‹ Encyclopédie monastique, ou, Histoire des monastères, congrégations religieuses, et couvens quiChapitre 105 sur 120 · REFORMES · texte numérisé non relu

REFORMES

RÉFORMES. Il est peu d'ordres religieux qui 9 dans les premiers temps de leur institua tien , n'aient offert de beaux exemple» de ver»* tus ; il en est moins encore qui ne se soient abandonna à cette pente naturelle qui entraîne tout

yers la corruption > surtout quand la piétd des

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peuples entourait les gens du cloître de toutes les jouissances qui leur étaient interdites par de sages réglemens : de là ce besoin de reformes qui se faisaient sentir trop souvent dans les corps monastiques.

Mais quand tous les religieux d'une même congrégation semblaient s'être donné le mot pour secouer le joug d'une austère discipline ; quand Tattrait de la nouveauté rendait plus vifs encore tous les plaisirs qu'ils se permettaient, il devait avoir bien du courage, celui qui, se résignant au rôle de réformateur , voulait ramener ses Frères égarés dans la voie des mortifications. Aussi voyons-nous presque toujours ces saints personnages exposés aux plus grands dangers , et quelquefois payant de leur vie un zèle trop ardent.

Pour ne parler que des Carmes , Thomas Connecte ^ au T 5* siècle ^ se croit suscité de Dieu pour corriger les abus qui désolaient son ordre. Quelques déclamations contre les mauvaises mœurs du Clergé indisposent contre lui la Cour de {lome , et il périt dans les flammes en i435.

Baptiste de Mantoue lui succède, et veut continuer son œuvre ; sa vieillesse est abreuvée de chagrins.

En France, Jean-Baptiste Sorelh enlreprend une reforme avec deux autres Carmes. Leurs premiers efforts sont couronnés de succès. Ils se rendent à Nantes, dans un couvent de leur ordre ^ et tous trois y sont empoisonnés par les religieux. Nicolas Audet et fiernardinL'Ànduce font , malgré le sort tragique de Soreth, des tentatives qui restent sans effet.

En Espagne, Sainte Thérèse n*opère une réforme qu'après avoir essuyé les plus pénibles contradictions , et le compagnon de ses travaux , Jean de la Croix , meurt dans le cachot où Tout précipité des religieux révoltés. Les annales de chaque ordre en particulier offraient de semblables exemples.

Quelquefois une circonstance frivole , en apparence, devint Toccasion d'une importante réforme. Jean Armand Le Bouthillier de Rancé, connu dans le monde sous le nom d'Abbé de la Trappe, n'était, dans sa jeunesse, ennemi ni du plaisir, ni de la galanterie, et la Duchesse de Montbazon ne répudiait pas ses hommages.

Un jour , l'Abbé de Rancé apprend que cette dame est malade à son château ; il y vole , et ne trouvant personne pour l'introduire , il monte dans Fappartement de la Duchesse , par un escalier dérobé qu'il connaissait. Le premier objet

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qui se présente à ses yeux est la tét^ de son an^tnte ^ qu'on aiFait co^pée pour mettre dans un cercueil de plomb qui se trouvait trop court. Cet affreux spectacle le détacha du n^ond^ : dèslors il forma le dessein de faire reyivr? daiis soi| abbaye le premier esprit de Qteaux , et c'est h sa conversion qu'on dut l'austère réforme de^ IVappistes.

Le corps des ié^t^te» n'etut aucun besoin de réforme religieuse, tant il ^tait vigoureç^DO^e^t coi]^titué!

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