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masculin ou féminin ; prendre la terminaison du pluriel si le nom désigne plusieurs personnes, elc. ; c'est ce qui B lieu en effet dans la plupart des langues où l'adjectif s'accorde avec le substantif en genre, en nombre et en cas. Dans quelques langues cependant , dans l'anglais, le persan, le turc, l'adjectif ne subit aucune modification et reste invariable , quel que soit le nombre ou le genre du substantif: on en peut donner une raison assez plausible. En effet, quoiqu'il soit vrai que la qualité est une partie inséparable de la substance , elle ne change pourtant pas de nature, quel que soit le sujet auquel elle appartient : le rouge , le blanc , le noir, ne diffèrent en rien vus dans un homme ou dans une femme ; les cheveux sont toujours noirs de la même manière , quel que soit le sexe de celui qui les porte. Il en est de même pour le nombre et les modifications de l'idée de substance , qui donnent lieu aux cas. La blancheur du lis est la même dans tous les lis; elle est la même , que le lis soit sujet, comme dans cette phrase , les lis blancs sont agréables à Cœil9^ qu'il soit le terme d'une action ou régime , comme dans , cueillir des lis blancs. Les langues dans lesquelles l'adjectif reste invariable sont donc jusqu'à un certain point plus philosophiques; elles ont mieux abstrait la qualité de la substance. Quelques langues enfin semblent avoir pris un parti mitoyen ; chez elles l'adjectif est invariable quand W est attribut , variable quand il est immédiatement joint au sujet, et cette bizarrerie apparente peut encore facilement s'expliquer.
Outre les modifications que subit l'adjectif par l'effet de son étroite liaison avec le substantif, il en est qui lui sont propres. Une qualité peut être portée dans une substance à un plus haut degré que dans une autre ou que dans toutes les autres; il fallait des formes propres à exprimer ces divers degrés d'intensité. Nous voyons , en effet, que toutes les langues ont une manière d'exprimer la supériorité soit relative , soit absolue , les unes par un changement dans
ADJ «209 la terminaison , les autres par l'emploi d'un nouveau mot. Comme la supériorité n'est connue que par la comparaison de plusieurs choses entre elles, on nomme comparatif la forme affectée à l'expression de la supériorité d'une chose sur une autre. On nomme superlatif la forme consacrée à l'expression de la supériorité universelle. Mais on peut aussi remarquer qu'une qualité est portée à un haut degré ou manque au contraire presque totalement dans un individu, sans faire de comparaison expresse. Pour exprimer ce nouveau point de vur, les langues ont des diminutifs, des augmentatifs. {F oyez ces mots. )
Construction. Reste à considérer la place qu'occupe l'adjectif, la manière dont on le construit dans la phrase. Ici la grammaire générale, c'e&t-à-dire la raison appliquée aux signes, ne semble rien exiger impérieusement : aussi voyons-nous les langues faire pleinement usage de la liberté qui leur est laissée sur ce point; les unes, comme l'anglufe , mettent toujours l'adjectif avant le substantif; les autres, comme le grec et le lalin, l'en séparent et l'en éloignent tantôt plus , tantôt moins. Peu de langues sont plus capricieuses , sous ce rapport, que la langue française : tantôt elle laisse une liberté absolue; tantôt elle ordonne de mettre certains adjectifs avant, d'autres après le substantif; tantôt elle nous condamne , sous peine du ridicule , à mettre le même adjectif quelquefois avant , quelquefois après, if^ii dirait indifféremment , un grand homme ou un homme grand y un galant homme ou un homme galant? Les grammaires particulières sont pleines de bizarreries de ce genre qui font le désespoir des étrangers , et que l'usage seul peut apprendre. B...T.
ADJUDANT. ( Art militaire. ) Ce mot signifie aide. Il est en usage dans les armées de plusieurs puissances de l'Europe, pour désigner un officier qui en aide un autre.
U y a dans l'armée française plusieurs espèces ^adjudants. U adjudant major et Y adjudant sous-officier
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dans l'intérieur des corps, et \ adjudant de place h l'état-major des places. Le grade d'adjudant major est donné à un lieutenant qui prend rang immédiatement après les capitaines, commande les lieutenants et souslicutenants , et au bout de dix-huit mois d'exercice de vient capitaine adjudant major, et concourt pour le commandement d'une compagnie. I
Il y a un adjudant major dans chaque bataillon d'infanterie , et deux par chaque régiment de cavalerie de quatre escadrons. {Voyez la loi du 12 septembre 1791.) Il suit partout te chef de bataillon, ou le colonel (dans la cavalerie) , qui s'en sert comme d'un aide-de-camp pour porter les ordres.
Les adjudants majors commandent le service parmi les officiers d'après leur tour, vont au rapport, reçoivent les ordres , les font connaître au corps, rassemblent les hommes de service, surveillent les consignes, l'instruction et les distributions , etc. ; enfin ils sont chargés des détails de la police générale et du service commun à toutes les compagnies, mais ils sont étrangers à leur ad minislration et à leur police intérieure.
L'adjudant sous-officier, d'après la loi du i4 germinal an 5 , doit être choisi parmi les sergents ou maréchaux des logis ; il est le premier et le chef de tous les sousojQfciers du régiment. Il y en a autant que d'adjudants majors, sous les ordres desquels ils sont pour les seconder. 11 a l'autorité, et l'inspection immédiate sur tous les sous-officiers , non seulement pour tout ce qui a rapport au service et à la discipline, mais encore pour leur tenue, leur conduite privée, et leur instruction. Uadjudant sous-officier désigne à tour de rôle les sous-officiers de service , inspecte les gardes , réunit tous les rapports et les situations , surveille les corps-de-garde et les prisons, conduit aux distributions, etc., enfin est la cheville ouvrière de tout ce qui concerne les détails du service.
Ne pouvant entrer ici dans tous les détails des fonctions
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des adjudants majors et adjudants sous-officiers , voyez le règlement du i3 mai 1818.
Les adjudants de place sont des capitaines ou lieutenants que leur âge ou leurs blessures empêchent de servir à la guerre sans les rendre incapables d'un service moins pénible. Ils sont chargés dans les places de guerre des détails du service, ou sont détachéj pour commander des citadelles, forts ou châteaux. {Voyez l'ordonnance du i e* mai 1 768. )
sidjudant commandant. Titre qui a remplacé celui d'adjudant- général s et qui n'est plus en usage dans l'armée française depuis i8i5 ; il a été lui-même remplacé par celui de colonel d'état major. Leurs fonctions étaient les mêmes. ( Voyez État major.) F. D'H...t.
ADJUDICATION. {Législation.) On nomme ainsi la vente d'un objet mobilier ou immobilier faite publiquement, soit en justice, soit devant un officier public ou ministériel.
Les adjudications qui ont lieu administrativementne sont pas assujetties aux mêmes formes que celles faites en justice; quelquefois on y procède sur des soumissions cachetées , d'autres fois aux enchères , suivant la nature du marché qui en est l'objet. Les adjudications se font au rabais, ou au plus offrant et dernier enchérisseur. Il serait peut-être à désirer qu'une loi fixât à cet égard un mode de procéder uniforme , comme dans les adjudications faites en justice; car on ne doit rien laisser à l'arbitraire dans toutes les circonstances où l'intérêt public peut être compromis.
La loi civile , essentiellement protectrice de la propriété , n'a dû permettre d'y porter atteinte qu'avec beaucoup de précautions et de formalités.
S'il s'agit de la vente d'objets mobiliers saisis, il y est procédé par le ministère d'un commissaire-priseur ou d'un huissier, aprè| qu'elle a été annoncée, au moins un jour à l'avance, par les journaux et par des placards affichés.