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la même formule dans l'italien, qui a hérité immédiatement du latin. Nous voyons dans notre langue le soin que l'on a pris de faire accorder l'adjectif avec ce substantif mente, qui, en latin, est féminin; on dit biancktment , et non blancment. Bien plus » nous trouvons chez les Latins, el surtout dans les derniers siècles , de nombreux exemples où le mot ment est joint à l'adjectif pour exprimer vaguement d'une manière...
2. Fonctions de l'adverbe. Si l'adverbe n'est que l'expression abrégée d'un nom et d'une préposition i, il semble que Ton en connaisse suffisamment les fonctions dès qu'on connaît celles de ses deux éléments. H n en est pourtant pas ainsi ; car l'adverbe ne se met pas indifféremment pour tout nom et toute préposition. Dans cet exemple , La fertilité de la terre est entretenue par fc* UU, quel adverbe substituer à ces mots , de la terre ;f* le soleil? En prenant plusieurs exemples de ce genre, oo s'assurera , i° que jamais l'adverbe ne s'emploie après oo nom , et que par conséquent il ne s'ajoute jamais p l'attribut, ce qui Ta fait nommer par quelques grammairiens sur-attribut > sur-adjectif; 2° que , même après do adjectif ou un participe , on ne peut pas toujours le substituer au nom et à la préposition. Reste à déterminer *M quel cas on l'emploie après l'attribut. En procédante^ nous l'avons fait par voie d'exclusion , on découvrira q l'adverbe ne s'emploie jamais quand le nom , compi*n de la préposition, exprime une substance ou une personne, que l'on ne peut , par exemple , tourner par l'adverbe de Cor, de pain, avec Cicéron, dans les expressions/^ avec de l'or, se nourrir de pain, se plaire OViC ron; qu'enfin celte formule n'est permise et usitée \ quand la préposition et le nom expriment une iu c^ traite , , telle que celles de qualité , de manière ; ou circonstance en quelque sorte métaphysique, telle que du temps , du lieu, de la quantité; qu'ainsi l'on <*» sez sagement, pour avec sagesse; allez là, Pour
ADV 29i lieu. Beauzée limite encore plus le domaine de l'adverbe par une remarque pleine de finesse. Lors même que l'idée jointe à l'attribut par une préposition est une idée abstraite, dit-il, on emploiera plutôt le nom s'il s'agit d'un acle, l'adverbe s'il s'agit d'une habitude que l'on oppose à un acle ; exemple : Un auteur qui n écrit pas élégamment peut quelquefois rendre sa pensée avec élégance. Quoi qu'il en soit de cette dernière opinion, l'adverbe peut toujours être considéré comme remplissant vis-à-vis de l'adjectif la même fonction que celui-ci remplit vis-àvis du substantif, comme exprimant une modification de ]a qualité qui déjà modifie le sujet. C'est le signe d'une abslraction formée elle-même sur une abstraclion. Cette règle n'est cependant pas sans exception; en arabe, selon M. de Sacy , il n'est aucun nom, aucun adjectif, aucun verbe qui ne puisse devenir adverbe. En grec, tous les noms de lieu, au moyen de certaines terminaisons, deviennent autant d'adverbes ; en latin , il en est à peu près de même , puisque devant ces noms on sous-entend toujours la préposition.
Lors même que l'on est d'accord sur la nature des idées que l'adverbe abrège en une seule expression , on élève sur les fonctions de ce mot une dernière question : on demande si c'est le verbe ou l'attribut qu'il sert à modifier? Court de Gébelin s'est prononcé pour la première opinion. Si par verbe on entend l'attribut joint à la copule , l'adverbe modifie le verbe; ce qui devient bien évident dans des phrases telles que celle-ci, Je souffre beaucoup. Mais si on fait complètement l'analyse, et que Ton dise , Je suis très souffrant , on ne peut douter que ce ne soit l'attribut seul qui est modifié ; car il n'y a pas de plus ou de moins dans l'existence.
3. Idées accessoires de l 'adverbe. L'adverbe, par la nature même de ses fonctions, semble devoir être invariable; car une qualité, un lieu, un temps, ne changent pas, quel que soit le nombre , le sexe des personnes; aussi n'est-il suscep