FEMMES
FEMMES. Dans l'origine du monachisme, un grand nombre de femmes , craignant de succomber aux tentations dont leur sexe est continuellement entouré^ prenaient des yétemens d'hommes 9 et se présentaient comnie tels dans des couvens de religieux ^ persuadées que les mondains ne viendraient pas les chercher làjCe pieux stratagème a réussi à plusieurs Saintes } on en trouve de fréquens exemples dans les Martyrologes y les Histoires ecclésiastiques , et surtout dans les Annales des Carmes. Mais cet usage naïf amena des abus , parce que le mal vient tôt ou tard se mêler au bien. C'est alors que de prudens Supérieurs apportèrent remède à ce désordre : les Carmes y qui avaient été les premiers coupables , se gardèrent si bien de retomber dans le piège , que ,. chez e^x , si l'on en croit leurs Annales ( livre I*' , ch. 34 ) > on rC osaitpas prononcer le nùm de femme ou de JiUe. On le passait dans les livres de piété > et dans rEcrîture-Sainte y ou bien on se servait de circonlocutions , ou de périphrases , ou d'équivalens pour l'exprimer ; et si , pcar méganxie , quelqu'un eût prononcé ce mot y chacun se met-
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tait à tousser, à cracher, à moucher, à éternuer, pour empêcher qu'il fût entendu; de sorte qu'on était plus édifie de cette explosion de candeur ( qu'on me pardonne l'expression ) , qu'on n'avait été scandalisé du mot lâché avec tant d'imprudence. C'était la seule circonstance dans laquelle il fût permis aux Novices de rompre le silence.
Saint Augustin appelle les femmes le sexe dévot. Les Montanistes admettaient les femmes à la prêtrise et à l'épiscopat. Louis Vives , dans son Institution de la Femme chrétienne, a fait un chapitre exprès j où il traite cette question : L'étude convient-elle à une femme chrétienne ? Niimfemmœ christianœ conveniat studium?
FÉMORAUX.
FÉMORAUX. Doit-on dire fémoraux, comme l'ont fait Fleury, Musson , et quelques autres écrivains , ou fémorales , comme autrefois les Feuillans ? Qu'entend-on par fémoraux? £st-cç une cotte ou une braie^un caleçon ou un sajron? Ce vêtement ne serait-il pas fendu sur les côtés , à l'instar de deux pans de chemise ,
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OU ne serait-ce pas seulement un petit tablier? Dans ce dernier cas y ce tablier serait-il antérieur ou postérieur ?
Le mystère est immense , et Tesprit s'y confond !
J'ai .consulté Ducange, Hospinien, Saumaise^ Musson, Flèury, la règle de Saint Benoît, le Dictionnaire de Trévoux, et même l'Histoire naturelle des moines , et. les divers avis que j'ai recueillis n'ont fait que m' endurcir dans mon indécision. Ce qui me semble hors de doute , et ce que je crois pouvoir affirmer sine periculo fidei y c'est que les fémoraux, chez les moines qui ne font pas usage de linge , couvrent à peu près tout le territoire qui , chez les mondains , est protégé par une culotte; mais je n'ose prendre sur moi d'en préciser la forme. Cependant , quoiqu'on thèse générale toute irrégularité soit téméraire dans la spéculation et pernicieuse dans la pratique , celle qui résulterait d'une conformation vicieuse daâs les fémoraux, serait d'un moindre danger, puisque ce vêtement , attaché sous la tunique, devient invisible à l'œil, et que , selon le proverbe , péché caché est à moi-lié pardonné*
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F£U (Supplice du).
FEU (Supplice du). Dans les premiers siècles du monachisme , les religieux qui s'ëtaient rendus coupables de quelques crimes devaient perdre la vie sur le bûcher. Gomme ce châtiment était inflige pour des délits que la faiblesse de la chair devait rendre trop communs^ on crut nécessaire de l'abroger ; et d'anciennes constitutions de Salamanque décrétèrent qu'on se contenterait de déchirer les délinquans à coups de verges et de courroies. Mais bientôt on fut obligé de faire revivre les anciennes coutumes (la peine du feu );'et Spatharius ne peut trop louer la piété et la prudence de cette décision rendue dans le chapitre de Yalladolid , qui lui semble indispeiisable pour contenir le trop grand relâchement de son ordre : Qiiod statutum piè ac prudenter sancitum] arbitror propter magnam ofàinis relaxationem. (Chapitre 22 , nuni..
Tract. 9. )
En 1 SqS, les lumières ayant dissipé les ténè-* hres du moyen-âge , et répandant partout les sentimens d'humanité^ les flammes, qui étaient un instrument de supplice , ne servirent plus qu'à la torture. Le criminel était amené en plein
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Chapitre^ les menotesaux mains ^ et tout nu, à l'exception cependant des fëmoraux qu'on lui laissait. Là , après avoir c'tc rudement fustigé pendant le miserere y on le conduisait dans la cour, où étaient allumes , de distance en distance y des feux clairs de paille où de sarment ; on y faisait passer le patient jusqu'à ce qu'il Fo* deur de son corps et à la couleur de sa peau on vit qu'il était suffisamment grillé , et qu'il ne pouvait être plus long-temps cxposéaux flammes sans courir le risque d^ la vie. Alors on le met* tait au cachot pour le reste de ses jours , qu'il passait dans les fers, les jeûnes et les remords. Verùm si ^quispiam rek*giosus ne fœdum çrimenperpetraveritj nudus omninà , cwn solis femoralibus coram communitare egrediatur , manibus UgatiSj et grauiter flagelletur cum psalmo miserere et iei^iusculis Jiammis ex hinc indè circumpositis quadammodo comburendus detur et ad perpétuai curtiles irrewcabiliter damnetur {statuta generaUa Barciœconisia.
ParisiiSy apnd Franciscum Julioty i6i3ich. 6, de Pœnis contra castUatis Transgressùres , p 9g). Ces statuts , décrétés d'abord par lés Récollets de Barcelonne , furent reçus dans le Chapitre tenu à Paris, au couvent de Varennes, en ï6i5 , adoptés par le chapitre <ïe Nevers le jour
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de la Pentecôte de Tannée i64o 9 publiés à Paris l'année suivante (chap. 6 , num. i56) ; enfin admis par Spatharius en 1623, et transcrits moi à mot par lui dans sa Méthode </^ Or {Traité 10 , part. 3^ ch» 16 , n'^g ) ^ à Tusage des religieux ea général ^ et notamment des Minimes , dont il était Supérieur.
Cette torture ainspiré les réflexions suivantes à un écrivain monastique (Musson^ docteur de Sorbonné) : «Cheveux^ poils, barbe , sourdLs, » toutes ces parties superflues du corps, sont » dévorées dans un instant par l'activité du ter- » rible élément. La partie qui a pécbé est celle » qui est la plus cruellement tourmentée, afin » qu'à proportion du plaisir qu'elle a goûté , » elle ressente aussi de la peine. ».
FÈVES (Plant» bis). ,
FEVES (Plantbb des). Les jeunes Béuédictiite qui avaient commis quelques fistules légères en étaient quittes pour mettre, pendant un certain temps, un doigt en terre : cela s'appelait planter desfê^es.
Pytfaagore avait dit : Abstene%'Wus desfêpes.
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Les Carmes, en disciples zélés de ce grand philosophe , montraient beaucoup d'éloignement pour ce lëgume ; mais TaBbë Musson, et beaucoup d'autres savans, ont pense que le précepte de Py thagore avait un sens mystique , et que , sous le symbole de la fève, on ne devait entendre que le sexe. C'est aussi le sentiment de Saint Clément d'Alexandrie, qui dit au troisième livre de ses S tramâtes : A fabis abstineio , sdticet à rehusvenerpis.