‹ Encyclopédie moderne, ou, Dictionnaire abrégé des sciences, des lettres et des artsChapitre 50 sur 62 · AIM · texte numérisé non relu

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populaire qui a une même origine qu'on a cru et qu'on croit peut-être encore que le tombeau de Mahomet est un coffre de fer suspendu à la voûte de la grande mosquée de Médine par une pierre d'aimant.

On attribuait à l'aimant des propriétés merveilleuses, et par conséquent allégoriques , telles que celles de resserrer les nœuds de l'amitié fraternelle et de l'union conjugale, de faire parler les femmes infidèles pendant le sommeil , et de servir aux opérations magiques. Les Basilidiens s'en servaient pour faire les talismans ou préservatifs nommés abraxas. Ils y gravaient les noms des génies favorables, * pour les opposer aux démons. E. J.

AIMANT, ou Pierre d'aimant. {Histoire naturelle,) Fer oxyduléde Haùy. Cristallisé ordinairement en octaèdres réguliers , ce métal , d'un gris sombre , possède au plu< haut degré la propriété magnétique , ainsi appelée du mol magnes , par lequel les Latins le désignaient.

Sous le point de vue géologique , le fer joue un rôle important dans la formation de notre globe; mais l'espèce la plus remarquable est , sans contredit, le fer oxydulé : sa vertu polaire, qu'il peut communiquer au nickel et au cobalt, a été l'un des moyens les plus puissants dont la civilisation se soit servie pour étendre son empire jusqu'aux limites de l'Océan.

L'aimant se trouve en abondance dans les régions boréales; il y forme souvent des montagnes, comme dans la province de Smoland eu Suède. Il se répand en couches épaisses dans les terrains primitifs. C'est toujours avec les gneiss, avec le talc , dans les granités anciens, comme en Angleterre, en Suède, en Sibérie, à la Chine, en Corse et à l'île d'Elbe; avec le quartz et le mica, comme en Norwège; dans le schiste micacé, comme en Bohême et en Piémont , qu'on le rencontre communément; enfin on le trouve dans les basaltes {voyez ce mot) , dans les terrains volcaniques et dans les laves du Vésuve. M. Bory de Saint-Vincent en a observé une mon-

A I M /,:>; igne entière dans la Sierra de Rouda , au midi de TEsagne. v

Une force inconnue semble avoir accumulé ce métal vers ï nord , de même qu'une force inconnue entraîne dans la lême direction le barreau aimanté; mais un phénomène , ;ui depuis long-temps a excité l'attention de tous les phyicïens , c'est sa déclinaison du point nord , déclinaison variable selon les contrées , et son inclinaison sur le plan le l'horizon. Pour expliquer l'irrégularité de la marche de 'aiguille aimantée, quelques auteurs, et entre autres Kpinus , ont admis dans l'intérieur de notre globe l'existence d'un noyau métallique analogue à l'aimant , ou la présence de mines de fer considérables : cette supposition n'expliquerait pas les variations de l'aiguille à différentes époques de l'année et à diverses heures du jour. L'homme est condamné à ignorer la composition du centre de la terre; mais les substances que nous remarquons dans ses couches extérieures et dans cette partie que nous pouvons appeler son enveloppe étant généralement composées d'oxydes métalliques , on est porté à croire, par analogie,,* que la terre est un globe formé de la réunion de divers métaux qu'une cause particulière a oxydés à sa surfacn jusqu'à une certaine profondeur ; que le centre , nécessairement plus dense que l'enveloppe, est composé de métaux réduits à un certain degré de pureté , et que de tous ces métaux le fer est très probablement le plus abondant ; qu'il agit alors avec une grande énergie sur le barreau aimanté , et que, suivant l'opinion de Lamétherie , les phénomènes que présentent ses variations sont dus aux influences qu'exercent sur le fluide magnétique d'autres fluides analogues que contiennent les corps qui se meuvent dans l'espace. J. H.

AIMANT. (Physique.) {Voyez Magnétisme.) Ce mot a pris une nouvelle acception, vers la fin du dernier siècle, quand les observations de Mesmer firent donner à une certaine action de l'homme sur les corps organisés le nom de magnétisme animal. (F oyez ce mot.)

AINÉ, AINESSE. [Voyez Majorât.)

AIR. ( Antiquités. ) Les Grecs en avaient fait une di vinité qu'ils adoraient sous le nom de Junon , et sans doute aussi sous celui JEtkra , d'afôpa , air serein. Cette Judoq et cette iEthra devaient être Juno novella ou lucina, l'étoile du malin et du soir, car alfyrvbç, dérivé d'a%x, signifie* rrtatutinus , d'aïôpcoç , œtherius , serenus ; et ils lui donnaient la Lune pour femme, et pour fille la Rosée: c'était donc lucifer le matin ; le serein, ou vesper , le soir; ce qui donne la clef de la fable mythologique d'JElhra> amante d'^Egée, roi d'Athèues , et mère de Thésée. Hésiode dit que VÉther naquit avec le jour du mariage de TÉrèbe et de la Nuit , enfants du chaos.

Par un génie fiscal , qui paraît avoir devancé le temps d'iîne semblable conception , les empereurs grecs ne craignirent pas de charger l'air que respiraient leurs sujets d'un impôt particulier, sous cette dénomination odieuse, pro haustu aëris, pour la respiration de l'air. Entre cet impôt et celui des portes et fenêtres il n'y a de différence que dans le nom. 11 provient sans doute de l'opinion où sont les rois qu'ils sont maîtres de la vie de leurs sujets.

AIR. (Physique.) L'air est cette substance fluide , transparente , qui environne le globe jusqu'à une hauteur con sidérable. Quoique invisible , sans odeur ni saveur, c'est une substance possédant tous les principaux attributs de la matière ; il est impénétrable, pesant, compressible, dilatable, parfaitement élastique ; et ses molécules obéissent, comme celles des autres corps , aux actions chimiques.

Pour prouver l'impénétrabilité de l'air , les physiciens font une expérience bien simple; ils placent un flotteur sur l'eau , le recouvrent avec une cloche de verre , et p'on gent la cloche verticalement : l'air compris entre la s,,r' lace du liquide et le fond de la cloche diminue de volume, mais il conserve toujours une portion de l'espace, et le liquide ne monte jamais jusqu'au fond du vase,

AIR 43g [iielque effort que l'on fasse pour le plouger proton dément; e liquide ne peut donc pas pénétrer l'air : le flotteur ert à indiquer jusqu'où s'élève le liquide.

Au reste , sans recourir à l'expérience , tout le monde connaît la résistance que l'air oppose au mouvement des ;orps qui lui présentent , pour vaincre son inertie , une .urface de quelque étendue , tels que les ventilateurs , les parachutes, les cerfs- volants. On connaît aussi la force *vec laquelle il imprime le mouvement à ceux qui se trouœni sur son passage, comme les voiles des vaisseaux, les ailes des moulins; et sa force est quelquefois si considérable qu'il déracine les arbres et abat les édifices. ( V oy. Vents. ) Ainsi il est impossible d'élever des doutes sur rimpénétrabilité de l'air.

Il est pesant; pour s'en assurer, il faut tarer d'abord un grand ballon vide , et le peser ensuite lorsqu'il est plein d'air; la différence donnera le poids de celui qui est con tenu dans le ballon. On a trouvé, par ce procédé , qu'un litre d'air bien sec , pris à la température zéro et sous la pression barométrique de 0^,76, pèse 1 gr. 3o; et ce poids , comparé à celui de l'eau , est comme le nombre 1 à 770. (Galilée découvrit le premier que l'air est pesant.)

D'après cela , la couche d'air qui nous environne exerce une pression proportionnée à son poids sur tous les points du globe ; c'est la cause de l'ascension des liquides dans les corps de pompes aspirantes , les siphons , le baromètre. Pour l'obtenir, il suffit de plonger dans un lipide exposé à l'air libre l'orifice d'un tube vide d'air et fermé de l'autre bout; le liquide pressé par l'air extérieur « élève dans le tube jusqu'à ce que le poids de sa colonne fasse équilibre à celui de l'air : dans cette expérience , l'eau monte à environ 32 pieds, et le mercure à 28 pouces, pourvu que le liquide soit 5 peu près au niveau de la mer; car sa hauteur varie en raison de l'inégalité du poids des colonnes d'air qui le pressent , et l'expérience justifie cette observation : le mercure du baromètre s'abaisse à mesure

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qu'on s'élève , et monte lorsqu'on descend. Celle observation a conduit les physiciens à mesurer les hauteurs à l'aide du baromètre. ( Voyez Baromètre. )

On a calculé , d'après ces données, que le poids de l'air qui presse dans tous les sens un homme de taille moyenne est d'environ 33,ooo livres. Cependant ses mouvements n'en sont pas gênés , parce que cette pression est balancée par la réaction des fluides qui remplissent les cavités intérieures du corps; mais cet équilibre serait rompu si l'homme s'élevait brusquement à une grande hauteur: l'air y étant beaucoup plus rare , les fluides intérieurs se dilateraient , et il en résulterait des accidents funestes.

Pour rendre ce phénomène sensible par une expérience, il faut placer sur le plateau de la machine pneumatique un cylindre de métal ouvert aux deux extrémités, et attacher une vessie à son ouverture supérieure ; cette vessie sera fortement comprimée par l'air extérieur et rompue lorsqu'on fera le vide au-dessous d'elle. ♦

L'air est compressible; lorsqu'on presse une quantité d'air renfermée , ses molécules se rapprochent , et on lui fait occuper des espaces moindres.

Mariotle a démontré que ces espaces diminuent en raison des pressions, c'est-à-dire que les volumes d'une masse d'air comprimée par degrés sont toujours réciproques aux pressions. Pour trouver cette loi , ce physicien prit un tube de verre recourbé , à branches d'inégale longueur, exactement graduées : après avoir scellé l'ouverture de la p^ courte branche , il introduisit une petite quantité de niercure suffisante pour qu'il s'élevât à la même hauteur dans les deux branches; l'air renfermé dans la plus courte coo- ' tre-balançait , par son ressort , le poids de l'atmosphère. H en ajouta ensuite jusqu'à ce que cet air n'occupât que la moitié de l'espace précédent; alors il trouva que la colonne de mercure de la longue branche dépassait le niveau de l'autre d'environ 28 pieds ou om, 76e, ce qui équivaut au poids d'une atmosphère : ainsi l'air, pressé par deuxat

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