QUÊTE, QU$:TEUR
QUÊTE, QUÊTEURS. Les ordres mendians étant , par leurs constitutions , privés de tous revenus ,. et ayant renoncé au travail de» mainsi furent obligés d'avoir recours k la qxréte. Le penple s'accoutuma difficilement à cette in-^ novation» L'importunité à demander, disait Saint Bonaventure , fait craindre la rencontre de nos Frères comme celle des voleurs. Mais enfin Toil se familiarisa avec les quêteurs , et les bonnes habitudes ne coûtent plus rien dès qu'on les a prises.
Lorsqu'on va à ]a quête , disait Saint François à ses compagnons , il faut ainsi s'exprimer r «c Loué et béni soit le-Scigneur-Dieu! » puis ajouter : «Faites-nous l'aumône pour l'amônr de Dieu. » Mais ces paroles touchantes ne suffisaient pas pour fléchir le peuple endurci; il fallait encore êtrèbel homme pour ne pâsrevenir^lés mains vides^. Saint François en fil lui-même la cruelle
expérience. 11 passait par un chemin ^ dit Barthé^ lemy, de Pise , et le Frère Maeée par un autre, pour uïendier chacun dé leur côté. François ne rapportait que de méchans rogatons, parce qu'il n'avait pas la taille avantageuse, tandis que
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Frère Macée^ grand , robuste^ se préseatant avec grâce j en un mot homo pidchery tevenait courbé sous d'énormes micbes de pain 9 et uq assortiment d'autres provisions.
Aussi *y dans les derniers temps y les moinci» avaiemt-ils grand soin de fermer des suj.éts'à cet exercice , d'où dépendait leur exiitehde* Si quelque novice promettait d'avoir une voix mielleuse et de larges épaules , on le destinait à la quête ^ et on l'y dressait dé longue main. Lorsqu'on dirigeait un quêteur Vers une Sonn^ mcàsoTij on lui faisait apprendre un petit confr» pliment pour la maîtresse^ et on lui donnait des images pour k servante. Tout le monde connaît le couplet suivant , fait par un 'religieux' î
Je puis être un fort bon quêteur Avec ma ^uccreuse mine.; J'aime à courir, je suis flatteur.
Je puis être un fort bon quêteur.
S*il faut un doux extéiieur Pour imposer à la béguine , Je puis être un fort bon quêteur.
Avec ma doucereuse raine.
La chargede quêteur donnait beaucoup de con* sidération'dans les couvons^ Celui 4 qui elle était confiée avait toute Fimportance d'un muni tionuaire*généraL Mais s'il prétafiquait^ s'il.
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osait alléger son fardeau dans la route ^ il était, à son retour 9 mis en cause, et juge par les Pères assembles.
Défenses étaient faites aux Capucins , dans les premiers temps de leur institut , de quêter de la viande, des œufs ou du fromage; mais la charité des fidèles étant refroidie, ils furent obligés de recevoir tout ce qu'on leur donnait.
Il y avait aussi des quêteuses ; c'étaient les Sœurs Cordelières qui , au commencement du Carême, couraient toutes les provinces pour recueillir des aumônes , et abordaient à Paris de toutes les extrémités du royaume. On les nommait Hirondelles de Carême. Gest entre les bras de deux de ces Sœurs que mourut l'immortel auteur de Tartine.