PRON
PRO.P
les les yariatitfns da nom ; aussi ont-ils des nombres , des genres ( pour la troisième personne du moins , la seule dont le sete ne poisse pas être suffisamment connu par les circonstances), des cas, dans les langues qui en admettent;
Le nombre des pronoms offre, dans la plupart des langues modernes , une singuïière bixarrerie. L*usage s'est introduit d*em* plojer 4 dans certains cas , le pluriel de la deuxième personne -an lieu du singulier ; de dire , par exemple, « comment vous portez- YODS, » an lien de « comment te portes-tu ? « Sans doute, dit Condilluc , on a dit dans Torigine tu atout le monde , quel que tùi le ran^ de celui h qui Ton parlait. Dans la suite, DOS pères , barbares et sei*viles , imaginèrent de parler an pluriel h une seule personne , lorsqu'elle se faisait respecter ou craindre , et vous derint le langage cPun esclave devant son maitre. 11 arrive de là que tu ne peut se dire qu'en parlant à ses esclaves , k ses valets , ou à un homme tout-à-fait inférieur ou extrêmement familier.
Dans quelques langues , on va plus loin encore dans ce genre de politesse. Ainsi, en allemand, on craindrait de paraître trop familier on trop peu respectueux en disant voasj et en osant ainsi s'adresser directement à la personne devant laquelle on se trouve ; x>n lui parle à la troisième personne do pluriel, et au lieu de dire « veux-tu , ou voulez -TOUS sortir? » on dit : « veulent-ils sortir ? »
Outre le pronom personnel dont nous venons de parler, les grammairiens distinguent encore quatre sortes de pronoms : les pronoms relatifs, les pronoms possessifs , les pronoms démonstratifs et les pronoms </idéfitiis.
Le pronom relatif (^ui, que, quoi, lequel^ laquelle, etc. ) est un vrai pronom; comme le pronom personnel , il tient la place du nom ; quelquefois aussi il remplace le pronom lui-même, de quelque personne qu'il soit , et il est alors en quelque sorte pronom de pronom, substitut d'un substitut ; il ne difl^re du pronom personnel proprement dit qu'en ce qu'à Tidée du nom ou du pronom dont il tient la place , il joint celle d'étire en rapport, en relation intime avec un mot qui précède; il équivaut au pronom, plus la conjonction que ou et; aussi le trouve-t-on dans certaines langues , par exemple en grec, et surtout dans Homère , remplacé par la conjonction et le pronom personnel. Ainsi ,
au lieu de dire : « Le Dieu qui a créé le monde est tout-puissant » , on dirait r o le Dieu que il a créé le monde e^t tout-puissant. »
Le pronom possessif (mon^ ton, son ) n'est pas un véritable pronom , puisqu'il ne peut remplacer le nom, et qu'il se joint toujours à un nom exprimé ; par exemple , mon père , son ami. C'est une espèce d*adjectif que l'on peut nommer adjectif possessif ou pixtno" minai, ce qui a pu faire ranger ce mot dans la classe des pronoms , c'est qu*il renferme l'idée du pronom personnel , son étant pour de lui. Il y a sur ce pronom une remarque curieuse à faire ; c*e^ que , dans certaines langues , en anglais , par exemple , au lieu de prendre , comme en français , en latin , et le genre et le nombre du nom qui suit et auquel il se rapporte, il s'accorde avec le nom dont il tient la place, et qu'il désigne la personne ou la chose qui possède. Ainsi une femme , au lieu de dire , en parlant de son mari , mon mari, dira ma mari , parce que le pronom possessif est ici pour le mari de moi, femme.
Le pronom démonstratif (ce , cette ) n'est encore qu'un adjectif , puisqu'il est toujours suivi du nom de la chose qa'il sert à désigner. En parlant de l'adjectif, nous l'avons • rangé dans la classe des adjecti/k^étermi" natifs,
La classe des pronoms indéfinis renferme des mots d'espèces différentes : les mots quelque , nul, aucun, tous , quiconque^ etc., que Ton y range d'ordinaire , ne sont évidemment que des adjectifs déterminatifs, dont les uns sont toujours suivis du nom qu*ils déterminent , et dont les autres ne sont employés seuls que par une ellipse très-facile à suppléer. Lés mots on, rien, que Ton nomme aussi pronoms indéfinis, ne sont que des mots values , dérivés par corruption de véritables noms , reconnus pour tels par tout le monde. On, Von, est une abréviation de homme, V homme , et en anglais, en allemand , on rend encore par mann ( homme ) notre on fiançais.
En résumé , il n'y a -de véritable pronom que les mots que Ton peut mettre à la place du nom , et qui dispensent d'exprimer ce mot : les pronoms personnels et les pronoms relatifs. Toute expression après laquelle on exprime ou peut exprimer le nom, n'est qu'un adjectif. Bovillbt.
PROPAGANDE. Koxez Cdbistiahisiix , Clebo^ et MissioNiiAinBs.
* PBOPERCE (SxxTus Aurblius) ,.poète
PROP
PROP
élégiaque latin , naquit h Merania , ville d'Ombrie , aujourd'hui Bevagna , dans le duché de Spolette. L'opinion la plus vraisemblable et la plus communément reçue , fixe Tépoque de sa naissance à Tan de Rome 702 (52 avant Jésus-Christ). Fils d*un père proscrit avec les restes du parti vaincu , et même égorgé , dit-on , par Tordre d'Octave, sur Tautel du dwin César, le jeune Properce resté sans fortune , sans appui et sans autre ressource pour l'avenir , qu'un génie que lui-même ignorait encore , vint de bonne heure à Rome , et s'y livra d*abord k Tétude des lois et aux exercices du barreau. Mais quelques vers échappés à sa muse , au milieu de travaux et d'études si peu poétiques , lui révélèrent le secret de son talent , et le signalèrent bientôt au patronage de Mécène et aux faveurs souveraines dont il était le judicieux et politique dispensateur. 11 parait même que snn protecteur avait assez bien auguré de son génie pour ne pas craindre de lui imposer le fardeau d'une épopée, à condition toutefois qu'Auguste en serait le héros. Mais l'amour avait inspiré les premiers vers de Properce ; il demeura fidèle à sa vocation , et l'amoUr reçut constamment les tributs de sa muse. La reconnaissance , il est vr^i , mêla c|uelquefoi8 le nom du bien* faiteur du poète à celui de sa maîtresse chérie , de cette Cynthia , qui partage avec Lesbie et Corinne Timmortalité que nos Pamy et nos Berlin ont assurée depuis à leur Ëléonore et à leur Eucharis. Nous avons de Properce quatre livres à^élcgicê, plus admirées sur parole que véritablement appréciées , parce qu'elles sont généralement peu lues. Cette lecture en effet est une étude , souvent même une étude pénible ; et tandis que Tibulle et Ovide attachent et rappellent sans cesse et sans effort le lecteur. Properce le repousse fréquemment, parce qu'il le fatigue et ne tarde pas à le décourager. C'est que Tibulle ne parle qu^au cœur : Ovide intéresse l'esprit , tandis que Properce ne s'adresse qu'à l'imagination , il la suppose aussi ornée que la sienne. U faut être savant pour le goûter et même pour l'entendre; il suffit d'être sensible et d'avoir aimé pour retrouver dans Tibulle l'interprète fidèle de ses propres sensations. Une autre raison de la diffiôilté que présente Properce au commun de ses lecteurs , c'est l'état d'imperfection où se trouvait le manuscrit, d'après lequel il fut imprimé pour la première fois ' en 1472 ou 1473. Envaifi des savants tels
que Tumèbe, Muret, Passerat et quelques autres s>fibrcèrent de rétablir un texte, vicieux dans le principe et détérioré depuis par les prétendues corrections d'une critique plus hardie que judicieuse : en vain ,à des époques plus voisines de nous , Barth , Butmann II , Kuiooel , et tout récemment encore MM. Lachmann et Pottier , ont essayé de nous donner des éditions plus correctes :
Properce est resté hérissé de difficultés qui tiennent d'une part aux causes que nous avons indiquées , et de l'autre, au caractère particulier du style de l'auteur. Ces difficuU tés toutefois n'ont pas semblé invincibles à un assez grand nombre de traducteurs , et ^ pour ne point sortir ici des bornes de notre littérature , elle compte , en prose : la tra« duction de Delongdiamps , publiée d'abord en 1772, et réimprimée en 1802 ; celle de La Houssaye, 1785, de Piètre, 1801. Les élégies de Properce , réduites 2i trois livres, ont été traduites en vers par M. Mollevaut , Paris, 1821 ; et M. Denne-Baron en a donné une traduction plus complète et également en vers , Paris, 1825.
PROPHÈTES et PROPHÉTIES. (ReUgion. ) L'homme , créature intelligente et sensible , existe dans tous les points de la durée. Sa mémoire lui rappelle le passé. Le sens intime et les sens lui font connaître le présent , et il éprouve le besoin de se précipiter dans l'avenir par des conjectures que sa raison lui suggère , ou que lui inspirent ses craintes et ses désirs. L'homme ne trouve pas en«lui-même, ni dans la sphère de l'humanité, le moyen de satisfaire son insatiable curiosité. Les lacunes' et les obscurités de l'histoire le tourmentent : ii^n'est l'objet ou le témoin que de certains faits , et les con* jectures incertaines de son esprit sont bien loin de lui donner une pleine sécurité et une entière confiance. D'ailleurs sa curiosité , ses craintes , ses désh*s s'étendent au delà du temps, et ne sont pas toujours absorbés par les intérêts d'ici-bas. Il se consume en efibrts pour pénétrer les secrets du monde invisible t il veut découvrir son origine , tes destinées , après la saort , les desseins de Dieu sur lui durant cette vie ; et en se livrant à ces recherches et à ces efforts , il sent qu'avec le seul secours des lumières naturelles , sa raison et son cœur espèrent et se consolent tout au plus, sans atteindre jamais à une conviction inébranlable et à un repos parfait.
L'homme a cherché hors de lui-même et hors de l'humanité le moyen d'acquérir U
PROP
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eoiioaûsaDCQ du passé, du présent , de l'aveuir, que dos facultés nous refusent. Il a mi pouvoir la demander aux phénomènes de la nature , aux accidents de la vie , aux objets les plus futiles , aux circonstances les plus insignifiantes. Il a cru pouvoir la décounir dans les astres , dans le vol des oiseaux, dans le sein des victimes , dans le fond des toabeaux , dans les combinaisons des nombres, etc. Il a cru qu'il la recevait par le Tague du pressentiment , par les aberrations éa rêve , par les visions de Textase.
Diverses causes sont assignées à ces croyances : le panthéisme , le polythéisme , le fa- Ulisme , le souvenir plus ou moins confus d'iue tradition primitive qui apprend que le vrai Dieu a fait des révélations aux premiers bommef , et que sa providence veille sar le genre humain (1). Ces causes vraiteoibbblemeDt ont toutes plus ou moins cootribué à produire ces croyances , qui oBt exi5té dans tous les temps et chez tous les peuples.
Les noms de de%»in, de voyant, de />/*off»ite ( «^« mn^fù ) , etc. , étaient donnés à tous ceux qui prétendaient avoir sur le présent , le passé et Tavenir , des connaissances extraordinaires ; mais on se 'servait de préférence du nom de prophète pour désigner ceox qui faisaient profession de prédire Ta- Tenir.
Chez plusieurs peuples , la profession de dtvùij de voyant , de prophète, eUf. , était un privilège qu*uue classe particulière de la •ociété exploitait à son profit , ou dont la politique s'emparait pour le faire servir à ses intérêts. Les femmes en jouissaient comme les hommes. Dans certains pays , tout indi- TÏdn trouvait sa mission dans son audace et dans la crédulité de ses auditeurs.
Dans le langage de la théologie , la pro- M^ est la prédiction certaine d*nn événement futur qui n'a pu être prévu par des moyens naturels. Ainsi on ne reconnaît point de prophétie dans les calculs de Tas- Ironome qui annonce des éclipses , dans les pronostics du médecin qui présage la crise d'une maladie , dans les conjectures du législatear qui prévoit les effets de ses lob sur •on peuple. Mais c'est faire une prophétie q«e de rapporter avec précision , long-temps
) Toyes d-dessnt les artieles Évocation , IdolS"
^ • le quAb^me Tolame de VEssmi sur VintUffé'
'«•c», tl ]e% Heligiorts de V antiquité , «te., de
î* Creozer , tom. 1 , 1» parlie, inlroduelioa , etc.