‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 95 sur 135 · R£GI · texte numérisé non relu

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manter riofinicUoii ptnnî ton» les jeimes ofiiciei's qui norteot de SaintCyr. Nous avont pu juger , dans une grande garnison , Teffet prodigieux que produisit le concours , lorsque Tordonnance de création parut. Tous les officiers qui voulaient entrer dans Tétatmajor travaillèrent avec une ardeur incroyable pour j être admis. Lorsque les nominations furent connues , ceux qui déjà avaient faits de grands progrès , et qui probablement ensient été admis Tannée suivante^ regardèrent comme inutile la continuation de leurs éludes « sachant que désormais tout espoir d'entrer dans Tètat^major était perdu pour eux.

Les sous- officiers promus au grade de sous4ieutenant, et qui dcpi avaient un commencement d*instruction , chercheraient à la compléter. Leur intelligence et les moyens qu'ils ont apportés en arrivant au régiment se développeraient en voulant lutter avec les officiers sortant de Saint-Cjr ; et Ton peut aisément concevoir quels seraient les résultats de cette louable émulation.

L^instructiou, cette source de la prospé- ' rite publique et des jouissances particulières, riustruction , dont les avantages sont maintenant appréciés et recherchés psr toutes les classes de la société , se répandrait ainsi dans la classe militaire, h laquelle elle est non moins utile <\u% tous ceux investis de fonctions civiles , et li ceux qui s*adonnent k des opérations industrielles. N*esUl pas évi«deut que c'est h la classe militaire que sont réservés les devoirs et l'honneur de défendre le trône et de maintenir Tindépendance de la patrie? S'il était encore quelques personnes qui , entraînées par Tutopie séduisante d'une paix universelle, voulussent mettre en question la nécessité de la force»

armée , qu'elles se rappellent Tinvasiou des . armées étrangères , elles conviendront qu'il est de toute urgence de garder son pajs et d'empêcher que d'autres peuples , tentés par la fécondité de notre sol , ne cherchent à s'en emparer et à j commander en maîtres.

Faisons donc tous des vœux pour que nos institutions tendent à répandre l'instruction dans l'armée, à lui donner toute la force possible pour repousser nos ennemis , et à lui conserver quelque considération en échange des sacrifices qu'a faits l'ancienne armée , et que la nouvelle est disposée à faire. Nous croyons devoir à ce sujet rappeler les paroles mémorables du célèbre Bacon :

« Aussitôt qn'un peuple naturellement Tome ly.

» belliqueux négligera les armes et tombera a dans la mollesse , la guerre viendra fondre s sur lui de tous côtés. Un empire qui dé- » génère ne songe qu'aux richesses ; c'est » un appât pour s9i voisins , qui , le prenant » dans un état de faiblesse , en ont bientôt s fait leur conquête et Içur proie. • (f^ojez ÂiMia et État-Major. )

Le lieut.-gén. baron Faiaiov.

* RÉGINON , abbé de Prum , et l'un des hommes les plus savants du 9* siècle, mort en 91.5, à Trêves dans le monastère de Saint-Martin où il s'était retiré sur la fin de sa vie , a laissé une Chronique qui commence à la naissance de Jésus-Christ , et s'arrête à à l'an 907. Elle a été continuée par deux autres écrivains jusqu'à Pan 977. La première édition est de Mayenee, 1521 , in-fol., et Pistorius l'a insérée dans le tome pi^mier des Renun ^ermanicar. Seriptor., Franefort, 1583. On a encore de Réginon un Recueil des canons Latine, dont Baluze a donné une édition, Paris, 1671 , in-8<>, aveo de savantes notes , et divers appendices ; Trithelm parle des sermons de Région , et d'un recueil de ses lettres qui n*existent phis.

* REGIO MONTANTS. /V««MeLLBa.

* REGIS (8a»t Jbav -François) , né en 1597 dans le diocèse de Narbonne, entra dans l'institut des jésuites, se dévoua au ministère delà prédication dans le Languedoc, fit ua grand nombre de conversions parmi les calvinistes , et mourut en 1640. 11 fut canonisé par Clément XII en 1737. Sa vitf a été écrite en français par le père «d'Aubenton.

* REGIS (PierbbSilvaim), philosophe cartésien, né dans le comté d'Agenois en 1632 , mourut en 1707. On a de lui, outre s^s écrits polémiques sur le cartésianisme, et diiP&rentes lettres k Malebranche : Sj'stème de philosophie^ etc., Paris, 1690, 3 vol.

in-4o. — Pierre Régis , médecin , né à Montpellier en 1656, pratiqua son art dans cette ville jusqu'à la révocation de ledit de Nantes , et se fixa ensuite à Amsterdam , où il mourut en 1 726. On a de lui , outre une édition des Opéra post/tumu de Maipighi , 1697 , quelques opuscules de physique et de médecine , dont on peut voir les titres dans le tom. 7 des Mémoires de Niccron , pag. S.

* REGIS (JKAi!f-BAPTisTE)*jc«uite français . missionnaire .H la Chine et habile géographe , ne dans la deuxième moitié du 17t siècle, travailh avec plusieurs de* ses confrères h ht earle générale de la Chine , et

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a donné , $ut la manière dont fut conduite cette importante opération , des détails qai D0U8 ont été transmis par Dubulde , dans sa Description de la Chine. On a aussi de Régis une traduction latine du I-king, k laquelle il a joint d'amples éclaircissements et de savantes notes. La Bibliothèque du Roi contient un manuscrit de ce précieux oa- ▼rage. On sait que le père Régis prit part , en 1724, aux discussions que les missionnaires eurent à soutenir devant Temperenr Toung-tcbing , relativement à la proscription du cbristianisme k la Cbine ; mais on ignore Tépoque précise de sa mort.

REGISTRES DE L'ÉTAT a VIL. (Politique. ) Lorsque , par ses invasions successives , la barbarie du Nord eut proscrit la civilisation méridionale, les prêtres, seuls lettrés de cette époque , s'arrogèrent naturellement toutes les attributions politiques et civiles qui exigeaient les deux grandes sciences du temps , la lecture et récriture.

Lorsque , à son tour , la civilisation du Midi pénétra dans le Nord , les prêtres en furent les apôtres , et la nécessité leur livra la décision de toutes les affaires que le glaive et la violence ne pouvaient décider. Ce Wladimir, surnommé le Grand comme Constantin et Clovis, parce qu'il introduisit le christianisme eu Russie ; ce Wladimir, assassin de son frère , de sa femme , du père et des frères de sa femme , couvert du sang des siens , comme Clovis et Constantin , livra aux prêtres tout ce qui constatait Tétat civil des personnes , dans un pajs ou les lois civiles n'existaient pas encore. Cbarlemagne introduisit , après ses tiois massacres des Saxons, la même coutume dans la Germanie , et les registres de Tétat civil furent ainsi, dans toute l'Europe, à la disposition du clergé.

Cet abus, né de la nécessité, n était pas grave : tant que l'autorité civile put surveiller et contrôler la tenue des registres , punir les infractions , et cbfttier les faussaires , le mal était léger. Mais à l'époque où les papes voulurent échelonner au-dessous d'eux toute la hiérarchie sacerdotale , qu'ils voulurent seuls représenter cette Divinité qui ne doit se trouver parmi les fidèles que lorsque plusieurs sont assemblés en son nom ; qu'ils se servirent de l'encensoir pour briser le sceptre , qu'ib umrpèrent le droit de jugement dans les affaires ecclésiastiques , et que les affaires politiques , civiles , criminelles des clercs furent déclarées ecclésiastiques; que les appels comme d^abus furent traités d'im-

pies et d'attentatoires à la majesté de Dîea , alors tout contrôle devint impossible, et Tétât civil des personnes fut abandonné aux caprices , à l'impéritie, à la mauvaise foi.

Les procès furent innombrables pour rcgo-^ lariser l'état des personnes ; et quand la révolution établit àes officiers de Tétat civil > cette conquête fut considérée comme un grand bienfait.

Cette innovation, rendue nécessaire par les abus dès long-temps introduits, était encore fiicile par la division des lumières , qui portait la lecture et l'écriture dans les ha meaux les plus reculés. Le sacerdoce catholique ne pouvait plus demeurer officier <!c l'état civil. La réforme religieuse et la tolérance politique y mettaient d'insurmontables obstacles : les protestants des diverses communions , les juifs ne pouvaient avoir le clergé pour arbitre de leur filiation ; il eût fallu dans chaque commune autant d'officiers de l'état civil qu'il y avait de sectes , et , sur toutes choses , il eût fallu que les prêtres catholiques fussent , au moins comme officiera civils , justiciables des tribunaux ordinaires, nécessité attentatoire h toutes les prétentions. L'Église oublie sans cesse que par la spiritualité elle conquit tout le monde civilisé, que par la temporalité elle en a perdu les trois quarts : le pouvoir spirituel n'est pour elle qu'un moyen d envahir le temporel ; et pour parvenir à cette usurpation , il faut qu'elle s'établisse juge et partie. Si jamais elle voulait reconnaître , dans ce qui ne tient pas au dogme , l'intervention de la puissance humaine, elle cesserait d'être TÉglise des papes.

Quarante ans ont fixé parmi nous Tadoiinistration de l'état civil. Ces registres , tenus par des maires , que le pouvoir nomme et surveille , déposés an secrétariat des mairies et au greffe des tribunaux , y sont annuellement lus par un magistrat chargé de poursuivre non -seulement les prévarications , mais encore les négligences du fopctionnairè qui les rédige. Cette vigilance mutuelle de l'ordre administratif et judiciaire, ces modèles transmis , Timpossibilité d'y rien ajouter , d'en rien retrancher sans une décision juridique, ont placé l'état des personnes sous une sauvegarde qui fait la sécurité des familles , et qui n'excite plus^i plaintes ni procès. Toutefois , les prêtres , et surtout ces jésuites, connus sous le non^ de missionnaires , écrivent , impriment , déclament qu'il faut rendre an sacerdoce le droit de

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coiisUter les trois grands actes de bi fie civile, la naissance , le mariage et la mort. Ils veulent que la naissance se change nécessairement en baptême; mais est-ce qu*alors ceux qui ne seraient pas baptisés seraient censés n être pas nés ? Mais esVcc que le mariage ne peut être qu*un sacrement, et que , sans le sacrement catholique , il ne peut exister de mariage civil? Alors, chez les juifs , qni sont nos pères , et chez les protestants , qui sont nos cadets , n^ aurait-il que des libertins et des bâtards? Mais estce que la mort ne serait qu*une cérémonie religieuse , et que ceux que VÉglise refuse d'inhumer sont censés vivre encore? Certes , avec les refus d''inhnmation que le clergé multiplie, on serait fort embarrassé de constater les décès des juifs , des protestants , des philosophes , et d'entrer en possession de leur hérédité; peut-être même verrionsnous renaître le temps où Ton refusait d'enterrer ceux qui , par testament, ne laissaient rien à TÉglise , c*est-h-dire , aux prêtres qui la desservaient.

■ Sans doute , il doit être permis au prêtre de tenir registre du baptême qu*il administre , du mariage quMI bénit , des morts pour lesqueU il prie : tout cela est dans Toidrc religieux , dans la discipline ecclésiastique ; le pouvoir civil n''a rien à y voir. Mais les registres civils , ceux qui constatent non U b/tptéme ^ maiê la naissance ; non la bénédiction nuptiale , mais le mariage ; non la cérémonie des funéraiUes , mais le décès ; tout cela rentre dans Tordre administratif, tout cela doit se faire sous la sauvegarde de Tordre politique , seul protecteur de Vétat des familles et de leur filiation. Le prêtre catholique n*a pas à sHmmiscer dans ces attributions , parce que son royaume n'est pas de ce monde , parce qu'il tient ses registres non pas au nom du roi , mais au nom du pape , parce que , si on lui accorde ce droit, il faut l'accorder aussi au rabbin , au ministre y au dervis , afin de constater que les juifs , les protestants , les musulmans naissent , se marient et meurent.

Revendiquer les registres de l'état civil pour le clergé, c'est vouloir recommencer les envahissements du spirituel sur le temporel. Maîtres des trois grands actes de la vie civile , les prêtres entreraient dans l'intérieur des familles pour les diviser , opprimer les personnes , et convoiter les propriétés. Il faut qu'ils restent , pour le bien commun de la religion et de l'humanité , dans

Tordre purement religieux. Leur place est dans le temple de Dieu, et non dans les maisons des citoyens.

L*état ciril, tel.qu'il est organisé par nos lois , est une grande et belle conquête de la civilisation; s'il laisse quelque chose ^désirer, la faute en est au pouvoir qui chouit mal ses maires ; aux maires qui choisissent mal leurs commis. Si la surveillance est mal exercée , la faute en est encore à l'administration qui vérifie mal le double des registres qui restent en son pouvoir , ou au ministère public dont la vigilance n'est pas assez active, assez éclairée; mais il faut ajouter aussi que les plaintes rares qui se sont élevées depuis vingt ans n'égalent pas le nombre des procès qui surgissaient eii une ' seule année , lorsque cette partie de l'administration était confiée au clergé ; ce qui prouve que , sous aucun prétexte , les choses de Tordre politique ne doivent jamais rentrer dans le domaine des fonctionnaires de Tordre religieux. Pag^.

* REGrUS (Louis), f^oyez Lbrot.

RÈGLEMENT DE JUGES, f^o^ez Cou

pl^TBHCB.

* RÉGNARD (Jbah-Frisçois), l'un de nos meilleurs poètes comiques , né à Paris en 1647 , était fils d'un marchand qui , en mourant , lui laissa une fortune assez considérable ; et il put ainsi , au sortir de ses études, se livrer à son goût dominant pour les voyages. Ayant gagné au jeu beaucoup d'argent pendant cejui qu'il fit en Italie vers 1676 ou 1677 , il se détermina à revenir en France, et peu après (16^) retourna dans le pays où le sort lui avait été si favorable. Ce fut alors qu'il rencontra cette Elvire dont il a tracé un portrait si flatteur dans son roman intitulé /a Provençale. Épris de cette beauté , quoique déjà elle fût engagée dans les liens du mariage, il s'embarqua avec eUe pour revenir en France, fut pris par des corsaires algériens , et conduit à Constantinople avec la dame de ses pensées, qui fut vendue 500 livres moins que lui.

Esclaves du même patron , les deux amants souflrirent une captivité assez rigoureuse; mais on raconte que Régnard, qui avait été un gourmand de profession , sut gagner les bonnes grâces de son maître eu pré jidant à sa cuisine , et qu'il en obtint sa liberté et celle de la dame provençale, au moyen d^une somme de 12,000 livres, que sa famille lui avait fait remettre. De retour en France avec celle qu'il aimait , il' était sur le point

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de répouter lorsque le mari , qu^on cqp7«it mort , reparut tout à coup , et le força de a>n séparer pour jamais. Le chagrio lui fit prendre alors la résolution de courir le monde ; il partit pour la Flandre , alla en Hollande, en Danemarck, en Suède, en Laponie , où raccompagnèrent deux gentilshommes français. Arrivés à Toniéo , ils s^emborquèrent sur le lac, du même nom, le remontèrent de sept à huit lieues, parvinrent près d'une haute montagne, qu*ils gravirent jusqu'au sommet, découvrirent de Ih toute l'étendue de la Laponie et la mer septentrionale , et gravèrent sur un rocher une inscription en vers latins, avec la date du 22 août 1681. Après avoir parcouru diverses autres contrées , Régna rd , fatigué enfin de cette vie errante, revint à Paris , acheta une charge de trésorier de France , et se livra ensuile à la composition de se9 difilèrentes pièces de théâtre. 11 mourut en 1709, dans sa terre de Grillon, près de Dourdan. Ce poète , regardé généralement comme notre second poète comique, quoiqu'il soit resté à une grande distance de Molière, travailla succe^ivement pour le Théâtre-Italien et pour le Théâtre-Français.

Ses principales comédies sont : le Joueur »

ie9 Ménechmet f Démocrite amoureux, le Diêlraii , tes Folies amoureuses , le Retour imprévu t la Sérémade , le Légataire universeL On a encore de lui : le Carneval de f^enise y joué h TOpéra en 1699 ; des Poésies dit^rses ; Fojrage en Flandre , Hollande , Danemarck f Suède, Laponie, Pologne, Allemagne , Imprimé pour la premi^ fois eo 1731 ; /a Provençale , historiette publiée aussi en 1731 ; un Foyage en Normandie , en prose et en vers , et le Fojrage de Chou* mont, en quarante couplets. Parmi les nombreuses éditions des QEuyres de Régnard, on cite celle de M. Lequien, publiée en 1820, 6 vol. in*^o , et celles do M. Ci«pelet, avec noies et variantes, publiées en 1822 et 1823, 6 vol. in-S». On trouve en tète de cette dernière édition des Recherches sur les époques de la naissance et de la mort de Régnant, par M. Beffara.

* RÉGN AUD , dit de Saint-Jean ttjéngéfy- ■ (Michel-Louis-Étienne), naquit en 1760 à Saint-Fargeau , où son père remplissait les fonctions de président du tribunal et celles de subdélégué de Tintendance. Reçu avocat vers 1781 , et nommé en 17^2 lieutenant de la prevâté de la marine à RochefoH, Régnaad se Ht remarquer par ses talents , fut

élu député aux États-Généraux par le tieri* état ^u bailliage de Saint-Jean-d'Angélj, et apporta dans cette assemblée des opinions modérées qu'il manifesta h la tribune, et plus particulièremoiit encore dans une feuille quotidienne, qu'il publiait h cette époque sous le titre de Journal de FersailUs, Plus tard cependant on la rit quelquefois s^écarter un peu de celte modération; mais il ae rallia ensuite de très-bonne foi au parti qui voulait sauver la monarchie , et n'échappa aux proscriptions du 10 août qu'en se oondamnant à une réclusion volontaire. Découvert et arrêté à Douai en 1 793 , il ne recouvra sa liberté qu'après la chute de Robespierre^ fut employé alors à l'armée d'Italie , y connut Bonaparte , s'attacha à sa fortune , eâ lui monti^ depuis un dévouement sana bornes. Régnaud fut un de ceux qui contribuèrent à la révolution du 18 brumaire.

Nommé ensuite successivement conseiller d'État , président de la section de l'intérieur du conseil d'État , secrétaire de l'état de la famille impériale , comte de l'empire , procureur-général près de la haute cour, il s'acquitta de ces diverses fonctions avec une grande habileté. Défenseur obligé de toua les projets de son maître , Régnaud cepen* dant était fort éloigné de les approuver toujours. Dès Touverture de la malheureuse campagne de Russie , il prévit la chute de Napoléon ; mais il ne lui en resta pas moina fidèlement attaché , et refusa même , dit-on , les propositions qu'on lui fit alors ponr embrasser la cause des Bourbons. U suiyit l'impératrice Marie-Louise à Blois lors de la première entrée des alliés à ^aris , et ne reparut sur la scène politique qu*an retour de Bonaparte , en 1815. Il lui donna à cette époque de nouvelles preuves d'attachement, en plaidant â la chambre avec chaleur les intérêts de son fils; mais, ayant échoué dans ses propositions , il quitta la France, passa en Amérique , et n'obtint de revenir à Paris qu'après quatre ans d'exil. Il y rentra mourant le 10 mars 1819, et expira quelques heures après son arrivée. Régnaud était membre de l'Académie, française depuis 1801. Il a coopéré, de 1789 â 17^, au Journal de Paris, avec Garât, Condoréet, Chénier, Lacretelle aine et autres. Il a publié , en société avec Duquesnoj , Vjtaù des patriotes , 1791 , 4 vol. in-8<>.

* RÉGNAULDIN (Tnonxs), sculpteur, né à Moulins, mort à Paris en 1706, était de l'Acidémie rojaie de peinture ei de

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sculptare. On toît de lai', dans Ict jardms de VersaiHes , les deux statues de V Automne et de l'impératrice Fauttinë, et aux Tuileries le groupe représentant CEntèi^ement de CjrhHe par S'itume , sous la figure du tetnps.

• RÉONAULT (Gilbwit), seigneur de Veaux , zélé protestant , né vers le commencement du 16* siècle , dans le ChAlonais , obtint la charge de juge -mage de Tabbaye de ClunjT , et en fut dépouillé , après trente ans d'exercice , par le cardinal de Lorraine , qui le soupçonnait d^avoir livré aux protestants les reliques de son nbbaye. Persécuté , obligé de Aiir , RégnauH n*échappa que par une espace de miracle au' massacre de la Saint - Barthélémy et aux assassins que Clande de Guise arait chargés de le tuer. Il a publié î Légende de D. Claude de Ouise, contenant ses faits et gestes depuis sa natiuîté, 1581. Mais, selon de Thou et d*Aubigné , il n'aurait été que Téditeur de cet

, ouvrage , qu*ils attribuent h Dagoneau ,mort eu 1580. On ignore Tépoque précise de la mort de Régnault.

* RÉGNIER (MATHvafH), poète satirique, nercu de Tabbé Desportes ( voyez ce nom ), né à Chartres en 1573, s'exerça de trè&-bonne heure dans la satire, et son père essaya yaînement de réprimer en lui un goût qu'il avait pour ainsi dire apporté en naissant.

Tonsuré à Tâge de 11 ans , quoiqu'il fût sans Tocation pour Tétat ecclésiastique , il suivit ^ Rome le cardinal de Joyeuse, et passa dix années auprès de ce prélat; mais, n'en ayant obtenu aucune récompense , il s'attacha ensuite au duc de Béthune, en fut beaucoup mieux traité , et ne tarda pas h être pourvu d'un canonicat et d'une pension de 2,000 lirres sur Tabbaye de Vaux-dc- Cemay, qui avait appartenu à son oncle.

Régnier ne put cependant jouir long-temps de son heureuse situation. Livré depuis sa plus tendre jeunesse h un goût effréné pour le plaisir, des infirmités précoces furent le triate résultat de ses écarts, et il mourut h Rouen, en 1613, h peine ftgé de 40 ans.

Précurseur île Boileau dans le genre satiriques, il eut, comme lui , Tavantage de voir beaucoup de ses vers devenir proverbes.

Son style est à-la-fois plein d'enjouement , de naturel et de grâce, et quoiqu'il ail vieilli , « c'est encore en ce genre , dit Pa- » JisBot , un des meilleurs modèles que Ton » puisse étudier. • Mais malheureusement C9 poète blesse trop souvent la décenoe, et

il aurait un bien plus grand nombre de lecteurs , s'il eét évité ce défaut ,qu'ir avait contracté en travaillant d'après les satiriques latins. Les OEmures de Régnier se composent de seite satires^ ^\T<m dpitres, cinq élégies , diodes y de stantes , dépigrammes , etc. Les meilleures éditions sont celles publiées par M. VioUet-le-Duc en 1821, in-18, et par M. Lequien, en 1822, iD-8«) avec le commentnireàt Brgsselte.

* RÉGNIER (Clatob'Fbakçois), né en Auvergne on 1718 , mort en 1790 > embrassa l'état ecclésiastique , et devint un des directeurs du séminaire de Sainl-Sulpice. On a de lui : Ctrtittkde des principes de U religion contre les nouveaux efforts des incrédules , Paris , 1778 à 1782 , 6 vol. in-12 ; Tractatus de Eceleeid Chrisii, Paris , 1 789 , 2 vol. in 8«. — RicHica { dom ) , bénédictin de la congrégation des Exempts , a publié des semtons, Î76I, 3vol. in-12.

* RÉGNIER (Claudb-âmboisb), due de Massa , ministre de la justice sous Napoléon , né à Blamont , département de la Meurthe , en 1736, exerçait avec succès la profession d'avocat h Nancy à l'époque de la révolution. Il en adopta les principes , fut nommé député aux États-Généraux , ensuite à l'assemblée constituante , et , quoiqu^l se fût rangé du côté qui favorisait le plus les nouvelles théories , il ne s'occupa gubre que de judicature et d'administration. Échappé aux proscriptions du 10 août, il vécut ignoré pendant le régime delà terreur, et ne reparut sur la scène politique qu'après le 7 thermidor. Nommé au conseil des anciens par son département, il y fut tour à tour secrétaire et président, s'opposa au rappel de • Jean-Jacques ^yroé au corps législatif, fut aussi l'adversaire des prêtres déportés ou exilés de France , et fut un des défenseurs de la loi du 3 brumaire ; mais il ne prit aucune part aux événements du 18 fimctidor.

L'un des coopératcurs du 18 brumaire , Régnier travailla à la nouvelle constitution, devint , api^ès l'établissement du consulat , membre du conseil d'État dans la section des finances, et fit rétablir la flétrissure de

la marque pour les crimes de faux. Nommé en 1802 grand-juge , ministre de la justice, il fut chargé en même temps de la police générale , et ce fut lui qui dirigea en 1804 toutes les poursuites contre Georges et Pkhegru. Plus tard cependant le ministère de la police fut distrait de ses attributions. En 1813, il rendit aussi le porte-feuille de la justice ,

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