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Pierre III , de Charles IV , de Ferdinand VII, de Gustave IV, du roi de Sardaigne, de Napoléon, de Louis , de Joseph , de Joachim, parlent plus vivement aux yeux que les mensonges des publicistes. Durant vingt ans, le plus obscur citoyen ne pouvait ouvrir sa fenêtre sans voir l'empire, la royauté, la papauté dans la rue; et le temps ne pourra peut-être replacer ces grands pouvoirs politiques dans la région mystérieuse d'où la révolution française les a fait descendre.

Les publicistes distinguent l'abdication delà résignation, acte par lequel le prince qui abdique investit de la royauté le successeur qu'il désigne. Napoléon, abandonné par la France dont il avait opprimé la liberté , par des amis ingrats qu'il avait comblés d'honneurs et de richesses, par la fortune lassée de sa longue prospérité. Napoléon abdique en 1814, et laisse le trône vacant; il résigne en i8i5, et transmet la couronne à son fils. Toutefois la distinction des publicistes n'est pas heureuse : car si l'empire est électif, le prince, par son abdication, rend la souveraineté à la nation dont elle émane, et le successeur règne non par la force de la résignation , mais en vertu d'une élection nouvelle; si l'empire est héréditaire, le monarque ne peut abdiquer ou résigner qu'en faveur de son successeur légitime, puisque les droits n'appartiennent pas à la personne, mais à la race , et que le prince régnant n'en est que le dépositaire. Toutefois, dans les monarchies héréditaires, l'ordre naturel a été quelquefois interverti ; c'est ainsi que , par son abdication , Alphonse , roi de Léon, appela au trône son frère Ramire, au préjudice de son propre fils Ordogno. Au surplus, ce sont là des questions de force et non de droit, elles se décident par le glaive et non par l'équité ; et les publicistes qui les ont traitées ou prennent le fait pour le droit , ou décident par des lois civiles ces grands actes politiques. Pour prendre encore Napoléon pour exemple , ce n'est pas sur deux feuilles de papier, c'est dans la retraite de Moscowquese trouve l'abdication de i8i4; c'est dans le

ABD 25 désastre de W aterloo que fut écrite la résignation de 181 5; et pour connaître quels devaient être les effets de ces deux renonciations, ce n'est pas les actes écrits qu'il faut consulter, mais les résultats inévitables de ces deux grandes catastrophes militaires.

Les publicistes n'ont pas oublié les formes possibles et les conditions ordinaires de l'abdication. Ils eussent mieux fait de dire que la forme en est indifférente; Christine abdique au milieu du sénat ; Dioclélien , devant son armée ; Napoléon, par un acte authentique; Stanislas, par une lettre particulière ; Jacques II , par sa fuite ; Henri de Valois , en désertant la Pologne. Si l'abdication pouvait être véritablement volontaire , les conditions de cet acte seraient d'un haut intérêt : elfes sont ou personnelles ou politiques. Le prince qui descend du trône craint toujours de se trouver seul à seul avec la vertu; la liberté des citoyens ne lui suffit point ; il ne veut pas lutter par lui-même avec les difficultés de la vie. Ne pouvant plus commander, il ne veut pas obéir, et il s'entoure d'un vain simulacre de grandeur, pour que la vérité ne puisse pénétrer jusqu'à lui el lui reprocher ses fautes ou ses primes. Il demande, et on lui accorde le titre de majesté, une fortune au dessus de celle des citoyens et quelques flatteurs subalternes; c'est dans un nuage d'encens qu'on ensevelit ces idoles brisées. On prétend que, pour être valables, les conditions doivent être approuvées par l'autorité qui reçoit l'abdication ; mais le sénat de Suède viola toutes les promesses qu'il avait faites à Christine, et Charles-Emmanuel , oubliant qu'il devait le jour et le trône à Victor-Amédée, fit arrêter son vieux père, le laissa languir dans le château de Rivoli, et l'envoya mourir dans les prisons de Moncalier. Les conditions politiques sont encore moins sacrées ; cela doit être ainsi : l'abdication est une véritable mort politique, et cet acte ressemble aux testaments des rois; on sait comment celui de Louis XIV fut cassé par le parlement de Paris.

Sur toutes ces questions l'erreur des publicistes pro-

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vient de ce qu'ils ont considéré l'abdication comme un contrat civil, et qu'ils l'ont soumise aux mêmes règles. Ils n'ont pas vu que les tribunaux sont institués pour garantir la foi des actes ordinaires, tandis que le prince régnant est l'unique arbitre du traité qu'il fait avec le prince déchu ; qu'il n'y a pas dans l'état de commun modérateur, de juge suprême entre eux; qu'il est par conséquent oiseux de poser les conditions d'un contrat dont aucune puissance ne peut ordonner l'exécution , et qui , par la force des choses , est complètement livré a la loyauté ou au caprice du monarque qui , héritant du pouvoir, décide seul et souverainement entre ses propres intérêts et un roi délaissé dont il n'a plus rien à espérer ni à craindre. J.-P. P.

ABEILLE. [Histoire naturelle,) Pour le vulgaire, qui voit dans la ressemblance extérieure , souvent la plus éloignée , la seule conditioo nécessaire pour établir l'identité d'espèce , l'abeille est une simple mouche ; pour le naturaliste, c'est un insecte de l'ordre des hyménoptères , c'està-dire du nombre de ceux qui volent à l'aide de quatre ailes nues, membraneuses, inégales et veinées. Le savant Latreille rangea cet insecte dans la tribu des melliferes ou apiaires, la deuxième de la famille qu'il établit sous le nom d'anthopkiles (amies des fleurs). En effet, c'est parmi les corolles épanouies et parfumées dont la végétation se pare dans nos bois, dans nos jardins et dans nos prairies, que se plaisent les hyménoptères auxquels fut accordée la singulière industrie d'extraire , du pollen , les matériaux d'habitation et de magasins d'abondance que nous savons nous approprier.

Cette famille des apiaires, dont les individus pratiquent un art qui devait nécessairement les conduire à quelque sorte d'état social , ne contient pas seulement ces abeilles que nous avons comprises au nombre de nos domestiques; beaucoup d'autres espèces réparties dans trois autres genres s'y viennent grouper. Parmi ces genres , on remarque le bourdon , que les campagnards superficiels croient être un

animal sans industrie , parce que , dans l'esprit d'indépendance qui le caractérise, c'est sous terre et loin de l'homme qu'il va cacher sa propriété , consistant en des rayons moins considérables, à la vérité, que ceux de l'abeille, mais à la composition desquels préside encore beaucoup d'art.

La nature , qui divisa presque toutes les espèces dont elle se compose en deux ordres d'individus, les mâles et les femelles, ou qui , plutôt que de priver ces espèces de sexe, en accorda deux à quelques unes , semble avoir voulu enfreindre les règlesqui présidèrent au reste de l'organisation spécifique, pour singulariser les anlophiles mellifères , et joindre à l'industrie que ces mellifères lui devaient déjà , un élément nouveau de sociabilité; mais d'une sociabilité bien étrange, car Finégalité des conditions en forme nécessairement la base, puisque trois castes, et peut-être même quatre , y sont anatomiquement caractérisées.

La société des abeilles offre, i° des neutres divisées en deux classes, celle des ouvrières et celle des nourrices ; 2° des mâles ; 5° une seule femelle pour une population qui s'élève de quinze à trente mille individus. Dans cette quantité , les mâles entrent pour six cents ou mille tout au plus.

Les ouvrières et les femelles sont seules armées d'aiguillons; les mâles , qui en sont dépourvus, sont plus gros que les premières , mais moins que les secondes ; ils ont, en outre , la têle plus arrondie , les yeux alongés et unis au sommet. Inhabiles au travail , sans utilité dans une république où l'on ne tolère qu'une femelle destinée à la perpétuer , leur sort est digne de pitié , et l'on ne conçoit guère dans quelle vue la nature jeta au milieu de tant de petits citoyens armés et impitoyables des êtres sans défense et condamnés à devenir des fardeaux pour une multitude capable d'exterminer tout membre du corps social qui ne lui rapporte rien. La femelle rencontre un de ces mâles, vers lequel ne l'entraîne aucun penchant particulier ; elle s'unit à lui dans les plaines de l'air ; elle ne cesse un instant d'y

demeurer volante peudant la durée d'un acte qui paraît bien moins être pour elle un plaisir que l'accomplissement d'un devoir. La femelle se trouve ensuite fécondée pour un an , et même pour toute sa vie» si l'on s'en rapporte à quelques observateurs ; quant au mâle , il trouve la mort dans ses tristes amours ; il ne doit point voir sa race ; les organes sans lesquels la femelle fût demeurée stérile restent engagés dans ceux qui les reçurent, et l'être qui les a perdus ne survit guère à cette, soustraction. Un seul mâle était donc indispensable où n'existait qu'une femelle, et mille autres mâles, destinés à ne pas même se douter qu'ils ont un sexe , deviennent bientôt des objets d'animadversion pour la multitude , dès que la progéniture de la femelle fécondée vient réclamer les soins des nourrices. Les ouvrières, afin que les provisions destinées à l'éducation des jeunes ne soient pas consommées par ces mâles, se jettent avec fureur sur eux , réalisant en quelque sorte la fable de ces amazones qui égorgeaient leurs époux quand Us les avaient rendues mères. Nul n'est épargne : le massacre , qui a lieu ordinairement vers le mois d'août , dure quelquefois jusqu'à trois jours. Les environs de la ruche sont alors jon chés de cadavres ; il ne reste que la femelle et les neutres dans la ruche après cette cruelle exécution.

La femelle, qu'on appelle communément reine , parce qu'elle est l'objet du respect général , et pour ainsi dire d'une sorte de culte , peut être considérée , métaphore à part, comme la mère de son peuple. Swammerdam, qui en a fait l'anatomie avec le plus grand soin , a découvert dans son intérieur deux ovaires alongés , composés d'un grand nombre tfoviductes ou petits sacs remplis d'oeufs très difficiles à séparer les uns des autres; il a compté dans une seule plus de six cents de ces oviductes pareils, qui, chacun, renfermaient de seize à dix-sept œufs; tous commun: quaient à l'orifice par où les oeufs doivent sortir successivement, et près duquel existe une poche particulière, dont l'usage est de retenir les œufs afin qu'ils s'y enduisent d'une

ABE 27 humeur visqueuse, sécrétée par une glande voisine , au moyen de laquelle ils se fixent au fond de l'alvéole destiné à les recevoir.

L'arme commune à la reine et aux neutres*est composée de trois filets extrêmement grêles, qu'enferme une sorte de gaîne arrondie en dessus, cannelée et ouverte en dessous ; deux pièces écailleuses très déliées , garnies chacune à leur extrémité de dix à seize dentelures , complètent cet appareil situé à l'extrémité postérieure du corps, et vers la base duquel il eèt probable , mais non prouvé , qu'existe une ampoule vénénifère. Quand l'insecte veut employer son aiguillon , les pièces du fourreau s'écartent après avoir servi de point d'appui aux efforts qu'il a faits pour l'enfoncer, et les dentelures s'opposent souvent à ce qjj'il puisse être retiré. Si , dans les mouvements que fait l'abeille pour abandonner le blessé à ses douleurs , l'aiguillon demeure engagé dans la plaie , l'abeille ne survit point à sa victoire. Ainsi , l'emploi de l'organe qui dans les mâles est destiné à donner la vie , et de celui qui dans les ouvrières est fait pour donner la mort, devient toujours funeste à l'animal qui s'en veut servir.

Virgile avait déjà indiqué la différence qui existe parmi les neutres, entre les ouvrières et les nourrices. M. Hubert, auquel nous devons une connaissance parfaitement exacte de l'histoire des abeilles , a vérifié ce que le premier des poètes de l'antiquité avait dit à ce sujet. La conformation des ouvrières semble leur commander le travail : les mandibules de leur bouche sonï en forme de cuillère ; ♦leurs jambes postérieures présentent, vers l'extrémité de leur face extérieure , un enfoncement qu'on a comparé à une corbeille , et que bordent des poils disposés en brosse. C'est effectivement dans cette dépression que l'abeille ouvrière met son butin , qui consiste en de petites pelotes qu'elle prépare avec le pollen des étamines. C'est par le moyen d'autres brosses qui revêtent le côté interne du premier article des tarses postérieurs , qu'elle ramasse cette

poussière fécondante qui devient, au sortir de la corbeille où elle est transportée , la nourriture des jeunes.

Les nourrices sont plus petites , plus timides , moins exercées au vol que les ouvrières , et vivent avec elles dans une parfaite intelligence ; elles quittent rarement le toit domestique pour aller au loin caresser les fleurs ; elles se tiennent autour d'une progéniture qu'elles surveillent , et pour laquelle on les voit préparer des aliments divers, selon qu'elles veulent produire des neutres ou des femelles. Effet miraculeux d'une sorte d'hygiène , qui paraît presque incroyable encore que l'expérience en ait démontré la réalité ! Pour se convaincre de l'influence qu'exercent sur ce qu'on nomme le couvain les mets que les nourrices lui préparent, il faut d'abord connaître les travaux des ouvrières, les pontes de leur reine , ainsi que le développement et l'éducation des larves qui sortent des œufs nombreux que la femelle dépose dans les alvéoles.

Les ouvrières recueillent sur les végétaux quatre substances fort différentes , dont une est employée par elles sans paraître avoir éprouvé de modification , et dont trois autres, qui sont la cire, le miel et le pollen, nécessitent une préparation particulière pour être adaptées aux besoins communs. La substance que les abeilles emploient comme elles l'ont ramassée est ce que les anciens avaient appelé la propolis: résineuse, collante, tenace, cette propolis provient des bourgeons , et le peuplier paraît être l'arbre qui en fournit davantage. L'hypocastane , vulgairement appellé marronier d'Inde , en doit aussi donner. Il est employé à fermer les fentes et les trous des parois de l'habitation; cette habitation en est même souvent enduite en entier. La propolis se durcit , et, n'étant point pénétrable à l'eau , met la république à l'abri de toute humidité : c'est encore avec cette substance /jue l'ouvrière recouvre les corps étrangers qui , introduits dans l'habitation commune, sont trop lourds pour en pouvoir être rejetés à l'aide d'ek forts réunis , et dont la présence serait incommode.

À B E 29 On agriculteur des landes aquitaniques , qui s'occupe essentiellement de l'éducation des abeilles , a recueilli à ce sujet un fait important qu'il nous a communiqué. Ayant une fois rencontré à l'époque où l'on récolle le miel un assefc gros bloc de propolis entre deux gâteaux , il eut la curiosité de l'ouvrir , et trouva dans le milieu une petite musaraigne morte depuis fort long-temps , sans qu'on pût deviner commeut elle était venue chercher un tel sépulcre. Il est probable qu'égarée dans la ruche, qu'elle venait peutêtre dévaster , ^t tuée de mille coups de dards , les abeilles, après avoir reconnu l'impossibilité de l'extraduire , avaient deviné que , pour se mettre à l'abri de la mauvaise odeur qui devait résulter de sa putréfaction , il fallait la garantir du contact de l'air en lui formant une enveloppe impénétrable. ' ,

Lorsque l'habitation commune est bien enduite de cette propolis qui la doit protéger contre les intempéries des saisons , les ouvrières se mettent à l'ouvrage , et commencent à construire leurs gâteaux à l'aide de la cire que nous leur viendrons enlever. On a long-temps cru que cette matière était une préparation de la poussière des étainines opérée par l'estomac d'un insecte qui la dégorgeait , à peu près comme certaines espèces d'hirondelles qui , se nourrissant, au temps de la ponte, de varechs du genre plocamium , rendent par le bec une sorte de gelée de couleur de corne , pour s'en construire des nids fort recherchés dans la cuisine indienne, et qui ne sont que le résultat d'une véritable digestion. Mais un cultivateur de l'Alsace ayant élevé des doutes sur ce mode d'élaboration de la cire, les naturalistes ont porté leurs recherches sur cet objet; ils ont trouvé, sous les anneaux de l'abdomen, des plaques de cire qui se forment là seulement; ot quoiqu'on n'ait point encore découvert de communications bien distinctes entre la membrane composée d'innombrables cellules qui sécrète cette cire et le second estomac , où celle-ci subit sa première préparation , on ne

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révoque plus en doute l'importance du rôle que remplissent les anneaux de l'abdomen dans l'opération.

On a voulu savoir, en outre, quelle matière première était métamorphosée en cire par la combinaison de la digestion des abeilles et du jeu de cette membrane celluleuse qui en forme des plaques circulaires sous le ventre. On croyait que le pollen des fleurs déterminait seul l'existence de celte cire , et Ton a nourri , durant quelque temps , des abeilles privées de leur liberté avec du miel et de l'eau. Après cinq jours de réclusion , ces abeilles ont commencé à édifier des alvéoles ; d'autres abeilles auxquelles on n'a présenté que des fleurs avec leur pollen n'avaient rien produit au bout de huit jours. Une livre de sucre raffiné, réduit en sirop et donné pour toute nourriture à des abeilles mises en expérience, leur a fourni la matière de dix à douze gros de cire; un poids égarf de cassonade et de sucre d'érable en a donné le double. C'est conséquemment dans la substance sucrée du miel même, que se trouve la matière première de la cire.

Aussitôt que les abeilles ont pris possession de leur demeure , les ouvrières vont à la récolle du pollen et du miel, afin de nourrir leurs larves et de leur construire des berceaux appelés cellules, dont l'ensemble constitue ce qu'on nomme un gâteau. C'est lorsque les chatons du noiselier annoncent le retour de la belle saison , et promettent déjà une abondante récolté de poussière fécondante végétale , que les travaux reprennent vigueur. Pendant le printemps, ils durent toule la journée ; dans les grandes chaleurs de l'été , ils commencent avec l'aurore , et sont interrompus lorsque le soleil approchant du méridien embrase l'espace , et ne convie pas moins au repos que le silence des nuits. Quand l'abeille a demeuré sur une fleur le temps nécessaire pour faire sa provision, que les poils qui la recouvrent sont chargés de la poussière des étamines dépouillées, elle rassemble cette poussière avec ses brosses , en forme deux petites pelotes don5! elle

ABE 5i remplit les corbeilles de ses pattes postérieures , et retourne à la ruche avec son butin.

De la cire élaborée par l'ouvrière se forment des gâteaux parallèles entre eux et que sépare un certain espace ; de tels espaces sont autant de chemins par lesquels tout citoyen peut circuler dans la cité. Chaque gâteau a deux surfaces que couvre un nombre à peu près égal de cellules hexagones, artistement appliquées les unes contre les autres. Nous ne donnerons point une description minutieuse de ces gâteaux, que tout le monde a vus. Il suffira de dire que , fabriqués diligemment , ils sont l'ouvrage d'une multitude d'abeilles serrées en longs cordons sur la surface qui doit servir de base à leur construction*

On ne peut voir sans admiration la manière dont les fondements d'un gâteau sont jetés. Une ouvrière se détache de la chaîne formée par ses pareilles sur la construction qu'il est question de perfectionner; elle perce la foule, et va placer, après les avoir taillées convenablement, des petites plaques pentagones de cire qu'elle a extraites de celles qu'elle porte en grandes plaques sous les anneaux de son ventre. Amollie en passant par la bouche de l'abeille , et rendue plus ténue par son mélange avec la liqueur dont sa langue est enduite, cette cire sort comme une espèce de ruban coupé, pour s'adapter en plaques servant de base à la nouvelle cellule , qui, bientôt achevée , n'a plus besoin , pour être parfaite , que d'êtrtf enduite d'une petite quantité de propolis, par laquelle l'ouvrage se consolide dans le plan que les abeilles ont adopté comme le plus convenable à leurs besoins.

Ces cellules ne sont pas toutes pareilles ; les plus petites sont destinées à recevoir les larves des neutres; de plus grandes recevront celles des mâles ; une seule , beaucoup plus considérable , sera le berceau de celle que les nourrices destinent à la royauté. Dans quelques ruches nombreuses où l'on médite sans doute des essaims ou colonies , les neutres construisent quelquefois plusieurs de ces al-

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