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^venait la mesure légale dupatiioUsme ! Ausai 4a socîcto Tut-elle mcDacèe de dissolution.
L'Empire et le Saint Siège ont désolé riUlie pendant des siècles ^ en la forçant de se ranger sous Tétendard des guelfes ou -sous celai des gibelins. L*csprit de famille ailleurs n*a pas eu de moins déplorables résultats ; en France , la maison régnante et celle de Lorraine; en Bretagne, celles de Montfort et de Blois ; en Angleterre , celles d'York et de Lancastre; j)lu8 tard, celles d'Hanovre et de Stuart, ont partagé les peuples en deux classes , les proscripteurs et les proscrits. Telle est la triste destinée des guerres civiles, qu*elles moissonnent, en j«cus <livcrs , tout -ce qu'il y a de grand dans un pays ; les générations ne semblent j nai* tre et se«uccéder que<pour recueillir un bé* ritage de baines ; les bautcs vertus et les talents de premier ordre n'apparaissent nn moment dans la lice que pour j tomber , et mériter tour à tour nos larmes et nos regrets. Peut-être aussi le pbilosopbe qui , par ses méditations , remoulera des faits à leurs causes , sera en droit -de se dire que les grands génies dont il déplore la perte , doivent leur développement à l'exaltation même de répoque qui les aura dévorés.
Une ère plus beureuse se prépare , nous le croyons ; mais jusqu'aujourd'bui nous sommes obligés de convenir que les annales du genre bumain sont écrites en lettres de sang. Toutes les pages en sont marquées par des proscriptions. Sylla et son fougueux antagoniste, les deux triumvirats, surtout le dernier , n*ont pas laissé une maison sans deuil dans la ville reine du monde. Quant aux décemvirs , bien que proscripteurs , ils rendirent des services li leur patrie, qui leur dut un code appliqué plus tard aux sociétés policées. Si leur pubsance dégénéra en une sorte de tyrannie régulière , il faut s'en prendre li la difficulté d'arrêter une autorité de quelques jours dans de justes limites. De transitoire, elle deviendra bientôt permanente et étemelle. Le règne des Trente cbez les Atbéniens peut figurer dans ce sombre tableau, où le courage de quelques hommes, tels qu'Harmodius et Aristogiton, laisse une trace lumineuse. Que les Grecs .aient mis à prix la tête de Xerxès, nous n'aurons garde d'y voir une mesure de proseription. Attaqués dans leurs foyers , menacés dans llionneur de leurs femmes et l'existence de leurs enfants , avec la perspective d'une mort violente oitdes fers que leur apportait un des-
pote , auquel il manquait même le prétAcfe de réclamer des esclaves échappés à sa verge, les habitants du Péloponnèse rentrûent dans le 'droit de nature. Ici il n'y avait pas matière à invoquer celui des gens : où la force brutale prétend imposer le joug, tous les moyens de s'y sousiraire sont bons, liks que vous aspirez à réduire un peuple libre «n servitude , vous voulez sa mort civile et morale : dès lors à lui permis de vouloir la vôtre •eu réalité , puisque c'est par elle seule qu'il peut échapper à la destinée qu'on lui prépare. Les compagnons d'Ulysse n'ont pas encore été accusés d'avoir violé les lob de l'hospitalitc à l'égard de Polyphème : l'antre du cjrdope est partout où Ton opprime l'espèce humaine*
Nous l'avons déjà remarqué, la révolotioB française a eu ses listes de proscription. Plus 4l*une fois , Ton eût pu adresser aux pro- -scripteurs les paroles écrites sur les tablettes -que Mécène fit parvenir à Octave , livré au aoin de st% vengeances: Surge, carmtfex; « lève-toi ,<boiu'reau. »
On est convenu asses généralement de voir dans les prêtres et les émigrés de cette époque une classe de proscrits. Tout en accordant l'intérêt dû à l'une <les plus grandes infortunes qui aient pesé sur nos semblables, nous croyons pouvoir relever ici une inexuolitude , puisque , sans attendre que le sort des partis en présence fût fixé par la victoire , les nobles de cour et de province , acceptant un exil volontaire , mais dont lo terme était très-rapprocbc à leurs yeux , «e mirent en quête d'auxiliaires , auxquels iU devaient ouvrir les portes de la France ; pour n'avoir pas voulu subir la loi du pays , loi qu'il leur était plus facile de modifier de près que de loin , ils ne sauraient être cod«> sidérés absolument comme les victimes d'an« proscriptiou. Tout au plus auraient-ils II réclamer ce titre douloureux , s'ils n'avalent pas abandonné leurs foyers avant qu'au mépris des serments -réciproques , la premiène constitution eût été détruite. Jusque-U ils ne seront aux yeux de l'impartiale histoire que des mécontents , jaloux de leurs antiques privilèges , et asses peu instruits pour attacher 2i .leur retraite une importance qu'elle n'avait pas. Placés dans les rangs des ennemis , ils ont été traités comme teb. En se joignant à eux , en quittant le tronpeaa qui lui était confié , le haut clergé mécomini êtM devoirs ; il renonça à son caractère rellgieux pour revêtir ua caractère politique ;
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k branche d*oliTier échappa àê m main , tooi élonB^ de tenir le glaive det bataille». Les échafauda Tattendaient en France , dira-t-on. Soit, niait nous pourrions répondre à des ccojants que la mission de leur divin maître y après avoir conunencé à netbléem , ne dut finir qu*à Golgotha.
Les républiques anciennes ont eu leurs colores comme las despotes. L*ostracisme était uue punition mitigée , une sorte d'ejûl temporaire. On y était entraîné par le sentinaent de cette inquiétude ombrageuse qui Toît partout 1» liberté en péril, plus souvent par envie et par légèreté dans^les haines et dans les attachements. Thémistocle fut banni à titre de ciloven dangereux parmi des compatriotes qui ne veulent reconnaître d*autre maître que la loi; Aristide le fut par de»
hommes d*une vertu trop peu robuste pour consentir à garder prés d*eux un mérite supérieur. Si 1 on en juge par le vote dont il consentit à être lui«méme Técrivain, on pour* rait dire qu'il fut la victime d'un caprice assex ordinaire parmi les chroniques athéniennes. Le bannissement prononcé contre Hjperbolus mit un terme à ce genre de proscription ; Alcibiade et Nicias, en se concertant pour frapper un être nul , de Tarme aiguisée contre eux , vouèrent Tostracisme au ridicule. De ce moment , il cessa d*étre à craindre pour les grands citoyens.
Si les républiques ont en elles un principe de jeonesse , si elles se font remarquer par des gr&ces naïves et des senlimenls généreux , elles sont aussi sujettes aux emportemeuts du premier Age. Dans leurs crises orageuses , elles ne respectent ni les cheveux blancs du vieillard , ni Tenfant au berceau ; la tombe même ne sera pas à Tabri de leurs coups. Phocion aura bu la ciguë ; ses os n'en seront pas moins chassés du territoire de TAttique , et ils blanchiraient à rinjure du tenyps sur la limite étrangère qui Ta les recevoir, si une pauvre femme de Mégare ne leur donnait pieusement l'asile de ses ibjers domestiques. Lisez. Homère :
les rois qu'il passe en revue ne sont que les ^e€i de peuplades républicaines , toujours prêtes à s insurger et à s'entre- détruire.
C'est répoque des proscriptions individuelles. Aussi s'efforçait-on de demander aux crojapéct religieuses le correctif de cet abus de la force. Les bannis , les fugitifs et les suppliants étaient placés sous la protection des dieux ; les droits de l'hospitalité étaient aussi sacrés dans la Grèce qu'ils le sont en-
core anjeurd^hui dans la Corse , terre clas-^ sique des longues inimitiés. Jupiter en était le gardien ou le vengeur. Partout où les hommes seront impitoyables , le, malheur intéressera le Ciel à sa cause : de façon ou. d'autre , il faut que les cœurs s'amollissent : c^est la loi de nature.
Nous avons vu la démocratie , le niveai^ dans une main , le glaive dans Tatitre , immoler ce qoVUe a de plus illustre à ses propres inquiétudes. Le despotisme et l'oligarchie promènent aussi le niveau sur le sol qui leur est soumis. Ils ne veulent rien qui s'élève. De même que , par forme d'avis , Tarquin coupait de sa baguette les têtes de pa^ votssuréminentes dans ses jardins 4* Antium , le Grand-Seigneur enverra le cordon h ser vézyrs et à ceiix de ses pachas qui lui font ombrage ; Charlemagne proscrira les Saxons eu masse; Philippe II n'épargnera pas plus les Belges que sou propre fils ; ^ Venise , le doge Foscari bannira le sien ; Zéno et Carmagnolo paieront , l'un de sa liberté , l'autre de sa tête, les services rendus par eux à la république, et Ton verra disparaître un concitoyen qui Ta tirée d'un grand péril , en apaisant une sédition où le peuple allait peutêtre se ressaisir de ses droits usurpés , tant le noble sénat craignait d'avoir àrécompen-r ser , et par conséquent à rendr^ plus consii dérableun homme obscur qui lui- avait été utile , mais dont il no savait plus que faire !. Il fallait mourir sous les plombs , quand \% conseil des Dix ou les trois inquisiteurs de rÉtat , en se servant du canal , ne jugeaient pas à propos d'y mettre plus de promptitude.
Les proscriptions auxquelles se livre le peuple sont rapides comme la foudre. On peut dire de lui qu'il tue vite. Il se presse , car il n'a pas de lendemain. Avec lui vous êtes sauvé , si vous échappez à sa colère du moment : il vous oubliera ou vous pardonnera. Avec l'aristocratie . n'attendez rien de pareil : elle n'oublie , ni ne pardonne. Son temps est h elle , sa haine aussi ; elle en tirera bon parti. De près ou de loin , vous ne lui échapperez pas; elle irait vous chercher au bout du monde. Si elle ne vous assassine pas , comme les deui Gracques, le poignard à la main , elle le fera juridiquement avec des commissions e^ des cours prevùtales.
Ainsi fut condamné La Chalotais sous l'influence de deux factions , celle des jésuites et celle des hommes de cour.
. Plus la proscription s'attaque à des esprits fermes et k des Âmes fortement trempées^
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pliM cUb Mra violente et cruelle. PeiMfont la république et eti »ortaat de hi république , on ne pourait régner • Rome qu'en «leBkan^ dant des têtes. Antoine et Lépide 6>n accordèrent mutuellement , et pour avoir celles de INonde de l'on , du frère de Tautre « OC' taye donnera celle deCicéron, qu*il a nommé aeo père. Il faut en couTenir , la Grèc^ ancienne a eu ses proscriptions ; mais , en barbarie , elles sont loin d'égaler les atrocités dont les rives du Tibre , même avant les empereurs , ont été le tiMfttre. Cest dans les mœnrs des deux pays qu'il faudrait cher»
cher la cause de cette différence. Ils n'ont eu ni les mêmes fêtes ni les mêmes spectacles. La distribution du peuple en diverses dftsses de citojrens, cheirnn , était loin d*être fiivorabie aux vertus paisibles et hospitalières. A la loAgoe,ramb}tioa du sénat romain avait dû s*in(lltrer dlins toutes«les artères du corps de la nation; et Ton sait qu'entre les passions qui agitent le sein de lliomme ^ Tambitioii est la plus sourde à la voix de la démence*
Voilà auisi àqnoi il faut imputer le caractère odieux des proscriptions du moyen âge et de celles dont notre histoire a conservé le souvenir sous les rois des deux premières rftces'et d'une partie de la troisième , aujourd'hui assise s«r le trône. Alors les possesseurs de fieft et de terres , soit qn^b les tirnsent de ia couronne , soit quils les dussent à leur épée, necounaissaientd'autre exereiceqne celui àei armes. L'exbtence domestique n'ayant à s^occuper que d'un petit nombre de besoins, cdui du pouvoir devenait le plus in^>érient.
Cest vers ce but que se dirigeaient tous les e€brts ; c'est dans ce sens que s'exaltaient toutes les forces du corps et toutes les facultés de r&me. Mais l'Ame ne pouvant être distraite de son objet chec le rival que l'on avait à craindre , c'est le corps qu*il fallait tuer ou enchaîner ; car la victoire était à ce prix. Au défaut du bourreau , qu^on ne prenait pas toujours le temps d'appeler, le fer d'un as^ sassin devenait donc un iirgumenft péremp* t»ire,ainri qu*il arrivait sur le pont de M onterean; oo bien Vmn de Locustes dltalie épargnait à un prince ambitieux l'embarras dhme procédure dont les suites eussent été donteuses. ,
Plus tard , anxapprpches du dix-septième
siècle , les proscription» furent moins nom-
. breuses , parce qu'elles furent moins néces«
saires. La vie de famille commençait àêlre
occupée ; de» intérêU ^ven s'atUehaient à
celle de Itiomoie itudienx, du manofactitfler et du négociant* La richesse du fief passait dans les ateliers et dans les comptoirs. Aussi, lorsque les rois de France venaient à rencontrer quelque résistance dans les parlements , dans les États provinciaux ou dans leur propre cour , rarement ib recouraient à la hache on aux supplices. Ils respectaient la vie , parce qu'elle notait plus assez énergique pour se faire craindre. -A des mutins à talons rouges, un regard de mécontentement on l'interdiction de Tceil-de^bœuf ; à des periM>nnages parlementaires , une translation à Blois ou h PoBtoise; à des gcntilshommea bretons , parce qu'ils avaient plus de carac* tère , le fort Saint-Michel ou la Bastille :
tels étaient les ressorts les plus rigoureux de l'ancienne monarchie , et ils suffisaient ordinairement il set besoins. Les proscriptions se ressentirent de la mollesse des moeura :
proportionnées à la résistance , elles duraient autant qu*elle ; quelquefois même elles reculaient devant elle. Presque toujours elles finissaient avec le ministère qui les avait voulues. C'était par oubli et non perayatème qu'on restait à la Bastille.
Nous ne prétendons pas ici excuser tes mauvais traitements exercés coiili« les citoyens , à raison de leurs actes on de leur»
opinions dans un État despotique ^ si toa«^ tefois il peut s^ trouver des citoyens. Pour nous , ce sera toujours de la tyrannie ea action , dfcs que Ton se passera du ministère de tribunaux indépendants et légalement institués. Si la tyrannie , se ooïkbrmant à ses propres besoins à mesure qu^le traverse les ii^a , revêt des formes moine acerbes , si elle est , dans son intérêt même , plus économe de sang , nous ne poovous guère lui en savoir gré. C'est une mé-»
cessilé qu'elle subit , sans perdre le carae* tère qui lui est propre. Louis XIV, jugeant le surintendant Fouquet , et le faisant condamner par une c!bmmission à périr dans un cachot , n'est pas asoins proscriptenr qne lonqolil ordonne des dragonnades centre ceux de ses sujets qui diffèrent avec lai d'o« pinions religieuser* L'ordre de nos idées vient de nous amener sur un nonvean terrain ; è'eat celai des proscriptions dont un sentiment inné eu coBur de l'homme a été la cause en le prétexte. Choae non moins étonnante qee déplorable , ce qui devrait le mieex réunir les peuples et les engager 4 se tesidre le main en témoignage de leur fraternité , a partagé notre espèce en plesîeors «esepa
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tnnemis I Tour à tour protcriti et |)ro«criptean , presque tous les cuUei ont pourtuin avec le fer et le feu de simf^t distidencet.
En réclamant pour soi le droit de croire, on a youlu riuterdire violemment à autrui. Ja- ■lais le délire de la raison humaine n^est allé plus loin. Les îatcréis s*en tendent et se conciUeottous les jours ; les opinions reUgieuaes, jamais. La cause en est facile a trouver : elles ne rivent que par la foi , et la foi , par es- •eoct , ne cessera d'être exclusive. La toIé* rance en pareille matière , ^ moins qu'elle |ie fût accompagnée de beaucoup d'insiruotiOn, attesterait une grande indifférence.
Mats la proscription de la pensée menant inévitablement à celle des personnes , les Ibommes qui , en vertu des lois dé leur orgaaisalioa et de la variété des dimatures , différeront toujours d'aperçus et de sentiments, ont été frappés du plus grand fléau qui pût les atteindre , partout où un culte domina* teur s'est trouvé armé de la force publique.
Si des barrières infranchissables avaient été posées entre le pouvoir temporel du ma* giatrat et le pouvoir spirituel du prêtre ; si Tautmté civile ne fléchissait presque ton* jours devant l'autorité ecclésiastique dans les pajs de fortes crojances , les proscriptions religieuses , «enfermées entre les murs du temple , n'eussent point troublé la pais des peuples. Tout au plus un refus de participation auK mystères et à la prière corn* mone en eût été la suite ; mais les gouverne* ments, considérés dès leur berceau , ne pouvaient échapper à leur tendance naturelle.
Il fallait prendre de la force quelque part : aussi les premiers législateurs partout ont parlé au nom du ciel , et le système politique s'est trouvé tellement lié au système religieux , que le Utmum et l'épée du commandement ont été placés dans les mêmes maina. Or, la pensée et l'intention apparteitant au domaine des choses divines , on s'est cru en droit , dès ici-bas , de procéder è leur investigation , de les suivre au fond des coeurs , de les y atteindre , et de les immoler avec un fer sacré. L'inquisition date donc d'une époque antérieure au christianisme. Toutefois, nous ne saurions nous dispenser de reconnaître que , par une cor* ruptson de ce qu*il y a de meilleur, elle y a trouvé des armes et des moyens de persécutien contre l'espèce humaine. Ainsi le culte non sanglant d'un Dieu pacifiqae a eu , dans presque toute TEurope, %9ê prisons, ses bourreaux , ses toftums et tes viotimes. Le
saint-ofiîoene pouvant se dissimuler ce qu'il y avait d'attentatoire à l'ordre social dans le pouvoir dont il s'emparait , se bornait à déclarer les prévenus coupables d'hérésie , et H laissait k Tautorité civile le soin d'exécuter les sentences de condamnation ; détestable hjpocrisie, puisqu'il n'ignorait pas que les magistrats , tremblants eux-mêmes devant son tribunal on affiliés à ses statuts , con* sommeraient bientôt l'homicide !
L'excommunication religieuse, à parler exactement , n*eût dû être que l'abandon , par l'Église , de l'un de ses fidèles. Le bon sens le voulait ; mais malheureusement les choses ne se passeront ainsi sur la terre qu'aux jours où les préceptes , dont le germe a été déposé dans leè écrits des sages , auront porté leur fruit. Dans un système defoi exclusive , qui ne sait que , lorsque le prêtre prodame une dissidence , il jure une haine 5 que lorsqull maudit , il tue dans son cœur ? Constitué par état roi de la pensée , dès que vous ne penses pas comme lui , il vous juge en rébellîon. L'histoire des deux mondes jusqu'au dix-huitième siècle dépose de cette vérité , tellement que si le christia* nisme , depuis cette époque , ne s'était relâché de ses rigueurs , on l'eût pu accuser d'avoir fait couler plus de larmes que n'en a séché le charme de sa morale et de ses consolantes promesses.
Il semblerait que le privilège de la proscription entrât dans les destinées de Rome , deux fois maîtresse de|l*univers , deux fois toute puissance par le glaive acéré de ses soldats et par le glaive de la parole , quand celle-ci a retenti des sommités du Vatican.
Sans nous enfoncer trop profondément dans les ténèbres des anciens ftges, nous allons' donner un coup d'œil rapide aux effets produits par cette dernière.
En 996, Robert de France, fulminé par Grégoire V , trouve à peine deux serviteurs qui aient le courage de donner des soins à sa personne ; encore prennent-ils la précaution de se préserver, par le feu et l'eau, d'un contact qui les exposerait k une souillure canonique. Quel crime avait-il commis ? Il avait épousé Berthe, fille de Conrad , roi de Bourgogne , sa cousine au quatrième degré.
En 1078 , HHdebrand . connu sons le nom de Grégoire VII , force l'empereur Henri IV de s'indimer à ses genoux , et d'y déposer un diadème , dont il doit le dépouiller plus tard , après l'avoir avili.
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En 1200 , Lothalre Conti , du nom dlnnocent III, proscrit en maue les Albigeois retirés dans le Languedoc , et dévoue Philippe-Auguste au fer des meurtriers.
En 1294, Boiiiface VIII commence son pontiGcàt par la proscription de son prédécesseur, dont TEglise célèbre aujouiti'hui la fête.
En 1376 , Grégoire XI lance une sentence d*extermination contre les Florentjus.
En 1383, Urbain VI et Clément Vil se proscrivent mutucUcment : l'un prêche une croisade contre la France ; loutre fulmine une bulle contre les Anglais.
En 1431, les Hussites sont frappé» d'un semblable anathème par Eugène IV, qui ordonne de leur courir sus , de manière que la mémoire en toit à jamais abolie.
En 1535, François 1*' proscrivait Calvin , et en 1553 j Calvin, toujours pour opinions religieuses, faisait expirer le médecin Servet dans les flammes.
En 1572, Charles IX prononce à Paris Tarrél de mort des protesUnU; mab la teille du massacre , Grégoire XII frappait une médaille en l'honneur de cette journée , et quelques jours après , il en rendait grâces au ciel dans une bulle et par une procession solennelle.
En 1534, après avobr simulé pendant six ans le zèle de la réforme , Balthazar Gérard assassinait Guillaume, prince d'Orange; Philippe II , anoblissant la famiUe de ce fanatique, rexemptait de la uille; ce ne fut qu*après les conquêtes de Louis XIV qu'elle fut rétablie au rôle , par Varole , intendant de la Franche-Comté.
En 1589, le dominicain Jacques Clément enfonce le couteau dans les entrailles* d'un roi de France : Sixte-Quint prononce Téloge du meurtrier en plein consistoire.
En 1610 , Henri IV tombe également victime d'une proscription religieuse , qui se renouvelle en 1757 , sur son petit-Bis , Louis XV.
Nous nous abstiendrons de grossir cet aperçu sommaire. Les proscriptions religieuses touchent âi leur fin ; mais il est bon que Ton conserve la mémoire de celles qui ont aflligé Tespèce humaine : ainsi , le poteau planté sur les grandes routes., à la place même de Thomicide, inspire au vojageur rhorreur du crime qui y a été commis.
Quant aux proscriptions politiques, indépendamment de la sentence prononcée contre elles par une saine morale et par un
sentiment vraiment religie«x , nous dirons*^ qu'elles hAtent toujours les progrès de la* cause à la défaite de laquelle on les emploie. En matière de religion , brûler n'est pas répondre ; dans k lutte des citojent qui ont des droits à défendre , les écbafauds n'ont pas plus de vertu. Les parties s y traînant tour à tour, leur propre intérêt leur conseille de s'appeler devant un autre tribunal plus régulier que celui de la force brute et sauvage dont le sceptre est à peu près brisé^ en Europe. La violence n'a qu'un temps-; tôt ou tard elle a ses réactions ; d'ailleurs , elle répugne essentiellement à l'esprit dusiècle actuel. La modération du caractère est un des premiers titres que Ton puisse faire valoir aujourd'hui , qnand on aspire aa gouvernement des hommes. Si' quelque chose avait dil écarter le président Jackson du fauteuil qu'il occupe en ce moment dans l'Amérique du nord , c'eût été 1 idée que l'on t'était formée de son humeur belliqueuse :
aussi un de ses premiers soins , quand il est parvenu au pouvoir , a-t-iVété d'effacer, par iei actes et par ses écrits , les objections éle* vées contre lu» sous <;e rapport. L'estime du monde policé est à ce prix. Quand on considère ce mouvement rationnel, Ton ne peut s'empêcher d'y reconnaître un grand perfectionnement social. Malheur à celui qui ne È^j conformera pas ! Dana son aveugle imprévoyance , il peut essayer de la proscription | mais , à coup sûr, c'est une arme qui se brisera dans sa main , si elle ne se tounie contre lui-même.
f^oyez rexcellent ouvrage de 11. Bigoon tur lee Proscriptions t en deux rolames in-8« , et Téerfl non moins recommandabte de M. Gnisot , sur la Psin^ ds mort en matière politique, yoyez ensfl , dans c« Diclionnaire, les moU Amnistie , AsBiTSAtax , AanTOcaA.Tn, Gulti, Despotisme , Police , Pax-
VéTALES (GoUM) et A£jOIME BELIMEDSE.
KiftÀTET.
* PROSIMUS ( Jiah4)oii»iqub ) , professeur de métaphysique à Messine , sa patrie, où il mourut en 1651, avait exerce d'abord la médecine à Naples , et s'était fait une grande réputation d'habileté dans cet art. Son ouvrage le plus considérable a pour titre : dejaueium et gutturis anginosis ul^ eeribuM med, Consultatio , Messine , 1633 , in-4».
PROSODIE. (Grammaire.) Ce mot désigne, à-la-fois une certaine manière de prononcer , par laquelle on marque l'accent et la quantité propres à chaque syllabe , et U
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^rtie de la grammaire qui traite ée cette aanière de prononcer.
D'Olivet , dans son Traité de la prosodie française , dé6nit la prosodie : «Cette manière de prononcer chaque sjrUabe régulièrement y c*est-à-dire , suivant ce qu'exige chaque syllabe prise à part , et considérée ilans ses trois propriétés , qui sont Taspiration , Taccent et la quantité, b L^auteur de Tarticle Pbosodib dans V Encyclopédie dé-> montre que Ton ue doit pas faire entrer dans la prosodie Taspiration, qui n'est , à proprement parler , qu'une articulation , et qui , étant marquée dans la plupart des langues par une lettre particulière, \h, n'appartient par conséquent qu'à la lecture,
Considérée comme une certaine manière de prononcer , la prosodie est une espèce de iCbant ajouté à la Yoix; c'est un intei*médiaire entre le chant musical et une prononciation entièrement monotone , comme l'est «à pea près la n^tre. « La différence qu'il y a entre l'accent prosodique et l'accent musical «dit Duclos dans ses Remarques sur la prosodie de d'Olit^et , c'est que l'accent musical ne peut aujourd'hui élever ni baisser moins qoe d'un demi-ton , et que le prosodique procède par des tons qui seraient inappréciables dans la musique, par des dixièmes f des trentièmes de tons. Il j a , ajonte-A*il, bien de la différence entre le sensible et Tappréciable. »
Cette manière de prononcer , qui consti* tue la prosodie , varie prodigieusement selon les langues. Quelques-unes > les langues anciennes surtout , ainsi que les langues des paja méridionaux, sont très • prosodiques.
I>*aatres , comme la nôtre , manquent presque entièrement de prosodie. En français , Doiu n'avons pas d'accent , ou , si nous en avons , il est placé si uniformément sur la dernière sjUabe , qu'il ne produit aucune rariété dans la prononciation. La quantité eat à peine marquée chez nous ; et cette propriété des Toyelles , qui chez les anciens faisait la «base de la versification , qui donnait tant -de prix au nombre oratoire, est maintenant presque entièrement négligée dans la poésie comme dans l'éloquence. L'abbé d'Olivet a entrepris , il est vrai , dans son Traita de poésie française , de trouver dans notre langue un système complet de quantité ^ et de la soumettre à des règles fixes ; mais eet essai a plutôt prouvé en faveur de Tesprit ingénieux de l'écrivain que de la Vé-. rite do fait.
11 est à remarquer que les langues sont d'autant plus prosodiques , qu'elles sont plus anciennes , ou qu'elles sont parlées par des peuples plus vifs , plus démonstratifs , et chez lesquels le geste domine encore beaucoup. Condillac, dans son Éloge sur l'ori»
gine des connaissances humaines , ouvrage plein d'excellentes observations sur la philosophie du langage, explique d'une ma* niére assez plausible la naissance de la prosodie et le rapport constant que l'on remarque entre le développement de la prosodie et celui du geste. « La parole , dit- il*, en succédant au langage d'action , en conserva le caractère. Cette nouvelle manière de communiquer nos pensées ne pouvait être imaginée que sur le modèle de la première.
Ainsi , pour tenir la place des mouvements violents du corps , la voix s'élève et s'abaisse par des intervalles fort sensibles. Chacun peut éprouver par lui-même qu'il est naturel à la voix de vaVier ses inflexions , à proportion que les gestes le sont davantage. • ( Essai, part. 2, sect* 1 , chap. 2, etc. }
Considérée comme science, la prosodie traite non-seulement de l'accent et de la quantité de chaque syllabe prise k part, mais aussi des effets qui résultent de ces deux propriétés de la voix , du rhythme qui naît du mélange habile et de la succession régulière des tons graves ou aigus , des syllabes longues ou brèves; de même que la musique , qui n'est à proprement parler , selon l'abbé d'Olivet, qu'une extension de la prosodie, ne se borne pas à enseigner les divers tons et leur quantité caractérisée par les blanches , les noires , les rondes , etc. , mais elle enseigne encore les différentes mesures qui doivent régler le chant, les propriétés des différentes pièces de musique qui résultent de la combinaison des notes.
Les éléments essentiels de la prosodie ou de la prononciation musicale sont, comme on l'a vu dans la définition que nous en avons donnée , l'accent et la quantité. L^accent est l'élévation ou l'abaissement de la voix .sur chaque syllabe ; la quantité est le temps plus ou moins long qu'on met h la prononcer. Comme la voix peut ou s'élever ou s'abaisser , ou bien s'élever et s'abaisser successivement sur la même syllabe , on distingue trois sortes d'accents .* laigu , par lequel la voix s'élève; le grave, par lequel elle s'abaisse ; le drconfleze , par lequel elle s'élève et s'abaisse. On les marque dans certaines langues , en grec par exemple , par
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«les signes particuliers, qui reçorrenl aassi les noms d'aigu (' ) , de grave ( * ) , de circon«flexe (a). Comme on peut aussi prononcer une syllabe ou rapidement ou lentement, comme les mêmes syllabes peuvent se -prononcer tantdt lentement , tantôt rapidement, on distingue également trois sortes de sylla*bes , en les considérant sous le rapport de la quantité , les brèves , les longues ,- les douteuses ou ad libitum. Les brèves sont désign<?es par le signe ( o ) 9 1^ longues par (-) , les douteuses par ( TJ ) ou ( V ). On sent combien ces indications sont vagues , combien il doit y avoir de degrés entre le ton le plus élevé et le ton le plus bas, entre la prononciation lu plus rapide et la plus brève. On ne s*est sans doute arrêté là qu'à cause de Textréme difficulté de remarquer des nuances trop .délicates.
Ces deux propriétés du son , l'accent et la ' quantité , n'ont pas , dans la prosodie de toutes les langues , la même importance. Il est certaines langues dans lesquelles Tbarmonie dépend plutôt de la quantité ; d'autres où eil^ dépend surtout de l'accent (l'anglais ) ; d'autres enfin ou la quantité et Taccent doivent être également pris en considération ; telles sont les langues anciennes. Cependant les traités de prosodie latine et grecque usités dans renseignement s'occupent presque exclusivement de la quantité. La raison en est sans doute qu'on y a plutôt pour but d'enseigner à faire des vers qu'à prononcer régulièrement , et que dans la versification des anciens la quantité joue le principal rôle.
La prosodie ainsi circonscrite , traite successivement de la quantité de cbaque syllabe et des variations qu'elle peut subir ; de la combinaison des syllabes de diverses quantitt's , d'où résultent les pieds ; de la combinaison des pieds , d'où résultent lea difiièrentes sortes de vers ; de la combinaison des vers de différentes sortes , d'où résultent les divers genres de strophes et de poèmes. Les régies . qu'elle établit sur chacun de ces points varient selon les langues. Nous ne pouvons les indiquerici , et nous renvoyons aux grammaires de cbaque langue, auxquelles est généralement annexé un traité de prosodie et de versification.
Les prosodies les plus répandues dans les collèges sont celles de Le Chevalier^ Rey « Boinvilliers , Noël , Aubert-Audet, Lefranc et Leûeur , Veissier-Deacombes , CabareU Oupaty. 11 est nécessaire, pour compléter les notions qu'elles donnent , et qui se bor-
nent en général à la quantité des syllabes et aux difiiérentes sortes de vers , d'y joindre les traités de versification latine que nous devons à MM..Planche etQutcherat. Ce dernier surtout nous parait très-propre à initier les élèves à l'art de la composition poétique.
Bebtos. '
* PROSPER (Sàikt), dit cfAquUaine, était né dans cette province en 403 , selon l'opinion la plus commune. Il vivait encore « en 463. Sa fête est célébrée par l'Église le 25 juin. Ses ouvrages ont eu un grand noneibre d'éditions : les meilleures sont celles de Pari», 1711, in*fol., et de Rome , 1752 (c'est sur cette dernière qu'à été faite «elle de Paris, 1760, ainsi que la traduction française, ibid., 1 762 , avec des note*).— Pbos- PBB TiBO , poète , que l'on a. souvent confondu avec le précédent , était né dans les Gaules , et peut-être même dans la province d'Aquitaine, vers la fin du 4* siècle. On a sous son nom une chronûjue imprimée plusieurs fois à la suite de celle de saint Prospcr , dont elle n'est guère qu'un abrégé ; mais elle en diffère par plusieurs passages qui semblent prouver que l'auteur partageait les erreurs du semi-pélagianisme.— Paospnn d'AfrUfuey ainsi nommé du lieu de sa naissance , ilorissait dans le 5» siècle. On présume qu'il se fixa , e» Italie. U est auteur de divers ouvrages attribués à saint Prosper d'Aquitaine , et imprimé dans le recueil de ^ ses ouvrages , tels que le Traiié dm la vocation des gentils , etc.
* PROSPER-ALPIN. ^o^ez Alhsi.
* PROST ( Jbav-Clauob ) , surnommé U capitaine Laeuson , né à Longchaumois , près Saint-Chiude , fit la guerre de partisan pour l'Espagne en Franche-Comté , de 16^ à 1659. La terreur qu'il avait inspirée aux habitants de la Bresse jurassienne était si grande qu'elle a perpétué jusqu^à nos jours une oraison par laquelle Dieu était prié de les préserver de deux fléaux : le capitaine Lacusoo et la fièvre. Cet aventurier défendit successivement , contre les années de Louis XIV, les principaux châteaux du premier plateau' du mont Jura , et alla mourir au siège de Milan , dans les rangs espagnols.
* PROST DE ROYER ( Avt.-Fbavç. ) , lieutenant-général de police à Lyon, né dans cette ville en 1729, se montra administrateur habile, magistrat désintéressé, et était de son temps le seul homme à Lyon qui connût le droit public. Après avoir né-*