AI
luosphères , se déprime de moitié. Il continua de verser du mercure dans la longue branche , et trouva que le poids de 2,5,4» elc»> atmosphères réduisait l'air qui le supportait à 1/2, i/5, i/4, etc. , de son volume primitif.
Si Ton répète cette expérience , il faut donner le temps au calorique qui se dégage de se dissiper. (Vmoy. Calorique.)
Il paraît que la compression de l'air serait indéfinie si l'on avait des moyens mécaniques assez énergiques pour l'exercer; mais jusqu'à ce jour on n'a pu parvenir à le • réduire qu'au i/8e de son volume. ( Voyez Pompes de compression. )
La dilatabilité de l'air consiste en ce qu'un volume d'air renfermé montre une tendance à occuper un plus grand espace; en conséquence il exerce une pression égale, dans tous les sens , sur les parois des vases qui le contiennent , et cette pression s'accroît ou s'affaiblit à mesure qu'il est condensé, ou raréfié, pourvu que la température soit la même.
Dans l'expérience précédente, on a vu que l'air, qui était réduit au i/4deson volume, revient de nouveau à i/5,ài/2 et à la totalité du volume primitif, lorsqu'on supprime le poids de i, 2, 5 atmosphères. A la vérité, parvenu à ce point, il ne se dilate plus, à cause du poids de l'atmosphère qui communique avec lui; mais si l'on intercepte cette communication , et qu'on lui livre un espace vide , sa dilatation n'aura d'autres bornes que les limites de cet espace : ainsi une vessie dont on a ôté presque tout l'air s'enfle , pourvu qu'il en reste quelques atomes , si on l'enferme sous le récipient d'une machine pneumatique au moment où on y fait le vide. (Voyez Machine pneumatique , Ballon de héron , Fusil a vent , etc.)
Il suit de là que la dilatation de l'air produit des effets exactement opposés à ceux de sa compression : il n'en est pas de même pour les corps solides; l'intensité de la force qui unit leurs molécules s'accroît rapidement à mesure qu'on les rapproche; celle du calorique, qui lui est opposée, n'acquiert pas proportionnellement autant d'énergie, et
elle ne suffit pas dans certains cas ( cette force varie avec la nature des corps) pour ramener exactement ces molécules où elles étaient avant la compression , tandis que celles des fluides élastiques permanents , dont l'agrégation est toujours presque nulle, n'obéissent qu'à l'action du calorique, qui,, dans les mêmes circonstances, reproduit les mêmes effets.
L'élasticité étant la propriété qu'a un corps de reprendre sa première forme lorsque la force qui l'avait altéré n'agit plus sur lui , il résulte de ce que rtous avons dit que l'air est parfaitement élastique.
Les applications utiles que l'on a faites dans les arts des propriétés de l'air sont si multipliées qu'il serait impossible de les énumérer : nous nous bornerons à dire que ce fluide est le principal moteur d'un grand nombre de machines.
Propriétés chimiques de Cair.
Les anciens croyaient que l'air était un être simple, un des quatre éléments qui , d'après leur système , servaient à la composition de tous les autres corps. Les chimistes modernes, à la tête desquels on doit placer Lavoisier, découvrirent qu'il est composé de deux corps qui paraissent élémentaires , savoir l'oxygène et l'azote. Les expé riences les plus précises ont démontré que ce fluide , pr's sur divers points du globe, et même à une grande hau teur, était composé de vingt -une parties d'oxygène, soixante-dix-huit d'azote , d'une partie d'acide carbonique, et de quelques atomes d'hydrogène.
L'air réfracte les rayons lumineux , et son pouvoir réfringent est en raison de sa densité. [Voyez Rjém action.)
II est propre à acquérir la vertu électrique, et il itfe*» lorsqu'il est bien sec , un libre passage à l'électricité qui tend à s'échapper des corps électrisés : ce pouvoir est dû plutôt à la nature de ses molécules qu'à la pression méca nique qu'il exerce sur ces corps. ( Voyez Électricité)
Soumis à l'action de la plus haute chaleur ou du froid »
AIR 443 plus intense, il se dilate ou se condense; niais il n'éprouve aucune altération.
Si on le comprime brusquement , il se dégage beaucoup de chaleur, et Ton aperçoit une vive lumière : il s'introduit dans l'intérieur des corps par les moindres fissures , et y adhère fortement; le charbon surtout en absorbe une grande quantité [voyez Carbone) : l'eau et tous les liquides en recèlent toujours; ce n'est qu'en les chauffant fortement qu'on parvient à les en purger.
Presque tous les corps combustibles l'altèrent à une température élevée , qui varie pour chacun d'eux; ils s'emparent tous de son oxygène, avec dégagement plus ou moins vif de chaleur et de lumière, et forment des acides ou des oxydes : il faut pourtant en excepter le phosphore, qui, à une basse température , se combine à l'oxygène et à l'azote, et produit, avec le premier, de l'acide phosphoreux; avec le deuxième, l'azote phosphoré : l'humidité de l'air et la fusion du phosphore favorisent cette combinaison.
Mis en contact avec les substances végétales et animales, il les altère promptement, surtout quand il est humide , et donne à quelques unes des propriétés acides : il blanchit le lin , le chanvre , la soie , et augmente l'éclat de plusieurs couleurs.
L'air est indispensable à la vie de tous les êtres organiques; les animaux le respirent sans cesse et l'altèrent : une partie de son oxygène est transformée en acide carbo- • nique , et cette combinaison produit du calorique, qui contribue en grande partie à l'entretien de la chaleur animale. ( Voyez Respiration.)
Les végétaux s'emparent du carbone que contient l'acide carbonique répandu dans l'air. L'air est l'agent de la combustion ; les molécules des corps se combinent avec son oxygène , et il y a chaleur et lumière produites. ( V oyez Combustion.) Enfin l'air est le principal véhicule du son. ( V oyez Son.) L.
AIR. (Chimie.) (Voyez Gaz.) #
, AIR ATMOSPHÉRIQUE. (Médecine.) Répand ue autour du globe terrestre, cette masse gazeuse joue un rôle très important dans une foule de phénomènes naturels. Par sa force d'élasticité , l'air empêche la volatilisation d'un grand nombre de substances. Il dessèche ou humecte , forme ou décompose , oxyde ou acidifie les corps; il diminue ou aug mente leur masse , avive ou éteint leurs couleurs. C'est un immense laboratoire où se passent sans cesse les opérations chimiques les plus variées. C'est un vaste réservoir qui, après avoir reçu sous forme de vapeurs les eaux de la terre , va les déposer sur le sommet des montagnes, d'où elles redescendent en ruisseaux ou en torrents. Rapide véhicule , il transporte à des distances prodigieuses le pollen , ou la graine des végétaux, et les œufs de beaucoup d'animaux. Enfin il entretient la végétation dans les plantes, la respiration dans les animaux. Mais ces derniers absorbent continuellement dans l'acte inspiratoire une certaine quantité d'oxygène , et ils expirent une quantité égale d'acide carbonique ; ils tendent donc à vicier sans cesse l'air au milieu duquel ils vivent. Les parties vertes des végétaux, au contraire, soumises aux rayons solaires, absorbent le carbone et rejettent l'oxygène pur. Ainsi, par une admirable compensation, l'air se trouve purifié par les végétaux à mesure que les animaux l'altèrent.
Les corps organisés privés de vie, mis en contact avec l'air , se décomposent surtout rapidement lorsque cet air est saturé d'humidité , et qu'il est à la température de 10 à i5 degrés. Très sec et souvent renouvelé, l'air absorbe l'humidité et retarde la putréfaction.
L'influence de l'air sur l'économie animale est variable selon ses différents degrés de pesanteur, de température, d'humidité.
On ne connaît guère par l'expérience quelle pourrait être l'influence d'un air trop dense et trop pesant. Les individus qui passent leur vie dans les mines, où l'air doit être nécessairement plus condensé qu'à la surface de la
AIR 445 terre, ont , à la vérité, une santé assez languissante ; mais , au milieu des causes nombreuses d'insalubrité qui environnent cette classe d'hommes , il est difficile de distinguer J'influence de l'augmentation de pesanteur de l'air.
On connaît mieux les effets d'un air plus rare. L'observation a démontré que la pression atmosphérique à laquelle le corps des animaux est ordinairement soumis ne peut devenir beaucoup moindre sans que de graves accidents n'en résultent. Les physiciens qui se sont élevés dans des ballons à dé grandes hauteurs , les voyageurs qui ont gravi le sommet des Cordilières , ont éprouvé une gêne extrême dans la respiration , des hémorrhagies , des éblouissements, etc. Ces accidents peuvent être reproduits* à volonté chez un animal placé sous le récipient de la machine pneumatique. L'accélération que la respiration subit dans un air rare* s'explique facilement par la moindre quantité d'oxygène que chaque inspiration introduit dans les poumons; un air encore plus rare produirait la mort par asphyxie. Les oiseaux, à la vérité, s'élèvent impunément jusque dans des régions où l'air est beaucoup plus rare que sur la terre. Mais observons que les oiseaux sont construits de mauière à pouvoir rétablir sans cesse l'équilibre entre l'air et leurs fluides intérieurs. Chez eux l'air ne pénètre pas seulement dans les poumons, leur cavité abdominale, leurs os même en sont remplis ; et il est possible que , parla fréquence et l'étendue plus ou moins grande de leurs inspirations , ils remplissent ou vident plus ou moins complètement leurs cellules aériennes , selon qu'ils s'abaissent ou qu'ils s'élèvent dans l'atmosphère.
L'air rare est funeste aux individus dont la poitrine est naturellement délicate. Cet air, en activant les fonctions des organes respiratoires et circulatoires , rend ces organes plus susceptibles de s'enflammer.
L'homme, ainsi que les autres animaux à sang chaud , possède la faculté de résister également et à une grande chaleur et à un froid très vif. Ce serait sortir de notre
44*i AIR
sujet que de relater ici les expériences qui ont servi à constater ce fait , et les explications plus ou moins hypothétiques qui en ont été données.
Sous l'influence d'une atmosphère très chaude , toutes les fonctions perdent leur énergie , si ce n'est l'exhalation cutanée , qui devient excessivement abondante. Les facultés intellectuelles et morales languissent également. Sous le ciel brûlant de l'Èthiopie , l'esprit n'est pas moins énervé que le corps.
Dans des climats moins chauds , tels que les contrées méridionales de l'Europe, l'homme retrouve son énergie. L'imagination est surtout la qualité dominante des habitants de ces heureux pays. Si chez eux des institutions fortes secondent les élans d'une imagination exaltée , ils enfanteront des prodiges. Défendue par quelques hommes libres , la Grèce bravera les efforts de l'Asie ; quelques cabanes bâties^par Romulus seront le berceau des dominateurs du monde.
Dans les climats chauds, les maladies du cerveau, de la peau , des voies digestives , sont les plus fréquentes. C'est là que les affections contagieuses trouvent les conditions les plus propices à leur développement. Nuisibles aux individus bilieux , aux mélancoliques , etc. , ces climats exercent au contraire la plusfavorable influence sur les personnes atteintes de scrophules, de scorbut, de rhumatisme, etc.
L'air froid , comme l'air chaud , a des effets variables, selon ses différents degrés.
A son plus haut degré d'intensité , l'air froid tue les animaux qui y sont soumis, ou du moins il détermine chez eux la mort de quelques parties , de celles surtout qui sont le plus éloignées du centre de la circulation.
A un plus faible degré, tel qu'il existe, par exemple, pendant les hivers rigoureux de nos climats, l'air froid agit en sens contraire de l'air chaud; il resserre les tissus, il fait refluer le sang des parties extérieures vers l'intérieur , et prédispose ainsi aux inflammations internes. En accu-
mulant le sang dans les poumons, il produit des accès d'asthme chez les individus dont les organes thorachiques ne sont pas bien conformés.
L'air modérément froid est utile aux personnes assez vigoureuses, pour que chez elles une forte réaction succède à l'impression du froid sur la peau. 11 est nuisible aux individus plus faibles , qui ne peuvent pas développer assez d'énergie pour que cette réaction ait lieu.
Les climats très froids sont aussi défavorables à l'inteLligence que les climats très chauds. Sous un ciel moins sévère , dans les contrées septentrionales de l'Europe par exemple, les facultés intellectuelles renaissent; mais elles sont remarquables par d'autres qualités que celles qui caractérisent l'intelligence de l'habitant du midi. De là la direction spéciale imprimée aux travaux de l'esprit chez les différents peuples , de là les nuances de leurs mœurs , les variétés de leur gouvernement , etc.
L'air humide exerce sur l'économie une influence différente , selon qu'il est chaud ou froid.
L'air humide et chaud est une des constitutions atniosphériques les plus défavorables. Toutes les fonctions, s'exéeutent mal ; la circulation est languissante , la respiration gênée, l'intelligence obtuse, les mouvements pénibles. Malgré les observations de Fontana et de Keil , il n'est pas encore bien prouvé que, plongé dans une atmosphère chaude et humide , le corps augmente de poids. Si ce fait est exact, il pourrait aussi bien s'expliquer par la diminution de la transpiration que par l'augmentation de l'absorption cutanée.
Si cette constitution persiste pendant long-temps , elle favorise le développement d'un certain nombre de maladies : c'est alors que se manifestent surtout les fièvres intermittentes , simples ou pernicieuses , le scorbut , les hydropisies; c'est alors que les affections contagieuses et epidéiniques sévissent avec la plus grande activité possible.
Les personnes lymphatiques , scrophuleuses , ne seront pas soumises sans inconvénient à l'influence d'un air chaud et humide; il pourra être de quelque utilité aux individus d'un tempérament sec et irritable.
L'air froid et humide exerce sur l'économie une influence encore plus fâcheuse que l'air humide et chaud. Les maladies des membranes muqueuses, les affections vermineuses , s'observent fréquemment sous cette constitution. Les inflammations qui se déclarent alors semblent affecter souvent un caractère spécial, et dans leur traitement les émissions sanguines ne doivent être employées qu'avec une certaine réserve. Les excitants légers, soit en aliments , soit en boissons , soit eu médicaments , sont au contraire moins redoutables que dans les autres constitutions atmosphériques.
Les différents états de l'air que nous venons de passer en revue ne sont pas les seuls qui réclament notre attention. L'électricité que l'air contient en quantité variable, les rayons lumineux qui le traversent, exercent sur les êtres 1 vivants une puissante influence. Privés du contact des rayons solaires, les hommes, comme les plantes, s'étiolent et se flétrissent. Différents miasmes , soit qu'ils s'exhalent du corps des animaux vivants, soit qu'ils émanent de substances animales ou végétales en putréfaction, se mêlent à l'air, en altèrent la pureté, et vont porter au loin le germe d'une foule de maladies endémiques , épidémiques ou contagieuses. La médecine semble surtout acquérir des-droils sacrés à la reconnaissance publique alors que , par une application savante des règles de l'hygiène, elle arrête ou prévient ces maladies , assainit de vastes contrées , et arrache à la mort de nombreuses générations. M. et A...F.
AIR. (Histoire naturelle.) ( Voyez Respiration , Végétation et Vie.)
AIR. ( Technologie.) Le fluide qui nous environne exerce une grande influence sur la plupart des opérations des arts; il est même quelquefois l'agent principal , comme dans la
AIR 449 combustion , dans la préparation de quelques oxydes et de )lusieurs produits chimiques, et dans les phénomènes de a végétation et des fermentations : c'est à sa seule ptiis- -ance mécanique qu'est due la rotation des moulins à vent ;t la marche des navires à voiles ; et personne n'ignore que air est absolument indispensable pour entretenir la respiation et la vie dans les animaux et les végétaux.
Ml
liment intéressante ; aussi n'est-il aucune de ses propriétés [ue l'industrie n'ait mise à profit pour en tirer avantage, tonnons un tableau succinct des principales applications.
L'air est pesant : dès lors il doit tendre à faire élever es corps plus légers que lui, comme l'eau fait surnager le iége; c'est sur cette propriété qu'est fondée l'invention les aérostats , qui , remplis d'un gaz treize fois moins peant , doivent monter à raison de cette différence de peanteur.
L'air se dilate par la chaleur et devient plus léger : de à l'origine des montgolfières ou des ballons entretenus par e feu. La légèreté de l'air chauffé produit dans le tuyau le nos cheminées ce courant ascensionel qui nous décrasse agréablement de la fumée incommode du foyer. La même cause produit un courant semblable dans les ventilateurs à feu et dans les fourneaux d'appel , qui nous lonnent des moyens efficaces de renouveler et de puriGer air des lieux infectés, des hôpitaux , des fabriques insaubres , des salles de spectacle , etc.
L'air dilaté par la chaleur acquiert une force élastique )lus grande : de là son emploi comme moteur dans les marines à air et à feu, ou pyro-pneumatiques, dont la puissance mécanique peut être d'autant plus avantageuse que air, pour être chauffé , exige , à poids égal , moins de chaeur que l'eau.
L'élasticité de l'air est utilisée dans les fusils à vent pour ancer des projectiles; dans les réservoirs d'air que l'on ^apte aux moteurs et aux machines dont le mouvement 1. 29
4ôo AIR
est irrégulier, à l'effet de régulariser la vitesse et d'éviter les secousses; dans les machines à compression pour élever l'eau , comme la fontaine de Héron , la machine de Schenimitz , etc. i
La mobilité extrême de l'air produit des courants atmosphériques dont la puissance est très grande et est livrée gratuitement à l'homme. Aussi , depuis un temps immémorial , le commerce et la navigation ont mis cette force à contribution pour faire mouvoir de vastes maisons flottantes , qui voiturent sur les mers les marchandises et les voyageurs. Les moulins à vent offrent une application non moins remarquable de la force de cet agent naturel et économique. C'est encore en vertu de cette mobilité de l'air qu'on peut y exciter des courants artificiels par des ventilateurs mécaniques, et les employer soit à renouveler une atmosphère viciée par des miasmes ou des exhalaisons insalubres , soit à la dessiccation rapide des différentes matières préparées dans les arts, en formant des séchoirs artificiels, à courant d'air, pour les étoffes, pour les grains, pour la poudre, etc.
La pression que l'air exerce sur tous les corps est employée avec succès dans les machines à vapeur, à simple effet, pour faire redescendre le piston et entretenir le mouvement alternatif dans ces machines ; la même cause produit l'ascension de l'eau dans les pompes aspirantes. Cette pression est mesurée par la hauteur du mercure dans le tube du baromètre; et comme l'intensité de cette force décroît successivement à mesure qu'on s'élève , il est résulté de cette observation le nouvel art de mesurer la hauteur des montagnes par l'abaissement du mercure dans le tube barométrique.
L'action chimique de l'air est de la plus haute importance pour le manufacturier; c'est à ce puissant agent que l'on doit la plupart des phénomènes d'oxydation, de coloration , de blanchiment, qui s'opèrent dans nos ateliers ; il produit l'efflorescence et la déliquescence des sels; il donne
lieu à l'évaporation des liquides qu'il dissout et qi^il entraîne; il entretient ta combustion dans les fourneaux, et rien ne peut le remplacer pour la production de la chaleur nécessaire à la pratique de presque tous les arts ; il n'est pas moins indispensable à l'entretien et même à la création de nos lumières artificielles , soit que nous les tirions de l'air comprimé dans le briquet pneumatique, soit que nous les fassions jaillir de la collision des corps durs.
L'influence de l'air sur les phénomènes de la vie se montre à tout moment dans les travaux de l'agriculture et de l'économie rurale ; la germination des graines, la végétation et l'accroissement des plantes , la floraison , la fructification et le dépérissement des végétaux dépendent en grande partie de l'action de l'air. Nous laisserons aux physiologistes le soin d'exposer les lois de la respiration des plantes et des animaux, les causes de la production de la chaleur dans les êtres animés, etc.; qu'il nous suffise d'avoir indiqué les fonctions les plus essentielles et les usages les plus importants que l'air puisse remplir dans son état de pureté.
Mais ce fluide n'est pas toujours pur ; il est souvent mélangé avec d'autres matières qui le rendent impropre à certains emplois et particulièrement à la respiration.
Parmi les causes qui peuvent altérer la pureté de l'air oh peut regarder les suivantes comme les plus communes: l'eau ou Phumidité, l'acide carbonique, les miasmes végétaux ou animaux, l'hydrogène sulfuré , et les émanations dangereuses des fabriques.
Quelle que soit la cause qui ait vicié l'air, si cette cause est passagère, il suffit d'une simple ventilation pour renouveler et purifier l'atmosphère des lieux infectés ; mais si cette cause est de nature à reproduire sans cesse ces émanations délétères , on peut en neutraliser les effets nuisibles soit en dirigeant au loin les gaz insalubres qui se dégagent, soit en décomposant les exhalaisons elles-mêmes par des agents chimiques à mesure qu'elles se produisent.
L'air des appartements , surtout dans les lieux bas , est
Di
souvent altéré par l'humidité qui pénètre les murs et le sol. Dans cet état , il pourrit promptementies meubles, les étoffes , ou autres effets qu'on laisse dans ces pièces humides. On se garantit de ces inconvénients en revêtant les murs de boiseries , ou mieux encore en les tapissant de feuilles minces de plomb ou de papier métallique de M. Allard. On peut aussi absorber l'humidité d'une chambre ou d'une ar moire en y mettant un peu de chaux ou d'hydro-chlorate de chaux bien sec , qu'on renouvelle de temps en temps.
L'acide carbonique se forme dans tant de circonstances qu'il n'est pas étonnant qu'il soit une des causes lespta fréquentes de l'altération de l'air. L'exhalation des plantes, la respiration des animaux, la combustion , la fermentation, sont autant de causes qui le produisent. On s'en débarrasse ordinairement en l'entraînant par des courants d'air, ou en le neutralisant avec de la chaux récemment préparée.
Les miasmes , qui se développent dans tous les lieux où se trouvent entassées un grand nombre de personnes, dans les hôpitaux , dans les prisons , et quelquefois dans les salles de spectacle, sont détruits avec la plus grande efficacité par l'emploi du chlore , d'après le procédé de Guyton Morveau,
L'air est fréquemment vicié par les exhalaisons de gaz hydrogène sulfuré qui se dégage des fosses d'aisance et des égouts ; on emploie encore dans ce cas le chlore pour purifier l'air qui contient quelques parties de ce gaz si dan gereux.
Plusieurs fabrications importantes laissent échapper dans leurs ateliers des vapeurs métalliques ou acides, et des exhalaisons extrêmement nuisibles aux ouvriers et à tout le voisinage ; aussi un certain nombre de ces fabriques sontelles reléguées dans les campagnes et isolées de toute habitation. M. d'Arcet a entrepris et exécuté un système d'assainissement applicable à la plupart des travaux insalubres, et les heureux succès qu'il a déjà obtenus ne laissent aucun doute sur l'efficacité de son procédé , et sur la facilité qu'on
iura à l'étendre à un grand nombre d'autres fabrications, ia méthode est très simple ; elle consiste à entretenir, dans es ateliers, des courants d'air continus, qui entraînent les caz nuisibles dans des cheminées à tuyaux élevés, et qui es lancent au loin dans l'atmosphère. Le courant d'air est iollicité par des fourneaux d'appel, et quelquefois par de ûmples lampes d'Argant. C'est par de tels moyens que VI. d'Arcet a déjà rendu parfaitement sains les travaux des doreurs sur bronze, des affineurs d'or et d'argent, les laboratoires de chimie, les laboratoires d'essai de la monnaie , les cabinets d'aisance , etc., etc. L. Séb. L. et M.
AIR. (Musique.) Cette dénomination se donne en musique à un morceau dont le sens peut être compris étant exécuté par une seule voix ou un seul instrument , et lorsque ce morceau a toute l'étendue voulue pour constituer, d'après les règles de l'art , une pièce de musique bien complète.
Un bon air , pour mériter cette qualification , doit être un petit poëme musical : il doit avoir son exposition , son nœud et son dénouement, et surtout cette unité si recommandée et si recommandable dans les beaux-arts lorsque Von veut plaire et charmer. {Voyez les mots Ariette, Cavatine, Rondeau, Polonaise, Barcarolle, Nocturne, Romance, Couplet, Vaudeville, pour connaître leurs droits de parenté avec Yair dont ils sont issus , et savoir à quel degré de filiation les placent leurs titres. ) B. . . n.
AIR DE VENT. {Marine.) Voyez Rnvm.
AIRE. {Mathématiques.) Nom qu'on donne à l'étendue superficielle qui est renfermée entre des limites marquées, ou plutôt au nombre de fois que. l'unité de surface y est contenue. C'est dans cette acception qu'il faut entendre ces expressions usitées : l'aire d'un triangle, l'aire d'un ctrcle9 Caire d'un cône, etc.
Pour évaluer le nombre d'unités superficielles conte- Rues dans une aire donnée, on convient d'abord de choisir cette unité , et , quoiqu'on puisse la prendre d'une figure arbitraire , on préfère celle qui est la plus simple à tracer
et à introduire dans les calculs; c'est le carré. Ainsi on formera un carré dont le côté sera d'un mètre , ou d'un pied, ou d'une toise, ou etc.; ce sera V unité île surface. Mesurer une aire donnée , c'est chercher combien de fois cette unité s'y trouve contenue. Lorsqu'on dit qu'un arpent a cent perches, cela signifie que, quelle que soit la figure des limites , cette étendue est décomposable en cent carrés égaux à celui qu'on a pris pour unité, et qui est la perche carrée.
C'est la géométrie qui apprend quelles sortes d'opérations doivent être exécutées pour faire l'évaluation des aires. Nous ne nous arrêterons pas ici à donner les procédés de calcul que cette science indique , parce qu'ils sont exposés à chaque mot qui caractérise la forme des limites de l'aire. [Voyez Parallélogramme, Triangle, Cercle, Cône, Cylindre , Ellipse , etc. )
On donne aussi quelquefois le nom d'acre à une surface plane préparée dans un but spécial : ainsi l'aire d'une grange est la surface sur laquelle on bat le grain pour le détacher de l'épi; l'aire d'un bassin est un massif fait à chaux et ciment qui en forme le fond , etc. F.
AIRE. (Architecture. ) Se dit d'une surface plane, affermie de manière à pouvoir y marcher, battre des grains, tracer des épures , recevoir des enduits , des parquets ou carrelages.
Aires antiques. Lorsqu'une aire se faisait à rez <k chaussée, on commençait par bien dresser et battre le sol sur lequel elle devait être établie; on étendait dessus une première couche appelée statumen, composée de chaux et de pierres de la grosseur d'un œuf: sur cette première couche on en mettait une seconde nommée rudus, fa'le de pierrailles beaucoup plus petites , et dans la proportion de cinq mesures contre trois de chaux.
Lorsque ces couches commençaient à sécher, on k$ rendait massives avec des battes de bois, jusqu'à ce que, d'un pied qu'elles avaient environ d'épaisseur, elles lussent
AIR 455 réduites à huit pouces. Sur ces deux couches s'en posait une troisième appelée nucleus, consistant en trois parties de tuiles pilées et une de chaux, bien broyées ensemble. Cette dernière avait environ quatre pouces d'épaisseur. C'est sur cet enduit qu'au moyen d'un bain de pure chaux on posait le carrelage ou la mosaïque. Quelquefois aussi on se contentait de la couvrir d'une poudre de marbre très fine , qui , venant à faire corps avec l'enduit , devenait susceptible d'un très beau poli.
Aire sur plancher. Lorsqu'on voulait établir une aire sur plancher, on avait le plus grand soin de n'employer que des planches de chêne de même qualité, et surtout très faibles d'épaisseur lorsqu'on se servait de chêne dur, parce qu'en l'arrêtant avec des clous sur chaque solive, on les empêchait plus facilement de se tourmenter par l'humidité; on y appliquait ensuite les enduits que nous venons de décrire, avec la précaution de poser sur les planches un lit de paille ou de fougère pour les garantir de l'action de la chaux.
Aire sur terrasse. Lorsque l'aire devait se poser sur un plancher formant terrasse , les solives étaient recouvertes de deux épaisseurs de planches croisées à contre- fil, et clouées avec soin. Sur la fougère s'étendait le statumen , puis le rudus, mais en plus grande épaisseur que dans tout autre cas; ce dernier se composait d'un tiers de luileau, deux parties de pierrailles et deux de chaux. Quant au nucleus 9 qui recouvrait le tout, il était fait de la manière ci-dessus décrite.
H arrivait quelquefois que , pour donner une plus grande solidité à ces terrasses , on posait sur le rudus des tuiles d'environ deux pieds carrés , en laissant entre elles un joint d'à peu près six lignes, qu'on remplissait de chaux pulvérisée et broyée avec de l'huile.
C'est sur cette espèce de carrelage qu'on étendait le nucleus , qui se battait jusqu'à presque dessiccation , et sur lequel on posait, à l'aide de chaux vive , des briques ran- |