ALE
Une des plus célèbres fausses alertes qui aient eu lieu dans nos armées , pendant les dernières guerres , est celle qui advint la veille de la bataille d'Kylau.
L'armée française bivouaquait sur la neige, à cinq cents toises de l'ennemi. Vers minuit , des voltigeurs du septième corps, qui avaient été aux vivres , rentrent au camp, amenant avec eux plusieurs bêtes à cornes, parmi lesquelles était un énorme taureau. Cet animal qui, jusque là , s'était laissé conduire assez facilement, fut effarouché à l'aspect de plusieurs lignes de feux, au milieu desquelles on voulait le faire passer. Il refusa d'avancer ; et un voltigeur l'ayant alors piqué avec sa baïonnette, le taureau devient furieux, échappe à ses conducteurs , et s'élançant au milieu du camp, il renverse les baraques, les faisceaux d'armes, blesse plusieurs hommes et chevaux, et foule aux pieds tout ce qui se trouve sur son passage.
Valerte fut des plus vives , on crut les Russes dans le camp; mais la conduite des troupes fut admirable , et telle qu'on devait l'attendre de ces vieilles bandes habituées dès long-temps à braver tous les périls de la guerre.
Éveillés en sursaut, et croyant les ennemis au milieu d'eux , les soldats français n'en furent cependant pas alarmés; mais s'élançant hors de leurs baraques , et saisissant leurs fusils, ils formèrent leurs rangs et leurs bataillons avec une telle promptitude , qu'en un clin d'œil toutes les divisions furent sous les armes et prêtes à recevoir l'ennemi s'il eût paru.
Une véritable alerte eut lieu le soir même de la bataille de Wagram , au centre de l'armée française. Elle fut occasionée par l'arrivée impréviie de quelques escadrons autrichiens, qui pénétrèrent jusqu'au milieu de nos bivouacs. Cette alerte aurait pu avoir de fâcheux résultats; mais les chasseurs du onzième s'élançant sur leurs che-» vaux à demi bridés , chargèrent à l'instant même avec le plus grand courage lôs cavaliers ennemis , qu'ils forcèrent à la retraite.
ALE 497 Quelle que soit la force d'un corps de troupes , et la position qu'il vient occuper dèvant l'ennemi, le chef ne doit jamais faire rompre les rangs avant d'avoir désigné le lieu du rassemblement en cas d'alerte.
En temps de guerre, il est utile et même indispensable que le* commandant d'un camp, ou d'une place forte, fasse donner quelques fausses alertes, pour voir si le service se fait bien , et juger de l'activité et de l'intelligence des officiers, ainsi que de la résolution des soldats, tenir tout le monde à son poste , et connaître ce qu'il doit attendre de ses troupes en cas d'attaque réelle. Mais ces essais doivent être infiniment rares , et faits avec la plus grande circonspection; car si les fausses alertes étaient trop fréquentes , les troupes finiraient par s'y habituer , et il en résulterait une sécurité dangereuse en cas d'alerte véritable.
D'après le perfectionnement des armes à feu , les causes
alerte sont devenues plus fréquentes , parce que les armées campent en ligne de bataille , et occupent un terrain immense qu'elles ne peuvent retrancher chaque soir, comme on le faisait dans les temps où les armées campaient en carré sur un terrain très circonscrit. Cependant dans les guerres modernes on n'a pas employé aussi souvent qu'on l'aurait pu ce moyen de nuire à son ennemi en portant la nuit le désordre dans son camp.
Celui qui commande aux troupes auxquelles on donne V alerte doit conserver tout son sang-froid; car outre qu'en pareil cas le danger réel est presque toujours infiniment moins grand qu'il ne le paraît à la multitude , ce n'est qu'en montrant beaucoup de calme que les chefs parviendront à prévenir ou à faire cesser le désordre qu'une alerte un peu vive jette ordinairement parmi des troupes peu habituées à la guerre.
Il faut sur toute chose défendre de tirer sans ordre , et ne le donner que lorsque l'on est positivement assuré de la présence de l'ennemi; autrement, à la moindre alerte,
4j)8 ALE
quelques soldats feront feu au hasard , et la fusillade se prolongera dans un instant sur toute la ligne , ce qui peut avoir les plus fâcheux résultats , surtout la nuit , et expose les troupes d'une même armée à tirer les unes sur les autres, ainsi que cela arriva à l'armée française en Italie, pendant la campagne de 1796, où le général Laharpe fut tué dans une alerte par une brigade de sa propre division , qui, croyant tirer sur les ennemis, fit feu sur un escadron français qui rentrait de nuit au camp, ayant en tête le général Laharpe et son état major.
Rien n'est plus nuisible en cas d'alerte que la précipitation et la confusion qu'elle fait naître. Il faut donc habituer les troupes à prendre les armes et à se former promptement , mais avec ordre, et à attendre ensuite avec calme qu'on les emploie selon les circonstances.
Dès que Valérie est donnée, il faut que celui qui commande sur le point où elle a lieu prescrive de suite à un officier brave et intelligent de prendre deux ou trois soldats des plus adroits , et surtout des plus intrépides , de se porter avec eux , à toutes jambes , dans la direction par où l'alerte est venue, et de pousser en avant jusqu'à ce qu'il ait vu l'ennemi ou reconnu le sujet de Valérie.
Comme rien n'affecte plus le moral des troupes , lorsqu'il y a une alerte au camp , que d'entendre les cris des cantiniers, vivandières et valets qui courent en tous sens dans le plus grand désordre, il faut habituer tous les noncombattants à se retirer en silence, en cas d'aferte, en emmenant avec eux, vers le lieu désigné, leurs chariots, bétes de somme et bagage.
Valérie qui a lieu pendant qu'on est en marche peut devenir très dangereuse si Ton marche par le flanc et par file; aussi , dans ce cas, faut-il sur-le-champ se mettre en bataille, ou se former en colonnes d'un ordre plus ou moins profond, suivant la nature du pays et le genre de troupes qu'on a; et si l'on conduit un parc ou un convoi, il faut prévenir les soldats du train qu'en cas iïaUrte ils doivent
rester à leur chariot, et qu'on tirera sur ceux qui chercheraient à couper les traits pour s'enfuir avec leurs chevaux.
Lorsqu'on commande dans une place assiégée , il faut ( surtout si elle est située èn pays ennemi , prévenir les habitants qu'en cas d'alerte il leur est défendu de s'assembler sur les places et de courir dans les rues , mais qu'ils doivent rentrer dans leurs maisons et s'y tenir tranquilles
Une alerte est plus à craindre dans un camp de cavalerie que dans celui de l'infanterie , parce que les fantassins n'ont que leur fusil à prendre pour être prêts à recevoir l'ennemi : la cavalerie ne saurait donc être trop exercée à monter lestement à cheval , et à agir avec ordre et promptitude en cas d'alerte.
En général , le meilleur moyen de prévenir les alertes de nuit, qui sont si dangereuses en rase campagne, c'est d'environner les bivouacs d'une chaîne de petites patrouilles volantes, qui, continuellement en marche, et communiquant l'une avec l'autre, éclaireront au loin et de tous les côtés les approches du camp. Le Cl M... t.
ALGÈBRE. Lorsqu'on veut résoudre une question numérique , c'esUa-dire trouver certains nombres d'après la connaissance d'autres nombres liés au premier par des conditions données , on est conduit à faire des raisonnements et des calculs pour arriver aux résultats demandés. Mais on remarque bientôt que ces raisonnements sont indépendants des grandeurs données, et que la succession des opérations numériques resterait la même si on changeait ces grandeurs, sans cependant altérer en rien les conditions de la question. L'algèbre est la science qui a pour objet de rechercher quelle est la suite de calculs qui résolvent les problèmes proposés , d'en former des tableaux, d'indiquer les simplifications possibles , etc. , et cela quels que soient les nombres eux-mêmes qui font la base de ces opérations. Des exemples feront concevoir cette exposition.
Qu'on demande l'intérêt à 5 pour cent de 10,000 fr. , on voit de suite qu'il faut poser cette proportion : si 1 00 fr.
5oo , ALG • de capital rapportent 5 fr. d'intérêt, combien io,ooofr. rapporteront-ils? On trouve 5oofr. pour solution de ce problème.
Mais si on demande l'intérêt de i 2,000 fr. à 6 pour cent, il faudra poser de même 1 00 : 6 : : 1 2,000 : œ , et on aura 720 fr. pour l'intérêt demandé.
En réfléchissant à ce genre de questions , ou voit que les données peuvent différer entre elles par la valeur du capital, et par le tant pour cent: mais, quels que soient ces nombres, il est clair que la proportion qu'on sera obligé de former conduira à multiplier le centième du capital par l'intérêt de îoofr. ; cela est vrai pour toute somme placée , et pour tous les taux d'intérêts ; telle est donc la suite des calculs qu'il conviendra d'exécuter dans tous les problèmes de ce genre, indépendamment des nombres sur lesquels le calcul sera fait.
Autre question. Quel est le nombre qui , multiplié par jo et par 7, donne deux produits dont l'excès de l'un sur l'autre soit 27? Il est clair que 10 fois moins 7 fois le nombre inconnu reviennent à 5 fois ce même nombre; ainsi la question proposée est la même que celle-ci : quelle est la quantité dont le triple est 27? Et la réponse 9 est facile à trouver.
Mais si on demandait le nombre qui , multiplié par 8 et par 3, donne des produits dont la différence fût 35; il est clair qu'il faudrait retrancher 5 de 8, et chercher la quantité qui prise 5 fois donne 35 ; et on obtiendrait 7 pour solution.
Quels que soient les nombres qui sont les éléments de cette question , il est aisé de reconnaître que, pour trouver /a réponse, il faut diviser le résultat donné (27 dans le premier cas, 35 dans le second) par la différence des multiplicateurs ; cette règle est l'énoncé des procédés de calcul à faire pour obtenir la solution , indépendamment de la grandeur des nombres donnés.
Chaque question ne peut de même être résolue que par
ALG 5oi une suite d'additions , soustractions , mal ti plient ions , divisions, etc., qu'on ne doit pas faire au hasard, mais qui résultent des conditions qu'elle assigne. L'éuumération de ces opérations ne suffit pas pour la résoudre, il faut encore les effectuer; mais comme la partie matérielle du calcul ne peut présenter de difficultés , qu'elle est tout au plus longue et fastidieuse , sans que rien s'oppose à l'exécution , il est clair que le principal obstacle qu'on puisse trouver pour résoudre les problèmes consiste réellement à découvrir la suite des calculs qui donneront la solution quand on aura pris la peine de les faire. Or il s'en faut de beau- coup que les questions soient, comme les précédentes , assez simples pour qu'on puisse de suite saisir la liaison ~ des données aux inconnues et en conclure les diverses opérations qui amènent au résultat. C'est l'objet principal de l'algèbre d'assigner ces relations et d'en former, pour ainsi dire, le tableau, dans une sorte de langage qui est très propre au but qu'on s'est proposé.
Ainsi l'algébriste ne raisonne pas plus sur tel nombre pris en particulier que sur tout autre ; la grandeur définie ne lui importe en rien , puisqu'il n'a pas le dessein d'exécuter des opérations numériques, mais seulement d'indi quer s'il faut multiplier ou diviser , ajouter ou soustraire. Aussi est-il dans l'usage de représenter ordinairement les nombres par des lettres , des symboles , des figures arbitraires , qui tiennent simplement lieu des nombres , et sur lesquelles il raisonne sans s'inquiéter s'ils sont tels ou tels, grands ou petits. Il se sert aussi , pour abréger , de quelques signes qui marquent les diverses opérations; ces signes sont :
•f , qu'on énonce plus , indique une addition ; 4 + 7 , équivaut à 4 plus 7, ou 4 ajouté avec 7 , ce qui donne 1 1 .
— , qu'on énonce moins , marque une soustraction ; il faut soustraire le nombre affecté de ce signe — : par exemple 7 — 4 , qui revient à 4 retranché de 7 , ou 7 moins 4, donne 3.
5o2. ALG
X ou un simple point mis entre deux nombres , est le signe de la multiplication; 4x7, ou 4-7* signifient que
4 doit être pris 7 fois : on Ht ainsi ce symbole , 4 multiplié par 7 , ou 4 fois 7, et on a 28 pour résultat.
: mis entre deux nombres indique que celui qui est à gauche doit être divisé par l'autre; 12:4 se lit ainsi, 12 divisé par 4 » ce *roi donne le quotient 3 : comme la fraction revient aussi à la même chose, le trait de cette fraction peut aussi être considéré comme un signe qui indique une division.
= mis entre deux grandeurs indique qu'elles sont égales; ainsi on pe ut écrire 4 + 7 ='3 + 8 = 11; cet assemblage s'appelle une équation : on la lit de la sorte , 4 plus 7 égale
5 plus 8 égale 11. On nomme terme toute expression séparée d'une autre par un sigue -h ou — . Ainsi 4 + 7 3 deux termes, c'est ce qu'on appelle un binôme; 4 X 7 n'a qu'un seul terme, aussi -bien que 12 : 4 ; ce sont des monômes. Le trinôme a trois termes , comme 4x7+12:4+11; enfin le polynôme en a plusieurs , san> en fixer la quotité.
Le signe > indique une inégalité entre deux quantités; la moindre se place du côté de la pointe : 4 > 2 , -f < f » se • lisent ainsi , 4 est plus grand que 2 , T est plus petit que f
Lorsqu'une quantitéest multipliée par elle-même, comme 5x5, on écrit 5 7 ; si 5 était trois fois facteur, ou 5x5x5, on écrirait 53. En un mot, on marque par un petit chiffre placé à droite et un peu élevé , le nombre de fois que la quantité est facteur dans le produit; ce chiffre est ce qu'on nomme un exposant : on lit encore cette expression en disant que 5 est élevé à la 2e ou 3e puissance , ce qui équivaut à dire que le nombre 5 est 2 ou 3 fois facteur.
Réciproquement pour désigner qu'on prend la racine d'un nombre, c'est-à-dire qu'on descend de la puissance au nombre dont elle est provenue , on emploie le caractère \S, en mettant dans les branches un chiffre qui marque
le degré de celle extraction. V 125=5 signifie qu'on veut
ALG 5o5
irler du nombre 5 qui trois fois facteur produit 125. De
ême V $5 = 5 , V16 =2 , etc.
Outre ces signes , on en emploie encore divers autres ai ont tous des significations fixes, c'est-à-dire qui désinent qu'on entend faire une opération déterminée par ce aractère ; par la suite, ces signes et leurs usages seront exliqués en leur lieu. Mais les algébristes se servent surtout e caractères qui n'ont pas de significations spéciales ; elles sont les lettres de l'alphabet , qui désignent toutes ortes de nombres. Par exemple, dans les problèmes d'inérêt dont nous avons fait l'analyse précédemment, que la ettre g désigne un capital quelconque , et i le tant pour zent , ou l'intérêt de îoofr. , on voit que l'opération à faire pour obtenir l'intérêt x de cette somme c, sera exprimée par
c X t Ci,
'équation as = , ou simplement ce = ,at tendu qu'on
est convenu de sous-entendre le signe X de la multiplication entre deux lettres , ou entre un nombre et une lettre: toutes les fois qu'aucun signe ne sera interposé, l'esprit doit le rétablir ; l'absence d'un signe tient lieu de celui de la multiplication. Cette convention simplifie l'expression sans lui rien ôter de sa signification claire et précise.
Observez que les lettres c et t qui , dans notre exemple, sont employées à désigner tous les nombres possibles , pareeque le capital placé et le tant pour cent peuvent être quelconques, dans une autre circonstance pourront être employées à désigner des grandeurs de toute autre espèce. Ce sont, comme on voit , des signes dont la nature varie au gré de l'algébriste, et qui peuvent représenter tous les
nombres possibles. Une pareille expression x = est ce
qu'on appelle une formule algébrique : c'est l'expression .d'une suite de calculs à effectuer sur les nombres qui sont ici représentés par les lettres c et t , calculs qui conduisent à des résultats différents quand ces grandeurs changent,
5o4 ALG
mais dont la nature reste la même dans la question générale dont cette formule donne la solution. La formule re vient à ce long énoncé : Pour trouver C intérêt d'un capital placé à i pour cent, multipliez ce capitale par C intérêt i (le cent francs , et divisez le produit par 100.
Dans la seconde question que nous avons prise pour exemple , désignons par a et b les multiplica leurs d'un nombre inconnu , et par c la différence de leurs produits,
et on aura ax — bx = savoir x X (a — b)=ceioc = ^— y
Les parenthèses qui enferment a — 6, indiquent que la multiplication ne doit être faite qu'après avoir soustrait b de a. Voici donc une autre formule qu'on énoncera ainsi : Pour trouver le nombre qui multiplié par a et par b donne des produits dont la différence soit c , divisez c par la différence a — b.
Chaque problème, considéré sous un point de vue général, c'est-à-dire en y désignant les valeurs numérique> par des lettres ,* conduit à une solution exprimée par ces lettres entremêlées de signes; c'est ce qui constitue une formule : c'est une sorte de tableau des opérations à exécuter pour obteuir la réponse au problème.
On conçoit d'après cela quelle est la différence ènlre les solutions arithmétiques et algébriques. Les premières lonuent la valeur numérique d'un problème proposé, et es autres indiquent la suite des calculs à effectuer pour obtenir cette valeur , non seulement dans le cas proposé , mai» encore dans tous les problèmes qui n'en différeraient que par les grandeurs données : changez celles-ci , les calcul» seront de même nature, mais fait* sur ces nouveaux nombres, et conduisant par conséquent à une autre valeur, obtenue par la même série d'opérations.
Qu'un algébriste voie cette formule x — — — — , voici R-
dée que cette expression doit présenter à son esprit : un problème proposé contenait 6 nombres donnés, qu'on a dési-
ALG 5o5 gnés par a, b , c , d , m et n. Or pour oh tenir la solution il iaut multiplier les deux premiers L'un par l'autre, eu faire autant des deux suivants, retrancher ce second produit du premier , enfin diviser cette différence par la somme des deux derniers. Tout ce long énoncé est absolument compris dans la formule et aussi clairement que dans le texte même , mais bien plus simplement.
Nous dirons en passant qu'on a coutume de représenter les inconnues par les dernières lettres de l'alphabet x , y y z , t, v... et les données des problèmes par les autres a » b , cy d... Mais il faut avoir soin, dans chaque cas, d'at Iribuer aux lettres, dans la formule, la valeur qui leur appartient. La lettre c, par exemple, représente bien toute grandeur; mais , dans tel problème, cette grandeur se trouve donnée, et il n'est permis ni de la changer, ni de confondre cette valeur avec celle qui appartient à toute autre lettre.
Un nombre place devant une lettre est ce qu'on nomme uu coefficient; l+a s j(c+d)9 sont des exemples de cette sorte d'opération, qui désigne une multiplication, quoiqu'on ait supprimé le signe qui caractérise cette opération :3 a, veut dire que a doit être pris 3 fois. On évitera de confondre 3 a aveca\ car 3 a signifie 3 fois le nombre a,oua + fl -ha; tandis que a3 exprime a X a X a. Si a est 4 , 3 a vaut 1 2 , et a3 vaut 43 = t>4«
Un avantage attaché aux formules algébriques , c'est de dispenser de tout raisonnement celui qui veut résoudre un problème du genre de ceux auxquels l'une de ces formules convient. 11 ne s'agit plus que de pratiquer, pour ainsi dire, machinalement de certains calculs, selon les, indications de celte formule , sans avoir à méditer sur les causes qui déterminent à préférer ces opérations à d'autres. Le raisonnement d'où on a déduit ces combinaisons a été fait une fois pour toutes ; le matériel du calcul changera dans chaque cas avec les nombres donnés , mais l'ordre et la nature de ces opérations resteront invariables. 11 ne sera même pas
5oo* À L G
nécessaire de concevoir les motifs qui ont dirigé Falgébriste quand il est parvenu à cette formule; il suffira de la certitude qu'il n'a pas erré dans son jugement, et on pourra s'en servir comme lui et même avec toute l'habileté qu'il y eût lui-même appliquée , s'il eût été dans la nécessité de s'en servir.
Qu'on propose cette question , Quelle est la somme des 200 premiers termes de cette suite 3, 5, 7, 9, 11... qui croissent sans cesse de 2 unités? on pourra se trouver conduit à de longs calculs pour trouver la solution. Mais qu'un algébriste reconnu pour infaillible affirme que si on nomme a le premier terme, n la quotité de termes , d la différence , la
somme est exprimée par 5 = nUH J , et non seu
lement on obtient de suite la solution de la question , mais on aurait encore celle de tout autre problème de même espèce, où les nombres donnés seraient différents. Dans le cas présent a = 3, d = 2, n = 200, en substituant ces nombres
aux lettres dans la formule , on a s = 200 f 3 -f-- —
= aoo X 202 ou enfin s = 4<>400- N'est-il pas évident que. pour celui qui sait quel est le sens qu'on doit attacher aux signes algébriques , la solution de tous les problèmes de cette espèce sera aussi facile qu'elle le serait pour le mathématicien qui a trouvé la formule dont il s'agit?
Dans cette autre question , trouver la somme des 1 7 premiers termes de la suite 2, 7, 12, 17, 22,... dont la diffërence est 5 , on fera a = 2 , n — 17 , d = 5, et on aura
s= 17(2 + — — I = i7x(2-Mo),ou$ = i7fois42=7i4î
c'est la solution demandée. (Foyez Progressions.)
Mais comment s'y prendre pour découvrir , dans une question proposée , la succession des calculs qui en donnent la solution ? Il s'en faut beaucoup que les problèmes soient tous aûssi simples que ceux que nous avons considérés , où , avec un peu d'attention , la force ordinaire du calcul
ALG 5o7 numérique pouvait conduire au résultai. Jl sera donc nécessaire de donner les moyens de parvenir aux formules. Nous exposerons au mot Problème la méthode dont on se sert pour obtenir l'équation qui exprime la liaison des grandeurs connues et inconnues qui entrent dans toute question ; et au mot Equation nous donnerons les procédés qu'il faut suivre pour en tirer la valeur des inconnues, c'est-à-dire pour arriver à la formule qui indique la suite des calculs numériques propres à faire trouver ces quantités.
Dans cet expose, nous n'avons eu d'autre objet que d'expliquer ce que c'est que Valgèbre et quel est le but de cette science , ce qui nous a conduit à des développements propres à en faire concevoir l'utilité ét l'application. Nous avons même remarqué qu'il n'est nullement nécessaire de comprendre les méthodes qui servent à trouver les formules pour en faire usage et les appliquer aux questions qui leur ont donné naissance : l'arithméticien routinier peut, avec plus de promptitude même que l'algébriste , en tirer parti , san" y rien entendre; il lui suffit pour en faire usage d'en croire celui qui les a trouvées , et de savoir lire cette espèce d'hiéroglyphe. Sans doute on doit faire beaucoup de cas de cette faculté intellectuelle qui , par des raisonnements plus ou moins délicats, se rend assez maîtresse de la question qu'elle analyse pour la résoudre complètement et en suivre toutes les conséquences : mais c'est un avantage qu'on ne doit pas négliger , de pouvoir appliquer les formules algébriques , lors même qu'on n'a pas su les obtenir. D'ailleurs le mathématicien, qui est à chaque moment capable de reproduire les raisonnements d'où il a tiré ses formules, ne fatigue pas son attention à ces répétitions de formes logiques, et réserve sa force et son temps pour de nouvelles recherches : il prend la formule qu'il a découverte pour une vérité évidente et en fait aveuglément l'application. Quand on a démontré avec soin le procédé qu'on suit dans les calculs de la multiplication , de la division, de la réduction des fractions à la plus
5o8 ALG
simple expression , etc., on se garde bien de reproduire ces raisonnements chaque fois qu'on veut faire ces opérations : on regarde ce procédé comme évident par lui- même , comme s'il n'avait jamais eu besoin de démonstration , et on l'emploie avec confiance; cette évidence résulte même d'une fréquente répétition des mêmes calculs, pareeque l'esprit en acquiert de jour en jour davantage la conviction. De même, en algèbre, lors même qu'on sait démontrer et trouver les formules applicables aux diverses questions , on s'en sert ensuite comme de propositions évidentes. Ce sont de véritables théorèmes qu'on emploie à la manière de ceux de la géométrie , sans même s'efforcer de renouveler à l'esprit les éléments de leur certitude.
Nous n'avons point parlé ici du calcul algébrique pro prement dit , c'est-à-dire des procédés à suivre pour ajouter , soustraire, multiplier, diviser, etc., des quantités formées de lettres et de signes. On conçoit assez que puis-
r . ab 4- cd
qu une expression telle que ■ représente un nom-
bre, elle doit être susceptible d'être multipliée par un autre nombre, tel que 10, ao,... ou même par une autre
ti
expression algébrique , telle que > ou toute autre. De
même que l'arithmétique observe des règles dans les diverses combinaisons des nombres , l'algébriste en suit d'analogues dans le calcul des expressions littérales. Mais ces procédés feront décrits chacun aux mots qui leur sont rela tifs. {Voyez Addition, Soustraction, Multiplication, etc.)
La science qui fait l'objet de cet article a donné naissance à plusieurs ouvrages où les procédés qu'elle met en usage sont méthodiquement exposés. Le Cours de mathématiques pures que j'ai publié renferme une exposition générale de toutes les théories algébriques) V Algèbre de M. La croix, celle de M. Bourdon, celle d'Euler, avec des notes de Lagrange, sont les traités les plus complets et les plus estimés sur cette matière. F.
ALGUES. {Histoire naturelle. ) Ce mot, chez les anciens , désignait les plantes aquatiques sans apparence,
ÀLG 5oo soit qu'elles végétassent au fond des eaux douces, soit rfii'on les trouvât sur les rochers dans les profondeurs de la mer ou jetées sur le rivage. Vilior alga est l'expression qui Jes désigne dans Virgile, et algœ stériles dans Ovide. Le mot algue a été assez exactement traduit sur nos côtes de France par celui de goémon. Quelques botanistes l'avaient restreint aux zostères, qui croissent indifféremment dans FOcéan ou dans la Méditerranée, plantes dont les feuilles sont extrêmement longues et qui servent dans la verrerie pour emballer les glaces , les carreaux de vitres et les bouteilles. Les algues du vulgaire sont en outre employées dans les pays maritimes comme engrais ; sur les côtes du Poitou et de la Bretagne, particulièrement, on ramasse avec soin celles que les flots jettent sur l'estran; on les y réunit en tas, et, soit après les avoir laissées quelque temps dans cet état, soit a près les avoir réduites en cendres , on en couvre les champs.
Depuis Linné le nom d'algues avait pris une tout autre signification pour les botanistes : ceux-ci ont enfin retiré de la famille à laquelle ce nom avait été plus particulièrement imposé, une foule d'êtres qui ont été reconnus appartenir au règne animal , en y comprenant plusieurs végétaux d'une nature très différente. Ainsi , pour Linné et pour ses disciples, les varecs (fucus) , les ulvacées , les conferves , les lichens , les hépatiques , étaient des algues. Aujourd'hui le nom d'algues n'est presque plus employé ; les plantes qu'on regarde comme telles n'ayant effectivement entre elles que peu de rapport. Le mot kydropkyte a prévalu pour les espèces aquatiques , et nous y renvoyons le lecteur. B. de St.-V.
ALGUES. ( Agriculture. ) Sur les bords de la Méditerranée , ce mot désigne particulièrement la zostère marine; sur les côtes de l'Océan f c'est une qualification générique de toutes les plantes marines rejetées par les (lots ; ce sont, par exemple , les conferves , les ulves , les varecs , etc.
On les recueille pour en extraire la soude , ou pour les utiliser comme engrais.
5io , ALG
Dans le premier cas , on procède à leur incinération dans des fosses plus profondes que larges , et proportionnées à la quantité de matières que Ton veut brûler. La combustion étant élablie au fond de la fosse, à l'aide de quelques branches sèches, on jette les algues dans le foyer par petites portions , afin de les brûler lentement ; et lorsque toutes les algues se trouvent ainsi consumées , on recouvre la fosse avec des gazons. Les cendres qui en résultent sont, en général, peu riches en sous- carbonate de soude; les meilleures en contiennent à peine 12 p. 0/0. On peut les employer brutes pour les lessives ordinaires; mais, pour la fabrication des savons durs , il est nécessaire de les épurer et d'isoler le carbonate de soude par lixiviation, évapora tion et calcination. ( Voyez Soude. )
Il parait que les algues offrent plus d'avantages à être employées comme engrais. Elles agissent alors comme tous les engrais végétaux et conviennent à toute espèce de terrain, l'alcali qu'elles retiennent paraissant spécialement destiné à réagir sur la matière végétale de manière à en accélérer la décomposition. Cependant le sel marin qu'elles retiennent en assez grande quantité pourrait souvent nuire à la végétation , si l'on ne prenait la précaution de Us laisser pendant quelque temps exposées à la pluie avant de les porter sur les terres. C'est sous ce rapport que les algues récoltées sur les rochers sont préférées par le cultivateur à celles que les flots de la mer viennent déposer sur les rivages.
Pour employer les algues comme engrais , on les convertit d'abord en terreau en les stratifiant avec delà terre qu'on alterne avec elles en couches d'un demi-pied d'épaisseur. Dans cet état, le terreau peut être employé au bout de deux an9; l'addition d'une petite quantité de chaux répandue sur les algues lors de leur stratification en couches accélère leur fermentation et réduit à un an le terme de leur conversion en terreau. ( Voyez Engrais. )
ALI ôn
ALIBI. ( législation. ) Ce mot latin , devenu français, signifie ailleurs, dans un autre lieu; il est employé dansf les matières criminelles ou correctionnelles , ou même de simple police , par la personne traduite en jugement , lorsqu'elle offre de prouver, i° qu'elle était présente dans tel lieu déterminé, autre que celui où la contravention, le délit ou le crime a été commis; 2° qu'elle y était présente au moment déterminé où il a été commis.
A ces deux circonstances qui doivent concourir, mais qu'il est souvent impossible de prouver avec quelque précision , il faut en ajouter une troisième, sans laquelle l'alibi serait vainement allégué ; il faut que du lieu où l'action a été commise , au lieu que l'accusé a indiqué pour alibi , la distance soit considérable. De tous les faits justificatifs l'alibi est sans contredit le plus péremptoire. Il peut se prouver par des actes authentiques ou publics , il peut se prouver par des témoignages.
ALIDADE. ( Mathématiques. ) Les instruments qui servent à mesurer les angles , tels que le graphomètre , la boussole , etc. , sont munis de visières, les unes fixes, les autres mobiles, qu'on dirige vers les objets dont on veut évaluer les positions relatives. Cet appareil est ce qu'on appelle une alidade. On la remplace avec avantage par une lunette , qui permet à la vue de s'étendre plus loin , et de mieux ajuster les signaux. ( Voyez ce mot et l'art. Planchette. ) L'alidade de ce dernier instrument étant sa partie la plus essentielle, nous en remettrons la description à cet article. F.
ALIÉNATION. (Législation.) C'est la transmission d'une main dans une autre de la propriété ou de la possession d'un objet , par la volonté du propriétaire ou dd>possesseur.
L'aliénation peut être faite à litre gratuit ou à titre onéreux, au moyen d'une donation, d'une vente ou d'un échange. En aliénant sa chose , on use d'un droit inhérent à la propriété; cependant, lors même qu'elle recon-
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naît ce droit dnns la personne du propriétaire , la loi civile a cru devoir en renfermer l'exercice dans certaines limites ; ainsi la femme mariée cl le mineur ne peuvent aliéner leurs biens. Môme à l'égard des personnes jouissant de la plénitude de leurs droits , les aliénations à titre gratuit ne peuvent excéder les bornes que la loi a fixées, lorsqu'elles laissent de proches parents. ( Voyez Testament. )
Ceux qui jouisseut en vertu de l'envoi en possession provisoire , ne peuvent aliéner ni hypothéquer les immeubles de l'absent. Le mari peut aliéner les biens de la communauté sans le concours de la femme; mais il ne peut aliéner les immeubles personnels de la femme sans son consentement. Ces dispositions , consacrées par la loi civile, sont une conséquence du principe que le droit d'à liéner suppose la qualité de propriétaire.
Les rédacteurs du code ont presque toujours employé concurremment les mots aliéner et hypotliéquer. En effet, l'hypothèque consentie sur un immeuble est une sorte d'aliénation , et elle peut toujours en produire l'effet ( la dépossession du propriétaire) si celui-ci ne rembourse pas la créance pour laquelle il a consenti l'hypothèque.
Ainsi , relativement a la prohibition prononcée dans ccr tains cas , et relativement à la capacité de celui qui la codsent , l'aliénation et l'hypothèque sont toujours placées sur la même ligne. C.s.
ALIÉNATION MENTALE. {Médecine.) Alienalio, d'alienus, étranger, terme générique consacré par quelques auteurs célèbres pour exprimer le caractère commun de diverses espèces de maladies mentales. Ce serait donc ici le lieu <fc nous livrer à des considérations générales sur ces maladies, pour éviter des répétitions inutiles dans la description de chacune d'elles, si nous ne préférions renvoyer aux articles Délire, Folie , Maisons d'aliénés et Passions.
A l'article Maisons d'aliénés, nous rechercherons les conditions principales, celles que l'observation a signalées
ALI 5i3 comme les plus favorables à la guérison des aliénés ; nous tracerons rapidement l'état de ces malheureux avant la publication du Traité de l'aliénation mentale, et les améliorations immenses introduites parle vénérable professeur Pinel , par son digne disciple M. Esquirol , et par quelques autres amis de l'humanité.
En traitant des Passions, j'aurai principalement pour but de prouver que l'encéphale , organe des facultés intellectuelles , est également l'organe des facultés affectives , des passions ; je combattrai l'erreur si généralement accréditée relative à leur siège dans le système nerveux organique , avec d'autant plus de zèle que cette erreur tend à perpétuer les idées les plus fausses sur le siège des maladies mentales et nerveuses.
A l'article Délire, nous chercherons surtout à apprécier les analogies et les différences des affections mentales avec le délire des maladies aiguè's, de l'ivresse et de l'empoisonnement.
A l'article Folie, j'examinerai l'influence de l'action immodérée du cerveau comme cause des maladies mentales , et l'influence des autres organes malades sur la production des mêmes affections. L'exposé des causes présenté de cette manière me paraît plus convenable que la méthode reçue , pour démontrer que très certainement il y a des folies sympathiques , mais que , dans la généralité des cas , la folie est une maladie idiopathique de l'encéphale. Je m'efforcerai aussi de prouver que l'anatomie pathologique n'est pas stérile pour la connaissance des maladies mentales. En rapprochant les symptômes et les altérations pathologiques, j'espère parvenir de cette manière à suivre, dans un grand nombre de cas , l'enchatuement des causes et des effets. Poussant un peu plus loin les inductions , j'essaierai de préciser les signes auxquels on peut distinguer, pendant la vie, si une lolie est due primitivement à la lésion des membranes ou à la lésion de l'encéphale, ou bien eucore à l'existence successive ou simultanée de ces deux lésions : i. 35
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résultat d'uneutilité majeure, s'il peut être obtenu, et pour la justesse du pronostic et pour la juste appréciation de l'influence àe l'hérédité , en même temps que cette connaissance rendrait les indications thérapeutiques beaucoup
plus positives.
E^t-il nécessaire de prévenir qu'en cherchant à rattacher les symptômes de la folie aux altérations que présentent les organes après la mort, nous ne prétendons pas chercher à expliquer Vessence du délire. 11 faudrait, pour arriver à la solution de ce problème, connaître le mode d'action de l'encéphale pour l'accomplissement des hautes fondions qui lui sont dévolues ; or l'essence de cette action est impénétrable comme Vessence de tout autre phénomène naturel. Mais, en n'attribuant pas le délire aux modifications organiques appréciables par les sens, n'est ce point faire de l'aliénation mentale un être abstrait, existant par lui-même ; faire enfin un pas rétrograde , et aduiellr* des maladies de l'âme, des affections mentales essentiel C'est s'exposer aux contradictions les plus absurdes , c'est supposer mille changements dans un être spirituel qui est immuable de sa nature , c'est reconnaître que les foed* intellectuelles et morales sont le produit exclusif de l'âme, et nier, en présence des faits les plus nombreux et les plu* concluants, que l'encéphale est la condition physique in^ pensable pour leur manifestation. . *\
ALIGNEMENT. {Art militaire.) C'est la disposition dt plusieurs hommes sur une même ligne droite.
Comme en géométrie deux points déterminent les ligne* droites , ils déterminent aussi l'alignement. Autrefois c'était presque un art que de bien faire aligner les soldats d'un bataillon et les bataillons entre eux : mais depuis le père du grand Frédéric, qui le premier a introduit dans son armée l'alignement successif, individuel et par troupes,' n'y a pas un sous officier de l'armée française qui sache les principes, et ne soit dans le cas de les bien W« exécuter.
ALI 5)5 S'il est vrai de dire que l'alignement est dans une troupe a base de l'ordre , et en fait la principale force , il ne faut >as entendre les alignements au cordeau , pour lesquels cerains officiers se tourmentent si fort , ces manœuvres si bien (essinées sur une esplanade, mais si impraticables devant ennemi. II faut qu'une troupe soit bien alignée , mais il emble qu'il y a de la folie à chercher là -dessus une décision rigoureuse , inutile dans la pratique , et vicieuse aême pour deux raisons : i° pareequ'on n'y peut parvelir qu'aux dépens de la célérité ( chose capitale à la uerre) , et que l'on prend la funeste habitude de manœurer pesamment ; a* pareeque cette précision géométrique tant impossible devant l'ennemi , à cause de l'irrégularité u terrain , tout alors paraît dans le désordre à la troupe ccoutumée à une régularité minutieuse; et de l'opinion u désordre naît un désordre réel.
ALIGNEMENT. ( Architecture. ) C'est la situation de lusieurs objets sur une ligne droite. II se dit aussi d'un lur mitoyen entre deux maisons ou héritages voisins.
Dans les villes où s'exerce le droit de voirie, un partiulier ne peut faire bâtir un mur de face sur la rue sans lire reconnaître l'alignement par le voyer , sous peine de émolition.
ALIMENTS. ( H istoire naturelle.) Voyez Nutrition.
ALIMENTS. {Médecine.) On désigne sous ce nom >ute substance solide ou liquide qui, introduite dans le anal digestif des animaux, et portée avec le sang dans :>us les tissus, s'assimile aux organes et répare leurs ertes. L'homme et les autres animaux ne se nourrisent que d'êtres organisés; les végétaux, au contraire, ne uisent à peu près leur nourriture que dans le règne inoranique.
Selon que l'animal est appelé à se nourrir de parties égétales, ou à dévorer d'autres animaux, la disposition de es organes , la nature de ses mœurs , le degré de développaient de ses facultés éensitiveset intellectuelles, subissent
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de nombreuses modifications. D'après la seule inspection des organes d'un animal, il est facile d'annoncer son genre de nourriture , et . réciproquement , d'après son genre de nourriture , on peut prédire son organisation.
Habitant de tous les climats , l'homme est essentiellement omnivore, ou mieux polyphage. La disposition et les mouvements de son articulation temporo- maxillaire, la forme et le nombre de ses dents , la structure de son canal digestif, .plus long que le canal des carnivores, plu* court et moins large que le tube alimentaire des herbivores, tout démontre que l'homme peut également choisir sa nour riture parmi les substances végétales ou animales. Lors même que les connaissances physiologiques ne le prouveraient pas suffisamment , ce fait serait mis hors de doute par le témoignage des historiens , par les relations des voyageurs. \
Lorsque Helvélius avançait que l'homme était un animal essentiellement Carnivore, lorsque J.-J. Rousseau regardait l'homme qui se nourrissait de viandes comme un animal dépravé, ces philosophes méconnaissaient également la nature physique de l'homme.
Les aliments dont se nourrit l'espèce humaine varient d'ailleurs selon les climats. L'usage des viandes est plus général dans les contrées septentrionales; dans les pays chauds, l'homme est instinctivement porté à se nourrir plus exclusivement de végétaux. Lorsque les premiers ordres monastiques s'établirent dans les déserts brûlants de la Thébaïde, ils s'imposèrent sans peine un régime purement végétal. Transportés en Europe, ils furent bientôt obligés d'adoucir une règle trop sévère, et de se permettre l'usage des œufs et des poissons. Pythagore , interdisant l'usage des viandes aux habitants de l'Italie méridionale, dut avoir de nombreux sectateurs ; mais , sous une température moins chaude , les principes de Pythagore eussent cessé d'être d'accord avec les lois éternelles de la nature, et il aurait trouvé des disciples moins soumis.
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Sous le même climat , un sentiment instinctif nous porte icore à varier nos aliments avec les saisons ; nous recher- 10ns de préférence un régime animal pendant l'hiver, et ne nourriture végétale pendant l'été. Par une admirable armonie , c'est pendant les saisons chaudes que la terre : couvre de toutes parts de végétaux rafraîchissants. Le régime alimentaire doit d'ailleurs beaucoup varier, >us le rapport de sa quantité et de ses qualités , selon les mpéraments et la constitution des individus , leur âge, ur état de santé ou de maladie, leur genre de vie, etc. L'expérience a démontré combien est grande l'influence (ercée par la nature des aliments sur la composition des ifférentes parties du corps. En nourrissant des animaux 7ec des substances non azotées , M. Magendie a vu la ile et l'urine d'animaux carnivores prendre les caractères e bile et d'urine d'herbivores. Ainsi la bile contenait eaucoup de picromel ; l'urine devenait alcaline , et l'on 'y trouvait plus ni acide urique ni phosphate. D'une autre/ art, quelques uns des principes dont l'analyse chimique émontre la présence dans nos tissus ne semblent pas y voir été apportés par les aliments. C'est donc dans le painchyme même des organes que ces principes paraissent voir été formés de toute pièce par une action chimique ont le mode est inconnu. Les tissus animaux contiennent, ar exemple , beaucoup plus de phosphate de chaux que es aliments n'en fournissent; cela devient surtout évident hez les vieillards , dont plusieurs organes tendent à s 'enrouler de sels calcaires. M. Vauquelin a nourri des poules vec des aliments dont il connaissait bien la composition , ît il a trouvé que la coquille de leurs œufs contenait beaucoup plus de carbonate de chaux que les poules n'avaient >u en avaler.
La nature des aliments n'influe pas seulement sur l'organisation physique de l'homme , elle modifie puissamment •on caractère et ses mœurs. Dans les pays, dit Cabanis, >ù la classe indigente vit presque uniquement de châlaL-
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gnes, de blé sarrasin, ou d'autres aliments grossiers, on observe que dans celte classe l'intelligence est très obtuse; c'est surtout a l'époque où l'on mange la châtaigne verte que l'engourdissement des facultés intellectuelles devient plus marqué. Parmi les peuples sauvages , dont aucune institution politique n'a modifié les mœurs , les voyageur* ont observé que ceux dont la principale nourriture est la chair sont plus courageux, plus intelligents, plus actif; que les tribus qui se nourrissent surtout de végétaux. Mai; prenons garde d'attribuer ici à la seule influence de* aliments ce qui peut dépendre d'autres causes; n'oublion; pas que les peuples carnivores ont besoin d'une bien plu* grande activité intellectuelle et physique pour s'emparer de la proie qui doit les nourrir, pour l'arracher aux bêtes féroces qui leur en disputent la conquête.
Quelque nombreux que soient les aliments parmi lesquels l'homme choisit sa nourriture , leurs principes nutritif .sont moins variés qu'on ne pourrait le croire ; et, sous» rapport , les aliments peuvent être tous rangés dans ut assez petit nombre déclasses. Nous allons passer en renie ces différents principes.
La fécule est le principe qui forme la base de toutes les farines nourrissantes. On la rencontre à peu près pwe dans l'orge, le riz, le sagou , le maïs, le millet ; unie à une substance sucrée dans le blé sarrasin, l'avoine, les ban cots , les pois, les lentilles, la châtaigne, etc. Les farine* où la substance sucrée est mêlée à la fécule fermentent aisément dans le canal digestif; de là les aigreurs, te ilatuosités qu'elles produisent. Quelques unes contienne^ une matière colorante, un principe aromatique qui stimule légèrement l'estomac et en facilite la digestion; telles sont les haricots rouges , les lentilles.
Dans la racine de manioc, dont les nègres se nourrissent, dans la bryone et l'arum, la pureté de la fécule est altérée par un principe âcre et vénéneux, que l'on en sépare follement par la simple expression dans l'eau froide.
ALI 5i9 D'au 1res fois la fécule est unie à des huiles grasses, à des mucilages: les ainandes, les noix, les avelines, le cacao, nous présentent ce mélange. Ces substances se digèrent plus difficilement que les précédentes.
Enfin, dans quelques farines, la fécule est combinée soit avec du gluten, soit avec un mucilage visqueux qui s'en rapproche; c'est ce qu'on observe dans le froment, le seigle, la pomme de terre. Ces farines, mêlées à l'eau, ont seules la propriété de former une pâle qui se lève en fermentant et qui constitue le pain. Le pain le mieux levé est celui qui se digère le plus facilement; mais il e*t moins nourrissant , parcequ'il contient moins de gluten.
Après les farines, nous trouvons dans le règne végétal les différents légumes, essentiellement composés de principes mucilagineux ou gommeux; les fruits, formés de» mêmes principes qui s'y trouvent unis soit à des matières sucrées ou acides , soit à des arômes , soit à des extractifs ; enfin les huiles grasses; celles-ci sont généralement d'une digestion pénible. Quant aux légumes et aux fruits, ils nourrissent d'autant plus qu'ils sont plus chargés de mucilages. Leur degré de digestibilité est en raison de leur acidité plus ou moins grande, de la quantité d'eau qu'ils contiennent , de la fermeté de leur parenchyme , de la consistance et de la nature de leurs sucs , de leur tendance à la fermentation.
Examinons maintenant les substances animales.
La fibrine est un principe nutritif au moins aussi usité que la fécule, puisqu'elle constitue la base de la chair des animaux. Elle y est unie à l'albumine, à l'osmazôme , et à de la graisse. * k
Les proportions variables de ces principes , selon l'âge, le sexe , et l'espèce des animaux , donnent aux différentes chairs les qualités nutritives les plus dissemblables.
Les chairs blanches, gélatineuses, qui ne contiennent point d'osmazôme, telles que la chair de veau , conviennent aux individus dont l'estomac est irrité. Ces mêmes
chairs occasionent au contraire des indigestions , de la diarrhée chez les individus dont l'estomac et les intestins sont naturellement faibles. On a trop souvent confondu ces deux états de l'estomac : dans le premier état , les aliments les plus doux sont les plus convenables ; dans le second , les aliments ne sont bien digérés qu'autant qu'ils sont doués de légères qualités stimulantes. On se trouve alors très bien de l'usage des chairs colorées et chargées d'osmazome , telles que celles de bœuf, de mouton , etc.
Les viandes présentent encore des qualités fort différentes, selon leur mode de préparation.
Le rôti retient toutes les parties solubles de la viande; c'est la préparation la plus saine et la plus nutritive.
Lorsqu'on fait bouillir la viande, on obtient, sous le nom de bouillon, une décoction de toutes les parties solubles, gélatine, albumine et osmazôme ; la viande n'est plus alors composée que de fibrine: oelle-ci , dépouillée d'osmazome, devient d'une digestion plus difficile. En variant d'ailleurs l'intensité du feu , on peut obtenir à volonté un bouillon plus chargé , ou un bouilli plus suave et plus nourrissant.
Dans la friture 9 comme dans le rôti , la viande retient toutes ses parties solubles ; mais, enveloppée d'une couche épaisse dégraisse et d'huile, elle est plus difficilement digérée.
D'autres aliments sont presque entièrement composés d'albumine, tels sont spécialement les œufs de gallinacées. Leblanc fi 'œuf est de l'albumine pure; dans le jaune, l'albumine est unie à une huile grasse animale et à une matière colorante. Les œufs frais doivent être considérés comme un aliment très nutritif, d'une digestion facile, et convenable, sous ce double rapport, aux convalescents dont on cherche à réparer promptement les forces.
Au nombre des aliments essentiellement albumineux, nous placerons encore quelques mollusques, tels que les moules et les huîtres.
ALI 521 A côté des aliments dont l'albumine est la base, nous rangerons les substances dont le caséum forme la partie principale, savoir le lait et le fromage. Considéré soit comme aliment, soit comme médicament, le lait pourrait devenir le sujet de longs développements. Nous aurions à faire ressortir les différences des laits de femme, de vache, d'ânesse et de chèvre ; l'avantage de la diète lactée dans plusieurs maladies, ses inconvénients dans d'autres cas ; son influence sur les facultés physiques et morales ; enfin ses effets très variables selon les dispositions individuelles.
Les gelées animales ayant pour base la gélatine nourrissent beaucoup sous un très petit volume. La plus douce de ces gelées est celle que l'on fait avec la colle de poisson; vient ensuite la gelée de corne de cerf, puis les gelées de viande blanche , et enfin les gelées de mouton et de bœuf, qui , contenant de i'osmazôme , sont plus aromatiques et plus excitantes.
Privé des substances qui constituent sa nourriture ordinaire , l'homme a cherché trop souvent à assouvir sa faim soit avec les productions herbacées que broutent les ruminants , soit avec des viandes malsaines ou corrompues; mais des maladies funestes ont résulté de l'usage de ces substances, dont les unes étaient insuffisantes à la nutrition, et dont les autres étaient essentiellement délétères.
Les substances les plus nutritives , les plus salutaires du règne végétal, se transforment aussi quelquefois en dangereux poisons. Qui ne connaît les effets pernicieux du seigle ergoté ?
En raison de dispositions individuelles inexplicables, certains aliments ne peuvent être impunément introduits dans l'estomac de quelques personnes. Une femme , au rapport de Dumas, était prise d'une fièvre intermittente toutes les fois qu'elle mangeait des choux. Stoll a parlé d'une jeune personne qui ne pouvait boire du lait sans avoir des flueurs blanches. Gamérarius cite l'exemple d'un homme qui était affecté d'urticaire lorsqu'il mangeait des fraises.
Si le maintien de la santé dépend en grande partie du choix dos aliments , l'observation d'un régime alimentaire convenable devient, dans l'état de maladie, la première condition de la guérison. Des notions exactes sur la nature des aliments sont donc très importantes. D'un autre côté, c'est dans les aliments que doit être placée la cause d'un assez grand nombre d'étals morbides ; et, sous ce rapport, la connaissance de la composition des aliments, de leurs propriétés, des préparations qu'on leur fait subir, des altérations qu'ils peuvent éprouver, des falsifications dont ils sont l'objet , constitue une des branches les plus étendues de l'hygiène publique. M. et A... F.
ALIMENTS. (Technologie. ) La conservation des substances alimentaires forme la base d'un art nouveau , qui a reçu de grands perfectionnements depuis quelques années. On a senti vivement l'utilité dont pouvaient être ces procédés , non seulement pour la marine et pour les hôpitaux , mais encore pour l'économie domestique. Supposez les méthodes de conservation assez parfaites , nous pourrons jouir dans toutes les saisons des productions particulières à chacune : nous consommerons en hiver les produits abondants de l'été , et nous aurons dans la saison des (leurs les fruits succulents de l'automne. La nature, si variable dans ses bienfaits, tantôt si prodigue et tantôt si avare de ses biens , ne nous fera plus courir de chances funestes , parceque nous saurons , dans les années d'une abondance ruineuse , recueillir les produits superflus et les conserver pour les années de disette. Le commerce pourrait nous apporter les productions délicieuses des contrées équinoxiales, que nous goûterions dans toute leur fraîcheur; et le même lieu réunirait les productions des climats brûlants de la zone torride avec celles des zones tempérées du nord et du midi. Mais les procédés de conservation des substances alimentaires ont présenté jusqu'ici beaucoup plus de difficultés que l'art de les produire. Dans ce dernier cas la nature agit avec nous et nous prête
ses forces , tandis que dans l'autre nous luttons contre elle pour l'empêcher de détruire son propre ouvrage* Les productions du règne organique ne peuvent se conserver spontanément que dans l'état de vie; une fois éteintes , elles subissent plus ou moins prooiptement la fermentation ou la putréfaction qui en dissocie les éléments et forme de nouveaux composés. Il faudrait donc, pour conserver les substances végétales ou animales, empêcher ou relarder le moment de cette altération spontanée qui finit par les détruire.
Parmi les causes qui tendent à accélérer la fermentation, on en a remarqué trois principales : la présence d'un ferment d'une nature particulière, celle de l'air ou de l'oxygène, et l'humidité. Si l'on supprime une de ces trois causes , la fermentation est empêchée , ou du moins l'altération des substances est considérablement retardée.
Le procédé de conservation des aliments en les privant d'humidité est connu et pratiqué depuis long temps; c'est ainsi qu'on dessèche les viandes, les fruits, les légumes qu'on veut conserver : mais cette méthode a le défaut d'altérer certaines substances, d'en rendre d'autres moins nutritives , et de leur enlever, dans tous les cas , leur fraîcheur naturelle.
La salaison et le fumage des viandes , quoique agissant d'une autre manière , produisent les mêmes effets; et ces opérations ont de plus l'inconvénient de mêler à la matière alimentaire des substances hétérogènes et nuisibles , dont on ne peut les débarrasser à l'aide de lavages répétés que très imparfaitement et aux dépens de la substance nutritive qui est entraînée en partie.
Un enduit qui serait imperméable à l'humidité' et à l'air pourrait très bien conserver sans altération les substances solides qu'on en recouvrirait : c'est par un moyen de ce genre que l'on conserve aisément les œufs ; on les plonge dans de la cire fondue ou dans un lit de chaux , et on les retire revêtus d'un enduit mince de cire ou de chaux, qui
suffit pour en empêcher la putréfaction. D'autres fois on se contente de les recouvrir de cendres.
Il serait à désirer qu'on pût trouver un vernis qui , sans attirer l'humidité, lût un peu élastique, point sujet à s'écailler ni insalubre , mais facilement enlevable à l'eau bouillante ou autrement; un vernis de celle espèce serait très propre pour la conservation des substances animales qu'il garantirait complètement de l'influence de l'air sec ou humide. Les expériences faites à ce sujet par M. Herpin , et consignées dans les Annales de l'industrie , avril 1823, montrent qu'on n'est pas éloigné d'avoir atteint le but.
On conserve plusieurs substances animales ou végétales en les tenant 'plongées dans de l'alcohol : les fruits à l'eaude-vie et les préparations d'histoire naturelle sont dans ce cas. *
Le vinaigre , ou l'acide pyro-ligneux , est encore un excellent anti-septique ; mais son emploi change la saveur des substances conservées de cette manière , et des viandes marinées n'auront jamais ni le goût ni la fraîcheur des viandes récentes.
Il serait trop long d'exposer ici tous les moyens que l'on a proposés ou essayés pour la conservation des substances alimentaires. Nous nous bornerons à la description de la méthode de M. Appert , qui nous a paru la plus étendue et la plus efficace , quoiqu'elle laisse plusieurs choses à désirer elle a d'ailleurs pour elle la sanction d'une longue expérience et l'approbation de plusieurs sociétés savantes.
Le procédé de M. Appert s'applique à toutes les substances végétales ou animales , solides ou liquides ; il consiste principalement :
i° A renfermer dans des bouteilles ou des bocaux les substances que l'on veut conserver ;
1 Par exemple, la fragilité et la petitesse des vases dans lesquels M. Appert renferme les substances , car ce sont des bouteilles ou des bocaux de verre qu'il emploie ; on les met aujourd'hui dans des vases de fer-blanc parfaitement soudés à la manière des Anglais.
ALI 525 2° A boucher ces différents vases avec la plus grande attention , car c'est surtout du bouchage que dépend le succès;
5° A soumettre ces substances ainsi renfermées à l'action de l'eau bouillante d'un bain -marie pendant plus ou moins de temps , selon leur nature;
4° A retirer les bouteilles du bain-marie au temps prescrit. Ce procédé est simple; voyons comment il atteint le but. Les substances végétales ou animales fraîches contiennent naturellement une certaine quantité de ferment et d'eau , et acquièrent promptemenl, par le contact de l'oxygène de l'air, une disposition à la fermentation ou a la putréfaction. Si donc on les renferme dans des vases bien clos, on supprime par là l'action de l'oxygène de l'air , et par suite on détruit la cause la plus active d'altération : mais les substances organiques avaient déjà absorbé de l'oxygène, durant leur présence dans l'atmosphère et avant d'être renfermées; d'ailleurs le vase lui-même en contient un peu, soit dans les interstices des matières , soit dans le petit vide qu'on y laisse à dessein , puisqu'on ne le remplit pas en entier. Cette petite quantité d'oxygène suffirait pour développer la fermentation. Aussi, pour en prévenir les effets , soumet-on la substance renfermée dans le vase à l'action de l'eau bouillante; l'oxygène libre ou absorbé forme alors une nouvelle combinaison qui n'est plus propre à exciter la fermentation ou la putréfaction , et qui devient concrète par la chaleur de la même manière que l'albumine.
M. Appert a gardé par ce procédé et pendant plusieurs années toutes sortes d'aliments, de la viande, du gibier, du bouillon, du lait, des œufs, des légumes, des fruits, des boissons , des ragoûts ; tout s'est parfaitement conservé. M. le capitaine Freyssinet avait emporté, pour son voyage autour du monde, des vivres préparés suivant la même méthode, et à son retour il en a fait manger à plusieurs personnes qui s'y sont trompées et ont pris de la volaille cuite depuis plus d'un an pour de la viande récemment prépa-
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rée. L'efficacité de ce procédé est donc hors de doute , et nous pensons que, lorsqu'il aura reçu toute l'extension possible, il procurera tous les avantages dont nous avons parlé au commencement de cet article.
Nous ne traiterons pas ici de la conservation des grains ni de la préparation des substances alimentaires. ( Voytz Boulanger , Cuisinier , Pâtissier , Vermicellier , etc. )