‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 9 sur 135 · PR£M · texte numérisé non relu

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érigés en censeurs de la philosophie, ont pu se demander sérieusement s'il était bon qae rhomine connût la mérité et fût guéri de ses erreurs. Ceè prétendus sages redoutent le penchant de l'esprit humain pour la nouveauté , son inconstance , sa mobilité naturelle , qn*il serait dangereux d'exciter trop rivemeot ^ ils allèguent enfin les troubles et les désor<bres à travers lesquels il marche de Terreur à b vérité. Mais la vérité , Texpérience de tous les temps le démontre , ne parvient il triompher qu'après de longs et pénibles efforts. Du jour où un préjugé a été ébranlé dans ses premières racines , jusqu'à Tépoque où il toinbe pour ne pliu refleurir, desceutaines d'années s'écoulent; et combien q9*<m crojait abattus pour toujours , se relèvent avec une promptitude et une vigueur nouvelles!

On ignore , ou 1 on affecte d'ignorer avec quelle tjrannie la mémoire et l'imagination Intlent en nous pour maintenir ce qui existe contre ce qui n'existe pas encore. C'est avec une timidité invincible que les hommes osent doyter et critiquer. « Ce qui est hors des gonds de là coutume , dit Montaigne , on le croit hors des gonds de la raison. « Voilà pourquoi des légblateurs , avertis par la connaissance de notre nature et par l'empire des mœurs et des habitudes , ont eu la sage politique de promulguer, non pas des lois irréprochables, mais les moins mauvaises qu'une nation pût supporter. Toutefois , les obligations du législateur et du philosophe ne sont pas les mêmes ; si le premier doit céder à des préjugés trop vivaces encore pour être domptés , le second a mission de les attaquer sans i*elâche et sans ménagement. Les plus funestes de ces préjugés sont tpelqnefois ceux-là mêmes qui résisteront avec le plus d'énergie. Une contagion horrible peut nous menacer dans notre existence , flétrir tout au moins la beauté de nos soeurs , de nos épouses , de nos filles ; et l'antidote de ces effrojables ravages restera long-temps dédaigné , redouté peut-être plus que le mal dont il prévient l'explosion. Depuis quelles longues années l'équité et la raisou ne s'élèvent-elles^ pas contre ce préjugé que nous ont légué des siècles barbares , et qui , pour le plus frivole motif , force deux hommes , deux amis à^roiser le fer , et , sous prétexte de donner réparation d'iuie insulte, <ou?eot continue son triomphe dans le sang de rbsuUé ! Cependant le duel n'est pas près de sortir de nos mœurs , et le fléau que

combat la vaccine moissonnera- encore \flen des victimes.

L'histoire des malheurs du monde est l'histoire de nos préjugés : en présence d'un fait aussi triste , loin de refroidir le zèle de la philosophie qui les combat, louons-la plutôt de ses efforts , remercions-la de ses conquêtes , et ne songeons qu'a nous mieux tlisposer à recevoir les semences de la vérité. Si .l'on nous objecte les sacrifices qu'entrafne quelquefois rétablissement de son règne, répondons hardiment que reculer devant le»

hasards d'une révolution qui retirera tout un peuple d'une condition honteuse et misérable , ce serait préférer des maux étemelsàdes commotions passagères. N'oublions pasd'ailleurs, pour être justes , d'attribuer aux véritables coupables les désastres mcwsentanés de la lutte que les défenseurs de« préju- ~ gés osent engager contre leurs adversaires* Quand le vrai et le faux ont été serré» for* tementsur la trame des opinions humaines,, la séparation ne saurait plus s'en faire sans déchirements ; mais les troubles qui en ré* sultent ne doivent point retomber sur la philosophie , dont le devoir est de signaler ce mélange adultère. Le préjuge qui les lui imputerait ne serait pas un de ceux qu'il importe le moins de détruire. ( f^ojrez Ovi-

«lOM PUBLIQUE.) TAVCf.

* PRÉMAR£ ( JosbphHbsri ) , savant jésuite français, s'embarqua à La Rochelle en 1698 pour aller prêcher l'Évangile à la Chine , fut un des missionnaires qui ont fait le plus de progrès dans la littérature de cet empire , et celui qui a le mieux apprécié la théorie de la langue et des antiquités chinoises. Il mourut ù la Chine vers 1735. On a de lui : Recherches sur les temps antétieurs à ceux dont parle le Chou-Kin§ , et sur la mythologie chinoise , écrit inséré par Deguignes, à la tête du ChouKingf traduit par le père Gaubil , sous la forme d'un discours préliminaire ; un grand nombre d'autres ouvrages , dont trois écrits en chinois , qui n'ont point été publiés , et font partie des manuscrits de la Bibliothèque du Roi. On peut consulter pour plus de détails la notice judicieuse que M. Abel Remusat a consacrée au père Prémare dans la biographie universelle , ancienne et moderne , publiée par L.-G. Michaud , tom. 36.

• PREMIERE A ICT (Làuke»t db), né dans le village du même nom , près Arcissur-Aube, mort en 1418, fut secrétaire du duc de Berri. On lui doit la première tra-

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