‹ Encyclopédie moderne, ou, Dictionnaire abrégé des sciences, des lettres et des artsChapitre 10 sur 62 · N ABE · texte numérisé non relu

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véoles privilégiées , dont le nombre est ordinairement de trois ou de quatre , mais dont certaines associations ont offert jusqu'à trente et quarante.

Les cellules royales n'ont pas tout-à-fait la même forme que les autres , et ne diffèrent pas seulement par leur volume, qui comporte une masse de cire capable de fournir à la construction de cent cellules ordinaires , mais par leur situation , qui est ordinairement marginale , c'est-àdire comme pendante sur l'un des bords inférieurs des gâteaux en manière de stalactites , qui ne tiendraient à la masse que pàr des espèces de pédicules en cire.

La plus grande partie des cellules sont destinées à recevoir le miel; on dirait les tonneaux dans un riche cellier , qui, dès qu'on les a remplis, sont fermés hermétiquement avec un couvercle plat , que l'ouvrière a l'art de construire et de souder avec une adresse singulière.

Lorsque la reine fécondée reconnaît qu'on lui a construit des loges afin qu'elle y puisse déposer ses œufs , on la voit examiner soigneusement celles-ci , en y enfonçant d'abord la tête, et en les visitant en tous sens. Après avoir pris cette précaution , elle se retourne , y introduit l'extrémité de l'abdomen, et y dépose un œuf qui se fixe dans le fond au moyen de la matière visqueuse dont il s'est enduit en passant par la poche où se sécrète cette matière , et dont il a été question plus haut. Des reines d'une fécondité imprévue , pressées par le besoin de la ponte , et pour l'usage desquelles les ouvrières n'ont pu préparer assez de cellules , déposent jusqu'à trois œufs dans chacune ; dans ce cas , les nourrices ont bien soin de séparer ceux-ci , et les détruiraient plutôt que d'exposer v plusieurs larves à se nuire dans leurs développements.

La ponte se fait avec une telle rapidité que plusieurs centaines d'œufs en sont le résultat dans une seule journée de printemps. Cette ponte cesse en automne, où, le pollen nourricier venant à manquer, le miel se trouve nécessaire à la nourriture de la société entière. C'est ainsi qu'ayant

tout calculé, la nature prévient l'épuisement des magasins , qui serait la conséquence d'une augmentation de consommation à l'époque où les provisions ne pourraient être renouvelées. La reine d'ailleurs s'engourdit pendant l'hiver.

Les œufs d'où sortiront des larves d'ouvrières sont pondus les premiers, parce que, sans les secours nourriciers de ces ouvrières , les mâles et les femelles ne pourraient se développer, et mourraient de faim dès leur naissance. Ce n'est que deux mois après celte ponte que la femelle dépose les œufs de mâles , et enfin plus tard qu'elle met au jour le petit nombre de ceux d'où sortiront ses pareilles. Tous ces œufs sont respectivement placés dans les alvéoles qui leur conviennent, sans que jamais la mère se trompe et mette au rang des ouvrières des reines ou des mâles , et dans les alvéoles de ces derniers des œufs de neutres. Ils sont ovales , oblongs , un peu courbés , d'un blanc bleuâtre , et longs d'une ligne. Ils éclosenl dans l'espace de trois à six jours ; un ver apode , c'est-à-dire sans pieds , en sort blanc , mou , ridé , et se tient courbé au fond de son berceau dans un état d'immobilité complète.

Aussitôt les nourrices accourent, vérifient la naissance en entrant dans la cellule, où elles se tiennent quelques instants, et donnent à la nouvelle larve la nourriture appropriée à son âge et à la caste dont elle doit faire partie. Cette nourriture consiste d'abord dans une espèce de bouillie insipide , épaisse et blanche. A mesure que la larve se développe, la bouillie devient plus sucrée et plus transparente. C'est un mélange de miel et de pollen, où le miel domine à mesure que l'insecte approche de sa première métamorphose. Cette métamorphose a lieu ordinairement six à huit jours après la naissance : la nourrice en connaît l'époque, et cesse d'apporter une nourriture qui deviendrait inutile; mais pour préserver sa pupille de tout accident, elle la mure dans son alvéole, en lui formant un couvercle qu'on distingue aisément de celui des cellules

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