L. Séb. L. et M
ALCALIMÈTRE. {Technologie.) C'est un instrument destiné , comme son nom l'indique , à mesurer les alcalis.
L'alcalimètre, que nous devons à M. Descroisilles, n'est autre chose qu'un tube de verre de la contenance de 5 centilitres , et divisé en îoo parties appelées degrés.
Lorsqu'on veut essayer un alcali , on en prend 5 grammes que l'on fait dissoudre dans de l'eau pure ; on remplit ensuite l'alcalimètre d'eau acidulée avec un dixième d'acide sulfurique concentré , et on le vide doucement , et peu à peu, dans la dissolution alcaline, jusqu'à ce que celle-ci soit saturée, et commence même à devenir acide , ce qu'on reconnaît en y plongeant du papier bleu de tournesol ou de mauve qui doit virer aussitôt au rouge ; on examine alors jusqu'à quel point le tube s'est vidé, et si l'on trouve par exemple 36 degrés , on en conclura que l'alcali essayé est à 36°; mais ordinairement on retranche un degré, à cause de la petite quantité d'acide qu'on a mis de trop au-delà du point de saturation de la liqueur alcaline; ce qui réduit la force de l'alcali- à 35°.
Si , pour un autre échantillon , on trouvait 70°, on en conclurait que ce nouvel alcali a un pouvoir saturant , double de celui du premier, et que sa valeur vénale doit être par conséquent double , et ainsi de suite pour les autres proportions. • * .
On voit que l'alcalimètre est combiné de manière que les degrés qu'il marque indiquent les centièmes d'acide sulfurique que chaque alcali est capable de saturer. Ainsi les deux échantillons qu'on a trouvés marquer 35° et 700 sont susceptibles de neutraliser ~ ou ^ de leur poids d'acide sulfurique ; et si l'on a soin de prendre l'acide sulfurique d'épreuve, constamment au même degré de concentration, il s'ensuit qu'on obtiendra toujours à l'alcalimètre des résultats exacts et comparables entre eux.
MM. Welter et Gay-Lussac ayant reconnu que certains alcalis contenaient des sulfures et des sulfites de soude , qui atténuent les indications de l'alcalimètre, ont obvié à cet inconvénient en faisant calciner l'alcali qu'ils voulaient soumettre à l'essai dans des vases de platine , où ils ajoutent un peu de chlorate de potasse ; alors les sulfures et les sulfites se changent en sulfates, qui n'ont aucune influence sur le degré alcalimétrique. L. Séb. L. et M/
ALCARAZAS. (Technologie.) La difficulté de se procurer des boissons fraîches dans les pays chauds a suggéré aux peuples qui vivent sous le ciel brûlant de la zone torride un moyen ingénieux pour rafraîchir les liquides destinés à leur usage, et pour calmer avecdélices la soif ardente qui les dévore. Cette invention , que les Égyptiens ont connue depuis un temps immémorial , a passé en Espagne avec les Arabes , et de nos jours elle s'est introduite en France.
Les vases réfrigérants nommés alcarazas sont formés d'une espèce de poterie très légère et très poreuse, qui laisse facilement suinter l'eau à travers ses parois; le liquide se filtrant , pour ainsi dire , par tous les pores du vase , eu imprègne d'humidité toute la surface extérieure, et donne lieu à une évaporalion d'autant plus vive que la température de l'air est plus élevée , ou que le vase est exposé à un plus grand courant d'air. Cette évaporation ne peut avoir lieu qu'en absorbant la chaleur du liquide contenu dans le vase, dont la température s'abaisse , en conséquence , de plusieurs degrés, et produit une boisson d'une fraîcheur délectable.
La propriété réfrigérante des alcarazas résulte donc uniquement de la transsudation qui a lieu dans ces sortes de vases, et cette transsudation est elle-même le résultat d'une texture peu serrée que l'on parvient à donner à la terre cuite. II est rare de trouver une terre argileuse qui, dans son état naturel, puisse convenir h la fabrication des alcarazas ; celle de Malaga cependant jouit de celte propriété : dans cette ville on fabrique ces vases de la même manière que la poterie commune, dont ils ne différent qu'en ce qu'ils ne sont point vernis. A Anduxar, dans l'Andalousie, les fabricants mélangent avec leur argile trop compacte une certaine quantité de sel marin , qui a pour effet de diviser la matière, d'en écarter les molécules, et d'y produire , en se dissolvant , une infinité de petits trous. Ce mélange , qui a lieu à raison d'une livre de sel pour vingt
livres de terre plus ou moins, se fait lors du pétrissage de la pâte , après avoir préparé la terre comme pour la poterie commune ; on fait ensuite cuire les vases dans un four de potier, mais en ne donnant qu'une demi-cuisson , qui * dure de dix à douze heures. -
M. Fourmy , déjà connu par l'invention de ses poteries salubres qu'il a nommées hygiocérames , s'est occupé le premier en France de la fabrication des alcarazas; et il a trouvé des procédés particuliers pour faire des vases à ra- . fraîchir, auxquels il a donné le nom d9 hydrocérames. (V oyez ce mot). L. Séb. L. et M.
ALCHIMIE. [Antiquités.) Pline raconte, liv. xxm, chap. iv, queCaligulafit des essais pour tirer de l'or de Y orpiment (auripigmentum) . Mais le premier auteur qui parle de la transmutation des métaux et des moyens de faire de l'or est Zozime , de Panopolis en Egypte , qui vivait dans le troisième siècle selon les uns , dans le cinquième selon les autres; il a écrit un traité sur Cart divin de faire de Cor et de l'argent. Ce manuscrit est à la bibliothèque du roi. On ne trouve aucune trace de la recherche du remède universel , ou du moyen de rajeunir , avant Gebèr , auteur arabe, qui vivait dans le septième ou neuvième siècle; car on varie également sur l'âge où il florissait. Lenglet du Fresnoy a recueilli tout ce qui le concernait , dans le premier volume de son Histoire de la philosophie hermétique. On lit dans ses écrits : « L'or ainsi préparé guérit la lèpre et toutes sortes de maladies. » Dans son langage, la lèpre est le métal le plus bas , et For désigne ceux qui se portent bien. Quand donc il dit c Je voudrais guérir six lépreux , » il entend qu'il voudrait les convertir en or. Suidas, qui vivait dans le neuvième ou le dixième siècle, dit que l'empereur Dioclétien fit brûler tous les livres des Egyptiens , et que ces livres contenaient les mystères de l'alchimie. C'est donc de là qu'Égyptien en français se dit pour bohémien , diseur de bonne aventure; et gypsy ou gipsy en anglais, pour égyptienne, bohémienne, sorcière qui court le
inonde, disant la bonne aventure. Ce remède universel, ce moyen de rajeunir , cet art de faire de l'or, cette pierre pbilosophale, qui font l'objet des recherches de l'alchimiste, ne sont que des allégories prises pour des réalités. Le remède ou la panacée universelle , c'est le soleil réparateur de la nature. C'est lui qui fait de l'or en passant des âges d'airain et de fer, ou des signes descendants, aux signes ascendants. C'est lui qui , au solstice inférieur , est la pierre pbilosophale, la pierre de la philosophie et de la sagesse, du bon conseil, du bon sens, la pierre fondamentale, h pierre angulaire du monde, le dieu Terme, le Jupiter lapis; tandis que la pierre de la folie, de mauconseil, est le soleil au solstice supérieur, qui va à rebours, à contre-sens, dans les signes descendants. E. J.'
ALCHIMIE. Ce mot signifie proprement la chimie par excellence , et on l'a quelquefois employé pour désigner l'art de procéder aux opérations les plus subtiles et les plus compliquées de celte science , telles , par exemple , que la préparation du cinabre , à l'aide d'une combinaison te soufre et de mercure, opération à laquelle la nature emploie des années et même des siècles, et que la chimie accomplit en quelques heures.
Mais on entend plus communément par alchimie le* folles recherches qui ont pour objet la pierre philosophai ou l'art de faire de l'or , et la découverte de la panacée ou du remède universel, que l'on fait consister en un sel neutre mystique , ou sel aérien. Dans ce sens l'alchimie est à la chimie ce que l'astrologie est à l'astronomie.
Les temps où règne l'ignorance sont ceux où l'étude des fausses sciences excite le plus d'émulation. Aussi est-ce surtout pendant les ténèbres plus ou moins épaisses qa* ont précédé Bacon et Descartes qu'a régné la manie de l'alchimie comme celle de l'astrologie.
Le premier écrivain qui ait parlé de l'art de faire de I or estZozime, auteur grec qui vivait au commencement . cinquième siècle. D'autres auteurs anciens de cette nation
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ésignent l'alchimie par le mot grec xpv*0™17*™* (fabriation de l'or), et l'alchimiste par l'expression ypwnmairyiç fabricateur d'or ). Au dire de Suidas., les anciens Égypiens , dont Dioclétien fit brûler les livres, y avaient conigné les secrets de l'alchimie.
Au septième siècle , Geber , auteur arabe , signala le >remier dans la recherche de la panacée , ou du remède îniversel , l'objet principal de la science alchimique.
Les écrivains les plus connus pour s'être livrés à ces .aines recherches sont : Geber , le moine Roger Bacon , Raymond Lulle , Théophraste Paracelse , Ripley , Jean- [saac le Hollandais , Van-Helmont , Van-Zuchten , Sendigovius , le moine qui s'est caché sous le nom de Basilius Valeotinus , Starkey, Welling, auteur de YOpus mago cabalisticum, et l'écrivain qui a composé , VAurea catena
Le célèbre Goethe nous apprend , dans ses Mémoires , qu'à l'époque de sa première jeunesse, ces recherches eurent beaucoup d'attrait pour lui. A. de V. ALCOHOL. (Chimie.) Aboyez Fermentation.
ALCOHOL (Technologie,) L'alcohol, qu'on appelaitautrefois esprit de vin, parcequ'on avait commencé par l'extraire de celte liqueur fermentée, se retire maintenant, pour les besoins du commerce, de beaucoup d'autres substances , et particulièrement des matières sucrées ou amilacées. C'est après avoir fait subir à ces matières une fermentation convenable qu'on en obtient , par la distillation , de l'alcohol ou des eaux-de-vie. C'est ainsi qu'on prépare le rhum ou le taffia, qui est le produit de la distillation du suc de canne fermenté; le kirschwasser, qui provient de la cerise noire ou merise; le rack, qui se fait avec le riz préalablementgermé et soumis ensuite à la fermentation; et enfin l'eau-de-vie de grain ou celle de fécule, qui se préparent, l'une avec les graines céréales , et l'autre avec l'amidon de blé, mais surtout avec la fécule amilacée de la pomme de terre, d'abord saccharifiée , ensuite fermentée et distillée.
Ces diverses espèces d'esprits se ressemblent beaucoup pour le fond de leur composition , mais ils diffèrent entre eux par une saveur plus ou moins aromatisée qu'on nomme bouquet, et qui paraît dériver d'une huile essentielle et particulière à chacune de ces substances.
L'alcohol ne peut s'extraire du vin ni de toute autre liqueur spiritueuse dans un état complet de pureté; il est toujours mélangé à une certaine quantité d'eau extrêmement variable, et son prix change selon les proportions de ce mélange. C'était une question très importante pour le commerce que de pouvoir reconnaître la quantité absolue d'alcohol contenu dans une liqueur donnée, et ou est parvenu à la résoudre en observant que, l'alcohol étanlbeau coup plus léger que l'eau , son mélange avec ce liquide devenait de plus en plus dense à mesure qu'on augmentai! la proportion d'eau, et la question s'est trouvée réduite à une simple mesure de la densité ou de la pesanteur spécifique du mélange: c'est ce qu'on a effectué a\ecV aréomètre.
Il restaitcependant la difficulté de se procurer de l'alcohol pur pour en mesurer la densité. L'alcohol le plus rectifié du commerce, celui qui marque 56°, ne pouvait remplir cette condition , parcequ'il contient encore une certaine quantité d'eau que ne peut lui arracher aucune distillation subséquente, quelque réitérée qu'on suppose cette opération- Mais Richter , en ajoutant de l'hydro-chlorate de chaux for tement desséché dans la cornue ou l'appareil de distillation , est parvenu à distiller un alcohol extrêmement con centré et qu'on nomme alcohol absolu. Sa densité est de o, 792 à la température de 200 centigrade. C'est de cette base qu'on est parti pour calculer les tables qui donnent la f santeur spécifique de divers mélanges d'eau et d'alcoho dans toutes les proportions , et qui servent concurrent ment avec l'aréomètre à en déterminer la force spiritueuse et la valeur.
L'alcohol change de nom pour prendre celui d'eau-de* vie , lorsque n'étant pas assez concentré , ou ayant souffert
l'addition d'une certaine quantité d'eau, il ne marque plus à l'aréomètre que 22 ou moins de 220.
Nous renvoyons aux articles Fermentation et Distillateur les descriptions des procédés pour fabriquer les eauxde-vie et esprits. Toutefois nous ferons connaître ici le nouveau genre d'industrie dont s'est enrichie promptement la France, et qui doit son origine à une découverte de Kirchoff, célèbre chimiste de Russie. Ce savant ayant observé que les fécules amilacées pouvaient être converties en matière sucrée fermentescible parla réaction prolongée de l'acide sulfurique très affaibli, l'industrie s'empara de ce fait , et les perfec- ! tionnements marchèrent avec tant de rapidité qu'on parvint en très peu de temps aux résultats les plus satisfaisants.
La première opération de ce procédé a pour objet la conversion de la fécule en sucre ou en sirop : elle s'effectue aujourd'hui très promptement : quatre heures suffisent pour transformer 1000 kilogrammes de fécule en sucre ou sirop, et même les fabriques qui emploient des chaudières « autoclaves ont terminé l'opération en moins de deux heures.
On verse dans une chaudière de l'eau acidulée dans la proportion de 5 d'acide sulfurique pour 100 de la fécule à employer. On chauffe la liqueur jusqu'à l'ébullition , on y verse uniformément, au moyen d'une petite trémie, de la fécule bien desséchée, et on agite vivement. A mesure que la fécule se délaie avec l'eau acidulée bouillante, elle se dissout immédiatement, sans que la liqueur prenne de consistance. On soutient l'ébullition pendant quelques heures; et lorsqu'on juge que la réaction est complète , on enlève l'acide sulfurique , en le précipitant au moyen de la craie et en décantant la liqueur. Le sirop ainsi purifié est ensuite soumis à l'évaporation pour être concentré au degré convenable. Lorsqu'on l'a concentré à 3o° de l'aréomètre , on retire i5o kilogrammes de sirop pour 100 de fécule; *i l'on pousse à 45°, on obtient 100 pour 100, et enfin 90 seulement de sucre sec.
Le sirop est immédiatement converti en liqueur vineuse ou alcoholique ; on s'y prend à cet effet de la même manière que pour faire fermenter toute autre liqueur sucrée ; ainsi on met le sirop à 7 ou 8° de l'aréomètre , on y délaie de la levure , et on abandonne la cuve à elle-même pendant un temps plus ou moins long, suivant la masse en fermentation. L'opération ne se fait bien qu'à une température un peu chaude , de 20 à 2 5°, soutenue uniformément et répartie également partout. Bientôt une espèce de bouillonnement dû au dégagement de l'acide carbonique annonce la marche rapide de la fermentation et la formation delalcohol. Amesure que celui-ci se développe, la densité de la liqueur descend successivement à i° et même à o°. L'effervescence s'apaise et cesse d'avoir lieu : on procède aussitôt à la distillation; car cette espèce de vin artificiel tournerait promptement à l'aigre , si l'on y apportait quelque retard. Le distillateur retire communément i5 litres d'esprit à 220 , à raison de 100 litres de sirop de fécule. Cet alcohol est de bonne qualité, et n'a pas la saveur désagréable qui caractérise les eaux-de-vie de grain ou de marc. Aussi s'est-il élevé en peu de temps un nombre considérable de fabriques qui en ont répandu dans le commerce des quantités immenses , et qui en ont trouvé facilement les débouchés, surtout dans les pays du nord, où aucun autre produit ne peut remplacer avec autant d'avantage l'eau-de-vie de vin.
La plus grande consommation de l'alcohol a lieu comme boisson , soit à l'état d'eau-de-vie , soit à l'état de liqueur. {V oyez Liquoriste.) Il sert dans la fabrication des vernis pour dissoudre les résines ; il est employé dans la préparation de plusieurs médicaments et de quelques cosmétiques; il entre dans la composition des éthers, des esprits aromatiques , etc. On l'emploie pour conserver des fruits , des légumes, des préparations analomiques et divers objets d'histoire naturelle, dont il prévient la fermentation ou la putréfaction. Enfin les chimistes font un fréquent usage de cet utile réactif, soit pour des analyses, soit pour extraire des
miles , des résines , des graisses , etc. , de leur combinaison ivec d'autres substances. L. Séb. L. et M.
ALCOHOLIQUES. {Médecine.) Nous rassemblerons lans cet article tout ce qui est relatif aux propriétés médicinales de l'alcohol et de ses divers composés médicamenteux désignés parles termes de teintures, eaux spiritueuses, élixirs , baumes , esprits aromatiques : nous ferons observer que ces dénominations vieillies , ont été remplacées par celle d'alcoholats , qu'on divise en simples et en composés.
L'alcohol à son état de pureté peut à juste titre être placé au rang des médicaments irritants. Appliqué à la peau , il en détermine prômptement la rubéfaction ; mis en contact avec l'appareil digestif, il produit un sentiment pénible de chaleur et de brûlure , la fièvre s'allume , et le cerveau en ressent une excitation plus ou moins considérable , suivant la dose qu'on a mise en usage ; ces désordres peuvent aller jusqu'à l'inflammation la plus intense et la plus funeste.
On n'emploie jamais l'alcohol pur à l'intérieur : ses effets sont ceux d'un poison plutôt que d'un médicament ; à l'extérieur, on s'en sert comme d'un excitant très actif, lorsqu'on veut augmenter l'action de la peau , ou celle des parties sous-jacentes; c'est ainsi que dans l'accouchement , des frictions alboholiques sur l'abdomen hâtent les contractions ralenties de l'ulérus; que dans les rétentions d'urine par atonie , le même moyen amène l'excrétion dé sirée. Quelquefois aussi quand on a besoin d'une vésicatioïi prompte et énergique , on enflamme de l'alcohol à la surface de diverses parties du corps.
La pharmacie tire de cet agent des ressources multipliées. Aucun véhicule n'est plus favorable pour saisir là partie active des médicaments; il dissout avec facilité ceux qui sont réfractaires à la plupart des autres menstrues; tels sont le caqaphre , le musc, les résines, les térébenthines, etc. ; il entre dans la confection des éthersl Les alcoholats , indépendamment delà propriété stimu
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lante de l'alcohol qui en fait la base , jouissent des vertus propres aux médicaments qui les composent ; il sont toniques , antispasmodiques, fébrifuges, etc. L'action de l'alcohol se perd assez souvent, parceque les alcoholats se donnent , pour la plupart du temps , dans un véhicule plus ou moins abondant. Cependant il en est qu'on administre isolément , par exemple la teinture de gentiane , l'élixir de Garus.
Les médicaments alcoholiques étaient jadis d'un usage énorme en France ; il est encore considérable chez les Anglais , les Allemands , les Russes. Depuis la réforme opérée par la doctrine physiologique , cette médication n'est plus mise en œuvre que dans un petit nombre de cas et avec beaucoup de réserve. (Foyezles articles Excitants , Stimulants , Bbownisme. ) * F. R.
ALCORAN. F oyez Koran (le).
ALCOVE. [Architecture.) Dérive du mot arabe El-Kauf, qui signifie cabinet où l'on dort, tente , dont les Espagnols ont fait alcoba. C'est la partie d'une chambre à coucher dans laquelle se place le lit. Espèce de cabinet ou enichement fait en menuiserie et décoré de draperies , quelquefo^ aussi fermé de portes : par ce dernier moyen une chambre à coucher sert aussi de salon.
Dans les maisons royales l'étiquette est de fermer l'alcove par le devant au moyen d'une balustrade ouvrante dans laquelle sont rangés des sièges.
Le plus souvent les alcôves sont ornées de colonnes. Les bas-reliefs et peintures antiques offrent beaucoup d'exemples de la disposition que nous pouvons appeler alcove. Chez les Grecs et chez les Romains , elle consistait en une niche ou renfoncement pratiqué dans la construction, et fréquemment en une draperie attachée sur des panneaux de menuiserie ou des colonnes, qui renfermaient le Ht, lequel était ordinairement élevé sur une estrade ou gradin.
ALÉGE. (Architecture.) Petit mur sur lequel est posé
ALE 493 1 "appui d'une croisée, et qui n'a que l'épaisseur du tableau, l'ébrasement étant élégi du reste de l'épaisseur du mur. {Voyez Ébràsement. )
ALÉN 1ER, fabricant d'alênes. {Technologie.) L'alêne est un poinçon droit ou courbe destiné à percer le cuir pour le coudre. Ce petit outil, peu important au premier coup d'œil , est cependant un exemple frappant de la perfection qu'amène successivement une industrie long-temps exercée , dans les instruments des arts , comme dans les produits des fabriques.
Les premières alênes étaient droites , c'était tout simplement de petites pointes de forme conique qui faisaient un trou rond dans le cuir. On ne tarda pas à s'apercevoir que cette forme était mauvaise, parceque le trou n'était jamais rempli qu'à moitié par les deux fils qu'on y fait entrer simultanément pour coudre le cuir; il lestait un vide latéral de chaque côté qui rendait la couture lâche, peu adhérente et d'un effet désagréable à la vue.
Le premier perfectionnement fut d'aplatir le poinçon conique en lui donnant une forme ovale dans sa coupe. Ensuite on trouva plus avantageux de le limer à quatre faces en forme de losange , dont les angles sont tranchants , comme on les voit aujourd'hui ; l'outil perce mieux le cuir sans le forcer ni le déchirer, et le trou retient plus fortement la couture : mais l'alêne était toujours droite. On ne pouvait percer de trous sans refouler le cuir vers les bords, auxquels on donnait ainsi une forme ondulée ou festonnée que le tranche t redressait ensuite, mais aux dépens de la solidité. L'alêne droite d'ailleurs ne pouvait servir que pour les coutures saillantes; elle devenait d'un usage incommode ponr les autres, et surtout pour celles que l'on voulait rMsquer; on imagina donc de courber l'alêne et de s'en servir en tournant sa convexité du côté opposé au bord du cuir. Il n'y eut plus de refoulement vers le bord , et l'alêne put pénétrer partout. Un autre perfectionnement non moins utile consisterait à donner exactement la même courbure à toutes les