‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 46 sur 135 · PYRO · texte numérisé non relu

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«enre 1« nom de pyromètre à ceux qui sont propres à faire connaitre les tempéralores extrêmement élevées. Nous ne possédons <iu*un seul insirument de ce genre qui puisse donner des mesures comparables à celles fournies par les autres tkermomètres ; c*est le pjromètre de Wegdwood. Il n'en est pasde néaM des instruments qui serrent à indiquer que les fours ou les faauts-foumeauz ont aequis une chaleur convenable; ceux-là pea?ent être très-moltipliés.

{•e pjrromètre de Wegdwood est basé sur la propriété que possède Targile de diminuer de volume au fur et à-^nesure qu'on la soumet à une température pius élevée. Un petit cylindre d'argile de 12,7 millimètres de largeur , de 14 à 15 millimétrés de longueur , un peu aplati d'un côté et fabriqué avec de Targile Ûandte de ComouaiU^, mêlé h moitié de son poids d'alumine pure , est la partie la plus importante de Tin^rumcnt.

La seoon^e pièce de lappareil consiste dans «ne plaque en cbivre , sur laquelle sont soudées deux règles de même méUl de 609,592 millimètres de longueur , et laissant entre «Ues un écartement de 12,7 millimètres à nne eitrémité , et de 7^2 millimètres ^ Taotre. L'espace qui les sépare porte le nom àe jauge. L'une des règles est divisée en 240 degrés ; chaque degré comprend 72o du thermomètre ordinaire , et le zéro de l'instnimeot correspond à une température de 580» 55 do thermomètre centigrade. Cet insftr«nent étant principalement destiné à 6tire connaître à quelle température la fusion d*un corps a lieu, on jette dans le creuset on elle s'opère le morceau d argile , on l'y laisse séjourner pendant quelque temps, et on Ten retire pour l'introduire immédiatement dans la jauge. Le point où il s'«rréte indique la température du liquide dans le- ■qoel il A été plongé. Soit, par exemple , le îer en fusion : l'arme s'arrêtera uu 130* degré, et au i60«, si c'est le manganèse. Cet Instrument offre des imperfections dans le détail desquelles La nature de cet ouvrage ue nous permet pas /l'entrer.

M.^Brongniart emploie à la manufacture de Sèvres cm pyromètre qui consiste dans une verge de platine fixée a une extrémité dans le sol du fourneau, et pouvant faire mouvoir par l'autre un levier coudé terminé par une aiguille. Lorsque , par la chaleur , la verge de platine vient li s^alowger , elle imprime un mouvement de bascule à 1 extrénité du levier, et l'aiguille parcourt sur

un arc de cercle des degrés qui y sont tracés. On juge que la température du four est suffisante , quand raiguille s'arrête a un point déterminé. Ce pyromètre ne fait donc connaître que la température convenable à la cuisson complète de la porcelaine.

On pourrait encore concevoir un pyromètre k air formé par on tube de platine capillaire ûné à une extrémité, traversant les parois d un four et venant s'ajuster à un tube recourbé en U , dans Tintérieur duquel se trouverait du mercure. L'air dilaté exercerait une pression sur le mercure , qui monterait d'un certain nombre de degrés dans la hranche B du tube (vojrez la seconde livraison des planches ) , et qui indiquerait des variations de température propres à ménager des quantités de charbon souvent trèsconsidérables , dans les manufactures où .

Ton est obligé d'entretenir un feu continuel. OaFiLA et Dbvirgib.

PYROTECHNIE. ( Technologie,) Ce nom , composé de deux BM>ts grecs . signifie l'art du feu , lart de se sd^vir du feu. L'art de rAaTiPicisa , que nous avons décrit , n'est qu'une faible portie de celui qui nous' occupe , et sur lequel on n'av»it pas de notions bien exactes avant le commencement de ce siècle. Le savant et infatigable Cutaudau a ouvert la carrière de l'application des sciences exactes à l'arf de faire le feu , dans la vue de tirer du même combustible une plus ' grande c](uantité de calorique , et de le con- -server dans l'appartement avec la moindre déperdition possible. Les nombreux mémoires qu'il a fait imprimer dans le Journal de phjrsique f et dans les autres journaux consacrés aux sciences et aux arts, témoignent en faveur de ce savant , qui a fait faire un pas immense à l'art de construire les fourneaux . les poêles , les cheminées , et tous lei instruments destinés à répamlre et à conserver la chaleur avec la moindre dépense possible. C'est lui qui n donné l'éltm ài tonfes les recherches et à toutes les découvertes dans ce genre qui honorent notre industrie.

lies l^csamod , les Laumont , les Chassenot , et une infinité d'autres qui sont venus après lui , ont .mis X profit la théorie qu'il a si bien développée dans les ouvrages dont il nous a enrichis, et dans les travaux qu'il a fait exécuter , dont le plus important , san^ contredit, se voit encore à rimprimcirle royale. Il sert k échauffer ce vaste établissement, et surtout la très -grande ptbce dans laquelle on fait sécher le papier.

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Mais écoutons parler Pa uteur lui-même :

« La plupart de ceux , dit-il , qui se livrent à ces différents genres de construction, conduits le plus souvent par une aveugle routine, et dépourvus de connaissances physiques et chimiques suffisantes pour se rendre raison des phénomènes qui accompagnent toute espèce de combustion , négligent de prendre des précautions essentielles , qui , en assurant à leurs constructions un eflet plus certain, offriraient encore Tavantage d'obtenir avec une moindre quantité de combustible une chaleur beaucoup plus intense.

» Ce qui se passe dans la lampe d'Argant et dans celle de Témailleur a servi de base à mon travail. En examinant avec attention TefTet de ces deux lampes , j'ai reconnu que le plus grand foyer de chaleur réside seulement à Textrémité du jet de la flamme , et que son intensité est toujours en raison de la^ rapidité de son jet.

» Guidé par celte simple observation , j*ai cherché à en faire l'application aux fourneaux d'évaporatioB , et par suite à toutes les autres espèces de constructions pyrotechniques. Les nombreux avantages que yen ai obtenus, ont confirmé la théorie que j'avais établie. • {f^o^êz CALoairiaB , Calorique, Chxcffage a layapbui, Cebhiv^b.) Lehormahd et Mbllbt.

* PYRRHON, philosophe grec , chef de récole ou de la secte qui a pris son nom ( le pyrrhonisme) , né à Élis, dans le Péloponëse, vivait vers Tan 336 avant Jésus-Christ. Il exerça la peinture dans sa jeunesse , suivit ensuite Técole de Mégare et les leçons du philosophe Anaxarque, qu'il accompagna dans la grande expédition d* Alexandre en Asie. De retour en Grèce , il obtint le droit de cité à Athènes , et acquit une grande réputation de sagesse. Ses concitoyens rélevèrent aux fonctions de grand-prêtre , et, par estime pour lui , exemptèrent d*impôts tous les philosophes. Il mourut dans un âge très-avancé. Avant lui , le sage Anacharsis , Xcnophane , Zenon , Démocrite,Métrodore, les sophistes Protagoras et Gorgias , plus récemment les disputes de l'école de Mégare et les paradoxes des cirénaïques , avaient semé les germes du scepticisme parmi les Grecs. Pyrrhon réduisit fleurs doutes en corps de doctrine; et du scepticisme indirect des sophistes qui avaient enseigné que tout peut se soutenir , il tira cette conséquence que rien ne peut se démontrer. Il ne rejetait

point la vérité ; mais il déclarait seulementque les philosophes ne Tavaient point encore trouvée. Il voulait que le sage suspendit son assentiment , sans lui défendre de persévérer dans la recherche de la vérité. Il admettait comme un fait notre confiance involontaire dans les impressions des sens. Il reconnaissait la nécessité d^agir , l'autorité pratique du sens commun , celle des lois et des usages, celle de la morale, qu'il considérait comm« écrite au coeur de Thomme , et comme la fia de toutes ses actions. Il n'affirmait rien et ne détruisait rien. La doctrine de Pyrrhon , suivant la judicieuse remarque de M. Oegérando,au milieu du vague qu'elle présente, se rapproche plus de Tidéalisme que du doute absolu d'Arcésilas , fondé sur Tincompréhensibilité de toutes choses. La plus grande contradiction du pyrrhonisme, c'est de présenter le doute suspensif comme un état fixe, et de placer, dans cette situation inquiète et violente , le parf^Jt repos de l'intelligence et dé la volonté que les sceptiques appelaient le souveraih bien. La vie de Pyrrhon a été écrite par Sextus- Empirieus , qui a donné l'exposé le plus complet 4e la doctrine de ce philosophe. On la trouve aussi dans le recueil de Diogène-Laërce. Pyrrhon eut un grand nombre de disciples ; mais leur enseignement fut individuel el isolé. Ils ne formèrent point une suecession liée de philosophes , et furent rapidement éclipsés par la seconde et troisième Académie, où presque toutes leurs opinions ont été reproduites.

^PYRRHONISME. ^o^cs l'article précédent.

• PYRRHUS {Âfythologie), fils d'Achille et de Déiadamie, est surnomme Néoptolème, parce qu'il sortait à peine de sa première jeunesse lorsqu'il porta les armes au siège de Troie , où , suivant un oracle , sa présence devait décider du sort de cette ville héroïque. G>mme son père , Pyrrhus poussa jusqu'à la férocité j'instinct de ses combats. Ayant vaincu et tué Euripyle , fils de Télèphe , il institua , dit-on , en mémoire de son triomphe , la danse appelée pyrrique , qui consistait à figurer par les gestes et par les mouvements du corps, soit les évolutions militaires , soit les combats corps à corps avec la lance et l'épée. Ce fut Pyrrhus qui entra le premier dans le fameux cheval de bois que les Troyeus eurent l'impradence d'introduire dans leurs murs. Pendant l'horrible nuit qu'éclaira l'incendie de Troie , Pyrrhus se montra insatiable de carnage :

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non content d*avoir masMcré 1« roi Priam , et précipité du haut d'une tour le petit Astyanax , fils d'Hector, il voulut encore immoler Poljxène aux raanes de son père. Il eot alors en partage Andromaquc, qui devint sa femme. Plus tard il alla l'onder un rojraume en Épire , et fut tué au pied des autels par Oreste , furieux de ce qu'il avait dit son épouse de la belle Hermione , dont lui-même avait demandé la main au roi Ménélas , son oncle.

"PYHRHUS, célèbre roi d'Épire dans le 3« siècle avant Jésus-Christ , descendait, dit-on, de Pyrrhus , fils d'Achille , et d'Hercule par sa mère. Il règne beaucoup d'incertitude sur les premières années de la vie de ce prince; et , à vrai dire , son histoire ne commence qu*à la bataille d'Ipsus ( 301 avant Jésus-Christ) , dans laquelle il se distingua. Il était alors Agé de 15 ans , et combattait UansTarmée de Démétrius^Poliorcëtès, son beau-frère, qui fut vaincu. Pjrrhus consentit à se rendre comme otage en Egypte, après le traité conclu entre les successeurs d'Alexandre. Il épousa dans ce pays la princesse Antigone , fille de la reine Bérénice ; et celte alliance Tajant, mis en état de revendiquer ses droits sur T Épire , il y entra avec des troupes et de l'argent , et fit d'abord un accord avec Néoptolème , qui s'était emparé de la couronne après la mort d*OEacide (père de Pyrrhus). Mais bientôt ce collègue , qui voulait régner seul , ayant tenté de l'empoisonner, il le prévint, et le tua au milieu d'un festin. En V%n 291 , Pyrrhus profita d'une maladie de Démétrius , son beau-frère , pour envahir la Macédoine , dont celui-ci sVtait emparé. Les Macédoniens finirent par abanner Démétrius , reconnurent Pyrrhus pour leur souverain , et s'en détachèrent au bout de sept mois de règne pour se donner à Lysimaaue. Pyrrhus fut contraint de retourner en Epire , et , quelques années après , accepta la proposition que lui firent les Tarentins de commander leur armée contre la république romaine. Le, prudent Cjmcas {vojrez ce nom ) , après s'êlre efforcé vainement de le détourner de cette entreprise , fut envoyé par lui h Tarenle ^ avec 3.0U0 hommes d'infanterie ; et le prince s'embarqua lui-même peu après avec 23,000 fanUssins , 3,000 chevaux et 20 éléphants.

Une partie de ces troupes fut submergée dans une , tempête ; toutefois le reste suffit à Pjrrrhus pour marcher contre le consul Lsevinus, qui s'avançait dans la Lucanie.

L'armée romaine fut mise dans une déroute complète, pi laissa 15,000 hommes sur le champ de bataille. Après cette victoire , Cinéas vint, au nom du roi, offrir la paix au sénat , qui répondit , d'après le eonseil d'Appius Caccus , « que si Pyrrhus voulait traiter, il devait commencer par soiiir d'Italie.» Toutefois les sénateurs jugèrent convenable de négocier la rentrée des prisonniers , et cette mission fut couiiée à C. Fabricius {vojrez ce nom), qui conquit l'estime de Pyrrhus par ses vertus. Ce prince renvoya tous les prisonniers romains sans rançon , et recul en échange un égal nombre de Samnites et de Tarentins , précédemment tombés au pouvoir des Romains. Fabricius , nommé consul , perdit une nouvelle bataille contre le roi d'Épire, après une action prolongée durant lieux jours et long-temps douteuse : ce qui fit dire h Pyrrhus : « Si nous remportons encore une pareille victoire , c'en est fait de nous. » Sur la demande des Siciliens , qui Tinvitaient li venir défendre leur île contre les attaques des Carthaginois, le roi quitta bientôt après l-Italie , et chassa les agresseurs de la Sicile. S'étant brouillé ensuite avec les Siciliens, il retournait en Italie lorsque les Carthaginois attaquèrent sa flotte et lui prirent plusieurs vaisseaux. Toutefois il parvint à gagner Tarente avec 20,000' fantassins et 3,000 chevaux. Avec cette armée, renforcée d'un corps de Tarentins , il marcha à la rencontre des Romains.

Mais cette fois il fut battu sous les murs de Bénévent par le consul M. Curius Dentatos.

Celte bataille fut la dernière que Pyrrhus livra en Italie, et cette même année (274 avant Jésus-Christ) il retourna en Épire avec 8,000 fantassins et 500 cavaliers , restés de sa formidable armée. Ennemi du repos et manquant d'argent pour payer et entretenir ses troupes , Pyrrhus attaqua ensuite Antigone, qui régnait alors sur la Macédoine , et soumit la plus grande partie de ce royaume ; mais , entraîné bientôt par le roi Cléonyme ( vojrez ce nom ) dans une nouvelle guerre conti'e les Spartiates, il fut tue au milieu d'une mêlée nocturne qui eut lieu dans la ville d'Argos , dont il venait de s*emparer , en l'an 272 avant Jésus-Christ. Pyrrhus a été regardé par les anciens comme le plus célèbre des capitaines après Alexandrele-Grand ; c'était aussi l'avis d'Annibal, qui pourtant Ta surpassé. Son histoire avait été écrite par Hiéronyme de Cardie ; mais elle s'est perdue. 11 y a lieu de croire que Plu-

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tarif lie , qui cite cet écrivain , s*efft bemicfnip aidé de son ouvrage pour composer la vf> de -Pyrrhus, où il a rassemblé presque toutes les traditions relatives h ce prince, vraies ou fabuleuses. J.-B. Jourdan a publié une Hig' toire de Pjrrrhus , roi d'Ëpire, Amsterdam, 1749,2 vol. in-12.

* PTTHAGORE , célèbre philosophe , chef et fondateur de Técole qu*on a désignée sous le nom d*écnie d'Icône , parait avoir vécu dans le 6« siècle avant Tère chrétienne. Les anciens auteurs ne s'accordent point sur le lien de sa naissance , toutefois Topinion la plus générale est que Tile de Samos fut sa patrie. Il prit des leçons de Phcrécyde ( vojrez ce nom ) , et Ton présume qu'il fut admÏK aussi K Técole de Thaïes et d'Anaximandre. Suivant Tusage des sages de ce temps , il entreprit de visiter les contrées que la renommée signalait alors comme jouis, sant des bienfaits de la civilisation et du trésor des connaissances. Il visita TÉgypte , et y séjourna long- temps; il parcourut la Phé* nicie , TAsie-Mineure , visita les temples les pins célèbres de la Grèce . fut initié dans les mystères égyptiens , dans ceux de Bacchus , d'Orphée ; et, s*il faut en croire Jamblique y ainsi que beaucoup d*autres puteurs, il alla jusque dans la Perse et dans Tlnde; quelques-uns même ont voulu le mettre en rapport avec les Hébreux et les druides des Gaules. On doit croire que dans le cours de ses longs pèlerinages , il étendit le cercle de ses connaissances , et s'exerça surtout à d'utiles comparaisons. Il fit des découvertes importantes dans les sciences mathématiques , et leur donna une forme méthodique , dont il ne parait pas qu'elles fussent encore en possession chez les différents peuples qu'il avait visités. De retour dans sa patrie , il enseigna d'abord la géométrie et Tarithmétique à Saraos , et de là , selon le témoignage de Porphyre et de Jaihblique , dans la plupart des iles de la Grèce , .en propageant avec ses sciences une doctrine mystérieure et sacrée dont il était le créateur.

Étant passé dans la partie de l'Italfe qu'on appelait alors la Grande-Grèce, Pythagore s^établit à Crolone. lÀ , cet homme extraordinaire, sans exercer aucune fonction publique , obtint, par l'influence de ses lumiè» res et de sa vertu , un empire égal à celui des législateurs. On accourut en foule auprès de lui : les hommes les plus distingués se rangèrent an nombre de ses disciples. Il dirigea ses efforts vers la réforme et le perfectionne-

ment des iDONirt , et , par suite, des ifistitu» tioDs sociales , « pensant , dit un sage écrivain (M. Degénindo), que le moyen le plu* sûr pour conduire les peuples à la liberté est de les en rendre dignes , et que c'est en formant de bons magistrats qu'on prépare de bonnes lois , qu'on procure aux lois une bonne exécution et un salutaire empire. »

Aussi un grand nombre de ses auditeurt furent -ils appelés aux principaux emplois publics dans les villes de la Grande-Grèce.

Toutefois les passions et les intérêts ambitieux s'irritèrent contre les doctrines du philosophe, quelle que fût la réserve qu'il s'était imposée ; on s'alarma des innovations qu^l inti'oduisait ; on s'effraya de la sévérité de ses préceptes. De son vivant même, il vit éclater la persécution qui s'attacha à ton école, et, suivant quelques auteurs,!) en aurait été personnellement la victime. Il mourut Tan 500 avant Jésus-Christ. Le cadre de ce Dictionnaire ne nous permettant pat d^xposer dans ses détails le système de l'école fondée par ce célèbre philosophe , nous indiquerons h nos lecteurs Texcellent ouvrage de M. Degérando intitulé : Histoùe comparée des sjrstèmes de philosophie , eonsidérés relntivement aux principes des eott" naissances humaines , deuxième édition , Paris , chez Al. Eymery , 1822, 4 vol. in-S».

PYTHAGORICIENS. {Philosophie a«.

cienne.) On peut placer Pythagore au-dessus des philosophes qui l'ont précédé , soit par la profondeur de son génie. Il possédait au plus haut degré l'art d'employer à l'exécution d'un vaste projet les plus puissants ressorts de la politique. Le plan qu'il avait conçu était de se concilier laffectiou et la confiance non-seulement de ses compatriotes-, mais encore des étrangers. L'école ou la société qu'il fonda fut avantageuse aax moeurs, à la liberté , ainsi qu'h la propagation des lumières dans une grande partie de la Grèee.

Il ne sortit d'aucune école. un plus grand nombre d'excellents poètes , de savants , de législateurs , d'habiles militaires , d'hommes illustres dans tous les genres. C'est soub ce rapport qu'on* doit beaucoup h Pythagore.

S'il est vrai que l'histoire de ce qui le concerne intéresse plus que celle de tout aiilrc philosophe de la Grèce , il faut reconnaître en même temps qu'elle est remplie de beaucoup d'incertitudes et d'obscurités.

Il établit son école ^ Crotone , dans cette partie .de l'Italie nommée Grande^Grèce , parce qn'elle était peuplée de cokmies grec-

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ques. Cette école était nue communauté particulière , où Ton était obligé de faire un apprentissage , en gardant le silence pendant-cinq ans. Toutefois, les adeptes qui donnaient de grandes espérances ne Tobserraient que durant deux années , après lesquelles ils étaient admis , en mettant leurs biens en commun , parce qu^il était défendu de rien posséder en propre. Ainsi cette école était une institution qui détachait ses membres de la société des hommes. Si quelqu*un d*enlre eux ne pouvait s^astreindre ^ la règle , ii rentrait dans le monde ; mais alors il était regardé comme mort, et on faisait sa obsèques. Cette société était un ordre ou une confrérie ascétique , qui , dépositaire des sciences , devait conserver en même temps la prat^|ue des bonnes mœurs.

La doctrine de P^tbagore était double , c'est-à-dire, publique et secrète. Il enseignait à tout le monde la première , qui concernait principalement les mœurs ; Tautre , au contraire , n'était communiquée qu'aux adeptes les plus intimes. En général , sa philosophie est couverte de ténèbres presque impénétrables. Elle pamît avoir eu pour but de dégager rame de la prison du corps , pour l'élever insensibl émeut, par des principes mathématiques, à rintuilion des êtres proprement dits. Ce philosophe s'était élevé, par l'étude de rarithmétique et de la géométrie, k des observations sur la nature et l'origine des choses. Comme il n'a laissé aucun ouvrage, nous ne connaissons sa doctrine que par les écrits de ses sectateurs ; et il est dillidle de distinguer les opinions qui sont particulières à ceux-ci , d'avec celles qu^ayait manifestées leur mattre.

Pjthagore et ses disciples croyaient trouver une multitude de rapports entre les nombres et tous les sujets de la nature. Ils pensaient que tontes les choses , le ciel , la terre , les âmes et le? vertus , en un mot , tous les objets visibles et invisibles , étaient des effets ou des qualités du nombre, ou des nombres* '

Pytbagore disait que la monade ( unité ) était le principe de tout; d'où Von peut inférer qu'il croyait à l'unité d'un Dieu sur périeur , en admettant toutefois différentes hiérarchies de dieux inférieurs ; la dyade , ou le noœbM deux, signifiait la matière qui eftt composée et peut se décodiposer, se dissoudre , tandis que la monade demeu^ inaltérable. La monade et la dyade forment la trjade , ou le ornsbre trois ^ et expriment Tome 19.

ruuiyersalité de ce qui existe, savoir, la monade ou l'être immuable, et la dyade ou la nature altérable et changeante : là tryade forme la plus sainte des combinaisons de nombi-e ; c'est le ternaire , si vénéré des anciens.

Pythagore, qui évitait en tout les expressions usitées, désignait Dieu parla monade, comme on vient de le voir. Voici comme Cicéron rapporte que ce philosophe définit la divinité : Pjrthagoras cemnit Deum eue animum per naturam rerum intentum et eommeantem , ex quo animi nostri carpe^ rentur. { Cic.^de Nat, Deorum ) C*est-à-dire : « Dieu, selon Pylhagore, est une Ame ( esprit ) qui se répand et pénètre dans toute la nature, et nos umes en sont tirées. • C'est le système de l'émanation , qui, sorti de l'Egypte ou de l'Inde , a été adopté par plusieurs écoles de la Grèce.

La doctrine des pythagoriciens relativement à r&me est obscure et remplie de contradictions. Au rapport d'Alexandre Polihistor, cité par Diogène Laèrce , ils croyaient que les âmes humaines étaient , pour ainsi dire , des particules détachées de Téther froid , ou qu'elles étaient composées des paiHies de l'un et <le l'autre mêlées ensemble. Mais , selon Ai^istote , ils étaient partagés dans leur opinion sur la nature de l'àme. Quelques-uns pensaient que toute sa substance étaient aérienne ou composée de pai*ties aériennes ; d'autres, au contraire, prétendaient qu'elle était de la même nature que l'être par qui l'air est mis en mouvement, c'est-à-dire, une émanation de la divinité. Selon Diogène Laërce , ils croyaient qu'elle était engendrée comme le corps et en même temps que lui ; ou, comme on pourrait le conclure d'après Aristole , qu'aussitôt après la conception ou la naissance , les par. ties essentielles de l'âme , mêlées d'éther et d'air, pénétraient la substance des corps , et s'y réunissaient delà manière la plus intime.

Ils admettaient la métempsycose ou trunsmissiou des Ames , qu'ils regardaient comme immortelles. Ils croyaient qu'immédiatement après la mort elles erraient dans les airs; mais qu'après un certain temps , celles qui étaient pures s^envolaieut dsns TÉther, on <fu'elles étaient placées dans la classe dûê êtres supérieurs , tandis que celles qui étaient souillées de vices et de crimes passaient dans àe» corps d'hommes ou d'animaux : c'est ainsi qu'elles satisfaisaient à la justice divine.

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Ili regardaient U m$on comme le critérium ilç9 cddnaissance» humiimcs : selon eu^ , àM M, DegcraDtto, « U raison contemple Tiuiî^ yenalit^ de U nature , «vec laquelle elle « une certaine aflipitéj et de même qne W lumière est perçue par rœil , le son par Touïe , »u mojen de rtnalogic qui existe e«tre ces otjet^ et ces orgapei , de méine l^iiniversalité de la nature doit être saisie parU raison qui lui est unie par une sorte de conwngoinilé. I^e^ vrais physiciens doivent donc s'attacher d'abord nux choses uQi- Yer#elleSf et rechercher eu quoi elles consistent- Mais Je principe des choses univerfelles ne se mapifeste point f ux sens { car tout ce qui «e montre aux sens est composa , et ce qni est composé ne saurait ^tre ua principe. L*espèce dépend du genre; le genre est donc connu par ^uiruiéme. L'unité n'est pas dans le g^nre. «

^ops 9vons dit que Técolo de Pjrthagore AVfit produit nn grand nombre d hommep célè)>res dani tous les genres. Comme il ^erfiit trop long dç faire mention de la plufpurt de ^es sectateurs, nous nous bornerons ^ pe faire connaître qu'un petit nombre de ceux qui méritent quelque attention , corn** me j^mpédocle , Ocelles de Luc^nie, Timée de Locres , Hippodi^me de Milet et Archyr tasdeTarentc,

^mpédocle passe pour l'inventeur du système dos quatre éUmfnis / le premier il supposa lu destruction et la reproduction du inonde , et étfiblit que le principe essentiel dt$ quatre éléments est contenu dauf U matièrt primitive et étemelle. H les met eu action ppr le moyen de l'amitié et de la h«i»e, e'est-^-dire , p?ir de» forces attractives et ré» pulsives. C'e#t p«r cette «ctipn que le monde prît uftisfunce ; mais par le confit de forces qui le produit , U doit retourner un jeor den^ le chaos* d'eu «lors il «ortini un monde nouveau * périssable comme le premier.

Ce philoyoplie eeeordait pen de forée eu témeignege de* senst il prétoBdait que e'éteit k la raison de les régler.

I^ traité /mr ia.Nm$um d» Vunii^r^ y qui porte le nom d'Ocellus de Lueenie , n'eet point \Quyx9^ original de ce philoeophe ; nwiis on s^cooflle k dire qu'il renforme quel/ ques vestiges du système des premier* py^ tb^gorieiens. Oce|lu««emme tom le monde prif den* se totalité ( c'est un composé par£nt végnlier et eomplet de toutes le« natuim $ Hep n'est her» de ltfi{. ^ quelque choae existe, c'est en lui ; il est doue le oauae df

lui-même et ceUe de U durée de tentes choses ; par conféqnent il doit durer toujours. Comment pourrait -il être détruit?

Serait ce par une puissance *iors de luimême T ^on ^ sans doute ; car hors du tout il n'existe rien. Serait-ce par une puissance contenue en jui-méme ? Cela est impossible , parce que cotte puissance devrait être plus forte que le tout dont elle fait partie ; Ocellus est le premier parmi les philosophes dont on e conservé le souvenir, qui ait sour tenu Téternité du monde , opinion qui a été adoptée per Aristote.

Timce de Locres (sous le nom duquel nous avons un traité sur i'Ame du monde) reconnaît deux causes de tous les êtres :

l'imeUigence , cause de ce qui est fait par un choix éclairé , e*es# Dieu \ l'autre eet la nécessité , cause de ce qui est fait par la puissance des corps , e est la matière. Tout ce qui existe est ou l'idée , ou la matière , ou Têtre sensible , qui est une production de ridée et de la matière.

Voici comme Timée imagine la foroHition de Tunivers i «c Avant de concevoir le oiel formé , on peut concevoir Vidée, la matière et /élirai, artisan du mieux. Comme ce qui se conçoit auparavant vaut mieux que ce qui se conçoit après, et ce qui est régulier, mieux que ce qui ne Test point ; Dieu , bon par essence , voyant la matière qui recevait des formes et se livrait de toute manière , sans aucnue règle , à toutes sortes de variatiens , voulut la soumettre h Tordre et à des variations régulières plutôt qu'irrégelières , aQn que les différences des êtres fussent sulr vies dans les espèces, et ne fussent {dus abandonnées au hasard.

» Dieu employé dana la formation du monde tout ce qui existait de matièro , tellement que le monde comprend tout l'étiej tout est en kit ; c'est un enfant unique, par£ut, spbérique, parce que la sphère est U plus parfaite de toutes les figures ^ animé et doué de raison, parce que ce qui est doué de raison vaut mieux que ce qui ne Test point*

«Dieu eyant donc voulu former un être parfait., fit ce dira engendré {le momde) qui ne pourra jamais être détruit par une antre cause que pur celui qui Ta formé , si jamais il. le voulait Mais il n^est pas d'an être J>en de se porter à <détrubre «n ourrage trèsrtbon ,. fait par lotapême. Le monde subaialeni donc toujours tel qu'il est , iaconup* tible j ifdeitrnclible , beiMWux.

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» Da Hrea \itodû\iê ^ c*«8t etiut qui û lo pltti àé ttubilité et de f&teé^ pbrce qu*ii à été fiik pur l'htttear le plut pui^saiit 4 nàu d'après an modète fragile , maiê d'après Tidéti et rtssenee intelligible « sur laquelle il a été teUement exécuté et fini « qu'il est devenu I»rfait, et qn 11 n'aura jamais besoin d'être réptréi

• 11 est complet dans ce qui concerne \éé élits sensibles , parée qne le modèle , dont il Bt Impression ^ eomprenait en lui les for-^ BMs idéales de tons les animaux possibles ^ itai exception < Le modèle était lunivers intelligible ; le monde est Texpression sen^ libte du modèle. « {Timée dt Locrèt , ira" duUoH th lubhi BaltmtJè. )

L'âme du monde, selon Timée^ nVsl plue coBfondne avec la ditinité elle-même , elle ett rburrage de Dieu ; placée au centre et i^ctendant à la eircdliférence « elle embrasse runirers.

Quant à Téme humaine , il y a en elle ^ rainnt ce philosophe, Une partie qui est dottéede TinteUigettce et de la raison, et ane partie qui n*a ni Tune ni Tautre. Or , ce qall jr a de plus précieui dans la partie rai<>> sonnable , vient de IVître immuable , et ce quH jr a de plus vicleuit vient dé Tétre chaU'^ géant. La partie raisonnable siège dans le coreau t quant aux antres parties , tant de TâiÉe que du corps , elles sont sous sa dé*^ ptndance et faites pour la servir. Dans la partie irreisonnable, la faculté irascible ^ï Ttrsle cœur , et la faculté contupiscible vefè le foie. Quant aux sensations , elles sont pro^ daites par les impressions du dehors , qui pénétrent jusqu'à Tâme.

Ârbtote nous fait connaître ( dans son T^^tHédÉ U P^Htùfite) un pythagoricien^ Hippodame de Milet, qui avait imaginé le plan d'un État bien organisé. Stobée nous a conservé le projet de cette constitution , dout voici quelques articles :

• Pour bien constituer un État et y met-* tre de l'harmonie , trois choses sont nécessaires : 1» des principes ou de bonnes maximales ; 2o àes institutions ; 3* des lob : c'est le coneours de ces trois choses qui élève rhomme à sa dignité et à sa perfection.

» Les principes éclairent l'esprit de rhom*> saoi allumcnt.ses désirs , «t les tournent vers la vertu.

• Les loiS) par k crainte des peines, Ki retîeiinent et le détournent du mal , et , par l'appât des honneur» et des autres récom*' pcnaet ^ l'Invitent à bien (aire^

i Le» ittsiltatiûM impriment datts sàû hme , comme éur la cire , les bonties habliu-^ deë , et lui rendent la vertu eoume naturelle. » Du reste , ces trois choses doivent être dirigées vers Thonnête , le juste et rutile ^ et y tendre en tout , s il est possible de viser à lafois à ces trois buts; sinon, il faut tendre à deut des trois , et au moiuë h un ,' éti sorte que nos principes , nos institutions éi nos lois snienl en mêtne temps honnêtes, justes et utiles. S'il n'est pas possible de concilier ces ti^ois points ensemble , il faut d*abord préférer l'honnête , ensuite ce qui eèi au moins juste , et ne donner k l'utile que le troisième rang; en un mot^ employer tous les moyens pour mettre l'État entier d'aeeord avec chacune de ses parties , et y prévenir les séditions et lea combats.

» On obtiendra cet accord parfait^lôen accoutumant de b<^nne heure la jeunesse à vaincre eea paésionft , à se modérer dans ses plaisirs , et à supporter avec la même modération ses peines ; 2^ en établissant la médiocrité dans les fortunes particulières , et en bornant Tappélit du gain aul ëeuls profits qu'ocrent ragricUlture et le eommerce; 30 en ne eonférant les places qui exigent de la vertu , qu a des gens vertueux ; éeUes qui demandent de l'expérience, & deè gens expérimentés ; et celles où il faut représenter et se montrer libéral , à des gens d'une certaine opulence; et en honorant comme il convient ceux qui se sont bien acquittés de leurs emplois. »

Cet extrait sufkit pour donner Une idée des vues d^tiippodame en matière de morale politique.

La dottrine d'Ârehytas sur la même matière n'est pas moins intéressante.

tt Tout État, selon ce philosophe, est eomposé dé gouvernants et de gouvernés , liés ensemble par des lois fondamentales.

C'est d'après ces lois que le gouvernement est légitime, et que les gouvernés sont libres ; c'est par leur violation que le gouvernement dégénère en tyrittnie , et la sujétion en esvlavage«

* Une bontie législation doit être dirigée, non vers l'intérêt d'un seul , ou de quelquesuns 5 mais Vers l'intérêt de tous.

» C'est plutét ^9,^ y cœur des citoyens , que sur leun murs ou leurs portes , que les lois doivent êtt« gravées. L'État le mieux policé se gouverne « non par beaucoup de lots écrites, mai« paf les moeuts quN)n lui a données.

* Que les pebes frappent plutôt sur Thon^ neur que sur la fortune. Les citoyens en seront plus attentifs à conserver la probité et rhonuéteté les uns envers les autres. Les peines sont d*ailleurs plus personnelles et moins communicables. Celles qui portent sur la foi'iune fout qu'on estime l'argent plus que tout, comme un moyen de réparer ses fautes.

» La bonne administration d*un gouvernement consiste à le mettre en état de se passer des étrangers, soit pour les talents , soit pour les forces , soit pour la défense. Un corps, une famille, une armée ne sont bien constitués , qu'autant qu'ils ont en eux-mêmes le principe de leur conservation. Cela vaut mieux que tout ce qu'on pourrait tirer du dehors : on est moins assujetti et infiniment plus libre. »

Les différents sectateurs du pjthagorisme qui parurent après ceux dont nous venons de faire mention, ne méritent la plupart que le nom de semi-pythagoriciens ; ils ne conservèrent pas dans toute sa pureté la doctrine de leur maitre , qu'ils altérèrent dans plusieurs points , surtout en ce qui concerne l'explication des choses naturelles.

Voy^» Diogine Laêrc« ; Brickeri , Hist, crit. phi" loîophin, Be^érênào ^ Histoire comparée tUs tj-f tèmes de philosophie, MlLLON.

* PYTHÉAS, astronome, géographe et navigateur, né à Marseille, vivait au commencement du 4» siècle avant Jésus-Christ , et passe pour le plus ancien écrivain qu'aient produit les Gaules. Citoyen d'une ville libre , dont le commerce était alors au plus haut degré de splendeur , il y trouva les moyens de cultiver son goût pour les sciences j et , s^appliquant surtout \ la physique et à l'astronomie , il y fit des progrès qui fixèrent sur lui l'attention de ses compatriotes.. On

conjecture que les magistrats , dans la Toe d'étendre le commerce de la république, envoyèrent Pythéas faire , par mer , Ae% découvertes dans le Nord, en même temps qu'un autre navigateur, Euthjnmëne (vo/^s ce nom ) allait explorer le Midi. Après avoir passé les^ colon nés d'Hercule, longé les côtes de l'Espagne, de la Lusitanie, de l'Aquitaine, de l'Armorique, traversé le canal qu^on nomme aujourd'hui la Manche , Pythéas aborda l'île de Thulé, que Ton a cru être rXslande, et que le savant Danville ( vo/*«« ce nom ) a jugé , peut-être avec plus de raison , devoir être une des iles Scbetland , désignées aussi sous le nom de Thulé par les anciens. Dans un second voyage , que le même Danville et M. Gosselin n'admettent point, le navigateur marseillais aurait pénétre par le Sund dans la mer Baltique , et poussé jusqu'à^ l'embouchure d'un fleuve qu'on nomme le Tanaïs , et qui serait , selon quelques-uns, ou la Vistule , ou la Radaune, ou la Dwina. Il consigna s«9 découvertes dans deux ouvrages ; le premier, intitulé Description de l'Océan, contenait la relation de son voyage de Gadès ( Cadix ) h Tile de Thulé ; et le second , ayant pour titre le Période, ou le Périple suivant quelques auteurs , renfermait le récit de sa nayigation dans la Baltique. Il en reste de Tuii et de l'autre que de courts fragmelits dans la Géographie de Strabon, et dans V Histoire naturelle de Pline. Selon Hipparque, Pythéas apprit aux Grecs que l'étoile polaire n'était pas au pôle même , mais qu elle formait avec trois autres étoiles voisiaes un quadrilatère dont le pôle était le centre. Il parait ainsi que ce savant navigateur fut le premier qui soupçonna la liaison du phénomène des marées avec le mouvement de la lune.

Q. ( Grammaire , Antiquités, ) Seizième . lettre de l'alphabet des Latins , dix-septième du nôtre, et treizième consonne. Les Grec3 ne connaissaient pas cette lettre que 'plusieurs grammairiens ont regardée conune inutile. Elle est suivie d'un u dans tous les mots qu'elle commence; d'où lui vint probablement le nom de eu ou ku. Elle peut être suppléée par le c ou le k.

Les anciens Latins , qui ne connaissaient pas non plus cette lettre, la suppléaient

par c, en écrivant anticus pour antiquusf cotidie, pour quotidie.

Quelques anciens ont écrit qi^ qœ , qid.

Les Latins ont écrit indifféremment éunn ou qum, ou quiun.

Sa racine, ou son élément, est dans le kappa des Grecs , ou dans le koph des Cdtibcriens. Le kappa , sur de très-anciennes médailles grecques , a quelquefois la forme duQ.

Son articulation est linguale , dentale et

QX3 AC

QUAD

. forte. La faible répond au ^, le y, gamma des Grecs , eiO ghùnel des Hébreux.

Le son du Q est plus ou moins fort dans des mots différents , dit Duclos ( Remarquée sur la grammaire ). Il faut avouer que cette différence est imperceptible.

Q , lettre numérale , valait 5oo , selon ce vers;

Q Teint A cam D quingeatos valt oninerare.

Avec un tiret au*dessus , (j valait 500 mille,

Q. (Numismatique,)

q est le P ( ^ ) retourné : on le voit dans les bscriptions rétrogrades des médailles de Crotone, oq^.

Le koph ou kappa , ainsi formé , q , vaut 90 : il se trouve sur les monnaies de Syrie , de Pbénicie , du Dosphore

Q est souvent mis en abréviation pour Quœstor, Quartus , Que, Quinquennaiis , Quod, etc.

S. P. Q. R. Senatus populus ^ii« romanus.

QM. Quomodo ; QAM. Quemadmodum ; Q. B. F. Quibixit ( vixit) féliciter; Q. DES. Qucntor designatus ; Q(^, Quùtquennalis ; QR. Quœstor rei/mblieœ ; QVIR. Quirinalia, fêtes de B^mulus; Q.-TP. Quo tempore;Q. VL. Quem vult, etc.

Il indique les noms Qiiintus , Quintiuf, Quirinus,

Q se voit sur beaucoup de médailles de familles romaines , et h la fin des légendes dezergue , de plusieurs empereurs du Bas- Empire.

Q tUstinguait la monnaie frappée à Perpignan.

Q, ou q, dans les ordonnances de médecin, signifie quantité.

La nouvelle Diplomatique partage les formes diverses de la lettre Q sur les marbres , les médailles et les manuscrits , en cinq séries , dont la première a neuf divisions ; la seconde, sept divisions; les troisième et quatrième séries , chacune dix divisions; et la cinquième série, qui n'admet que les q minuscules , renferme encore sept divisions : on y distingue les Q par leur queue perpendiculaire et courbée , oblique , contoomée, droite , etc. ; et, dans les Q gothiques, parleurs angles chargés de pointes.

Dumirsàh.

• QUACKELBËEN (Guill.) , médecin, né à Courtray , en Flandre , vers 1550, s'attacha au diplomate Busbecq , qu'il suivit à Constanlinople, où il mourut. L'on n'a de lui qu'une lettre adressée au botaniste Mat-

tioli, dans laquelle il lui annonce Tenvoi de quelques plantes rares.

* QUADE (MiCRBL-Fa^Déaic) , philologue, né en 1682 à Zechan , en Poméranie, obtint en 1716 le rectorat de là chaire de philosophie au gymnase du Vieuz-Stettin , et mourut dans cette ville en 1757. On a de lui un grand nombre d^écrits , principalement des opuscules en latin dans le genre que les Allemands appellent microk>gie, c'est-à-dire des traités sur des sujets minu« tieuz.

QUADRATURE. (Géométrie.) Lorsque des lignes données de position et de forme entourent un espace , la quadrature de cette aire consiste à trouver son rapport avec un carré pris pour unité ,, ou , ce qui équivaut , à former un carré dont la superficie soit la même que celle de cette aire. Si les Kmites sont des droites , rien n'est plus facile que de carrer la surface; mais dans tout autre cas , il est ordinairement impossible d'exprimer l'aire autrement que par approxima* tion. C'est ainsi que nous avons vu que la quadrature du cercle est impossible en toute rigueur, mais qu'on peut la trouver aussi approchée qu'on veut , ce qui suffit à toutes les exigences de la science. ( Fojrez Circoh* FéiiKCB et Cebcli. )

Voici la formule générale de quadrature de toute aire plane V. Soit y =yx l'équation d*une courbe donnée h}A.{Jig. liées pL de géométrie) , rapportée è des coordonnées AP» AB , rectangulaires m et jr- Concevons le rectangle différentiel PM M'P' qui a pour base dx, et pour hauteur^, lequel est ter- 'miné par deux parallMes auz^*, parla courbe et par l'axe des x ; l'aire est /-dx ; c'est l'élément de la surface cherchée. A proprement parler , cet élément est un trapèze qui a l'un de ses côtés MM' curviligne ; mais il suit des principes connus du calcul différentiel qu'on peut le supposer rectangulaire.

En intégrant/'^X; depuis la limite x=AC , jusqu'à x=AE , on aura l'aire renfermée entre CD , CE , EF et l'arc de courbe DF.

Ainsi on éliminera x ou /* de l'expression V==fjrdx, à l'aide de l'équation 7=/x de la courbe , afin de n'y comprendre qu'une seule des deux variables : on intégrera entre. les limites assignées , et on aura l'aire demandée V. Cette aire, exprimée en quantités connues , pourra être égalée à un carré t*, et la quadrature sera achevée , puisqu'on aura le côté t d'un carré équivalent à l'aire proposée. C'est pour cette raison que les

QUAD

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