‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 72 sur 135 · RALE · texte numérisé non relu

RALE

par son courage et ses. talents jasqn'au grade d'amiral , et mourut en 1741 , à bord d*uii vaisseau de ligne , faisant partie de la flotte de Carlscruna. Il a publié ( en suédois ) les deux ouvrages suivants : Instruction du Pi' loU y 1730, in-4oj et Introduction turVarchiter.ture natale , 1732 , in-8*.

* R ALEGH ( W ALTBi), Anglais célèbre par ses découvertes dans le Nouveau-Monde, ses écrits , sa baule fortune et ses malheurs , naquit vers Tan 1502 dans le comté de Devon.

Entré au service vers 1569, il gagna , par ses exploits sur terre et sur mer, Kestime de la reine Elisabeth , qui l'employa dans diverses négociations , et se plut à favoriser ses projets d'établissements au Nouveau- M onde, en lui accordant de nombreux privilèges , qui devinrent pour lui une source de richesses. 11 découvrit la Virginie en 1584 , y fonda une colonie, et bientôt l'introduction de nouvelles denrées , notamment celle du tabac, dont il propagea Tusage, attestèrent ses efibrts pour la prospérité de son pujs. Les combats qu'il livra, ensuite aux Espagnols avec des vaisseaux équipés à ses frais , et les services qu'il rendit dans le parlement, dont il avait été élu membre, achevèrent de lui gagner la faveur de sa souveraine , qui le nomma successivement grand-sénéchal des duchés de Comonailles et d 'Exeter , surintendant des mines d'étain des comtés de Devon et de Comouailles , lieutenant- gêné- ' rai de cette dernière province , et enfin capitaine de ses gardes. Tant de richesses et de dignités accumulées sur la tête de Ralegh ne pouvaient manquer de lui susciter un grand nombre d'cnviKix , parmi lesquels il lai fallut compter Leicester , et ensuite le comte d'Essex , plus redoutable encore ; ce dernier parvint même k iVloigiier quelque temps de la cour ; mais la victoire que Ralegh obtint dans Tattaqule de la fameuse flotte envoyée par l'Espagne pour envahir l'Angleterre , ses soins et ses travaux pour la découverte et la conquête de la Guiane , sa bravoure et son habileté comme marin dans l'expédition de Cadix , enfin ses talents, comme orateur dans la chambre de» commune*, suspendirent les effets de la haine qu*il avait excitée. Cette haine n osa même éclater qu'après lavènement de Jacques 1*** au ir^ne. Ce fut alors que Ralegh expia cruellement toutes les faveurs dont* il avait joui sous le règne précédent. Dépouillé ém tons ses emplois, dénoncé au roi comme •uspect, et bientôt accosé de haute tra-

hison , îlftit arrêté ea 1603, et condamné à mort par une commission dans laquelle figuraient ses plus grands ennemis. Cependant cette terrible .sentence était à peine prononcée que l'intérêt le plus vif remplaça i'animosité dont Ralegh avait été l'objet; on ne vit plus en lui qu'ui; héros injustement accusé : ses qualités éminentes , les services qu%l avait rendus à sa patrie comme grand capitaine et comme homme d'État furent rappelés avec enthousiasme ; un cri général s^éleva en sa faveur , et le roi fut obligé de faire ^suspendre l'exécution du jugements Transporté à la Tour de Londres le 15 décembre 1603, Raleghy subit une longue captivité , dont le terme semblait ne pouvoir être abrège que par son supplice. H ne se laissa point abattre par une destinée aussi cruelle. La présence d'une épouse chérie, qui avait voulu partager sa prison , l'éducation de ses enfants , enfin la culture des sciences et des lettres, lui oflVirent non-seulement des consolations , mais des jouissances que ses ennemis lui eussent enviées peutêtre ; et lorsipi'iiu bout dedouze ans il recouvra sa liberté, sa grandç âme n^avait rien perdu de son énergie. Sorti de prison le 17 mars 1616, sans toutefois être relevé de la condamnation qui pesait sur lui , Ralegh voulut mériter sa grâce entière par de nouveaux services , et entreprit une expédition pour la Guiane , où ses premières recheitrhcs lui donnaient l'espoir de découvrir une mine * d'or. Il mit à la voile le 26 mars 1617. àUis cette entreprise excita les alarmes des Espagnols ; ils réussirent k force d intrigues Ih se procurer le plan de l'expédition, qui leur fui livré par la cour d'Angleterre elle-même, attaquèrent Ralegh avec. des fot*ces supérieures, et celui-ci , trahi par son propre gouvernement, et ensuite par ceux qui raccompagnaient, revint en Europe, ayant à déplorer la perte d'un fils chéri qu'il avait associé Il sa fatale entreprise , et celle de toute sa fortune qu^l n'avait pas craiht J'expooer.

Arrêté sur la route de Londres et lé thcroc i i t sacrifié à une nation rivale qui demandait sa tête , il fut décapité quelques jours après, le 29 octobre 1618, emportant avec lut les regrets et Tadmiratloo de toute l'Angleterre, qui reprocha hautement h Jacques l^ cette odieuse barbarie. Parmi les nombreux oarrages sortis de la plume de Ralegh , on distingue son Histoire du monde, qui etit on très-grand succès dès sa publication et <|tii a été réfnprimée pour la onxiène fors cb

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1736, in-foL Se* OEuifrts diver$ê$ ont été publiées en 1751 , 2 toI. in-8o , avec une Ao* iice sur fa vie par le docteur Thomaa Bircb, ■MIS eet éditeur a omit un assez grand nombre d*ouvrages , soit imprimés , soil manuscrits , dont M. Arthur Cajky a donné la liste à Londres en 1805, dans sa Kis d€ fVal- UrBaUgh en 2 Tol. in-4o. — Garew Rauoh, fils du précédent, gouverneur de Jersey, mort en 1666 , a publié un mémoirt pour b défense de son père , et quelques pièces en Ters.

* RALPH ( Jambs) , écrivain anglais, originaire des colonies anglaises d'Amérique , fut d*abord maître d'école à Philadelphie , et vint s'établir en Angleterre au commencement du règne de Georges II, et mourut à Londres en 1762* On a de lui une Histoire d'ÂngUterrt, gn poème intitulé la Nuit s quelques pièces de théâtre , et plusieurs pamphlets politiques.

* RAMAZZINI ( BaaiiARDiir ) , médecin italien, né à Carpi en 1633 , eiorça successivement son art dans sa patrie , à Rome et à padoue , où il fut professeur , et où il mourut en 1714, membre de T Académie des Visêonariti de Modène , de celle des Curieux de la Nature, de la Société royale de Berlin «t de TAcadémie des Arcadieos de Rome.

Sa vie a été écrite par Michel- Auge Zoni, parmi celles des Arcadi iliustri , tom. 6 ; par l?'abroni^ ^itu Jtalorum , tom. 14, et par Tiraboschi dans la Biblioieca modtt" ne9e, tom. 4.

* RAMBAUD ( JxAV-CBAaLBS db) , médecin de récok de Montpellier, né en 1 725 dans le comtat venaissin , fut attaché successivement à ri^^pital militaire de Givet et à celui de Sedan , reçut en 1777 le brevet de médecin consultant des camps et armées du roi , et mourut. en 1785 à Sedan , correspondant de la Société royale de médecine de Paris , à laquelle il a adressé plusieurs intéressants ntémoifet. H a été aussi imprimé dans le Journal de médecine militaire divers opuscules de Rambaud. ( f^ojet son éloge , par de Home , dans le cinquième volume de ce même recueil. )

" RAMBOUILLET. Foj^ez Ahobiihbs et Vivonaa.

RAME {Marine.) La description de la rame a été donnée au mot AviaoM. Nous avions seulement réservé pour le présent article quel, ques détails sur Tuiage des avirons tant chez les peuples anciens que chez les nations modernes. D'après ce que nous avons dit au mot Tome 19.

Combat , il devient superflu de nous étendre sur ce sujet. Qu'on ne s'attende donc pas à noQs voir disserter ici sur la disposition des rames dans les fameuses trirèmes , quadrirènies,qninquerèmes,elc.,derantiquité. Nous avons d^à montré combien il était peu convenable pour un écrivain militaire de se livrer h ces recherches d'archéologue.

11 serait peut-^tre plus à ptopos d'exposer brièvement la théorie de la rame; mais , il est pénible de le dire , quelque simple que soit cettç machine , on n'a pu encore arriver à la connaissance ezacte de ses effets. Cette connaissance exigerait la solution d'^un des problèmes les plus compliqués de la mécanique transcendante , et toutes les hautes spéculations du calcul infinite'simal n'ont procuré à cet égard que des résultats peu satisfaisants, parce que Timpossibilité de saisir avec exactitude les données du problème a introduit dans la mise en équation des erreurs qui ont dû nécessairement affec< 1er ces résultats.

La rame e<)t un lcvi<*r du 2* genre, où la résistance se trouve placée entre la puissance et le point d'appui. La première est appliquée au point où la rame touche le plat bord de l'embarcation ; la secondeii la poignée de la rame, et le point d'appui se trouve au point central d'eObrt de la pale contre l'ean qu'elle pousse. Les effets d'une semblable machine seraient très-laciles k calculer dans un cas ordinaire ; mais ici , d'abord le point d*appui pris sur un fluide n est pas fixe ; d*un autre côté, la résistance k vaincre n'est pas exactement connue , puisqu'elle dépend à-Ia-fois et de la masse de l'embarcation à mouvoir , et de sa forme plus ou moins propre a diviser Teau , et qu'on n'est point encore prvenu à résoudre cette question :

connaissant la masse et Informe d'un corps flottant sur une eau tranquille , quelle est la force nécessaire pour le faire avancer d'une certaine quantité dans un temps donné f La puissance ou la force que le matelot peut appliquer à la poignée de la rame, est également assez difiicile à évaluer.

Telles sont les diflicullés qu'offre la théorie des effets de la rame. Cette théorie a été exposée d'une manière savante par don Georges-Juan dans son ouvrage intitulé Examen maritime y dont nous devons une excellente traduction n feu M. L'Évéque , examinateur des élèves de la marine. Don Georges -Juan trouve par ses calculs qu'avec une certaine réunion de circonstances favo.

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mbles, une embarcation, telle, par eiem^e, que le grand canot d*un raisseau de ligne , peut acquérir une vitesse d*un peu plu^ de 5 nœuds ou 5 1 milles à l'heure, et qu'avec les conditions les plus avantageuses indiquées par la théorie , cette même embarcation pourrait obtenir une vitesse d'environ 6 -J nœuds ou 6 | milles à Theure. Mais , ainsi que nous Tavons dit plus haut , toute cette théorie a en grande partie pour base une autre théorie demeurée jusqu'à ce jour trèsincertaine , celle de la résistance des fluides. Aussi Texpérience ne coufîrme-telle pas les résultats de tous ces calcub scienti6ques , et n'obtient-on jamais , pour les bâtiments à rames employés dans les marines européennes, une vitesse si considérable. Quelques voyageurs prétendent que les pirogues de certains insulaires du Grand-Océan^ d'une forme très-effilée et mues par des pagayes , voguent avec une rapidité extraordinaire ; mais ces embarcations n'ayant pas été -soumises à des expériences régulières , on n'a point de notions précises sur leur prodigieuse vélocité.

L'utilité de la rame pour faire vo^er les bâtiments par un temps calme, où les voiles sont inutiles , et pour les faire avancer directement contre le vent, faisait regretter de ne pouvoir s'en servir sur des navires d*une grande dimension. L'application des machines à feu à la navigation a remédié en partie à ce grave inconvénient , et les roues h pales des bateaux à vapeur ne sont autre chose que des rames multiples, mises en mouvement par une puissance infiniment supérieure à la force physique des hommes qu'il eilt été possible d'employer à les manœuvrer isolément. Paiisot.

* RAMEAU ( Jbav-Phiuppb ) , lun des plus célèbres musiciens et compositeurs français du 18« iibcle , né à Dijon en 1683 , était fils d*un organiste qui cultiva soigneusement ses dispositions pour le clavecin ; et il acquit dès sa preoiière jeunesse une grande habileté sur. cet instrument. Ayant quitté sa ville natale à l'âge de dix-huit ans , pour aller visiter ritalie, il renonça à Milan ù ce premier dessein ^ pour s'attacher h un directeur de spectacle qu'il suivit <lans plusieurs villes du midi de la France , et vint ensuite ù Paris , où il espérait que son talent lui fournirait aisément le moyeu de s*établir. Mais , révolté bientôt des obstacles que l'envie semblait vouloir lui susciter, il alla chercher en province des succès plus faciles , et

ne revint dans la capitale qu'en 1722 , armé de son Traité sur V harmonie , qui devait fonder sa réputation , et qui lui obtint en eflet celle d'un profond théoricien. Il crut alors que le théâtre lyrique pouvait lui offrir un autre genre de gloire et il voulut s''y essayer ;' mais là , comme à son premier début, il rencontra des obstacles. On ne connaissait encore de lui que des motets , des cantates et quelques fragments mêlés de chant et de danse qu'il avait faits pour les pièces que Piron , son compatriote , dondaîft à l'OpéraComique , et aucun des poètes qui travaillaient pour le Grand-Opéra ne voulait lui confier un poème. Voltaire fut le seul , qui , appréciant son génie , consentit à lui fournir de quoi Pexercer; il lui donny wt tmgédie de Samson, La musique en fut essayée chez La Pouplinière, el excita l'admiration des auditeurs ; mais l'autorité défendit la représentation de cette pièce , et Ba-. meau se vit réduit \ chercher un autre |H)ème. Enfin l'abbé Pellegrin se hasarda à lui confier celui à'Hjrppolyte et Aritie , au moyen d'un billetde 500 livres dépose comme garantie enfVe ies mains. On lapporte cependant qu'après avoir entendu la répétition du premier acte , il courut plein d'enthousiasme vers le savant compositeur , et déchira son billet à l'instant même. Le succès qu'obtint l'opéra à^Hippoljrte, représenté en 1733 . fut pour Rameau le signal de nouveaux triomphes. Il avait alors cinquante ans , et il est à remarquer qu'il fit pendant trente ans encore les délices 'de la scène lyrique , sans que son imagination perdit rien de son éclat. Ses nombreuses productions qui , pour la plupart , furent accueillies avec une admiration toujours croissante , et les découvertes qoil fit pour le perfectionnement de son ait, lui valurent d^honorables distinctions : le roi créa pour lui la charge de compositeur de son cabinet , lui donna des lettres de noblesse et le nomma chevalier do* Saint-Michel. l'Académie de Dijon le reçut au nombre de ses membres , et les magistrats de cette ville l'exemptèrent des impôts , lui et sa famille , à perpétuité. Les compositions de Rameau , malgré les beautés qu'elles renferment, sont généralement moins goûtées aujourd'hui qu'elles ne le furent de son temps ; mais comme théoricien , il n'a du moins rien perdir de sa réputation : la découverte de la basse Jondamen^ taie y qu'on doit à ses savantes recherches ., suffirait seule 'pour la lui conserver. Ou a

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reconnu qu'il arait trooré les lois de Tharmonie comme Newton celles du système du monde ; et son nom , sourent associé à celui de ce grand homme, en reçoit une nouvelle illustration. Parmi les ouvrages de Rameau sur la théorie de son art , on cite son Traité de VharmonU , 1722 ^ in-4o ; Nouveau système de musique théorique , etc. , 1726 , in-4»; Génération harmonique, 1737 , in-S» ; Démonstration duprincifre de l'harmonie, 1 150, in-8»5 Erreurs sur la musique pratique dt VEncyclopédie y 1655 et 1756; Code de musique prati4/ue . et nouvelles Réflexions sur le principe sonore, 1750, in-4o. — Jean- François Ramiau , neveu du précédent, né à Dijon en 1716, mort vers 1772 , a laissé les ouvrages suivants : le Maître à danser , qui enseigne la manière de/aire tous les pas de danse, Paris , 1748, in-8<> ; la Raméide , ibid. , 1766 , în-S». On trouve quelques détails asses curieux sur ce personnage dans un écrit posthume de Diderot, intitulé : le Neveu de Rameau.

* RAMËL { PiiRBB ) , officier- général , né 3i Cahors en 1761, fut nommé, en 1791, député à rassemblée législative , y vota constamment avec le côté monarchique , et s^opposa à la mise en accusation de M. de La Fayette , dont il était Tami. Chargé ensuite de concourir à Torganisation de Tarmée des Pyrénées - Orientales , Ramel y obtint le commandement d'une légion de cavalerie, ae distingua en diverses occasions, et fut fait général de brigade en 1793; mais il avait été signalé , comme patriote modéré , par Jean-Bon-Saint-André , son ancien concurrent dans les élections de rassemblée législative : un léger prétej^te servit de base h une accusation en forme, et Tinfortuné Bamel, condamné h mort en 1794 , fut exécuté à riiisu des troupes dont on .craignait le soulèvement. — Trois de ses frèrea suivirent aussi la carrière des armes : Fun d'eux capitainç au régiment de Wellesley ( irlandais) fut massacré à Châlons , avec plusieurs officiers du même corps , pour avoir refuse de prêter le serment exigé des troupes aprrs le 10 août 1792. X.e plus jeune , oflicier de cavalerie, fut tué en 1796, sous les murs de Kehl , à côté de son frère qui commandait ce fort, et dont Tarticle suit.

* RAM£L (Jbah-Pibxrb), officier-général, frère des précédents , né à Cahors en 1770, était chef de bataillon à Tarméc des Pyrénées , lorsque son frère aine fut traiaé à réchafaud ; et il eût subi le même sort , si

le brave et vertueux Dugommier n'était venu mettre un frein aux fureurs du terrorisme dans les départements froutières du midi de la France. Rendu à la liberté , après une cap. tivité de seize mois , Ramel fnt nommé adjudant-général , fit la campagne du Rhin , sous les ordres du général Moreau , défendit vaillamment le fort de Kehl, dont il avait obtenu le commandement, et fut appelé, en 1797 , k celui de la garde des deux conseils de la république sous le gouvernement directorial.

On prétend que sa conduite offrit alors des disparates qui lui firent tort dans Topinion de ses amis eux-mêmes et qu'il n*ohtint la confiiince d*aucun parti. Proscrit au 18 fructidor et déporté à Cayenne avec quinze autres victimes de cette journée, Ramel et ses compagnons d'infortune furent traités pendant leur voyage, et après leur arrivée dans Tile de Sinuamari, avec une telle cruauté qu'ils n'eurent bientôt plus qu'à choisir entre l'évasion et la mort. Plusieurs d'entre eux s'étaient résignés à ce dernier/ parti , mais Ramel , Pichegru , Barthélémy , Dossonvillc , Aubry , Delarue , Willot et Le Tellier , résolurent au contraire d'échapper à tout prix au sort affreux qui leur était réservé sur celte terre de désolation j ils se jetèrent la nuit dans un frcle esquif, sous la conduite d'un pilote qui se dévouait à leur salut, et après sept jours d'une navigation des plus périlleuses, pendant laquelle ils souffrirent tour à tour les tourments de la faim et les horreurs du naufrage , ils parvinrent le 10 juin 1798 à prendre terre au fort de Monte-Krick, dans lu colonie hollandaise de Surinam, où ils trouvèrent tous \ek secours de la plus généreuse hospitalité. Ramel s'embarqua bientôt après pour l'Angleterre , et fit paraître un Journal sur les faits relatifs à la fournée du 18 finctidor , sur le transport , le séjour et l'évasion des déportés. Cet écrit , publié en 1799, eut alors une grande vogue , mais il valut k l'auteur un nouvel exil sur la terre étrangère , et ce ne fut qu'après la journée du 18 brumaire qu'il lui fut permis de rentrer en France. Il reprit alors du service , fit plusieurs campagnes, devint mai'échal-de-camp en 1814 , et fut nommé commandant de la ville de Toulouse eu 1815.

Ramel conserva cette place après le second retour du roi, et s'efforça de rétablir la tranquillité i^armi les habitants j mais ayant voulu désarmer ces compagnies dites de y^êt^ets ,. qui n'avaient ni existence avouée

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p«r le goavernemffit ni organhidon régulière , et qui prétendaient se raainteoir maU gré les ordres de Tautorîté , il te vit toat à coup Tobjet de ranimadvertion publique.

Une bande de forcenés avait résolu sa perte : elle sMntrodoit jusque dans son b6tel, le frappe de mille coups, se repaît de son sang, et va ensuite proclamer son hor^ rible triomphe, L^infortuné Ramel survécut deux jours à cetattenlot, etipottnitle17aoât 1815, sans avoir voulu nommer ses assassins. M. de ViUèle, qui alors était maire provisoire de Toulouse , pablia à ce sujet une proclamation.

* RAMELIN ou REMMELIN (!>▲>), anatomiste , né à Ulm en Souabe , vivait dans le cours du 17* siècle.^Il a publié une DeBcription du corpi humain , remarquable seulement par la disposition des figures : la dernière édition a pour titre : Catoptron mi* crotcemicum mi» <rre incisis visioniéui spietuhnsy cum hiator, tt pifmte de novo prodiêns, Amsterdam, 1607, in «fol. Cet ouvrage a été traduit en allemand et en an* glai«.

* RAMELLI (AvofTsnv), ingénieur et mécanicien, né vers 153t dans le duché de Milan, fit de grands progrès dams les lettres, les sciences , et suitout dans les mathématiques. Ayant embrassé la profession des armes, il se signala en plusieurs occasions dans les armées de Tempereur Charles- Quint, vint ensuite en France, où il fot bien accueilli par le duc d'Anjou , depuis Henri III , qui' le nomma son ingénieur. Ce prince , devenu successivement roi de Pologne et de France, ne cessa point de protéger Ramolli , et le fixa \kk9 de kii par nne pension considéroble. Cet habile ingénieur mourut en 1590. On a de lui un recueil intitulé : it Diutrtt ed arlificiote machine, etc., italien-français, Paris, 1568, in-fol., avec 195 planches , rare et recherché. Quelquesunes des machines décrilea par Ramelli sooit ingénieuses , mais elles seraient plus utiles si elles étaient plus simples.

* RAMIREE DE CARION (EmuirvEL), muet de naissance, né en Espagne vers la fin du 16« siècle , inventa dans %ti patrie , ou du moins y pratiqua seul de son temps, Tart d^apprendre aux mnets à lire et même h prononcer quelques mots. On a de lui :

Maravillas de natumieza , en que contienen dos mil seereto» de e0sas natmraiêt , 1629, in -4*».

* RAMLER(CBABLBs-GvfLi.AUitt), poète

et litténteor alieniand , membre de Vhtmdemie des sctencet de Berlin , né en 1725 à Colberg en Poméranie de parents pauvret , mourut en 1798. « Ramier, dit un écrivain, sans égaler KIopstock et Leasing, participe un peu dp mérite de Tun et de l'autre. Il n'a point l'élévation, Taboodance , la verve du premier ; néanmoins ces qualités ne lui sont pas étrangères. Ce <|ui peut lui manquer souâce rapport est compensé par nne régularité qui n*est point la raideur, et par des formes antiques. 11 s*était attaché de préférence à Horace. On voit qu'il en était nourri : il rimite sans cesse; mais il imite moins ses expreasiona que ses tournures , sa marche et aurtoot aoB esprit. On ne trouve pas dans le disciple la légèreté , la grâce du maître ; mais il en a souvent la noblesse. » Parmi les poésies de " Ramier , on cite surtout : Ode sur U retomr du roi; Prédilection de GUueuê / le Trimm* phe, etc.; Odes à In Paix; sur un Boulet de Canon; à la Concorde; à la Muées Adieu aux Héros ; à Philibert; jémjrnte et Chloé ; à ton Médecin ; à Ljrcidas ; à Krause ; U Chant du Combat; des cantates; une idxUc sur le mois de mai, et des chansons , qui eurent beaucoup de succès et que les meîtleurs compositeurs d'Allemagne ont mises en musique. On a de lui en outre la traduction complète des Odes d'Horace , qui fut publiée à Berlin en 1800, 2 vol. îo-6«; ceifle du Cours de beUes^letîres de Batteux , accompagnée de remarques , qui fut pendant long-temps le principal ouvrage dassique des Allemands t la premièf^e édition parut à Leipsig en 1758, 4 vol. in-8*, la cinquième en 1803; Extraits de Martial, en latin et en allemand, cinq parties, ibîd., 1787-1791: Mythologie abrégée , ib., 1790, 2 vol. in-8* ; deuxième édition , 1808 ; Ex»

traits de Catule, en latin et en allemand , ibid., 1795, in-8o; Odes choisies d^Anorcréon, et les deux Odes de Saphc, Ramier s'est consacré aussi à revoir et ^ corriger les ouvrages de plusieurs poètes de sa nation ; mais ses corrections n'ont pas toujours été heureuses. Ses principaux travaux en ce genre sont : Épigrammes de Longou, avec des augmentations et des remarques , Leipsig, 1791 , 2 vol. in-S»; Chansons des Aliemands, le premier volume sous ce titre, Berlin, 1766; le deuxième sous celui 4'^fithologie lyrique f Leipsig, 1774-1778, 3 tom. in-8* : ce recueil contient les poésies de de plus de cent auteurs ; Recueil des meO»

RÂMO

HAMS

ieau^es épigrammes des poètes aUemandsy Riga, 1766, in-So; RecueU de fables , Leîptig, 1790, 3 vol. m-8o; Choix d'IdflUs de Soi. Gesner, mises en vers, Berlin, 1787, iik-8* ; ie Premier Nat^igateur (du même ) , mis en vers , ibid., 1789, in-8o.

♦ RAMO-PAR£JA ( BàBXHéLBiii ). royez

PàABJL.)

«BAMOflDD EGA RBONNIÈRES(ie baron Louis-FftAmfOis-ÉLisABBTH ) , conseillei* d*ËUi , membre de Tlostitut (Académie dos sciences ) , commandant de la Légion-d'Honneur , etc., né en 1755 à Strasbourg, mort le 14 mai 1827 , oyait d'abord été atUché csomme conseiller intime au cardinal de Roban , et au commencement de la révolution il faisait partie de la maison militaire du roi. Déjà ses connaissances en pbjrsique et en géologie lui «avaient donné rang parmi les savants les plus distingués de Tépoqtie ; oomme eux il adopta toutes les espérances qoe fanait naître le nouvel ordre de choses pour Tamélioration de Tétat social. Il fut élu en 1791 député de Paris à rassemblée législative ,.s'j montra Tundes plus zélés défenseurs de la monarchie constitutionnelle, occopa souvent la tribune, et j développa arec an art facile des vues toujours grandes , fortes et généreuses» Ami sincère de la liberté légale , il se prononça a^cc chaleur contre la saisie des biens de tout émigré qui ne serait point convaincu d^avoir agi en haine de la France on porté les armes contre elle; il s*opposa avec le même talent de conviction aux mesures de rigueur proposées contre les prêtres insermentés ,> insista sur la nécessité de laisser libre Tezercice de tout culte , et proposa de les salarier tous. Ce fut lut qui , appuyant la pétition du général La Fajrette à l'assemblée touchant les attentats commis contre la personne du roi dans la journée du 20 juin , donna le premier à ce gentilhomme citoyen le titie dejils aine de la li^ berté. Réduit à la fuite pour se soustraire aux persécutions après Te 10 août , il passa les jours de la terreur en voyageant dans les Pyrénées , reparut après la chute de Robespierre, et fut nommé professeur dliistoire naturdle à Técole centrale du département des Hautes -Pyrénées. Député uu corps législatif de 1800 à 1806, il obtint ensuite la pré'fecture du Puy-de-DOme, et lors de la restauration fut nommé maître des requêtes en service ordinaire (août 1815), puis conseiller d'État en service extraordinaire (1818).

On trouvera dans le R oniteur du 10 juin

1818 les discours qui ont été prononcés li l'occasion des funérailles du baron Ramond de Carbonnières , in-4o.

* RAMONDINI (Vihcbht), minéralogiste , membre de pltisieurs académies , né a Messine en 1758, mort h Naples en 1811 , a fait connaître une nouvelle substance qu^il appela zurlite ^ et a donné un nouveau procédé pour préparer le chanvre.

* RAMPALLE , littérateur médiocre du 17» siècle, dont Colletet parle cependant avec éloge dans son Discours du poème éucolique, mais que firossette, Tabbé Goujet, et surtout Boileau , ont jugé moins favorablement, était , à ce qu'on croit , de la même famille que le père Pierre de Saint-André. On ne connaft du reste aucune particularité de sa vie, si ce n*est qu'il fut attaché dans sa jeunesse à la maison de Tournon, et quUI suivit à Tarmée Louis de Toumou , tué devant Philisbourg. On a de lui : l'Hermaphrodite , poème , imité de Jérûtaie Preti , Paris , 1639 , in-4<^; les Événements prodigieux de r^imour^ nouvelle traduction de l'espagnol , de J. Perez de Motalvano , ibid., 1644 , 2 vol. in-8o; des Discours académiques, ibid., 1647 , in.8o; des JdjUes, ibid., 1648, in-4o et in- 12; la Chiromancie naturelle de Romphile , traduite en français , ibid , 1653 , in*12 ; et deux pièces de théâtre , dont Tune est intitulée : Bélinde, tragi-comédie , Lyon, 1630; et l'autre sainte Dorothée, ou la Suzanne chrétienne, ibid., 1658.

' RAMPEN (HsHRi) , docteur en théologie, né à Liège vers 1753, mort en 1641 , professa le grec et la philosophie h Louvaiu , et publia un Commentaire sur les quatre Évangiles , Louvain , 1631 et suivantes , 3 vol. in-8o.

* RAMSAY ( AvDaé-MiCHBL db ) ^ littérateur, né en 1686 à Ayr en Ecosse, d'une ancienne et illustre famille , montra , dès sa jeunesse , un goût très- vif pour les sciences, et s'appliqua surtout h l'étude des mathématiques et de la théologie. Les doutes qu'il conçut sur la vérité de la religion anglicane le déterminèrent à en faire l'examen. Ne pouvant dissiper ses inquiétudes , il se rendit en Hollande , où le ministre protestant Ppiret(vo^e2 cenom) ne put le convaincre, et ensuite en France, où l'illustre Fcnelon réussite lui faire embrasser la foi catliolique. Ramsay se fît d'abord connaître par quelques opuscules écrits en français , fut nommé gouverneur du duc de Château-Thierry, puis du prince de Turcnne , et chargé de

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