se fit connaître à Constantinople par ses leçons d'éloquence et par quelques plaidoyers , et entra alors dans la carrière des emplois publics. 11 suivit Bélisaire en Asie , eu Afrique et en Italie , comme secrétaire , et fut récompensé de ses services par le titre de sénateur et la charge de préfiet de Constantinople en 562. Il parait toutefois qu'il éprouva quelques disgrâces. Voilà tout
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ce (ju'on sait de sa vie. Il mourut h Tâge de plut de soixante ans , peu avant ou peu après la fin du rétgne de Justinien , à qui Justinle- Jeune succéda en 565. Les savants modernes ont cherché à savoir si Procope était chrétien, et s'il a exercé b médecine. Ce sont deux questions qu'on ne peut s'attendre à nous voir discuter comme elles auraient besoin de Tétre. Seulement nous dirons que ses ouvrages ont paru , aux yeux de plus d'un cri' tique judicieux , être ceux d'un écrivain qui professe le christianisme, et que l*on n'a point de preuve positive qu*il ait été médecin. Ses OË'Mt'reff consistent en huit livres historiques , un livre ^'histoire secrète en six dis^ court ou livres sur les édifices construits ou réparés sous les auspices de Xustinien. Le premier de ces trois ouvrages est un panégyrique de Tempereur. Le second , intitulé Jnecdotes, ou Histoire secrète, est considéré quelquefois comme le neuvième livre du pré- <^dent , auquel ii apporte de singuliers correctifs. Quelques critiques ont soutenu , mais sans motif légitime ^ que Procope n'était point l'auteur de cette production scandaleuse :iu>us croyons, et c'est encore aujourd'hui l'opinion commune , que la honte d*une telle palin«Miie doit lui rester. Il était sans doute en disgrâce lorsqu'il l'écrivit. Quoi qtt*il en soit , ce livre ne parait pas complet , et Ton peut présumer que de nouvelles faveurs obtenues par Tauteur l'auront déterminéàriaterrompre. Son troisième ouvrage, le Traiti des édifices y est un panégyrique fastidieux , où il décrit les monuments impériaux ^ exbalte la piété, la munificence de son prince 9 et mendie évidemment une récompense ou un pardon. L'édition la plus complète des OEuures de Procope est celle du père Mahret, en grec et en laliu , 2 vol.
in-foL , imprimée au Louvre en 1662 et 1663 , et faisant partie de la collection des historiens byzantins. On a des traductions françaises des huit livres d'histoire et des six livres des Édifices, par Martin Fumée, Paris, 1587, in-fol. ; et de divers morceaux du même auteur , par le président Cousin , dans son Histoire de Constantinople , Paris , 1672 , in-4o in-12. — Procope de Gaza, rhéteur et théologien grec , né h Gaza , en Palestine , vers la fin du 5* siècle , exerçait sa profession vers Tan 520, sous le règne de Justiu I»»", et 11 prolongea sa carrière sous celui de Justinieti. On ne sait rien de plus sm* sa vie, quoique Choricius , son élève , lui ait consacré uite Oraison fynèbre, que Pabricius a
publiée dans le tome % de IHincienne édition de sa Bibliothèque grecque. Il nous reste de lui plusieurs ouvrages , partni' lesquels nous citerons une Explication des Proverbes de Salomon, qui se trouve manuscrite à la Bibliothèque du Roi à Paris ; un Commentaire sur Isaïe, publié en grec et en latin par J. Courtier, Paris , 1580 , in-fol. ; et des seholiei sur les quatre livres des Rois et sur les deux livres de Paralipomèues , en grec , avec la traduction latine de Louis Lavater, ou plutôt de Hambergcr, Leyde, 1620, in-4o , et dans le recueil des OEuvres de Meursius , in-fol , tom. 8 , collections 1-124. —Entre 1^ autres Procopbs , au nombre de plas de dix « on peut distinguer : — saint Pbocopb , martyr sous Dioctétien , au commencement du 4e siède; — Procopb d'Édessb, préfet en Palestine sous Anastase I*', et dont Procope de Césarée fait mention dans le cinquième livre des Édifices; Procope, diacre, auteur de quelques panégjrriqaes de saints, dont un , celui de saint Marc , a été inséré dans la collection des Bollandistes ; — Procopb , prêtre, qui parait être le véritable aoteur d'un traité sur les douze apôtres et le^ soixantedouze disciplej de Jésus-Christ, souvent attribué & Dorothée , évêque de Tyr j — Procope , archevêque de Césarée en Cappadocc , qui prit parti pour Phôtius dans le concile tenu à Constantinople en 879.
* PROCOPE^OUTE AXJ ( Michel COL- TELLI , plus connu sous le nom de ) , littérateur et médecin , né à Paris en 1684 , était fils de François Procope , noble palermitain , qui , le premier , établit eh France un café , où se réunirent bientôt les littérateurs et les nouvellistes. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique , il y renonça pour se livrer à l'étude de la médecine ; mais son penchant 2k la dissipation ne lui permit guère de pratiquer cet art. Il mourut à Chaillot en 1753, On a de lui beaucoup de poésies fugitives insérées dans les recueils du temps.
* PROCOPIDS. Ployez AHTHBmius.
* PROCOPIUS ( D^MéTRius ) , né à Moscopolis en Macédoine, florissait au commencement du 18« siècle. On a de lui un ouvrage grec fort estim-^ , ayant pour titre : Énumération abrégée des savants grecs du siècle passé et de quelques-uns du siècle présent, publié en 1722 par Fabricius, dans le onziètàe volume de sa Bibliotk. grœca , avec une traduction latine.
* PROCOPOVITSCH (TaiopHAHB), archevêque de Novgorod et président du sy-
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Dode , né 2i Kief en 1681 , mourut eu 1704 , après avoir été appelé successivement à saci-er rimpératrice Catherine !'« , Pierre II et rimpévatricc Anne. Protecteur des lettres , il «yait formé Tune des plus considérables bibliothèques qu'eût possédée jusque U la Russie. Les prédicateurs russes considèrent encore comme un modèle Voitiison funèbre qu'il prononça à la mort de Pierre le Grand, plus toutefois pour la logique , la richesse et U clarté des idées , que par rapport au stjrle , qui est saccadé et peu correct. Cette pièce , traduite en français , se trouve dans le Jour^. nul des Savants de décembre 1726. Procopovit^ch écrivait mieux en latin que dans son idiome natal. Entre les ouvrages qu'il a laissés , nous ne parlerons que de ceux composés dans la première de ces langues ; les autres d'ailleurs ne sont que det» discours, sermons, oraisons Jimèhres , mémoires politiques , pièces de vers y etc., à peu près iniulelligibles. Ses meilleurs ouvrages en latin sont ; Miscellanea sacra y fireslau , 1745; chris* tiana orthodoxa Doctrina de gratuité peecatoris per Christum justijicatione , Bres (au , 1 763-69 { Tractatus de processione Spt'riliiS' Sanctt, Gotha, 1772; christianœ orihoefoxœ 7%«o/., etc., Kœnigsberg, 1773.
• FR.OCRIS. {Mftholo}^ie). rojez Ci-
PBAI.B.
PROCUREUR - GÉNÉRAL , PROCU- REUR DU ROI. ( rojez Magistrat et Mi- ■ifxàaB PVBUC. )
* PRODICUS, sophiste, né dans lile de Céo$,flonssait environ quatre centjs ans avant Jcsus-Christ. Disciple de Protagoras^doot U égala réloquence, il vint ouvrir une école à Athènes , et y eiTaça, bientôt tous les autres sophistes. U partagea , avec Protagoras et Gorgiaa , l'honneur d'avoir mis eh ordre et distrîbaé par classes tous les sujets que les rhéteurs nomment iienx communs. Xénophon nous a conservé de lui une espèce d apologne bien connu : c'est Hercule entre le Vice et la Vertu, figurés par deux femmes qui tâchent à Tenvi de Tattirer. 11 nous reste encore , dans VJxiochtts de Platon , lextrait ou l'analyse d'une harangue dans laquelle Prodicus se proposait de rassurer ses auditeurs sur la crainte de la mort. Outre un 7'raité dessjrnonymes , il avait composé sur les différentes parties de la ihétorique divers ouvrages dont on doit regretter la perte. Le sophiste de Céos, tourné en ridicule par Aristc^hane ( dans Us Nuées et les Oiseaux ) , finit par être tradnit en justice ,
et condamné ^ boire la ciguè. Sa mort est postérieure de quelques années à celle de Socratc , que Ton met au rang de ses disci* pies : ainsi Ton peut conjecturer qu'il mourut dans un âge avancé. ( P^ojret pour plus de détails la dissertation de G.-A. Cubaeus intitulée : Xenophontis Hercules Prodictts et Silii Itnlici ScipiOf perpétua nota illustratiy prœmisse deProdico c^/MeW.,Leipsig»1707,in-8o.
• PRODROMUS. roxez TnéoDon.
PRODUCTION. (Économie politique.) Valeur donnée par le travail à un produit préexbtant. Née du travail , la production enfante à son tour les capitaux qui constituent la richesse des pations. Adam Smith , le premier, a systématisé cette science, a formulé les règles li suivre pour arriver au plus haut degré de production , supputé les produits du travail présent , et prophétisé son influence future sur la prospérité, le bonheur et la moralité des peuples. Ce grand ouvrage jeté au milieu des nations oisives de l'Europe , fit croire que la philosophie économique avait la première lancé Tanathème contre le désœuvrement. Le précepte vient de plus haut et de plus loin; Dieu dit au premier homme : « Tu vivras par le travail w. Le christianisme dit aux fidèles : ^ Travaillez ainsi que nous vous Tavons ordonné » .
L'Église place au premier rang des sept crimes capitaux cette oisiveté dont les i>hilosophos chrétieus firent a la mcrc de tous les vices. » A une époque où la religion remplissait les temples et les couvents d'une paresse pieusement stérile , on vit naître Tadage : a Qui travaille prie j » comme pour placer le travail au-dessus des prières.
Ces soldats qui se firent plus tard un dogme politique de Toisiveté , ces prêtres i dont le désoeuvrement devint un précepte religieux, furent les premiei^ producteurs des monarchies occidentales ; les moines étaient nos uniques savants , nos seuls maîtres : lecture , écriture , calcul , médecine , défrichement des landes , dessèchement des marais , culture agricole , manufactures , routes , commerce ; nous leur devons tous ces essais informes et grossiers , il est vrai , mais étonnants pour l'époque , qui permirent à TEurope de marcher sans eux, plus vite qu'eux et contre eux. Ces soldats, qui dévastèrent l'Occident, le mirent , après l'invasion , à Tabri de dévastations nouvelles , et seuls hommes de guerre de ces siècles barbaifts , ils laissèrent au peuple le temps et la paix nécessaires pour produire.
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La féodalité fit oublier ces bienfaits ; le j^rêtre «orlil de l'ordre religieux , le soldat de Tordre militaire; tous entrèrent dans l'ordre politique. Le système tliéologicofcodal , improductif par son essence, baissait la production jusque dans les serfs qui pouvaient remonter à la liberté pur le travail. Da*bs les républiques de l'antiquité, les citoyens oisifs voulaient arriver h la fortune par le travail de leurs esclaves : le maître était une espèce de chef de ferme , d'atelier, de fabrique. Le seigneur féodal , prêtre ou soldat , puissant par le glaive ou Tencensoir , TÎvait de domination et d'orgueil , au milieu d'un luxe gotbique , privé de presque toutes les nécessités de la TÎe actuelle.
Fille de la paix et de la liberté , la production aHa s'établir dans les républiques ; Venise et la Hollande lui durent leur puissance ; Gènes , Florence , Pise , les villes anséatiques , leur indépendance et leur bon* heur. La force et la richesse de ces faibles pays excitèrent l'envie des rois de l'Europe; ils voulurent égaler au moins le luxe d*un doge ou le faste d'un podestat ; ils excitèrent au travail , et la prodigalité des cours , insatiable de taxes nouvelles , fit , h mesure de ses besoins , reculer le despotisme pour faire place h la production. De là vinrent les richesses de la France et de TAngletcrre : nées de la liberté , elles la produisirent à leur tour.
Mais la haine de l'improductive féodalité est encore tellement vivace, que, de nos jours y un économiste souvent original et parfois bizarre, Henri de Saint-Simon, 'a très-bien vu qu'il n'était de citoyens utiles que les seuls producteurs ; prenant ensuite la production pour la politique , il a demandé que les oisifs lussent exclus de toute participation au gouvernement, et que l'administration de l'État fût uniquement confiée aux industriels. Saint-Simon a fait école ; et comme les adeptes vont toujours plus loin que leur maître , ses disciples ont multiplié les livres, les pamphlets, les journaux, les cours publics et privés , pour propager , en Toutrant, cette nouvelle reforme économique. C'était saper l'ordre social dans sa base. Par un indéfinissable aveuglement , ce sont des hommes de talent et de bonne foi, défenseurs constants et sincères de Tindépent danco du citoyen et de la cité , qui , par un amour mal entendu de la liberté , nous ramèneraient k la servitude.
Leur cri*eur , en cfiet, proscrivant les su»
péHorités existantes , les unes comme féodales, les autres comme théologiques , toutes comme improductives , n'admettrait que les seuls producteurs au droit de faire les lob , au devoir de les administrer , en un mot à toutes les immunités du gouvernement.
Qu*aJviendrait-il de cette rénovation politique? En plaçant lès honneurs dans la richesse, la fortune remplacerait bientôt la vertu, et toute moralité serait bannie de l'ordre social. Comme les propriétés passent du père ^au fils , les talents seraient aussi sensés héréditaires , et les emplois le seraient en effet ; une aristocratie financière sans contre-poids pèserait sur le pays, et toute égalité serait proseritc. Comme les fonctionDaires , grands propriétaires territoriaux , chefs d^ateliers et de manufactures , disposeraient du peuple qu'ils feraient vivre par le travail, en qualité de capitalistes, ou quHls pourraient légalement plonger dans la misère , puisqu'ils fixeraient le taux des salaires , en qualité de législateurs et de magistrats ; toute liberté , tout bien-être disparaitraitsous cette combinaison qu'on propose comme la combinaison la plus libérale de l'école moderne.
Ces idées , qu'on fait circuler comme nouvelles , sout cTune haute antiquité , et les fi*uits qu'on leur a vu produire dispenseront la société actuelle d'une funeste convoitise : tel fut le gouvernement de Carthage , tel fut jusqu'au s errardelconsiglio, celui de Venise ; Gènes , Florence , Sienne , Pistoïe »
tombèrent victimes de ses tristes efiets. Là , les chefs du peuple étaient aussi des chefs d'ateliers ; l'industrie conduisait au pouvoir, parce qu'elle menait à la fortune. Qu'arrivat-il? Un sénat, des inquisiteurs , un doge»
un podestat, se disputant des lambeaux de tyrannie ; la noblesse de soie proscrivant la. noblesse d épée ; le corps de marchands ne voulant d'assemblées délibératives que dans les confréries d'industriels, établirent partout un arbitraire perturbateur , une police haineuse qui, après avoir tari les sources de la richesse publique , finirent par livrer à l'avidité de l'étranger la liberté et la patrie.
Les républiques de la Grèce, le colosse romain, ne sont guère appréciés que sous le rapport politique ; la gloire et la liberté semblent cacher l'économie intérieure de ces pays célèbres. L'apparence est loin de la réalité ; Sparte était un vaste atelier où deux cent mille ouvriers, nommés ilotes, exploitaient les propriééts de trecle mille
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infiustriels appelés citoyens. Les esclaves, seuls producteurs d^Athènes , avaient encore des citoyens pour chefs d'ateliers. A Rome, la hiérarchie de servitude semblait plus funeste; le citoyen travaillait par la main des esclaves ; et comme l'argent lui manquait pour alimenter ses travaux, il aliénait , pour s'en procurer , une partie de sa liberté ; il briguait cette servitude qu'il appelait />atronage, et le peuple-roi n'était, en économie politique , qu'un peuple de clients pressuré par les énormes usures des sénateurs. Ainsi , une servitude plus ou moins honteuse , une misère plus ou moins profonde s'établit partout où la richesse s'empare de l'autorité, et les ut opies qui voudraient livrer la puissance à rindusirie feraient rétrograder l'espace humaine. De ces exemples il faut nécessairement conclure que, loin de livrer aux producteurs le droit de faire les lois , il faut laisser la production créer en liberté ses merveilleuses richesses , sous la protection des lois dictées par son intérêt, mais <]ui -ne sont pas son ouvrage.
De tous les genres de production quel est le meilleur ? Quel est celui que les lois doivent le plus favoriser, parce que lui-même exerce le plus d'ascendant sur la prospérité des nations? Ici , la division éclate encore parmi les économistes : de Sully à Quesuay, les écrivains qui pensent avec justesse que tout produit vient médiatement ou immédiatement de la terre, en déduisent la conséquence erronée , que la terre étant l'origine de toute production , l'industrie agricole est la première en elle-même et par ses résultats. Ceux qui , comme Colbeit et Forbonnais, placent la richesse dans l'argent, ne voient de production que dans l'industrie commerciale , on , pour mieux dire , dans le commerce extérieur, et oublient que l'argent étranger, rapporté par les importitions du commerce , n'est que la représentation des capitaux dus à l'industrie agricole ou manufacturière intérieure, et échangés par l'exportation dans les pays lointains.
Ceux enlin qui , depuis Gournay et Adam Smith , considèrent l'industrie manufacturière comme Tunique source des richesses d'un État, n'ont pas réfléchi qu'on ne manufacture que les objets déjà créés parl'indus- • trie agricole , et que ces objets manufacturés n'ont eux-mêmes de valeur réelle et présente qi^'autant que l'industrie commerciale les fait circuler et consommer.
Les industries sont donc ainsi dépendan-
tes les unes des autres : l'industriel ne peut produire sans l'agriculteur, ne peut vendre sans le commerçant ; et les lois , les doctrines qui veulent favoriser une production à l'exclusion des auti*es , choquent la raison et nuisent à la prospérité. Dans un état de civilisation peu avancée , une seple des trois industries peut momentanément sufiire à un peuple : en ce sens , Sully prétendait que a le labourage et le pastouragesont les deux mamelles d'un État. » Venise vivait par ses manufactures , et sans propriétés agricoles.
Quelques insulaires de la Méditerranée existent sur des rochers stériles par le seul com. roerce de transport. Je ne dis rien des sauvages : on ne peut rien induire de leur vie précaire et nomade , où tout 'manque, fors la liberté.
Cette corrélation des trois industries rend les lois sur la production beaucoup plus difficiles que ne Tout cru jusqu'à ce jour les ministres et les législateurs. Ce qu'on accorde de faveur à Tune au détriment des autres, les paralyse toutes k-la-fois. Ces règlements sur les forêts , les vins , les fers , les primes , les exclusions , les monopoles en offrent une preuve vivante.
11 y a mieux : il ne suffit pas d'enconrager une industrie , une production quelconque dans ses rapports avec toutes les industries et toutes les productions possibles ; il faut encore considérer chacune déciles dans sa corrélation avecle commerce qui fait circuler les produits , avec le consommateur qui les détruit , et rend par conséquent nécessaires une production et une circulation nouvelles.
La consommation est la fin de la production ; la circulation est à-Ia-fois le moyen de produire et de consommer. La production est stérile lorsqu'elle s'établit sur un lieu qui manque de routes , de canaux , de marchés, d'instruments de transports : elle ne peut ni aller chercher ni faire venir le consommateur ] la misère alors s'établit au milieu de la richesse . et l'on meurt de besoin au milieu des capitaux amoncelés. Tels sont les sauvages du nord dans les deux continents , lorsqu'ils entassent des pelleteries que le commerce ne vient pas acheter; tel un producteur de vins quand la guerre vient fermer l'Océan ; tels les producteurs anglais quand le blocus continental leur interdit les marchés de TEurope.
La production ayant la consoqimation pour objet, doit produire toujours autant qu'il est possible , mais jamais plus qu'on ne peut
PROD
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consommer. Los produits que les consommateurs appellent actuellement , ou vont incessamment appeler sont des capitaux véritables. Les objets surabondants , lorsque tous les marchés sont saturés , deviennent stériles , et n'auront de valeur qu'au moment où des débouchés nouveaux viendront en permettre rechange. Il est même des productions excédantes qui sont stériles K perpétuité : les objets susceptibles d^a varie , ceux manufacturés dans Tespoir dune guerre, d'une paix , même d'une mode frivole qui change subitement , ceux enfin qu'on transporte dans un marché où Tabondance a détruit leur valeur , et qui ne rembourseraient pa^ les frais d'une exportation nouvelle.
Sans doute , malgré l'égalité réclamée par la production , il est des produits privilégiés. La masse des capitaux consacrée à produire des tissus de cachemire ou des points d'Angleterre , donnera des bénéfices bien autrement considérables qu^une somme égale produisant du froment , du vin ou des moutons. Quelques économistes, trompés par ces dififérences de valeur , veulent que les peuples se rangent du côté des plus gros profils. Il est plus sage de laisser faire le producteur; le génie industriel n*est que trop porté par instinct et par calcul h exiger de ses capitaux le gain le plus fort possible. D'ailleurs , si , déférant h cette intempestive invitation , i^s laboureurs , nos vignerons , nos bergers, voulaient en corps tisser la soie ou le duvet soyeux des chèvres du Thibet, la famine suivrait leur désertion ^ et celte exubérance de luxe n^anrait produit qu'un faste sans valeur.
L'industrie agricole est incontestablement la première : tout vient d'elle. Mais , quoique ne travaillant que sur les objets que ragriculturc lui livre, l'industrie manufacturière offre des bénéfices bien plus considérables; et l'industrie commerciale n'exploitant que les capitaux que lui cèdent les deux autres, accumule à son tour des richesses plus fortes encore. Ainsi, ôlez Tagriculture^ il n'est plus d'industrie; ôtez l'agriculture et l'industrie , il n'est plus de commerce. Laissons donc sous une protection égale ces trois sources de la fortune publique dans un état de dépendance réciproque et de solidarité mutuelle. Elles se demanderont, elles s'accorderont selon leurs besoins : progrès, prospérité, décadence, tout est commun entre él^ea. Industrie agricole , matiafacturière , commerciale ,
voilà toutes les richesse^ des nations : production, circulation, consommation, voilà toute l'économie politique.
Comme il est des productions plus fécondes que les autres , il est aussi des producteurs qui exercent un plus grand empire sur la production. On n'a que trop répété que les gouvernements étaient stériles par essence ; on les a trop représentés comme le lion de l'Écriture, quœrens quem devoret, non- seulement improductifs, mais dévorant encore la substance produite par les nations. Il importe à l'ordre public et aux vrais principes de l'économie de rétablir des faits dénaturés auxquels la prodigalité, la faiblesse ou l'impéritie du pouvoir a donné une apparence de réalité.
Le gouvernement est le premier des producteurs : toutes les branches de l'économie publique lui doivent ces lois dont la libéralité protectrice permet à la production de créer ses richesses , cette sécurité qui naf t de l'ordre intérieur, cette sûreté produite par une force constamment armée contre toute agression étrangère. C'est au gouverncDàent que l'industrie commerciale est • redevable de ces routes , de ces canaux , de ces ports , de ces marchés nationaux ou étrangers, de ces traités de commerce , qui permettent à nos~ produits de circuler sur terre et sur mer, d'aller sur tous les points du globe interroger les besoins divers et satisfaire les nécessités lointaines, sans craindre sur la rive inhospitalière des peuplades barbares , ou , dans les bazai*^ des nations les plus despotiques , ni séquestre , ni spoliation , ni abus de pouvoir. C'est au gouvernement que l'industrie manufacturière doit l'introduction de ces produits exotiques qui ont accru si miraculeusement les richesses du pays , rétablissement de ces machines qui , simplifiant le travail qif elles accélèrent , permettent de produire pins et mieux , la pondération de ces lois de douane , qui , sagement balancées avec le tonnage de l'étranger, offrent à notre coucui;rence l'égalité ou le privilège. C'est au gouvernement que llndustrie agricole doit la plupart de ses conquêtes et d« ses perfectionnements : mûriers , millet , sarrasin , tabac, oliviers, riz , coton, sucre indigène, mérinos, nouvelles espèces d'arbres , d'arbustes , de plantes , de céréales , variétés de bestiaux et croisement de races.
Sans doute le pouvoir, quel qu'il soit, quel qu'il puisse être^ n'a pas fait, ne fait
PROD <i05) PROD
point, ne fera jamais (ont ce qii*il pourrait production, et qui, pour augmenter leurs iaire pour les trois industries. La part des richesses privées , sont dans Tbeureusc néremontrances est large , et je me suis sou- cessité de susciter la richesse puhlique : par Tent pUcé sur ce terrain que Tamour du le salaire ils créent le tra?ail ; par le trabien public n*a pas encore complètement ?ail , la production ; par la production , le exploré; mais lliostilité est injuste, qui, bien-être général,(la satisfaction des besoins , faisant un crime à la puissance du bien et cette moralité du peuple qui naît des qu'elle n'a pas fait ou du mal qu'elle a pu besoins satisfaits.
faire , refuse de lui tenir compte du bien Lorsque plus tard nous nous occuperons
qu'elle ordonne et du mal qu'elle empêche, du travail , nous aurons à considérer Tuti-
Il est cependant une autre puissance qui , lité des machinent et celle des ouvriers , qui
rivale do pouvoir politique, invente, for- m&iheuneusement , pour la perfectibilité de
mule, signale, et souvent accomplit elle- Tespèce humaine, ne travaillent jaouis
même ce qui s'opère de bien , de bon et de mieux que lorsqu'ils approchent le plus de
beau; c'est à la science que la production, la perfection des machines. Fatale destinée
la circulation et la consommation doivent de la classe pauvre , à qui le bien-être pbj-
presque tous leurs prodiges. Les créations siqoe n'est vendu qu'aux prix d'une intel-
de rindustrie sont le fruit du talent ; et ce ligence qu'il faut rendre routinière et mé-
que le hasard a seul découvert, le génie canique.
seul encore le systématise et rapplique. Telle est la production dans son point de
Mais les plus utiles inventions eussent été ^ue général : il nous reste à jeter un coup
stériles et oubliées , si les capitaux publics d'oeil sur ce qu'elle a fait, sur ce qu'elle peut
ou privés n'avaient permis de les tirer du faire encore. Mais les données stalistiques
domaine des théories pour les faire des- manquent pour tous les États : ceux où la li-
cendre sur le terrain de l'application, et de berté s'est établie sont les seuls qui nous
les livrer ainsi , non comme de vagues spé- offrent des probabilités assez appro^mati-
culations, mais comme des instruments réeb ves : tels sont la France , l'Angleterre , les
de bien-être et de prospérité. ^ États-Unis ; les autres ne présentent qu'in-
Viennent ensuite les capitalistes qui, pour certitude et vague, accroître leur fortune, la consacrent à la
La Grande -Bretagne possède 22,000,000. d*habiUnts.
Sa surface est de 13,400 lieues carrées.
ou 33,000,000 d'hectares.
ou 83,137,695 gcres.
Les terres en culture occupent. 54,108,471 »
Les terres incultes. 29,029,224 »
Le produit bruit de l'agriculture est de 5,420,425,000 francs.
Leproduitnet. . • . ; 2,681,150,000 »
Les produits exportés 75,725,000 •
Les produits consommés. . 5,344,700,000 «
La France possède 30,000,000 d*habitants.
Sa surface est de 2^,000 lieues carrées.
ou 52,000,000 d'hectares.
Les terres en culture occupent * . . . 41 ,000,000 »
Les terres incultes 11,000,000 »
Le produit brut de l'agriculture est de 4,678,708,000 francs.
Le produit net 1,344,703,000 »
Les produiU exportés 149,050,000 »
Les produits consommés. ... * 4,529,658,000 »
10 millions d'babitants produisent aux État-Unis. . . . 1,630,000,000 ' «
10 millions d'habitants produisent en Espagne 1,000,000,000 »
La diversité d'emploi dans les populations explique cette différence dans les produits.
Le peuple agriculteur de l'Espagne est plus de la moitié du nombre de ses habitants , et l*on porte à trois millions la masse des improductifs. En Portugal , les cinq sixièmes Tome 19.
ne participent pas à la propriété. En Russie , sur 26,000,000 d'indiridus , la population libre ne s'élève qu'à trois , et les sept huitièmes végètent dans la servitude. En Suède, au contraire, les trois quarts des habitants sont agriculteurs.
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L'Angleterre , qui, en 1700 , ne possédait que 164,000 familles propriétaires, voyait les six septièmes de ses habitants privés de toftte propriété. Elle était alors dans^ le i état qae la France , et dans celui où
TEspague est encore aujourd'hui. De iloe jours 9 il y a dans la Grande-Bretagne , d'après le relevé fait pour rétablissement de Vineome tax .■
69,330 familles possédant 4,800 francs de revenu et an-dessus ; 252.712 familles possédant de 1,400 à 4,800 francs ; 1,456,368 familles possédant moins de 1 ,400 francs de revenus agricoles ;
c'est-k-dire, 1,778,410 familles ou 8,892,050 individus propriétaires. Il est inutile d'ajouter qu'au-dessus de la classe vulgaire des poiiidenti, il existe une oligarchie composée d'une centaine de familles ayant de 500,000 fr. à 3,000,000 fr. de revenu.
La France, en 1780, possédait une pro-
priété foncière de 18 milliards; en 1830, l'évaluation se porte à 28 : c'est un tiers de plus de richesses , et le nombre des propriétaires s'est accru dans la même proportion.
Il existe aujourd'hui , d'après le relevé du cadastre et les états des contributions :
8,216 familles payant 3,834 francs d'impôt et au-dessus ,
qui représentent. . . 19,272 francs de revenu.
Ce sont 3,804,998 familles agricoles ou 19 millions d'individus vivant de Tagriculturc.
D'après ces données , on voit qu*il est inutile, pour le bien-être et le perfectionnement •de l'espèce humaine , de s'occuper des pays où les formes politiques , s'étant opposées au développement de Tindustrie , out laissé la civilisation languir dans l'enfance on la servitude. La balance devrait s'établir entre les États-Unis , TAngleterre et la France ; mais , pour être juste , il faut encore élaguer les États de l'union américaine. Ses progrès n'ont pas eu pour unique mobile la situation
réelle de la société; il faut tenrr compte dea prodiges physiques produits par des terre»
vierges, par des défrichements, par les efforts d'un peuple qui craignait d'être contraint h se passer de tous les autres peuples ; il faut tenir compte de ces actions et réactions persécutrices de tous les États de Ja vieille Europe , qui , pendant quarante ans , ont inondé le Nouveau-Monde d'un débordement d'émigrés venant accroître sa population , ses capitaux et son industrie.
Il faut se borner à comparer les Iles Britanniques et la France. Or, nous voyons :
lo Que dans la Grande-Bretagne 20,000,000 d'hectares en valeur donnent un produit brut de 5,420,000,000 Ir.
Qu'en France 40,000,000 d hecUres donnent 4,680,000,000
2** Qu'en Angleterre 1 hectare produit ( terme moyen ) 270
Qu'en France I hectare produit *. 117
3o Qu'en Angleterre 8,892,050 agriculteurs produisent 5,420,000,000
Qu'en France 19,000,000 agriculteurs produisent 4,680,000,000
4o Qu'en Angleterre I cultivateurproduit (terme moyen) 722
Qu'en France 1 cultivateurproduit 224
Ainsi, la belle agriculture de l'Angleterre l'autre la secondes peine. Ces ^'^érences prodoit , sur une culture moindre de moitié, sont colossales , et si jamais l'agriculture de plus du double de la nôtre, malgré ses dés- France parvenait au degré de prospérité de avantages sous les rapports des terres, du celle de l'Angleterre, le produit brut de climat , de U chaleur et de la fertilité. L'a- notre sol dépasserait douze milliards, gricnlteur anglais produit quatre septièmes Comme tous les avantages naturels sont de plus que le nôtre , malgré la différence de notre côté , comme nos systèmes d'assolede nombre, et quoiqu'il ait moitié moins de ment, le nombre et l'hygiène de nos trouterres à cultiver. L'un a dompté la nature ; peauK ^ le choix et le croisement des races
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4*«iiiélioreni de jour en jour , ce n'etl pas terre exceptée , ragriculture de France ne
dans les causes phjrsiques qu'il faut chercher reconnaît pas de rivales.
Torigine de la déplorable infériorité de notre Nous arriyons à la production de Tindus-
beau pays. Nous la trouverions sans doute trie manufacturière. Les individus consacrés
dans les règlements politiques , qu*il ne nous à cette grande partie de la richesse , sont au
est pas donné d*apprécier ici, où nous de- nombre :
vont nous borner à remarquer que T Angle-
Dans la Grande BreUgne , de 11,396.858
En France , de 6,352,000
Ces individus produisent dans la Grande-Bretagne. . 3,568,000,000 fr. En France. 1,820,000,000
Ainsi chaque individu produit ( terme mojreu) :
Dans la Grande Bretagne 410
En France 220
Cette fatale disproportion est cependant pajrs qui Tenrichit. Le peuple qui vit de trafacile k expliquer : outre les immenses capi- yail est contraint de demander parla révolte taux possédés par TAngleterre , créés par la conservation ou Taugmentation du taux son industrie, et qui aujourdliui alimen- des salaires. Et encore au-dessous de ce peutent , améliorent et accroissent cette même pie, il est une masse de prolétaires qui ne industrie qui les a produits , ce peuple , du- peuvent participer même à Thonneur du trarant la révolution française , s'est emparé vail , dont la su^r est stérile , pour qui la de toutes les mers et des places qui les mai- vie est un fardeau , et qui , plus misérables Irisent; par là toan les débouchés luisent que les ilotes de Sparte, vivent par Tauouverts , tous les marchés lui sont asservis , mône , par les prisons , par Sinamary , et et comme il fait le commerce du monde, il- semblent politiquement prédestinés à mouest le manufacturier de Tunivers. rir par le gibet. L'Angleterre a été con-
Toutefois, qu'on ne s'y trompe point, traihte , par la centralisation des fortunes,
comme Carthage et Venise , TAngleterrc a de faire sortir la charité du domaine reli-
dépassé le but. La concentration des capi- gieux pour la porter dans le domaine politi-
taux produit, bien plus que leur extrême que , et chez elle la pitié , légalement con-
diyision , un eflet désastreux. Les capitaux trainte de nourrir un Anglais sur quatre ,
s'^amoncèlent forcément dans les mêmes n*est plus qu'un impôt odieux. Pour l'An-
mains : l'or appelle l'or , et cette fortune qui gleterre et le pays de Galles, la taxe des
nous étonne est l'apanage exclusif , d'une pauvres s*élève au terme moyen de deux
très-petite quantité d'individus. «Le peuple cents millions, et le nombre des crimes
est déshérité comme Gain , et comme lui il auxquels la misère pousse la populace , est
ne sait qui haïr et maudire. Une aristocra- annuellement de vingt mille, si l'on en juge
tie d'argent compacte et lourde pèse sur le par le nombre des accusations portées par
royaume uni , pire que ce que dit l'histoire les officiers de la couronne. des ncos hombres d'EspsLf^ne, des possidenti II nous reste à apprécier la production
d^Italie , de la noblesse de soie de Florence commerciale des deux pays ; nous verrons
et de Gênes , des sénateurs marchands de encore la même concentration d'un côté , la
Venise et de Carthage ] elle absorbe , elle même division de l'autre , et toujours une
dévore la substance nationale , et par suite immense supériorité pour la Grande-Bre-
elle usurpe également le pouvoir politique, tagne. L'oligarchie anglaise gouverne eu effet le
Commerçants des lies Britanniques 1,100,000 indiv.
— de la France • 2,500,000 »
La Grande- Bretagne exporte en produits agricoles 75,725,000 fr.
La France. .....:..... 149,050,000 »
La GrandeBretanie exporte en produits industriels. 810,850,000 »
La France. ; 260,000,000 .
La Grande-Bretagne exporte en produits coloniaux et étrangers. 253,000,000 «
La France ne présente pas même un chiffre approximatif.
La Grande-Bretagne importe en produits coloniaux 342,000,000 »
La France. Tt . . . . 40,308,000 •
PROD (108) PROD
La Grande-Bretague importe 4le rétranger 411,625,000 •
La France 346,030,000 •
22 millions d'Anglais consomment en produits agricoles 3,344,700,000 »
En produits industriels 2,757,500,000 »
En produits coloniaux et étrangers 499,950,000 n
30 millions de Français consomment en produits agricoles. . . . 4,529,638,000 »
En produits industriels 1,560,102,000 •
En produits coloniaux et étrangers 386,400,000 »
Il résulte de ce rapprochement qu'en An- reculer, c'est tomber. Tel est h peu prè»
gleterre chaque habitant est trois fois lÀieux Tétat où la production française se trouve
nourri , mieux yétu, qu'il est trois fois plus en ce moment é Peut-être , depuis quelques
riche , qu'il jouit de trois fois plus de bien- années , ayons-nous trop accorde ,1ux prin-
ètre qu'un Français; et que la nature du cipes et pas assez aux intérêts; peut-être
gouvernement, luttant contre un sol ingrat, n'avons-nous pas mis à profit notre position
un climat peu favorable, un pajs circonscrit relativement à l'Espagne , aux États de TA-
et la haine des deux continents , a su triom- mérique du sud , h l'Egypte , aux Échelles
pher de tous les obstacles qui arrêtent en- du Levant; peut-être même quelques lois de
core celte belle France, favorisée de la terre, douanes , quelques règlements forestiers
du ^el, du génie inventif et laborieux de ses sont-ils en contradiction avec les bases les
habitants. plus incontestables de l'économie politique.
Les causes qui ont poussé la France vers Mais , pour être juste , il faut se bâter d'ace degré de production qui , l'Angleterre jouter que l'industrie pratique a des fautes exceptée , ne lui laisse plus de rivales , vien- graves à se reprocher : elle a voulu produire nient de haut et de loin. L'idée première et au delà de ce que la France pouvait consomles premiers règlements en appartiennent à .mer, au-delà de ce que le tonnage étranger Sully pour l'industrie agricole , à Colbert permettait h notre concurrence d'offrir à la pour l'industrie manufacturièi-e et commer- consommation extérieure; elle a voulu suivre ciale. C'est moins la concentration des pro- l'exemple de l'Angleterre , et nous n'avions priétés que les terres de main-moite qui pas h notre disposition tous les marchés de s'opposèrent au développement de notre l'univers. La France a produit plus que la agriculture; et les vues' de Colbert furent consommation ne demandait, et de là l'état vaines par la révocation de 1 édit de Nantes de malaise et de stagnation. Il faut dire en. qui proscrivit notre industrie , par la guerre core que l'industrie scientifique, prenant de succession qui détruisit notre marine et toujours la Grande-Bretagne pour modèle, la sûreté des mers pour le pavillon français, s'est fourvoyée dans une ornière sans issue. La révolution française , en divisant les pro- L'état industriel de l'Angleterre est l'oeuvre priétés , et surtout en abolissant les mains' des événements plus que de la politique , da mortel, ressuscita notre industrie agricole, hasard plus que de la sagesse; il a pour L'empire, par ses prohibitions et son blocus cause nos trente ans de révolution , qui lui continental , contraignit l'industrie manu- ont permis de conquérir par l'industrie le facturière à tirer du sol de la patrie sa ma-' monde que nous voulious asservir par le tière première et ses plus belles productions; glaive. Le glaive s'est brisé; l'industrie a et l'application des sciences aux arts vint à gardé ses conquêtes. Est-ce un bien ? est-ce la même époque multiplier nos créations , et un mal ? Je l'ignore ; mais ce brillant événedisséminer les éléments de nos prodiges. La ment coûte à l'Angleterre vingt milliards de restauration enfin, en nous ouvrant les mers, dettes , la nécessité d'une marine ruineuse , en abolissant ces barrières de fer qui nous et l'ilotisme d'un quart de ses habitants, séparaient de l'étranger , en établissant au Si nous avons moins de richesses , nous dedans la liberté , la paix et la sécurité' , sommes entourés de moins de périls : même vint donner à l'industrie commerciale cette sous le rapport industriel , la situation de puissance de développement où elle n'était la France me parait plus favorable. L'Anjamais parvenue, et qui accroît encore cha- gleterre est arrivée au maximum de sa puisque jour nos richesses agricoles et manufac- sance , et nous sommes à peine entrés dans turières. la carrière progressive des productions.
Toutefois , il faut le dire, en économie, ne Lorsque les capitaux circuleront parmi nous
pas gagner c'est perdre ; s'arrêter , c'est avec assez d'abondance , nos laboureurs
Googk
voudront être aussi bien noarris que les laboureurs anglais, et alors notre agriculture pourra élever ses produits h douze milliards; iU voudront être aussi bien vêtus, et notre iinlustrie fera circuler dans Tintérieur six milliards de ses produits. Alors le commerce français atteindra le point culminant de sa puissance productive. En économie politique , les nations qui gravissent vers les bauteors marcbent du bien au mieux ; celles qui déjà sont parvenues au faite, ne pouvant plus monter, n*ontfplus qu'à descendre.
PAois.
PROGRESSION. ( jlnafyse.) Une suite de termes dont cbacun étant retrancbé de celui qui le précède , donne une même quantité , est ce qu'on appelle une progret- Mon arithmétique , ou par différence ; cette quantité , qui est la raison ou la différence, peut être positive ou négative. La progression 1,4,7, 10... a pour raison + 3; on récrit ainsi , ~1 . 7 . 10 . 13 . 16...
La forme générale de toute progression arithmétique est 4- a . a-W . a-h2d . a-h^d. . . <!-•-(» — 1) </=»... (1) , en représentant le premier terme par a , le second par z , et la raison par d. Pour trouver la somme t de tous ces nombres , écrivons la progression en ordre inverse :
^r- z . z^d. z —2d . z-^Zd,,. z— (»— 1 ) ^' En ajoutant terme à terme avec la série proposée , la somme est partout an-z .* ainsi le double de la somme cherchée , ou
"Les équations (1 et 2) contiennent a, n, d, z et * .* d'où Ton voit qu'elles servent à,résoudre tous les problèmes qui ont pour objet de trouver deux de ces cinq quantités , lorsque les trois autres sont connues. Par exemple , si Ton donne a, d eis , on éliminera d'abord z , puis on trouvera n en résolvant cette équation du second degré , ss:zan=^dn(n — l):
après quoi on oblieot n , puis z-= a.
n Pour insérer entre les nombres donnés a eiZy m f moyens proportionnels arithmétiques , on fera n =m -i- 2, et on obtiendi'a la
raison d=-
^ . on formera ensuite aisém-*-l
ment la progression demandée.
Une progreaion géométrique ou par quotient est une suite de termes dont chacun contient celui qui le précède le même nom-
bre de fois r cette quotité s'appelle raison on quotient de la progression ; elle peut être entière ou fractionnaire ; la suite est décroissante, quand la raison est<^ 1.
En désignant par q la raison , la forme de ces séries est ■77 a : aq :aq ^ : aq*...; aq^*^* =z.... (3).
Dans celte suite de rapports égaux , on sait que la somme des antécédents est à celle des conséquents , comme un antécédent est il son conséquent : or , s — z et s — a sont ces deux sommes , s désignant la somme totale ; donc s — z : s— a : : a '. aq , d'où.
Ces deux équations permettent de trouver les valeurs de deux des quantités a, q, n, z et Sy connaissant les trois autres. Par exemple , pour insérer m , moyens géométriques entre a et z , on fera n=m4*l 9 et on aura pour la raison
• ^= y/ W' Pour trouver le 64« terme de la progression géométrique -^ 1 : 2 : 4 : 8 : 16..., on fait a=rl,^ = 2,it= 64, et on a s =. 2^4 — 1. Le calcul donne ce nombre immense s = 18, 446, 774 , suivi de douze autres chiffres. On raconte que l'inventeur du jeu d'échecs avait obtenu pour récompense de son souverain l'accomplissement du désir qu'il formerait, quel qu'il fût, et que ce savant, voulant proOter de la circonstance pour montrer au roi qu'il se faisait de sa puissance une idée exagérée, lui demanda autant de grains de blé que Ton en trouve dans la somme ci-dessus. Le roi qui jugeait le présent très-modique et peu digne de sa générosité, fut surpris d^apprendre que ce nombre surpassait infiniment toutes les récolles de la terre. En effet, un kilogramme de blé contient environ 26,150 grains ; un hectare ne produit que 1,750 kilogrammes de froment en termes moyens ^ ou 45,762,500 grains. En divisant s par ce nombre , on trouve que Tinvenleur des échecs demandait le produit, en blé, de quatre cent trois milliards d'hectares , c'est à dire huit fois la surface entière du globe terrestre, en y comprenant les mers , les lacs , les bois , les déserts , etc.
Lorsque la raison ^ est <^ 1 , la progression est décroissante ; soit s la somme de tous les termes jusqu'à l'infini. Comme l'é-
quation (4) donne s \
qz — a
: '» et que le
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ilernicr termo z décroît inctéfiniment à mesure qu il s'éloigne du premier a, ou doit
ici faire z= o; savoir, j = : .' c'est la
xorame demandée. Il est facile d'appliquer cette équation aux fractions décimales périodiques. Pareiemple, 8oit«= 0, 363636..., cette quantité revient à *= -nnr -4- rè^^ -h ^ ^^*^*^^„ , etc. , progression géométrique dont le premier terme est «a = JL'- , et la raison q = .-L. : ainsi , en substituant , il Tient #=JL«.!ri__--L-)=:-Ll ..il-asif— ^ ainsi qu'on le sait d'ailleurs.
Les progressions arithmétiques et géométriques comparées terme h terme ont donné naissance à la notion des loganthmet. ( f^ojre* cet article.) FaAHCOBDR.
PROHIBITION. {Économie politique. ) Il est probable que le désir de parer au désavantage résultant d'arts moins perfectionnés a fait naître l'idée du système pt^ohibitij*. Alors la première pensée a dû être de défendre Tusage des produits des manufactures étrangères, comme moyen de conservation des manufactures nationales.
Pour justifier ce sptème , ses partisans disent que la classe favorisée des avantages de la fortune , peut trouver mauvais qu'il soit défendu de tirer de l'extérieur certains objets qui lui conviennent ; que . rapportant tout à elle , elle ne voit dans les richesses qu'un moyen de se procurer des jouissances , sans examiner si l'objet en est nuisible à son pays ; que le gouvernement doit avoir d'autres vues ; que tuteur-né des pauvres , cette qualité lui commande de ne rien négliger pour addbcir leur misère ; que s'il est juste de ne point gêner les riches dans la disposition de leur fortune , d'un autre côté il importe d'empêcher qu'ils ne sacrifient K leurs fantaisies ceux qui sont déshérités des biens de la société ; qu'un événement semblable aurait lieu s'il était permis h l'étranger de faire le travail national , c'est h dire , s1l pouvait vendre sans difliculté une foule d'objets que les pauvres peuvent produire ; que, pour lui -faire accorder cette faculté , on parlerait vainement de la fraternité qui doit régner entre les peuples ; que , sans doute , il serait à désirer que les hommes fussent animés des sentiments d'une bienveillance réciproque , mais que , comme il en est autrement , il faut bien que les gouvernements rapportent toute leur sollicitude à leur ^ay s , et en séparent la prospérité de celle des autres ; que les riches ne peuvent que gagner
aux mesures prises pour réserver aux ouvriers le travail national , puisqu'ils tronyent plus aisément à des prix plus élevés le débit des denrées produites par leurs domaines ; ce qui , en leur donnant le moyen d'avoir de nouvelles jouissances dans leur patrie, les dédommage amplement de celles que leur procurerait l'étranger.
Les ennemis du système prohibitif nient la justesse de ce qui faille fond de ce raison^ uement , que la liberté du commerce diminue le travail national : il leur parait , au contraire , qu'elle l'augmente , des relations d'affaires plus fréquentes de part et d'autre ne pouvant que lui donner une nouvelle vie.
C'est presque toujours l'inactiyité des manufactures qui fait prononcer des prohibitions. Craignant d'être accusés de sacrifier Tindustrie de leur pays à celle de l'étraBger , les gouvernements les adoptent comme tm moyen de calmer les esprits , et de prévenir les troubles que peut faire naître un manqué d'ouvrage. Si la popularité ne saurait leur être indifférente , puisqu'elle contribue h. lever les difficultés qui entourent leur marche, il ne faut pas ^ d'un autre côté , que pour la conserver , ils prennent des mesures qui aient que)que jour des effets fâcheux pour le bien public. Quand ils ont eu la faiblesse de le faire, ils doivent, aussitôt qu'ils le peuvent , revenir sur leurs pas.
Nul doute qu'il ne fdt à désirer que les gouvernements de toutes les nations s*entendissent pour délivrer le commerce des entraves dont il est garrotté. Si , par la liberté illimitée , l'une d'elles recevait des parties de marchandises qu'elle ne produit point, elle en fournirait d'autres en échange ; ce qui établirait une sorte de compensation , et rendrait les avantages à peu près égaux.
Malheureusement cet accord est impossible, et notre vœu à cet égard doit être mis à ccHédurêve de l'abbé de Saint-Pierre, sur les moyens propres h maintenir une paix perpétuelle entre les peuples. En supposant que , par un miracle , il eût lieu , il faudrait, pour qu'il durât , que la situation des nations restât constamment la même, c'est-k-dîrc , que l'une ne devint pas plus industrieuse ,et ne payât pas plus d'impôts que l'autre ; hypothèse non moins inadmissible que la précédente, et dont l'histoire prouverait bien la fausseté , si l'on essayait de prouver la possibilité de la réaliser. L'industrie est sujette, comme toutes les choses de ce monde, à éprouver des variations : on elle Csit des
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progrès , ou elle tombe en décadence. Cdie qui e$i pluâ perfectionnée fait nécetsairement pencher la balance en fa?eur du pa^rs qui la possède , puisqu^en lui donnant le moyen de Tendre à «plus bas prix , elle lui assure la préférence dans les marchés.
Le gouvèmeâient français est Tun des premiers de ceux qui ont eu Tidée d^aoïener, par des prohibitions ou des droits , le développement des manufactures et du commerce.
Colbert recourut particulièrement à ce mojen , étant entraîné par les sollicitations et les sophismes des fabricants et des marchands qui , dans les questions compliquées d''administration , ne voient ordinairement qne le côté qui leur est favorable , et trouvent toujours sage une mesure qui leur est profitable , lors même qu'elle nuit aux intérêts de la masse d^une nation. SMl est vrai que se» opérations à cet égard n'aient point tourné constamment à l'avantage de sa pa.
trie , il Test aussi que des écrivains les lui ont reprochées avec trop d'amertume , et qu'elles ont été moins funestes qu'ils ne le disent. Ils auraient été plus é*quitables , s*il$ avaient fait attention que le mal avait été beaucoup atténué par des décisions exceptionnelles , Colbert ayant permis , dans toutes les circonstances , l'introduction dans le royaume de machines propres à simplider le travail , des matières servant à la fabrication , et des tissus étrangers que les manufacturiers pouvaient imiter. Il ne s'est ja^ mais refusé non plus à faire modifier les règlements en vigueur pour des branches d'industrie , et les ordonnances sur les corps de marchands et d'artisans , toutes les fois que la nécessité lui en a été démontrée j de sorle qu'il ne faut adopter qu'avec défiance les opinions émises sur son administration; opinions pretque touj ours dictées par un esprit de déni • grement ^ ou par une exagération d'admiration que repousse l'impartialitérde l'histoire. Dans les deux derniers siècles , un régime prohibitif presque absolu a servi de base au système manufacturier et commercial adopté parles Anglais. Ils l'avaient eaiagéré au point qu'excepté les denrées et les matières qu'ils ne recueillent point sur leur ten-itoire, il n'était plus possible aux étrangers de leur faire des ventes un peu importantes de marchandises. Le commerce de la France eut particulièrement h se plaindre de l'esprit haineux et jaloux qui avait dicté ^ dispositions de leur tarif. Ou ils avaient prohibé la presque universalité des produits de son
agriculture et de ie» fabriques; ou, s'iU avaient autorisé l'importation do quelquesuns de ces produits, ils ne l'avaient fait qu'après les avoir grevés de droits quelquefois plus considérables que ceux qui étaient exiges des autres nations; ce qui lui était la possibilité d'entrer en concurrence avec elles. Les immenses richesses qu'ils avaient acquises firent bientôt dominer en Europe l'opinion qu ils les devaient au régime pro" hibitif ; ce qui porta les autres États à recourir à ce régime , comme un moyen de rendre florissant le commerce de leurs peuples.
S'il est vrai qu'il ait contribué à procurer aux Anglais la situation brillante où ils se trouvent , en leUr permettant de repousser les marchandises de l'étranger , lorsque j dans la plupart des circonstances , il recevait les leurs , il lest encore qu'il n'a pas seul amené leur prospérité. Une direction sage imprimée aux esprits , la forme de leur gouvernement , une protection spéciale accordée aux hommes industrieux . un grand respect pour la propriété et la liberté individuelle , l'ordre dans l'administration , un bon système de crédit public, des traités avantageux avec les puissances étrangères , tous ces moyens ont aussi concouru à la créer.
Après leur avoir été utile , le système prohibitif finit, dans les dernières années du dix-huitième siècle ^ par réagir contre eux. Les nations de l'Europe , usant de représailles , n'admirent plus alors la presque' universalité de leurs marchandises , ou , si elles consentirent à en recevoir encore, elles ne prirent ce parti qu'après les avoir grevées de droits équivalant souvent a une prohibition. Une résolution semblable de* vait amener une grande diminution dans le commerce qu'ils font avec le continent , et ce fut ce qui arriva. Sentant combien elle est contraire à leurs intérêts , plusieurs de leurs hommes d'État examinèrent s'il serait possible de la faire changer , et cet examen les convainquit qu'on n'obtiendrait ce résultat qu'en ouvrant des négociations avec les gouvernements de l'Europe pour les engager, à prononcer la destruction du système prohibitif, de manière que les marchés des uns et des autres ne seraient plus fermés à aucun peuple. M. Baring , l'un des plus riches commerçants de Londres , soumit , en 1815 cette idée à la chambre des communes , et il paraîtrait qu'elle eut l'assentiment de sa nation; car le parlement, dans sa session de 1823 , adopta un bUl qui en est la consc-
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quence , et par lequel il déclara qu'à Fayenir la Grande-Bretagne recevrait , sous la seul»
condition de la récipi'ociU , en franchise de droits, les produits de Tindustrie des étrangers qui feraient jouir ceUe de TAngle^ terre du même avantage.
Ce bdl est certes un acte mémorable et d*une nature bien étrange. D'une part , il constate les inconvénients qui résultent d'un système prohibitif^ exagéré ; de lautre , il dément ce qu'on a imprimé plusieurs fois en France, que les économistes étaient regardés par le gouvernement anglais comme des idéologues, dont les opinions, ne méritent aucune attention , puisque , dans la circonstance, il a réalisé une de leurs théories.
Quoi qu'il en soit , il est douteux que notre continent accède à la proposition qui lui a été faite. Son industrie n'est pas assez avancée pour soutenir la concurrence de celle des Anglais , qui est parvenue à un haut degré de perfection. Elle courrait donc la chance d'être ruinée , s'il admettait franches
hommes ? C'est ce qui est douteux. Le commerce en marchandises manufacturées donne lieu à des relations continuelles entre les peuples ; ce qui tend à les unir par les liens très -forts de l'intérêt et de l'estime. Celui des matières premières et des denrées est, en général, borné. Ne nécessitant pas des communications aussi fréquentes , la civilisation et les lumières ne peuvent que perdre à ce qu'il soit le principal. Sous ce point de vue, il ne serait pas étonnant que le régime prohibitif devint le principe d'un grand mal. Il peut encore , quand il est trop absolu, amener la ruine des branches de commerce , et c'est ce qui est arrivé aux An'^ glais dans le seizième siècle (1).
Alors ils vendaient une immense quantité de draps à l'Allemagne , à la France, à la Pologne , à la Flandre , à la Suède et au Danemarck. Ne connaissant qu'imparfaitement les pi*océdés qui donnent «le l'éclat aux tissus de ce genre , ib en expédiaient la plus grande partie à l'étranger, pour j re^
de droits leurs marchandises , qu'un intérêt cevoir l'apprêt et la teinture; ce qui procu-
moins élevé de l'argent et des moyens plus prompts et plus économiques de fabrication rendent souvent moins chères que les siennes. Il obtiendrait , il est vrai , une sorte de compensation par la libre admission de ses
rait aux pays ' qui effectuaient ces deux mains-d'œuvre un profit annuel dVnviron un million steriing ( 24 à 25 millions de francs). Le gouvernement anglais crut qu'il pourrait le leur enlever , en ne permettant
céréales; mais elles sont exceptées formelle- . des envois à l'extérieur qu'après que la mar-
ment par des hillsj qui n'en permettent l'en- chandise aurait été fabriquée et teinte par
trée que dans les années dé disAte , et lors-w des fabricants de sa nation. Dans cette vue ,
que les leurs se vendent à un prix très-élevé. il défendit la sortie des draps blancs et non
La proposition n'est donc qu'un leurre foulés. Il ne tarda pas à se repentir de cette
pour induire en erreur ; elle n'a donc qu'une mesure qu'une avidité mal entendue lui
apparence de générosité, puisque son adop- avait fait prendre. L^ Flamands et les Al-
tion donnerait à la Grande-Bretagne des lemands, indignés de ce qu'il avait voulu les
avantages qui ne seraient point balancés par priver de bénéfices beaucoup moins consi-
des concessions équivalentes. dcrables que les profits faits par les Anglais,
Le régime prohibitif est principalement cherchèrent le moyen de parer au malheur
adopté pour les produits des manufactures , et si des peuples en tirent encore de l'étranger , c'est qu'ils ne les fabriquent point. Les soins des gouvernements de l'Europe étant dirigés vers les moyens de procurer à leurs
dont ils étaient menacés , et ce moyen , ils le trouvèrent dans la prohibition des draps qui auraient reçu la totalité des préparations qu'ils nécessitent pour servir à la consommation ; ce qui , dans un intervalle de temps
pays les branches d'industrie qui leur man- très-court , réduisit l'exportation à un point
quent, il arrivera un jour que les habitants tel qu'au lieu de deux cent mille pièces ex-
de celte partie du monde n'auront plus en- pcdiées chaque année , cette exportation ne
tre eux de commerce eu objets manufactu- fut plus que de sobante mille. Il fallut que
rés , et que tout se bornera à des ventes de le gouvernement anglais revint sur ses pas ;
matières premières et dé denrées inhérentes mais un coup funeste avait été porté. Mal-
aux différentes contrées , qu'il faudra bien gré l'abrogation de la mesure prise , le com-
acheter de ceux & qui elles auront été don- merce des draps blancs et non foulés ne
nées par la nature , puisqu'ils en seront seuls reprit point l'importance qu'il avait aupara*
propriétaires» Cette direction, donnée aux ,
espriU , contribuerat-elle au bonheur des (l) ÇimiêH^-JUpiew , ênnit 1826.
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▼aat , planeurs des peuples ciTec lesquek rAD](leterre le faisait s*étant uUérieureinent occupés du soin de créer des établissements pour les fabriquer. De ce ftiit, on est donc fondé à soutenir que le régime prohibitif cause quelquefois la ruine de branches d*in* dustrie , et que les avantages résultant du commerce que les nations font entre elles ne durent qu*autant qu'ils sont à peu près l>alancés.
L'enquête ordonnée, en 1824, par la chambre des communes du parlement d'An* gleterre, au sujet de Tinduslrie de la France et de celle des autres Étals de TEurope , contient un lait non moins décisif dans la question. Elle parle souvent des machines employées dans les manufactures , et dont les lois anglaises défendent Texportation.
Malgré cette défense , l'étranger auquel elles sont nécessaires trouve le mojren de se les procurer , et il arrive à ce résultat , en les faisant expédier à l'extérieur, ou en parties détachées , ou dans un état non achevé de construction. Dénaturées ainsi , il n^est plus possible aux préposés de Tad* ministration des douanes de connaître Tusage qu'on veut en faire, et, par suite, de les arrêter ù la frontière. Lorsqu'elles sont parvenues au lieu de leur destination, les acquéreurs en rassemblent les parties, ou leur donnent \ûjini qui leur manque pour servir dans \eè ateliers. Les lois qui en prohibent Texportation sont donc facilement éludées; elle ne servent qu'à gêner Vindustrie , sans produire les effets qu'en attendent les partisans du régim'e prohibitif.
Après avoir procuré la connaissance de ce fait , le travail de la commission d*enquéte eu apprend un autre non moins curieux :
c'est que la défense d'exporter a fait perdre à l'Angleterre une Wanche importante de commerce extérieur, étant cause que les étrangers ont formé des établissements pour construire les machines dont ils ont besoin, événement qui , suivant M. Gallowai, l'un àtê mécaniciens de Londres interrogés par la commission d'enquâte , n'aurait point eu lieu , s'ils n'avaient été forcés par cette délenae a chercher les moyens de s'affranchir des frab et des retards qu'entraîne la sortie d*uiie marchandise prohibée. U lui parait que , dans une situation différente , ils n'auraient pas été intéressés, ou qu'ils ne Taurajent été que faiblement, à créer une industrie pour les produits de laquelle ib ne pouvaient rivaliser avec ses compatriotes Tome 19.
qui , indépendamment de Tavantagé de pos* séder des ateliers depuis long-temps en activité , avaient encore celui du bas prix des matières que nécessite la fabrication des machines.
Les documents fournis par le travail de là commission d'enquête méritent ' une attention particulière , étant d'un grand poids pour la solution de la question des avantages ou des inconvénients du système prohibitif. On trouve encore dans ce travail un aveu satisfaisant pour notre nation : c*est que , daus la construction des machines , nous n*avons rien à envier à l'Angleterre , nos fabricants l'ayant portée à un haut degré de perfection.
Il n'est pas vrai qu'il faille dans toutes les circonstances fernoer rentrée d'un pays aux marchandises des étrangers: 11 importe souvent de la permettre, afin d'empêcher par la concurrence que les commerçants et les manufacturiers n'exigent des prix^ exagérés.
Ainsi , au lieu de prononcer des prohibitiotis, les gouvernements feraient mieux d'établir des droits qui, tout en donnant à leurs ma- 'nufacturcs l'avantage sur celles des autres peuples , ne seraient pas néanmoins assex considérables pour délivrer ceux qui les exploitent de l'appréhension d'une rivalité. Ce parti produirait encore le bon effet de maintenir, par l'émulation, la perfection des fa* brications et d'empêcher la contrebande , qui , malgré la surveillance la plus active des douanes , a constamment lieu , toutes les fois qu'il y a des pro6t8 à la faire; témoins les cotons filés. Au moment où nous écrivons , en 1830 , il est connu de la France entière que ses établissements n'en produisant pas dans des numéros assea élevés pour la fabrication des mousselines tuperfines , les manufactures de Saint-Quentiu et de Tarare tirent de l'Angleterre ceux dont elles ont besoin. Dans la chrconstance , les fraudeurs mettent donc en défaut la vigilance des préposés de l'administration des douanes.
La contrebande cause des maux de plusieurs sortes. Elle nuit d'abord aux intérêts des hommes industrieux qu'elle prive d'une partie du débouché de leurs marchandises, et ensuite à ceux de l'État, qui ne touche point les droits dus pour les objets ^ont l'introduction est permise. Enfin, elle détruit la morale publique, en accoutumant les habitants des localités où elle s'effectue, à méconaattre l'autorité des lois. Beaucoup d'entre eux , après avilir abandonné des travaux
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-régalien , dans resercicc desquels ils troo'^ raient des moyens honorables de subvenir à leurtf besoins , sont transformés en crimineb qu'il deyient quelquefois nécessaire de punir des plus grands supplices ; ce qui n*ar* riverait point, si leur cupidité n*éuit vivement excitée par la perspective des profits que .procure Tintroduction des marcbandises prohibées, ou grevées de droits trop élevés. On a dit depuis long* temps que la meilleure prohibilion était celle qu*iimenait naturellement le bas prix des objets à vendre. U est évident que lorsqu'un peuple jouit -de cet avantage, Tétranger ne peut songer ii faire des versements frauduleux , puisqu'ils ne lui seraient point profitables. C'est ce que le ministère anglais a remarqué dans la discussion qu'à fait naître la révision du tarif des douanes de la Grande-Bretagne, dont le parlement s'est occupé dans les années qui viennent de s'écouler. Il a encore répondu a des manufacturiers qui lui avaient adressé des réclamations au sujet de cette i*évision , qu'en leur donnant , par les droits mis en remplacement du système prohibitif, un avantage de 30 , de 20 et même de 10 pour cent , comme on l'a fait dans la presque universalité des cas , ib jouissaient d'une faveur qui suffisait pour les défendre contre la rivalité des autres nations. Il est certain que les branches d'industrie dont cet avantage n'assurerait point la prospérité seraient peu utiles au pays qui les exploiterait , et qu'alors jelles ne ftiériteraient aucun intérêt , ou n'en jnériteraient qu'un bien faible.
Lorsqu'on lit les tarifé des douanes des âiftérentes nations de l'Europe, et qu'on voit combien est longue l'énumération des marchandises qu'ils prohibent, on est tenté de croire qu'ils 4}Qt été dictés par la ferme persuasion qu'un peuple peut toujours vendre sans acheter. Pour reconnaître que cette opinion est iine erreur, il au/fit de réfléchir que si les avantages commerciaux étaient toui^ au profit d'un pays , la ruine de ceux avec lesquels il aurait des relations d'affaires serait certaine ;xe qui détruirait par suite les éléments du commerce entre eux. Quoi qu'il en soit, dans le cas où des gouvememenla jugeraient utile de délivrer les opérations des négodants de toutes les entraves , la prudence leur commande de ne le faire qu'en prenant des précautions pour ne pas bouleverser les fortunes. Une foule d'entreprises et de spéculations ont été exécutées d'après les prohibitions existantes. Ouvrir subitement les barrières ,
ce serait en changer les éléments et ruiner ceux qui les ont faites, ou qui ont fourni les capitaux qu'elles ont nécessites.
Des remarques sur les effets produits par le régime prohibitif, conduisent naturellement k parler du système continental , qui de nos jours a fait un si grand bruit dan.n le monde , et dont ce régime fut l'élément principal. On a nommé ainsi des mesures prises, en 1806 et 1807 , pour expulser les Anglais de l'Europe , et nuire à leur navigation et à leur commerce. Elles furent imaginées par l'empereur Napoléon , comme un moyen de se venger de la furie avee laquelle ils lui disaient la guerre. Ils ne s'étaient point bornés , après avoir rompu le ^ité d'Amienss à confisquer ceux des nariret de sa nation qui , sur la foi de la paix, se trouvaient dans leurs ports , ou qui étaient disséminés dans les différentes mers du globe ; ils avaient encore pris a leur solde des individus qui promettaient d'exciter des troubles dans l'intérieur de 4a France, et les peuples disposés à accepter- de l'argent pour joindre leurs armées aux leurs. Enfin, au mépris des sentiments de philanthropie qui, dans les guerres les plus acharnées , avaientjusqu'alors animé les habitants de TEurope , leur gouvernement avait défendu à leurs négociants de vendre h ceux de ce royaume du quinquina et d'autres drogues nécessaires dans le traitement de plusieurs maladies. Mais ce fut dans les mesures prises au sujet du commerce des neutres avec la nation française, que leuranimosité éclata particulièrement. Après avoir proclamé en état de blocus les mers et l'embouchure des rivières voisines de ses possessions et de celles de ses alliés , ils prescrivirent aux commandants de leurs escadres de forcer les navires de tous les peuples , sans distinction de parillou , à se rendre dans leurs ports , pour y subir une visite et payer une taxe , qui était un impôt sur la navigation du monde entier.
Un abus aussi révoltant de la force excita une indignation universelle; mais les puissances neutres n'ayant point les flottes nécessaires pour faire respecter leur indépendance, il fallut qu'elles se résignassent à subir lavanie qu'il établissait. L'empereur Napoléon crut que , sans s'arilir, la nation française ne pouvait conserver des relations avec celles qui se soumettraient k une tyrannie qui foulait aux pieds les droits les plus sacrés des peuples. De là , une suite de mesures qui ajoutèrent beaucoup k la vio-
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leaec de celles qui éUient déjà en Tiguenr.
Il avait ordonné auparayant Tarrestation des Anglais qui se Irouyaieot dans le royaume , et prohibé la presque universalité des produits des manufactures de leur nation. Il fit alors rechercher , chez les particuliers soupçonnés de faire la contrebande , ceux de ces produits qui avaient été introduits en fraude, en prescrivant de les détruire par le feu , s*ils étaient de nature à être brûlés. Ce qui fut exécuté dans plusieurs villes , bien que ce brûlement anéantit quelquefois des valeurs fort importantes. Enfin > il déclara que, jnsqu*à ce qui la Grande-Bretagne fût rêvevenue aux usages consacrés par la civilisation^européenne, les bâtiments des neutres qui se seraient conformés à Tordre qu'elle avait donné , seraient , par le fait seul de la vbite d'un vaisseau anglais , d'un voyage eu Angleterre , ou le paiement d'une taxe , réputés dénationalUés ; qu'ils perdraient ainsi la garantie de leur pavillon , et seraient de bonne et valable prise ( voyez Piisx xv Msm).
Dans des écrits , on a blâmé avec amertune la mesure en vertu de laquelle les Anglais qui voyageaient en France furent arrêtés et constitués prisonniers. Mais cette mesure , que nous sommes loin d'approuver, est moins odieuse que celle par laquelle un gouvernement, avant d'avoir notifié une déclaration de guerre , s'empare des navires qui , sur la foi d'une paix sont venus avec àt% cargaisons dans ses ports , ou naviguent dans des mers lointaines. La confiscation de ces navires et Tarrestation de leurs équipages sont un véritable guet-à^pens, une inÂme violation de la confiance publique , et frappent particulièrement une classe d*hommes presque toujours étrangers aux querelles des souverains , Celle des cemmerçants , ruinés ainsi par un détestable mépris de la justice et des traités les plus solennels. Lorsque le gouvernement anglais veut faire la guerre à un peuple , il recourt toujours à cette piraterie , après avoir eu soin d'avertir ceux des bâtiments de su nation qui se trouvent hors de ses ports de se tenir sur leurs gardes , pour ne pas être saisis par voie de représailles.
On ne saurait trop crier contre cet abominable usage , qui est un reste de barbarie , honteux pour les nations qui le prennent pour règle de conduite. Elles s'honoreraient beaucoup si elles Tabandonnaient , en ne commençant les hostilités qu'après un délai fixé dans un manifeste.
Quoiqu'il en soit des actes des gouvernements anglais et français pendant les guerres de la révolution , l'anéantissement du commerce maritime de U France devait être amené par l'esprit de haine qui les avait dictés , et ce fut ce qui arriva. Si elle parvint à vendre à l'extérieur une quantité de vins et d'eaus-de-vie à peu près égale à celle qu'elle lui fournissait avant la création du système continental , ce fut en recourant à des moyens dispendieux et hérissés de difficultés. Ce-sy^èmel» plaça encore dans une situation qui , dans l'origine , fut pénible pour beaucoup de ses habitants, l'ayant forcée par les prohibitions et les communications par mer, eu à ne plus consommer les marchandises provenant des ma»
nufactures anglaises- qu'elle consommait an-> paravant , ou à les fabriquer elle-même.
Son gouvernement ne négligea rien pour obtenir le dernier de ces résultats. Grâce â de nombreux encouragements qu'il accorda, et au zèle d'hommes ingénieux , excité par la perspective d'énormes profits li faire, elle eut bientôt des ateliers qui lui fournirent la presque universalité des objets dont elle avait besoin*
Si, pendant la durée du système continental , le commerce maritime de la France, fut à peu près nul , il n'en fut pas de même de celui qu*elle fait sur terre. Il devint trèsflorissant , surtout en marchandises manufîncturées. Ï^Oi succès militaires presque incroyables l'avaient mise en situation d'imposerses volontés à la plupart des puissances continentales , et elle en profita pour réaliser en grande partie le projet , conçu par sou gouvernement , d'anéantir le commerce des Anglais avec ces puissances ; ce qui lui permit d'approvisionner les marchés étrangers d'un grand nombre d'objets qu'ils leur fournissaient auparavant. Ses ventes en cotonnades au seul royaume d^Italie qui n'était composé que de la Lombardie , de l'État de Venise , des duchés de Mantoue et de M odène, des territoires des villes d'Ancône , de Bologne et de Ferrare, s'élevaient annuellement à environ vingt millions (1). Cette prospérité ne fut point particulière aux manufactures de tissus de ce genre ; elle s'étendit encore à celles d'autres produits; de
(1) Le retle de TlUlie proprement dite, ou faisait parlie du royaume de Naplet , ou avait été Incorporé à la France , désignée alors par la dénomination
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sorlQ que presque toutes aTaient acquis de grandes richesses. Cet état heureux diminuA , à la vérité , dans une proportion remarquahle , lors de la destruction du système continental. Des particuliers qui avaient monté leurs ateliers pour une consommation qui leur fut enlevée subitement, celle des paji séparés de la France par les traités des 30 avril 1814 et 20 novembre 1815, furent même ruinés ; mais les pertes furent de beaucoup inférieures aux bénéfices obtenus , et qui avaient été énormes pour beaucoup de fabrications.
Le système continental a prouvé que, malgré la domination des mers et la possession d'immenses richesses , il était possible d'ébranler les fondements de la prospérité de TAngleterre. S'il fut pour les Français et leurs alliés incommode , et même , dans plusieurs circonstances, vexatoire, en reyanche , que de maux ne versa-t-ii pas sur le commerce et la navigation de la Grande- Bretagne ! Les ports de la plupart des puissances de TEurope furent fermés à ses navires ; ce qui , en rendant très-difficile la vente des marchandises de ses négociants , leur causa des pertes énormes. Bref, le mal était devenu si grand que son change qui est ordinairement au-dessus du pair, avait fini par perdre plus de 40 p. o/^. Après lui avoir porté des coups qui lui furent singulièrement préjudiciables, le système continental créa un état de choses qui, en irritant les peuples de TEurope, a beaucoup contribué a amener les malheurs qui ont affligé si cruellement la fin de la vie de son auteur , Tempereur Napoléon , mort, le 5 mai 1821 , captif à VÛe de Sainte-Hélène, après avoir régné sur la France pendant près de 15 ans, et dicté des lois à la plupart des puissances de TEurope. Étant contraire aux intérêts de ces peuples, qu'il privait de tout commerce maritime, il ne pouvait durer que par une sorte de dictature sur leurs administrations , ou par violences contre celles qui refuseraient de le prendre pour règle de leurs actes; ce qui, en nécessitant des attentats continuels à leur indépendance , devait produire une irritation, qui fut postérieurement pour la France le principe d'une foule de maux.
Ce n'est pas tout pour un gouvernement que de concevoir des projets gigantesques ; il faut encore que leur exécution n'humilie point les nations , et surtout qu'elle ne leur impose pas des privations trop pénibles è
supporter. Celles qui subissaient le joug du système continental étaient loin d'avoir à se féliciter de la position dans laquelle il lea ava^ placées. Il y a plusieurs denrées dont aujourd'hui les peuples ne peuvent se passer : tels sont le sucre , le café et le thé , qui sont des productions d'outre-mer (1), et dont l'usage est devenu pour eux'un besoin de première nécessité. En établissant, comme l'empereur Napoléon l'avait fait , i\ts droits et un ordre de choses qui avaient fait monter le çrix de ces denrées à un taux excessif ( environ 10 francs le kilogramme de sucre et de café , lorsqu'ils étaient achetés chez les marchands en détail ) , on condamnait donc les particuliers qui les consomment >à une abstinence qui , renouvelée Xous les jours , devait finir par aliéner les esprits du prince qui l'exigeait. Ce fait explique en pairtie pourquoi le gouvernement anglais forma avec tant de facilité Tespèce de croisade qui , en 1814 , détruisit la domination de la France dans les villes anséatiques et d'autres parties de TAllemagne , sur le grand duché du Rhin, le Luxembourg, la Hollande , la Belgique , le Valais , la Savoie , le comté de Nice, le Piémont, Tltalie, les provinces iilyriennes , que lui avait fait ce* der la valeur de se^ armées. Si à cette caus* on joint l'animosité et l'ambition de quelques souverains , la haine produite par des demandes de contributTons trop fortes , Eûtes à des pays occupés par les armées françaises , notamment è la Prusse et au Portugal; quelques vexations, inséparables de rétat de guerre ; le vif désir des peuples chez lesquels ces armées se trouvaient, de recouvrer leur indépendance; on n'est plus étonné du succès des intrigues de ce gouvernement pour débaucher les alliés de Napoléon , et soulever plusieurs des pays nouvellement passés sous sa domination , et de ce qu'après avoir employé des sommes immen^ ses à lui susciter des ennemis ,il soit parvenn à le précipiter du trône.
En résumé , les raisons données contre le système prohibitif doivent, sinon le faire réprouver entièrement, du moins engager les gouvernements à n'y recourir que rarement. Au mal dont , dans quelques circoB-
(1) Ce fait était alors rrai pour 1« sucre , cnmoie il Test eocore pour le tbé et Je café. Ce n'est qm postérieurement qn*ont été formées les fabriqum qui proenrent â la France une partie de la première «le ces snbstasees , nécessaire i sa coosofluaatlMi.