‹ Encyclopédie moderne, ou, Dictionnaire abrégé des sciences, des lettres et des artsChapitre 20 sur 62 · EXEMPLE DU BEN VERSEMENT DE ^ACCORD PRIMITIF · texte numérisé non relu

EXEMPLE DU BEN VERSEMENT DE ^ACCORD PRIMITIF

Accord primitif — i , — 3, — 5.

Renversement, . . . \ 1 9 '

1( V oyez pour le détail de tous les accords , le Traité ^harmonie de M. le chevalier Berton , membre de r'institut.) B. .n.

ACCORD. ( Grammaire. ) Les mots sont dits s'accorder entre eux quand ils revêtent les mêmes formes accidentelles, quand ils reçoivent les mêmes changements de genre , de nombre , de cas , etc. ; ce qui n'a lieu que quand les idées qu'ils expriment sont tellement unies dans l'esprit qu'elles doivent subir à la fois les mêmes modifications, que l'on ne puisse concevoir de changement dans Tune qui ne s'opère en même temps dans l'autre. ( V oyez Concordance , Syntaxe. ) B...T.

ACCORDER les instruments. {Musique.) C'est tendre ou lâcher les cordes; alonger ou raccourcir les tuyaux de l'orgue , de la flûte , du cor ; tendre ou lâcher les peaux des timbales; en un mot, c'est augmenter ou diminuer la tension des corps sonores jusqu'à ce que toutes les parties de l'instrument soient au ton qu'elles doivent avoir. B...N.

ACCORDEUR. {Musique.) On nomme accordeurs d'orgue ou de piano ceux qui vont clans les églises ou dans les maisons accorder ces instruments; quand ces accor-

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deurs raccommodent aussi ces instruments , ils prennent le titre de facteurs. {Voyez Facteurs. ) B...x.

ACCOUCHEMENT. {Médecine. ) On entend par ce mot l'expulsion spontanée du fœtus et de ses dépendances, par les contractions de l'utérus, aidées de celles des muscles abdominaux ; el cette même expulsion , facilitée par les moyens de Part , ou entièrement opérée par ces mêmes moyens, et devenue, dès lors, une sorte d'extraction. Dans le premier cas , on dit de l'accouchement qu'il est naturel , et l'on donne à cette fonction le nom plus spécial de parturition ; les autres cas sont compris sous le nom d'accouchement artificiel. Celui-ci est appelé manuel ou contre nature , quand le secours de l'art se borne à l'application de la main; et instrumental ou laborieux, quand la main seule ne peut suffire et qu'il faut se servir d'instruments. •

tes causes prochaines de l'accouchement naturel sont donc les contractions spontanées de l'utérus; mais on ne sait pas bien par quoi sont déterminées ces contractions, et il ne résulterait aucune instruction solide et précise de l'exposé de diverses hypothèses qui ont été imaginées à ce sujet. Les signes précurseurs du travail de l'accouchement consistent dans les phénomènes suivants : à la fin du neuvième mots de la grossesse , le plus souvent avant cette époque , le ventre diminue de volume , ses parois se relâchent , la respiration est plus libre , la circulation plus facile; la femme se sent moins pesante. A ce bienêtre de peu de durée succèdent de fréquents besoins d'uriner, de l'engourdissement dans toutes les régions de l'utérus; la femme ressent du gonflement et de la pesanteur dans les parties sexuelles , lubrifiées alors par un mucus plus ou moins abondant auquel se mêle parfois un peu de sang. Les signes qui font connaître que le travail de la parturition s'accomplit sont en grand nombre et varient selon les phases de ce mêiuc travail , distinguées en quatre temps par les auteurs. Nous nous abstiendrons de

ACC i57 faire ici l'exposé de ces signes , parce qu'il serait ininteligible pour des lecteurs dénués de connaissances anatomiques , et ne pourrait servir qu'à leur donner de très ausses idées. Nous devons , pour la même raison , user le la même réticence à l'égard du mécanisme de la parurition.

Pour qu'un accouchement puisse avoir lieu i.Uurellenent et par les seules forces de la mère, il (tut qu'il f ait à la fois conformation régulière des parties de la nère et du fœtus , et rapport convenable entre les dinensions de ces parties et celles du fœtus. 11 faut enïore que le fœtus présente le sommet de la tête ou les )ieds. La 'présentation des genoux et celle des fesses l'excluent pas la possibilité de l'accouchement naturel, routes les fois que le fœtus présente une autre partie, >ar exemple le visage, un bras, une des régions de a poitrine, une des régions du ventre, son expulsion ne peut s'accomplir spontanément, et l'accouchement devient îécessairement manuel ou instrumental. Il ne suffit pas que le mode de présentation du fœtus soit favorable à son expulsion naturelle , il faut de plus que sa position ne con~ trarie pas cette expulsion. Je m'explique : l'enfant pourrait présenter le sommet de la tête, sans cependant que la parturition spontanée fût possible. C'est ce qui aurait lieu , par exemple , si le grand diamètre de sa tête se trouvait flans le sens de l'un des petits diamètres du bassin. Pour jeter une pièce de monnaie dans un tronc , il ne suffit pas de présenter cette pièce par son bord ; il faut aussi que sa plus grande dimension , c'est-à-dire son diamètre, soit mise dans le sens de la plus grande dimension de l'ouverture du tronc.

Il peut arriver que toutes les conditions précitées d'un accouchement naturel ayant lieu , l'on soit néanmoins dans la nécessité d'en aider ou d'en précipiter la marche, et de le convertir pour cela en un accouchement artificiel. Les causes diverses par lesquelles on peut se trouver con-

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traint à prendre ce parti, sont une hémorragie abondante , des convulsions , des syncopes , la suspension ou la cessation des contractions de l'utérus, l'épuisement des forces de la femme en travail , une hernie menacée d'étranglement, un asthme, un anévrisme , lè prolapsus du cordon ombilical.

Les manœuvres avec la main , au nombre desquelles nous ne comprenons pas le toucher simple , parce qu'il n'a pour but que de faire reconnaître l'état des choses , et non d'y changer quoique ce soit, les manœuvres manuelles, disons-nous , accomplissent les diverses indications de percer les enveloppes du fœtus , pour procurer la sortie àes eaux qu'elles contiennent , de remédier à une position défavorable de l'enfant , de décoler le placenta implanté sar l'orifice de l'utérus , de reporter le cordon ombilical dans l'utérus , d'opérer la version de l'enfant et son extraction par les pieds, d'aider à la dilatation , à l'épanouissement des parties de la mère susceptibles d'extension , etc.

L'application des différents instruments dont se sert l'ac coucheur a pour but de reconnaître les dimensions des diamètres du bassin ; de corriger une mauvaise position du fœtus , ce que faisait le Hollandais Roon-Huysen avec un levier qu'on a beaucoup vanté de son temps , et dont on ne se sert presque plus aujourd'hui ; de tirer sur un ou plusieurs membres de l'enfant, ce que l'on exécute avec des lacs et des crochets émoussés ; de diminuer le volume excessif de quelqu'une des grandes cavités du fœtus, en donnant issue à des fluides qui la remplissent; de se saisir puissamment de la tête du fœtus , de changer les rapports désavantageux où elle se peut trouver avec les divers détroits de la filière osseuse qu'elle doit parcourir , et d'exercer sur elle des efForts de traction par lesquels on parvient à la dégager. Ces derniers résultats s'obtiennent avec un instrument porté de nos jours au plus haut degré de perfection. Cet instrument, appelé forceps, représente des mains métalliques, qui , n'ayant

A CC i5g resque point d'épaisseur, se glissent Tune après l'autre, le la manière la plus facile , entre les parties de la mère t la iête de l'enfant, et, soumettant celle-ci à une légère ireinte , lui font franchir des obstacles dont les seuls forts de la nature ne fussent jamais parvenus à la déiger. On a vu des femmes qui , délivrées une fois par ce loyen , en réclamaient avec instance le bienfait dans des :couchements subséquents.

Quelquefois la conformation delà mère, ou la grosseur lonstrueuse de l'enfant, ou la réunion de ces deux ciranstances , rendent l'accouchement impossible même avec j secours des instruments , et ne laissent de ressource ue dans la pratique d'opérations chirurgicales dont on a ►lusieurs fois obtenu d'heureux résultats, mais qui n'en ont pas moins extrêmement graves. L'une de ces opéraions consiste dans la section de l'union des os pubis , au noyen de laquelle on obtient un écartement , une diducion des os du bassin , qui agrandit les passages et rend ossible l'expulsion ou au moins l'extraction du fœtus, /autre opération se pratique en incisant la paroi du ventre t l'utérus , et faisant sortir l'enfant de sa prison par cette ouloureuse issue. On l'appelle opération césarienne, du om de Cœsar, par lequel on désignait chez les Romains ,s individus venus au monde de cette manière , et qu'on ?ait , pour cette raison , appliqué à Jules-César. Il faut ne certaine intrépidité pour oser administrer un semtable secours , et l'on peut croire que cette hasardeuse ^source n'est pas employée chaque fois qu'il s'en préinte une occasion. Mais une chose bien merveilleuse , est que des animaux se soient en quelque sorte élevés , Dur le fait dont nous parlons , à toute la hauteur de la lison de l'homme , et qu'on en ait vu se déchirer stoïquetent eux-mêmes pour accomplir une parlurition que des bstacles quelconques rendaient impossible par les voies aturelles. M. Maygrier, l'un des plus célèbres professeurs accouchements de Paris , et dont la véracité ne permet

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aucun doute sur les faits de la certitude desquels il se donne pour garant , M. Maygrier a vu une femelle de cabiai (petit mammifère plus connu sous le nom vulgaire de cochond'inde) qui , après avoir enduré pour mettre bas des souffrances aussi longues qu'inutiles , a fini par se pratiquer elle-même l'opération césarienne. La pauvre bête s'est déchirée avec ses dents pour procurer à ses petits un moyen de naître , et cette portée de nouveaux Césars est arrivée à la vie à travers les flancs lacérés de leur courageuse mère.

Les secours manuels ne sont pas les seuls que l'on emploie pour aider les accouchements ; divers moyens de la thérapeutique y sont fréquemment mis en usage avec beaucoup de succès, et l'on retire quelquefois de grands avantages des influences exercées sur le moral de la femme en travail, par les encouragements, les consolations , et la répression de certains écarts de la sensibilité.

Il ne faut pas croire au reste que le nombre des accouchements artificiels soit à celui des accouchements naturels dans une bien grande proportion. Les résultats de la pratique de Samuel Merrimann et de Robert Bland , professeurs d'accouchements à Londres, ne donnent qu'un accouchement artificiel sur quarante-trois ; et la pratique de l'hospice de la Maternité de Paris n'en donne qu'un sur soixante-deux.

Le plus ou moins de convenance qu'il peut y avoir à confier à des femmes un office aussi important que celui de diriger la marche d'une fonction qui s'accompagne quelquefois de très grands dangers, sera discuté à l'article Sage-femme.

Les meilleurs traités de l'art des accouchements que nous puissions indiquer à des lecteurs français, sont ceux des professeurs Gapuron, Gardien, Maygrier, et le Mémorial de l'art des accouchements de madanv* Boivin. M. Maygrier publie en ce moment, sous le titre de JSotndtet démonstrations des accouchements , un ouvrage auquel il joint des planches de la plus belle exécution, et d'une vérité si exacte qu'elles peuvent suffire à douner une connaissance précise des détails dont elles offrent la représentation. , J

>ogle

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lCCOUCHEMENT. {Législation.) L'humanité n'a s à" gémir sur l'exécution de l'édit barbare qui vou-

que toute femme ou fille qui n'avait point déclaré ;rossesse et son accouchement fût réputée convaincue roir fait périr son enfant. ( Voyez Grossesse , Infan-

n h . ) La loi impose seulement au père ou aux doc- *s en médecine ou en chirurgie, sages - femmes , of- 3rs de santé, ou autres personnes qui auraient assisté accouchement, le devoir de déclarer la naissance de tfant dans un délai de trois jours. (Voyez État civil» issanck, Légitimité, Mariage.)

Les médecins , les chirurgiens , officiers de santé et ;es- femmes, peuvent seuls pratiquer l'art des accouements; ceux qui exercent cet art sans qualité encourt les peines prononcées par la loi. (Voyez Chiruh- ■ n , Médecin , Sage-femme. )

ACCOUCHEMENT. (Antiquités.) Les Grecs appelaient utUjcat ou E1Xy;(W, quelquefois môme 'eXwGw, d'iXcv&o, qui ».nt , qui arrive , la déesse qui présidait aux accoucheents. Les Romains invoquaient, sous le nom de Lucina lérivé de lux), la déesse qui met au jour, ou qui vient petit jour : c'étaient des surnoms de Junon ou Latonc. invoquaient encore les dii Nixii ou Nixi, dont le nom ïut du latin nixus ou nixœ, efforts' ou douleurs d'une nrae en travail d'enfant, niti, s'efforcer, faire effort ur accoucher : c'étaient trois dieux qu'on invoquait dans ! accouchements difficiles ; on les représentait accroupis r les genoux, nixi genibus, agenouillés; et nixus est nom de la constellation qui représente Hercule dans cette sture , laquelle est en effet le symbole de l'effort qu'on t pour se lever ou accoucher; de là la cérémonie reliîuse qui a encore lieu après l'accouchement, dite les [evailles. Festus dit qu'on voyait au Capitole, devant la apclle de Minerve , trois statues agenouillées , et dans la sture d'accoucheuses. Mais les Romains invoquaient plus rliculièrement encore les déesses Prosa ou Prorsa et

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Postverta, qui veillaient à la manière dont l'enfant se présenlait au sortir de l'utérus.

Les Grecs croyaient aussi apporter du soulagement aux femmes en travail , en mettant dans leurs mains des palmes, symboles de victoire. Latone , étant sur le point d'accoucher d'Apollon , prit des palmes dans ses deux mains pour apaiser les douleurs qu'elle ressentait. L'hymne à Apollon , attribué à Homère , dit que sa mère accoucha de ce dieu sur les bords du fleuve Inopus , auprès d'un palmier.

On croyait, au moyen âge, que Marie avait conçu par l'oreille, et par suite que les enfants bâtards venaient au monde par l'oreille gauche : c'est d'après cette croyance populaire que Rabelais (liv. 1, chap. 6) fait une allusion maligne au second mariage de Louis XII avec Anne de Bretagne , regardé comme illégitime , à cause du premier qu'il avait contracté avec Jeanne de France, en disant que Gargantua sortit par Caureille senestre de Gargamelle : c'est aussi de cette croyance ridicule *que vient le nom de mariage du côté gauche, donné à une union illégitime , ou regardée comme telle , et la prose qu'on chantait à l'église :

Gaude, Virgo, mater Christi, Quae per aurem concepisti.

Sur un des vitraux qui étaient dans la salle du quinzième siècle de l'ancien musée national des Petits-Augustins, on voit d'un côté la Vierge à genoux qui lit ses heures, de l'autre Gabriel ; et dans un coin de la chambre le Saint- Esprit , du bec duquel part un rayon qui va droit à l'oreille de la mère de Dieu pour y déposer un embryon fort bien dessiné. Mais cette croyance remonte plus haut ; on attribue à saint Ephrem, ou à saint Grégoire de Néocésarée ou le Thaumaturge, la prose que nous venons de citer. Dans les anciennes prières de l'église on chantait du temps d'Agobard , Le Verbe est entré par L'oreille de la Vierge; dans le bréviaire des maronites on lit également ,

ACC i65 Le F erbe du Père est entré par (oreille de la femme bénie. Saint Augustin et le pape Félix attestent que la Vierge devint enceinte par C oreille. Enfin , Jescliu dit, au sujet de la conception de Marie : Je suis entré en elle par le sommet de la tête. ( Voyee Voltaire , Dict. phi). , au mot Généalogie. ) E. J.

ACCOUPLEMENT. [Histoire naturelle.) Acte au moyen duquel deux êtres de sexe différent procèdent à la création ou plutôt au développement d'un troisième destiné à perpétuer l'espèce. On sent que des animaux privés de sexe , et peut-être il en existe, ou munis des deux sexes , au point que la participation mutuelle de deux individus ne soit pas nécessaire pour en former un troisième; on sent, disons-nous, que de tels animaux n'auraient pas besoin de s'accoupler pour se reproduire.

Le mode d'accouplement varie en raison de l'organisation des êtres à qui la nature eh iudique la nécessité par un attrait irrésistible. C'est au mot génération qu'il sera question des divers modes du rapprochement reproducteur. II suffit de remarquer ici que , dans les plantes , on appelle fécondation le moyen qu'emploie la nature pour rendre la femelle féconde par l'effet delà poussière des étamines , véritable véhicule mâle dont se saupoudrent les organes femelles.

Il est cependant quelques végétaux qui pratiquent en quelque sorte un accouplement véritable; la valisniérie , par exemple , semble s'animer au mo'ment où les chaleurs prin* tanières pénétrant les eaux qu'elle habite , y portent ces feux de l'amour que ressentent à peu près toutes les créatures , même celles que les profondeurs de l'onde semblent, vouloir dérober à l'influence du jour. Au moyen de longues vrilles qu'elle déroule , la valisniérie mâle , flottant à la surface des étangs et des canaux , va ôhercher la valisniérie femelle qui rampait obscurément sur l'humide limon ; quand les vrilles , qui font ici l'office des bras , l'ont saisie, elles se roulent de nouveau sur elles-mêmes pour

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ramener au jour les femelles avec lesquelles on voit les mâles s'entrelacer pour répandre sur les pistils un pollen générateur.

Nous avons observé et fait connaître , plus exactement qu'on ne l'avait fait jusqu'ici, une famille entière d'êtres mixtes, regardés trop légèrement comme les derniers des végétaux , et chez lesquels s'observe un mode d'accouplement plus animal encore, s'il est permis de s'exprimer ainsi, que celui que nous venons de décrire^ (Voyez Génération et Conjugees. ) B. de St. V*

ACCOUPLEMENT. (Architecture.) Se dit de deux colonnes ou pilastres qui supportent un même entablement , et sont à moindre distance que l'entre-colonnement prescrit par les règles de l'architecture. D...T.

ACCROISSEMENT. ( Histoire naturelle. ) Série successive des phénomènes par lesquels passent les corps , soit bruts, soit organisés, pour augmenter en masse et en étendue , et pour parvenir au degré de développement qui leur est spécifiquement assigné. On sent que de tels phénomènes doivent présenter des différences très notables suivant qu'on les observe dans des êtres dont l'organisation n'est pas la même.

Chez les êtres organisés , l'accroissement est renfermé dans des limites qu'il ne lui est pas donné d'outre-passer et qui varient selon la durée de l'existence de chaque être, ou selon le rôle qu'il doit remplir au milieu de l'univers dont il fait partie.

Chez les êtres inorganisés, au contraire, l'accroissement est indéterminé; la durée n'y a point de bornes fixes; il est abandonné aux chances du hasard, ainsi qu'à l'action des agents chimiques et physiques.

Dans les premiers, l'accroissement est un résultat de la vie ; dans les seconds, il n'est que l'effet de la juxta-position. ( Voyez Vie et Juxta-position. ) B. de St. V.

ACCROISSEMENT ( Droit <T). {Législation.) C'est le droit en vertu duquel un héritier ou un légataire acquiert

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la portion de son cohéritier ou colégataire renonçant ou incapable.

ACCRUES. (Agriculture.) S'emploie quelquefois comme synonyme d'alluvions.

ACCRUS. (Agriculture.) Ce sont des rejetons produits par les racines des arbres. La prescription de trente ans s'étend aux accrus et reconnaît comme acquis au propriétaire d'un arbre le terrain sur lequel des accrus ont végété pendant cet espace de temps.

ACCUSATIF. (Voyez Cas.)

ACCUSATION. (Législation.) Mise en accusation, accusateur, accusé.

Accusation , action publique intentée et suivie pour l'application de la peine contre un ou plusieurs individus par le procureur-général du roi , sur laquelle un arrêt de , la cour royale a ordonné leur mise en accusation et leur traduction devant la cour d'assises, après qu'il a été reconnu, i° qu'ils n'ont pas détruit les charges portées contre eux ; 2° que le fait qui leur est impulé est de nature à entraîner l'une des peines portées par nos lois , depuis la plus grave jusqu'à l'une des peines infamantes inclusivement.

C'est s'exprimer improprement que de donner le nom d'accusation soit aux dénonciations et aux plaintes, soit aux premières poursuites qui ne sont que des actes de la police judiciaire. On est et l'on reste simplement inculpé lorsque les dénonciations, les plaintes . les informations ne fournissent ni indices, ni présomptions; on n'est encore que prévenu lorsqu'après les mandats d'amener, de dépôt et d'arrêt, et les premiers interrogatoires, la cour royale n'a encore reçu aucun réquisitoire , ni rien prononcé. Enfin le prévenu ne devient accusé que lorsque, sur le réquisitoire du procureur-général , la cour royale a ordonné sa mise en accusation et sa traduction devant la cour d'assises.

Avant l'arrêt de mise en accusation, les magistrats char-

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gés de la première instruction examinent dans la chambre du conseil , au nombre de trois juges au moins, si le fait est de nature à être puni de peines afflictives ou infamantes , et si la prévention contre la personne poursuivie est suffisamment établie. Lorsque les juges ou l'un d'eux sont de cet avis, ils décernent une ordonnance de prise de corps. Le procès est ensuite envoyé au procureur-général près la cour royale , et , s'il y a lieu , celui-ci requiert la mise en accusation du prévenu.

Pendant ce temps, la partie civile 1 et le prévenu peuvent fournir tels mémoires qu'ils estiment convenables. Le prévenu peut soutenir que le fait qui lui est imputé n'est défendu par aucune loi , ou qu'antérieurement il a été condamné ou amnistié par le même fait 2 , ou que la cour royale ayant antérieurement décidé qu'il n'y avait pas lieu à l'en accuser, il n'est survenu aucune nouvelle charge contre lui 3. Il peut soutenir que le crime a été effacé par le pardon du roi 4 , ou qu'il en a été acquitté 5 , ou qu'il en a été absous 6 , ou que le crime est prescrit ". Il peut soutenir, sur le fond de l'accusation , qu'il n'existe aucune charge contre lui; il peut enfin donner telles explications et fournir telles pièces qu'il croira utiles pour sa justification. Toutes ces exceptions, tous ces moyens, il pourra les reproduire à toutes les solennités du procès.

Aussitôt que la première instruction est transmise au procureur -général, il en fait son rapport à la cour royale.

La cour peut ordonner une instruction plus ample et se faire apporter les pièces servant à conviction jusque-là restées au greffe du tribunal de première instance.

Enfin, lorsque l'instruction est complète, la cour passe

1 Voyez Partie civiij?.

* Voyez Amnistie.

J Voyez ci-après.

* Voyez Grâce.

5 Voyez Acquittement.

G Voyez Jvg*ukkt (sur l'absolution).

7 Voyez Prescription.

ACC 167 à l'examen du procès en la chambre du conseil. Le greffier fait lecture de toutes les pièces en présence du procureur-général ; elles sont laissées sur le turcau, ainsi que les mémoires des parties. Le procureur -général dépose son réquisitoire écrit et signé, et se retire ainsi que le greffier.

Si la cour n'aperçoit aucune trace d'un délit prévu par la loi . ou si elle ne trouve pas des indices suffisants de culpabilité, elle ordonne la mise en liberté du prévenu; ce qui est exécuté sur-le-champ, s'il n'est retenu pour une autre cause.

Dans ce cas , il ne peut plus être recherché à raison du même fait , à moins qu'il ne survienne de nouvelles charges. Ces nouvelles charges sont des déclarations de témoins , des pièces et procès- verbaux , qui n'ayant pu être soumis à l'examen de la cour royale , sont cependant de nature soit à fortifier les preuves que la cour aurait trouvées trop faibles , soit à donner aux faits de nouveaux développements utiles à la manifestation de la vérilé.

En ce cas , on procède de nouveau contre le prévenu , et l'on remet en question s'il y a lieu de prononcer l'accusation.

Si le fait est qualifié crime par la loi , et que la cour trouve des charges suffisantes pour motiver la mise en accusation , elle ordonnera le renvoi du prévenu à la cour d'assises; et si le crime est mal qualifié dans l'ordonnance de prise de corps, ellel'annullera et en décernera une nouvelle.

Un ou plusieurs prévenus peuvent être accusés d'être auteurs ou complices du même crime, ainsi que de plusieurs crimes et délils connexes. Les délits sont connexes soit lorsqu'ils ont été commis en même temps par plusieurs personnes réunies , soit lorsqu'ils ont été commis par différentes personnes , même en différents temps et en divers lieux , mais par suite d'un concert formé à l'avance entre elles , soit lorsque les coupables ont commis les uns pour se procurer les moyens, de coimnetlre les autres , pour

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en faciliter, pour en consommer l'exécution, ou pour ei assurer l'impunité.

L'arrêt de mise en accusation doit être signé par cha cun des juges au nombre de cinq au moins. Il y est faii mention , à peine de nullité , tant de la réquisition du mi nistère public que du nom de chacun des juges : Fordon nance de prise de corps y est insérée.

Aussitôt le procureur-général rédige un acte d'accusation , où il expose, i° la nature du crime qui forme la base de l'accusation; 2° le fait et les circonstances qui peuvent aggraver ou diminuer la peine. Le prévenu y est dénommé et clairement désigné; il est terminé par le résumé suivant : En conséquence N... est accusé d'avoir commis tel meurtre, tel vol, ou tel autre crime, avec telle ou telle circonstance.

Jusqu'ici nous n'avons qu'une procédure secrète, une instruction lue et écoutée sans solennité , sans confrontation, sans débats, en l'absence du prévenu et des témoins, où la loi ne veut et ne doit rien voir que d'imparfait , et dont il ne peut sortir, même dans les cas les plus graves, que des indices suffisants , mais non jamais des preuves de culpabilité. Un procureur-général commettrait donc une faute très grave, il ferait même injure à l'accusé, qu'il doit présumer innocent et qui peut-être sera acquitté, s'il avançait dans son acte d'accusation que d'une procédure aussi informe il résulte que tels ou tels faits sont prouvés.

Je remarque une faute de même nature dans un arrêt rendu par une cour royale en la chambre du conseil, qui décida que tel prévenu devait être mis en liberté parce que le crime n'était pas suffisamment établi. Ce n'est qu'au jury de jugement, après l'examen le plus solennel et le plus approfondi , qu'il appartient de déclarer que le crime est ou n'est pas suffisamment établi, ou, en d'autres termes, que l'accusé est ou n'est pas coupable1.

L'instruction, qui fut secrète jusqu'à l'arrêt de mise

« Cet arrêt fut anoulé par la cour de cassation le 37 février 1812.

ACC 169 en accusation, sera désormais manifestée par l'acte d'accusation et les débats qui le suivront , mais à l'égard des accusés seulement, et dans le seul intérêt de l'accusation. Quant aux personnes qui n'ont été qu'inculpées , et contre qui aucun mandat d'amener ou d'arrêt n'a été délivré; quant à celles contre qui il a été déclaré qu'il n'y avait pas lieu à accusation, s'il n'est pas survenu de nouvelles charges, la justice est satisfaite; le procès leur est devenu étranger. Pour eux il doit rester secret , patce que pour eux il est considéré comme non avenu. Un procureur-général commettrait donc une faute non moins grave s'il les impliquait dans son acte d'accusation , qui est fait pour être lu et discuté lors d'un débat public où ils ne seraient pas admis à se justifier. Un procureur-général ne doit pas oublier qu'il n'est pas investi de plus de pouvoir qu'il n'en faut pour le but que la loi s'est proposé ; que notre sûreté , l'opinion même de cette sûreté, notre réputation, notre honneur, sont choses considérables, et qu'il doit défendre lui-même au besoin.

L'arrêt et l'acte d'accusation doivent être signifiés à l'accusé ; il lui en est laissé copie. L'accusé est de suite transféré de la maison d'arrêt du tribunal d'arrondissement dans la maison de justice de la cour d'assises du département. Le procureur -général en donne avis au maire du lieu où l'accusé avait son domicile , s'il est connu, ainsi qu'au maire du lieu où le crime a été commis. Le procès et les pièces de conviction sont de même transmis sans délai au greffe de cette cour.

Dans les 24 heures , l'accusé est interrogé par le président ou par le juge qu'il a délégué. Il est interpellé de déclarer le choix qu'il a fait d'un conseil pour l'aider dans sa défense , sinon le juge lui en désigne un sur-le-champ , à peine de nullité. Ce conseil ne peut être pris que pu, mi les avocats ou avoués de la cour royale ou de son ressort. Ceux-ci peuvent néanmoins obtenir du garde -dès-sceaux la permission de plaider hors du ressort de la cour royale ou

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du département où ils sont inscrits. L'accusé peut aussi obtenir du président la permission de prendre pour conseil un de ses parents ou amis : à Paris l'ordre des avocats a pourvu par des mesures non moins généreuses qu'efficaces à ce qu'un accusé ne reste pas indéfendu.

L'accusé doit de plus être averti qu'il peut demander la nullité de l'arrêt de mise en accusation dans les cinq jours suivants , et qu'après l'expiration de ce délai , il n'y serait plus redevable. Si l'avis n'a pas été donné et constaté , l'accusé conserve le droit de former cette demande même après l'arrêt définitif. Le procureur- général a le même droit, dans le même délai, à compter de l'interrogatoire et sous la même peine de déchéance.

En déclarant l'un ou l'autre leur intention d'attaquer cet arrêt , ils doivent énoncer l'objet de leur demande , qui ne peut être formée que dans les cas suivants : i° pour tout moyen d'incompétence , et notamment si le fait n'est pas qualifié crime par la loi ; 2° si l'officier public n'a pas été entendu ; 3° si l'arrêt n'a pas été rendu par le nombre de juges fixé par la loi. La cour de cassation est tenue de prononcer sur cette demande , toutes affaires cessantes.

Le conseil donné ou choisi peut communiquer avec l'accusé et prendre connaissance des pièces du procès sans déplacement et sans retarder l'instruction ; il peut encore faire prendre, aux frais de l'accusé , copie de telles pièces qu'il croira utiles à sa défense. 11 n'est délivré gratuitement à tous les accusés qu'une seule copie des procès-verbaux constatant le crime, et des déclarations des témoins.

On peut joindre et soumettre aux mêmes débats plusieurs actes d'accusation dressés contre différents accusés à raison du même crime ; et lorsque l'acte d'accusation contient plusieurs crimes non connexes, on peut aussi ordonner que les accusés ne seront mis en jugement que sur l'un ou quelques uns de ces crimes.

L'accusé a reçu copie de la liste des témoius que le

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procureur -général veut faire entendre contre lui : il a de même fait délivrer au procureur-général copie de la liste des témoins qu'il veut produire pour appuyer sa défense. Enfin on lui a notifié la liste des jurés.

En cetétat , l'accusé comparaît , libre et sans fers, devant la cour d'assises , d'abord pour concourir à la formation du tableau des douze jurés qui le jugeront , et pour être procédé de suite avec lui à l'examen et au jugement des différents chefs d'accusation.

C'est ici , à proprement parler , que commence l'accusation ; les actes antérieurs n'en sont que les préliminaires, le libelle et les motifs.

Ces actes ont lieu dans les cas ordinaires. Mais observons que l'article 33 de la charte constitutionnelle porte que la chambre des pairs connaît des crimes de haute trahison et des attentats à la sûreté de l'état qui seront définis par la loi, et qu'aucune loi n'a encore donné cette définition , et que la cour des pairs n'a été mise en action que dans quelques circonstances particulières.1 Toutes les fois donc que des crimes de cette nature sont déférés au procureur-général , il ne peut , sous prétexte de cet article, requérir ni suspension ni renvoi. Au contraire, il devrait s'empresser de requérir non la suspension ou le renvoi , mais l'annulation de toutes poursuites contre un membre de la chambre des pairs, lequel ne peut être arrêté que de l'autorité de cette chambre et jugé par elle.

Il ne pourrait non plus laisser subsister ni poursuites ni mandats , hors le cas de flagrant délit en matière criminelle contre un membre de la chambre des députés pendant le cours de la session.

Il n'appartient qu'à la chambre des députés d'accuser les ministres et de les traduire devant la chambre des pairs , qui seule a le droit de les juger. Ils ne peuvent être accusés que pour fait de trahison ou de concussion. Des lois particulières doivent aussi spécifier cette nature de délits et en déterminer la poursuite.

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Si uo crime était imputé à un tribunal entier, correctionnel , de commerce ou de première instance , ou individuellement à un ou plusieurs membres des cours royales , conseillers , auditeurs , avocats-généraux, substituts, pour avoir été commis par eux dans l'exercice de leurs fonctions, la connaissance de ce crime étant réservée à la cour de cassation, le procureur-général et la cour royale seraient tenus de s'abstenir. Un tel crime doit être dénoncé ou au garde-dessceaux, ministre de la justice, qui transmet , s'il y a lieu , la dénonciation au procureur-général près la cour de cassation , ou dénoncé directement a la cour de cassation, mais seulement lorsque les personnes lésées deman diront à prendre le tribunal ou le juge à partie: cette' dénonciation peut aussi être faite incidemment à une affaire pendante à la cour de cassation.

Le premier président de cette cour désigne l'un de ses membres pour l'audition des témoins, et tous les autres actes d'instruction étant terminés, le premier président décerne, s'il y a lieu, le mandat de dépôt, le procureurgénéral dénonce le prévenu à Tune des sections de la cour, celle-ci délibère sur la mise en accusation en séance non publique; les juges doivent être en nombre impair. La mise en accusation est prononcée à la majorité des voix, et l'accusé transféré dans la maison de justice de la cour d'assises , qui est désignée par la cour de cassation. Cette instruction est commune aux complices, lors même qu'ils n'exerceraient point de fonctions judiciaires; elle ne peut être attaquée quant à la forme.

Si un crime de même nature est imputé à un juge de paix.^à un juge faisant partie d'un tribunal de commerce , à un officier de police judiciaire, à un membre de tribunal correctionnel ou de première instance, ou à un officier du ministère public près l'un de ces tribunaux , les fonctions ordinairement dévolues au juge d'instruction et au procureur du roi, sont immédiatement remplies par le premier président et le procureur-général près la cour royale, ou

ACÉ . ,73

par tels autres officiers qu'ils ont respectivement ou spécialement désignés; et pour le surplus de la procédure, on suit les dispositions générales.

II en est de même lorsque l'un d'eux est dénoncé pour avoir commis un crime hors de ses fonctions.

Enfin, si c'est un membre de la cour royale, ou un officier exerçant près d'elle le ministère public qui est dénoncé pour avoir commis un crime hors de ses fonctions, l'officier qui a reçu les dénonciations et les plaintes est tenu d'en envoyer de suite des copies au garde-dés-sceaux , ministre de la justice , sans que l'instruction soit retardée , et lui envoie pareillement une copie des pièces. Le gardedes-sceaux les transmet à la cour de cassation , qui renvoie l'affaire , s'il y a lieu , à un juge d'instruction pris hors du ressort de la cour à laquelle appartient le membre inculpé. Et s'il s'agit de prononcer la mise en accusation , le renvoi est fait à une autre cour royale.

Tels sont les actes et les arrêts des cours royales, prescrits par le code d'instruction criminelle de 1808, sous le titre justice, qui doivent précéder la comparution de l'accusé devant la cour d'assises.

Nous renvoyons le lecteur aux mots, Procureur général, Cour royale, Cour d'assises, et Jury de jugement Nous dirons aussi , sous le titre Grand jury anglais , ou Jury d'accusation, comment l'accusation était admise en France avant le code, et enfin comment nous estimons que cette partie importante de notre législation pourrait être améliorée.

Les lois des autres nations de l'Europe sur la matière des accusations , sont nées soit des constitutions des empereurs romains , soit de quelques usages locaux, soit de quelques statuts spéciaux , et ne pourraient donner lieu qu'à des remarques plus curieuses qu'utiles. 0.

ACÉPHALE {Médecine.) Les médecins appellent acéphale le fœtus qui n'a point de tête et qui , par cette circonstance , ne peut vivre que dans le sein de sa m^re , et

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meurt aussitôt ou presque aussitôt que finit pour lui cette existence parasite. Les Grecs employaient aussi ce mot dans le sens figuré : ils appelaient rnythos aképhalos un discours sans exorde , un récit sans préambule ; biblion aképhalon , un livre auquel manquait le commencement; airesis akèphaU , une secte dont on ne connaissait plus le fondateur.

La monstruosité pour la désignation de laquelle les médecins ont emprunté ce mot de la langue grecque , est la plus importante de toutes celles qui ont lieu par défaut, et ne laisse pas de se présenter assez fréquemment. Elle s'ob servë à des degrés variables , car tel individu chez qui elle existe peut n'avoir de moins que l'encéphale ( le cerveau ) , ou même seulement quelques portions de sa masse ; tandis que chez tel autre il manque de plus le cou , quelquefois même la partie supérieure de la poitrine et les bras , et quelquefois aussi la totalité de la poitrine. On n'avait autrefois pour exprimer ces divers états que le mot qui sert de texte au présent article; mais le professeur Chaussier , qui s'est toujours efForcé de donner au langage de la science toute la précision du savoir qui le distingue, a créé les mots anencéphale et anencéphalie pour désigner la monstruosité par défaut qui consiste seulement dans l'absence d'une partie de la masse du cerveau. Les mots acéphale et. acéphalie ne sont dès lors plus applicables que dans les cas où la tête manque tout entière , c'est-àdire avec la face et les organes dont cette partie est le siège; soit, du reste, que le cou, la poitrine et les bras aient ou n'aient pas reçu leur ordinaire évolution.

La cause prochaine de ce genre de monstruosités est le manque primitif ou la destruction accidentelle d'un ou de plusieurs des centres nerveux , de chacun, desquels les parties absentes auraient dû respectivement recevoir leur innervation. Car les nerfs , outre qu'ils sont les organes par lesquels l'animal reçoit les sensations et exerce les mouvements volontaires, ont de plus pour usage de présider

au développement, à la nutrition et à l'accroissement des parties animées , phénomènes qui, sans eux , deviendraient impossibles. On voit donc toujours les acéphales manquer des parties tant externes qu'internes qui reçoivent leurs nerfs des centres nerveux dont le siège est dans les parties desquelles le fœtus se trouve privé. Il serait difficile de faire entendre bien oiairement à des lecteurs qui n'ont aucune connaissance anatomique, ce que sont ces centres nerveux ; mais il faut cependant que les personnes dépourvues de ces connaissances , qui tiendraient à se rendre à peu près compte de la manière dont ont lieu les monstruosités qui nous occupent , fassent en sorte de se représenter que toutes les parties de notre corps sont pénétrées , vivifiées , animées par des filets nerveux très déliés et multipliés à l'infini ; que ces filets naissent de rameaux plus considérables, et que l'origine première de cette espèce d'arbre est, d'une part, dans les couches les plus inférieures de la masse pulpeuse qui remplit le crâne , et , d'une autre part, dans de nombreux renflements d'une sorte de cordon également pulpeux , qui parcourt un long canal creusé dans toute la longueur de l'épine du dos , depuis l'occiput jusqu'au coccyx. Maintenant , supposons que, chez un fœtus, il f ait défaut de la partie supérieure du cerveau , celle qui , à partir à peu près du niveau des sourcils et du bord supérieur de l'oreille, occupe toute la voûte du crâne; voici à quels résultats cette absence donnera lieu. La portion du cerveau que nous venons d'indiquer ne donnant naissance à aucun nerf, les organes des sens ne se seront pas moins développés, et le fœtus n'aura pas moins des yeux, des oreilles , les appareils de l'odorat et du goût , et ceux de la déglutition et de la voix. L'état incomplet de la masse cérébrale n'aura nui qu'au développement de la voûte du crâne, dont les os divers manqueront ou seront à peine ébauchés. Les téguments , appliqués presque immédiatement sur la base du crâne, donneront aux yeux l'apparence d'être élevés au-dessus de la tête. C'est aux fœtus chez

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lesquels se remarque cette espèce de monstruosité que convient la dénomination d'anencéphales. Ceux-là peuvent exister quelque temps hors du sein de leurs mères ; on en a vu prolonger leur vie un à deux jours au-delà du moment

• de leur naissance. Ils ne manquent , en effet , que de la portion nerveuse encéphalique qui préside à l'intelligence , et ils ont , au contraire , le bulbe supérieur de la moelle épinière, duquel émanent les nerfs des appareils digestifs et respiratoires. On se demande alors pourquoi la vie extrautérine de ces monstres n'acquiert pas une plus longue durée. A cela les physiologistes répondent qu'il paraît qu'à mesure que l'on s'éloigne de l'instant de la conception , les systèmes nerveux organiques sont de plus en plus mis sous la subordination des systèmes nerveux intellectuels , c'està-dire du cerveau proprement dit.

Une telle explication n'est guère propre à satisfaire ; on pourrait même répliquer en disant qu'elle est contredite par certains faits. «Il est des enfants, dit Cabanis (Rapports du physique et du moral de l'homme, tom. 1, p. i40» chez lesquels l'état du cerveau empêche entièrement la pensée. Ils n'en vivent pas moins sains et vigoureux : ils digèrent bien; tous leurs autres organes se développent ; et les déterminations instinctives qui tiennent à la nature humaine générale se manifestent chez eux à peu J>rès aux époques et suivant les lois ordinaires. II n'y a pas long-temps que j'eus l'occasion d'observer un de

# ces automates. Sa stupidité tenait à la petitesse extrême et à la mauvaise conformation de la tête, qui n'avait jamais eu de sutures. Il était sourd de naissance. Quoiqu'il eût les yeux en assez bon état , et qu'il parût recevoir quelques impressions de la lumière, il n'avait aucune idée des distances. Cependant il était d'ailleurs très sain et très fort. Il mangeait avec avidité ; quand on ne lui donnait pas bien vite un morceau après l'autre , il entrait dans une violente agitation. 11 aimait à empoigner ce qui lui tombait sous la main , particulièrement les corps animés, dont la douce

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chaleur, et, je crois, aussi les émanations paraissaient lui être agréables. Les organes «le la génération étaient chez lui dans une activité précoce; et Ton avait des preuves fréquentes qu'ils excitaient fortement son attention. »

Si , par une cause quelconque , le nerf ethmoïdal , dans lequel réside le sens de l'odorat, est resté sans se développer, tout l'appareil olfactif participe à ce défaut d'évolution : l'os etbmoïde manque; la place qui lui est assignée entre les orbites reste inoccupée ; les deux cavités ne sont séparées par rien ; les yeux se rapprochent , se confondent; il n'y a qu'un seul appareil palpébral. L'animal qui offre cette difformité est désigné par les noms de cyclopt ou de rllonopse.

L'acéphalie est la monstruosité par défaut la plus grande possible , celle où le fœtus est privé de la tête entière , et même parfois de toute la moitié supérieure du tronc , et restreint par conséquent à sa moitié inférieure et aux membres abdominaux. On ne voit jamais , et les explications données plus haut supposent clairement qu'il n'existe pas d'acéphales chez qui la tête soit la seule partie qui fasse défaut. Toujours ce manque de la tête s'accompagne de celui de quelqu'un des viscères des autres cavités. Les organes respiratoires et le cœur manquent souvent. Il en est de même du foie et de la rate; mais l'absence de l'estomac est beaucoup plus rare, et, quand son évolution a éprouvé des empêchements, on trouve au moins toujours quelque portion du canal intestinal. Les organes génitaux exîstent constamment.

Le résultat des observations les plus nombreuses a établi un fait qui n'est peut-être contredit par aucun exemple bien avéré , c'est que chez tous les monstres anencéphales ou acéphales , on remarque à la surface du corps incomplet , des vestiges , des inégalités , et comme des débris qui révèlent que , dans les premières phases de son existence intra-utérine, ce corps a dû être pourvu de quelques autres

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parties que celles avec lesquelles il se présente à l'instant de la naissance.

L'acéphalie s'observe plus fréquemment chez les jumeaux. La moitié des observations font mention de cette circonstance; celles qui ne l'indiquent pas sont incomplètes , et aucune d'elles n'établit la circonstance opposée. On n'a pas aussi bien remarqué, pour les anencéphales, dans quelle proportion ces monstres sont avec les jumeaux.

Les cas de l'une et de l'autre monstruosité sont des plus nombreux. On en trouve des milliers d'exemples dans les divers recueils destinés à conserver les faits de cette espèce. Il est même peu de praticiens qui n'aient pas eu quelque occasion d'observer la dernière.

La cause première de ces bizarreries, très improprement appelées des jeux de la nature (car la nature ne joue pas , et suit dans ses écarts les mêmes lois qui donnent lieu à ses phénomènes réguliers) , a beaucoup occupé la sagacité des physiologistes. On peut réduire à trois hypothèses tous les modes d'explication par lesquels on a cherché à faire tomber un peu de jour sur ces mystérieuses singularités. Dans la première de ces suppositions , on les attribue à l'influence de l'imagination de la mère sur le fruit qui se développe dans son sein ; dans la seconde , elles sont imputées à des tares , à des conditions défectueuses , dont on se figure que le germe a pu être primordialement affecté ; dans la troisième , à des altérations accidentelles qu'il aura subies en se développant. Nous n'avons pas , à coup sûr , la prétention de concilier de tels dissentiments et de faire cesser une semblable controverse; mais le lecteur peut pressentir, et beaucoup d'hommes, dont le sentiment est d'un grand poids, ont déclaré que la dernière de ces opinions offre un degré de vraisemblance qui paraît voisin de la démonstration , tandis qu'il s'élève contre les deux autres une foule d'objections bien difficiles pour ne pas dire impossibles à résoudre.

Les écrits les plus instructifs sur cette matière sont

un mémoire de M. le professeur Béclard, inséré dans les bulletins de la faculté de médecine , et l'article Monstruosités, de MM. Chaussier et Adelon , dans le grand dictionnaire des sciences médicales. A la suite de l'article Monstres , de ce même dictionnaire , est un index bibliographique très étendu, et qui ne laisse rien à désirer relativement à l'indication des sources , où l'on peut puiser sur ce sujet , que nous avons à peine effleuré , une très vaste érudition. J.

ACÉPHALE. ( Histoire naturelle. ) C'est- à- dire qui na pas de tête. Et qui croirait que des êtres organisés vivants pussent se passer de tête pour exister? Cependant il en est une multitude, et la moitié des animaux sont peutêtre privés d'une partie sans laquelle le vulgaire ne conçoit pas qu'on puisse agir. Nous disons la moitié , parce que , outre les nombreuses tribus d'acéphales avérés que Linné confondait dans son immense classe des vers , et que les naturalistes en ont aujourd'hui distinguées, ces myriades d'animalcules dont le microscope démontre l'existence , se meuvent, se recherchent, se fuient, jugent et exercent d'autres facultés, encore qu'ils n'aient pas de tête. Il en est qui n'ont pas même de partie antérieure déterminée, comme on le verra quand il sera question des genres protée et volvoce.

M. de Lamarck employa , dans la première édition de son précieux ouvrage intitulé Histoire des animaux sans vertèbres , le nom d'acéphales pour caractériser un ordre de mollusques dans lesquels on ne reconnaît pas de tête distincte. Cet ordre était loin de renfermer tous les êtres auxquels son nom eût pu convenir ; il a donc été aujourd'hui appelé des conchifères , et renferme la plupart des coquilles à deux valves : en effet , qui n'a pas remarqué que la moule et l'huître n'offrent rien qui rappelle l'idée d'une tête , tandis que les univalves , dont les limaçons nous présentent un exemple vulgaire , en sont généralement munis? Aussi notre savant ami le baron de Férussac

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les appelle-t-il , par opposition, acéphales. [Voyez Coquilles.)

Dans le langage ordinaire on a restreint la signification du mot acéphale aux petits des animaux d'ordre supérieur qui manquent de tête, ou d'une partie des organes qui constituent l'ensemble de cette partie; de tels acéphales ne sauraient vivre, dès que leur naissance les prive des secours nutritifs qu'ils devaient à leur mère. L'illustre Geoffroy de Sa intllilaire , s'est sérieusement occupé de ces acéphales; il a porté le plus grand jour dans leur histoire et rendu parfaitement raison des règles qui déterminent les causes de l'acéphalie.

Les acéphales, qui ont été l'objet des belles recherches de ce savajit professeur, sont généralement regardés comme des monstres ; en effet , dans l'acception rigoureuse de ce mot , qui suppose des êtres bizarres et hors des règles de la forme habituelle à leur espèce, lesacéphales sont des produits monstrueux: mais ces produits monstrueux ne sont pas pour cela hors des lois qui président à une organisation régulière ; car les lois imposées à la matière vivante ne sont pas capricieuses, elles sont le résultat des propriétés de cette matière même qui , placée dans telle ou telle circonstance, s'organise selon les éléments variés qui l'y poussent et dont les moindres changements peuvent déterminer un mode d'organisation nouveau. Peut-être les acéphales, comme tous les autres monstres , ne sont-ils que des espèces nouvelles qui ne sauraient vivre, et conséquemment se perpétuer, que parce que des organes indispensables à leur existence viennent à leur manquer. En effet , on voit des monstres par excès , vivre , se reproduire et perpétuer leur monstruosité. Les monstres en moins paraissent au contraire condamnés à finir dès qu'ils ont vu le jour. C'est au mot Monstre que , nous occupant de toutes les aberrations organiques , nous tracerons l'abrégé de l'histoire des acéphales , d'après les lumineuses idées de M. Geoffroy.

B. de St. V,

ACÉ 181 ACETABULAIUI. (Antiquités.) C'étaient des joueurs de gobelets que les Grecs nommaient xj^p*™1'*™" • Leur nom venait des acelabula , vases ou cornets sous lesquels ils cachaient des jetons ou des petiles pierres. Sextus Etnpirious en parle (advers. nuit hem. 11), et Sénèque aussi (epist. 45). Uacetabulum était non seulement un cornet des joueurs de gobelets, mais un pelit vase dans lequel on mettait du vinaigre, du sel ou du poivre, et une mesure de capacité pour les liquides et pour les grains. C'est de l'usage qu'on en faisait principalement pour y mettre du vinaigre, acetum, que vient son nom. E. J.

ACÉTATES. (Chimie. ) Sels résultant de la combinaison de l'acide acétique avec les bases salifiablcs. L'odeur de vinaigre qu'ils répandent lorsqu'on les met en contact avec un acide puissant les fait aisément reconnaître. Ils sont tous plus ou moins solubles dans l'eau; par la distillation, outre plusieurs gaz permanents, les uns donnent beaucoup d'acide acétique et quelques traces d'esprit pyro- acétique; les autres, peu d'acide et beaucoup d'esprit*

\ï acétate neutre de, plomb , ou sel de Saturne, s'obtient en traitant à chaud l'oxyde jaune de plomb parle vinaigre, puis faisant cristalliser. Ses usages sont importants; on l'emploie comme médicament : c'est un bon réactif pour découvrir la présence de l'acide sulfurique dans un liquide : il sert avec l'alun à préparer l'acétate d'alumine qui entre comme mordant dans la teinture des toiles. Bouilli avec le double de son poids d'oxyde de plomb (litharge), il donne le sous-acétate de plomb nécessaire à la fabrication du blanc de cérusc.

En versant peu à peu une dissolution de potasse de commerce dans un excès de vinaigre distillé, on obtient X acétate de potasse, le plus déliquescent de tous les sels connus, employé en pharmacie comme fondant.

L'esprit de Mindérérus est un acétate d'ammoniaque.

V acétate de fer au maximum d'oxydation, servant a la

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teinture en noir, se forme directement par la digestion de la tournure de fer dans du vinaigre exposé à l'air atmosphérique.

Si Ton étend du marc de raisin sur des planches de cuivre, on obtient, au bout de quelques semaines, une couche de vert-de-gris. Celte substance, dissoute à chaud dans du vinaigre , se change par la cristallisation en acétate de deutoxyde de cuivre, appelé verdet , et employé pour le lavis des plans. S.

ACÉTATES. ( Technologie» ) Plusieurs de ces sels sont employés dans les arts ou dans la médecine : ce seront le» séuls dont nous indiquerons ici la fabrication.

L'acétate d'alumine est très employé dans la teinture, et surtout dans la confection des toiles peintes ; il remplace souvent, et avec avantage, l'alun ordinaire. On l'obtient par la double décomposition de l'alun et de l'acétate de plomb, qu'on mêle à l'état de dissolution dans l'eau. Le sulfate de plomb qui se forme ne tarde pas à se précipiter, et l'acétate d'alumine reste en dissolution dans la liqueur.

L'acétate d'ammoniaque , employé en médecine , était autrefois connu sous le nom d'esprit de Mindérérus. On le prépare en saturant de l'acide acétique par du carbonate d'ammoniaque ; il cristallise en prismes assez volumineux.

L'acétate de cuivre se fabrique à Montpellier. On fait dissoudre du vert-de-gris dans du vinaigre distillé; on décante et on concentre convenablement la dissolution, qu'on laisse ensuite exposée pendant quelques jours à une douce chaleur dans des pots de terre vernissée, nommés oulas. Là le sel cristallise autour de petits bâtons arrangés en pyramide quadrangulaire dans ces pots , et on obtient de cette manière de belles grappes formées par des cristaux d'acétate de cuivre, qu'on fait sécher pour les répandre ensuite dans le commerce, sous le nom de verdet cristallisé, vert en grappes ou cristaux de Vénus. Chaque grappe pèse environ deux ou trois kilogrammes.

ACII i83

L9acétate de cuivre est employé dans la teinture , la peinture, et pour la fabrication du vinaigre radical \

L'usage de l'acétate de fer se répand de plus en plus chez les teinturiers, où il remplace le sulfate de fer pour la production du noir. On le prépare aisément en versant de l'acide pyro-ligneux purifié sur de la tournure ou des copeaux de fer. La dissolution se fait dans un tonneau qui prend en conséquence le nom de tonneau noir.

L'acétate de plomb , appelé encore quelquefois sel de saturne, sucre de saturne , est devenu depuis quelques années l'objet d'importantes fabrications, par suite de la grande extension qu'ont prise les manufactures de toiles peintes, auxquelles il fournit la base du mordant le plus employé. Ce sont les fabricants d'acide pyro-ligneux qui le préparent en grand, en faisant dissoudre de la litharge dans de l'acide acétique à l'aide d'une douce chaleur. On verse ensuite la dissolution dans des terrines ou cristallisoirs , où elle se prend en cristaux , que l'on retire et que l'on fait sécher dans une étuvc modérément chauffée, pour ne pas faire eflleurir le sel. On met ces cristaux dans des barils bien secs , et on les expédie dans le commerce.

Les trois acétates suivants, savoir celui de mercure, celui de potasse et celui de soude , ne sont guère employés qu'en médecine, et ils sont préparés dans les pharmacies. Ils étaient connus autrefois sous les noms de terre foliée mercurielle , terre foliée végétale, et terre foliée minérale, parce qu'ils se présentent sous la forme de petits feuillets ou de paillettes légères. On peut les obtenir en combinant directement l'acide acétique avec chacun des oxydes qui en forment la base. L'acétate de mercure s'obtient'cependant plus promptement par la double décompositiou du nitrate de mercure et de l'acétate de soude. L. S. L. et M.

ACHAT. (législation.) C'est un contrat par lequel on acquiert la propriété d'une chose quelconque, moyen-

1 Voyez, pour plus de détails, le Manuel du fabricant de verl-de-gris et de verdet cristallise, par M. Le Normand , in-8°, 181 3.

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nant un prix convenu. Le mot achat est corrélatif du mot vente ; ces deux expressions désignent le même contrat; la première, par rapport à celui auquel la propriété est transmise; la seconde, par rapport à celui qui transmet la propriété. {Voyez Vente.)

ÀCHE, apium. (Antiquités.) Comme cette plante était consacrée aux cérémonies des funérailles , qu'on en mettait des couronnes sur les morts et les tombeaux , et que les jeux néméens- étaient relatifs à la mort d'Archémorus , on y couronnait d'ache verte les vainqueurs. Suidas parle de ces couronnes funèbres , et dit que Tache était destinée au deuil et aux larmes ; d'où venait l'expression populaire, il n'a plus besoin que d'ache , en parlant d'un malade désespéré. On donne deux origines à l'usage de couronner d'achc les vainqueurs des jeux néméens. L'une est prise des nèmées, juments consacrées à Junon, qui donnèrent leur nom à cette forêt où elles se nourrirent d'ache. Selon d'autres, Danaus, maître de cette contrée, proposa des courses aux amants de ses fdles, et les promit aux vainqueurs. Le terme de la course fut une borne couronnée d'ache ; le vainqueur l'ayant atteinte s'en couronna lui-même., pour preuve de sa victoire. Les vainqueurs des jeux isthmiques étaient aussi couronnés avec de l'ache ; mais on la choisissait desséchée , pour la distinguer de celle qui servait de prix aux jeux néméens.

ACHÉMÉNIS, ou mieux Achœmenis. (Antiquités.) Plante à laquelle on attribuait la vertu de jeter la terreur dans les armées et de les mettre en fuite. {Voyez Pline.) Son nom est le même que celui d'Achœmenes, fils d'/Egéc, qui donna le sien, dit-on, à une partie de la Perse, sans doute à la partie méridionale ou inférieure , symbole des enfers dans les thèmes célestes des anciens. Mais ce doit être plutôt Achœmenes, dont les uns font un frère de Xercès, les autres un premier roi de Perse, très riche, qui eut cet honneur , si ce n'est pas le même personnage

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