‹ Encyclopédie monastique, ou, Histoire des monastères, congrégations religieuses, et couvens quiChapitre 78 sur 120 · MORTIFICATION · texte numérisé non relu

MORTIFICATION

MORTIFICATION. La mortification est à la pénitence ce que l'hygiène est à la médecine^ ce qu'est lapurgation au remède. Par la pénitence, on se punit des fautes qu'on a commises; par la mortification^ on se punit de celles qu'on craint de commettre. Au reste, si la première diffère de

la seconde par le but , l'une et l'autre se ressemblent par les effets, et on pourrait les définir

toutes deux : Thui ce qmfaiî plus de mat que 4e bien.

Daiiji un grand nombre de communautés , le Supérieur composait des billets de mortification* Les jeunes profês et les novices les tiraient au sort j et, avant de 4es ouvrir ^ s'imposaient Tobli* gation d'accomplir les sacrifices exiges par le bijlet qui leur était échu.

C'est encore dans lés annales carmelitaines qu'on' trouve les plus beaux exemples de morti- Hcation. Q^elq^es Carmélites portaient des ha-^ bits de crin jx d'autres prenaient des chemises de )Qnç; d!autres sç couvraient ie corps de peignes à carder la laine ; plusieuvs portaient sur leur chair dès ceintures de chaînes^ des cordes de genêts, et leurs chaussures étaient de rudes cordes pleines de nœuds, jonchées avec de la poix , sçi^s la plwte des pieds. Les unes mangeaient des potages à moitié pleins de sel \ d'autres att,endaient que Jie pain f^t moisi et rempli de vers pour le manger; d'autres ]é^ chaient avec leurs lai;^ue9 les crachats 4^ Sœurs ; d'autres prépaient .d^ ^^ris ^prtes , et les tenaient dans Murjf bpuçhes un fepnps considérable. Sœur Af ^rie di? S^n^trSacr^ioÇiit ne trouvant pas la discipline fp^ rude, ^ servait de la crémaillère de la cheminée pour

se discipliner. ( Voyez Histoire générale des Carmes , pages 38o ei suivantes , et jinnales des Carmes y chap. io5, liv. a.) Dans les derniers temps > les Supérieara imaginèrent des mortifications d'autai^t plus ingénieuses qu'elle» faisaient souffrir le pénitent sans mettre la vie en dangÇF.'Les novices de Charenton multiplièrent à l'infini ces supplices volontaires : les uns demandaiçnt licence de ne point boire pendant If dîner ; d'âiptres mettaient un pied en Tair pendajit leur réfection. Enfin ils ne faisaient rien pour se garantir de \eertains petits animaux toujours inconunpdes, et dont on ne peut être exempt sans beaucoup de soins et de propreté. L'usage de la secouette, des différens onguens^ des herbes narcotiques dont on se servait chez les Franciscains , contre l'engeance pédiculaire^ leur parai3sait une délicatesse indigne du Carmel* Ils prennent plaisir à nourrir de leiur propre substa,nçe ç/^ petits tysans avides du sang httm^in^ ^t f pulTi^aiçnt avec joie le martyre volonuire qu'ils lex}r çausaiçat.

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MUTANDES.

MUTANDES. Espèce de caleçon de toile à Tusage des Franciscains. Celles de Frère Paschal , qui avaient servi vingt ans à leur propriétaire j et qui se composaient d'un nombre infini de petites pièces de drap^ de toile , de peau et même de cuir , jouissaient d'une renommée classique dans les couvens (i)« Un religieux dont l'habit était tout rapetasse le comparait aux mutandes du Frère PasckaL

NÉCESSAIRE (Là).

NÉCESSAIRE (La), Tune des douze poches des Capucins , ainsi nommée par le Chapitre général, qui en approuva l'usage éniGSo^ était de l'autre côté du manteau -, vis-à-vis la Jriponne. On y mettait des bouts de chandelle contre les écorchures aux pieds , de l'onguent.

(i) L^historien aes Frères Mineurs, le Père Rapine, assure que , par leur dureté^ elles ressemblaient plutôt à des cuis» sards qu'à des mutandes.

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pùut là vermine , une alêne et du gros fil poui* refaire les sandales , etc. On fait l'honneur dé cette invention au Père Valentin, de Carcas^ sonne ^ Définiteur de Tordre.

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