NOVICES, NOVICIAT
NOVICES, NOVICIAT. Dans les premiers temps du monachisme , un grand nombre de religieux, auxquels on donna le nom de Sara-^ haïtes f s'étant échappés des couvens pour se livrer au vagabondage, on fut obligé, pour re-^ tenir ceux qui restaient ^ de les soumettre à un vœu perpétuel ; mais on exigeait qu'ils s'y pré** parassent et essayassent leurs forces pendant une ou deux années avant que de se renfermer pour jamais dans le cloître. Telle est l'origine du noviciat ou temps de probation.
Les novices étaient absol ument soumis à tous les ordreset à tousles caprices des Pères-Maîtres, qui de bonne heure les accoutumaient à l'obéissance
aveugle ^ la plus recommandée de toutes les ver-*
109 pona^Ugues. Eu <^h , Us Fjrftnoi^p^ini m faisaient qud suivre V6x.emp]e dfi h^v £Qn^9it/9Wt Un jour Sbiot Fraftçpi^ çon^uU ;^i jardi» 49mi(
novices , et leur coinmande de planli^vdçs cbic^u^^ comme lui , c'est-à-dire la racine en haut et les feuilles sous la terre. Un, Frère lui dit : a Mon » Père y on ne fait pas ainsi y mais tout au conc< traire. » — « Mon Frère, réjpond François, vpus » n'êtes pas propre pour mon ordre ; et il le ren- » voie aussitôt. » (Chronique de saint François, Impartie, liv. 1 , ch. 83.)
Chez les Carmes, l'obëissance des novices était sans hordes ; s'il fallait laver ses mains , couper $Qs ongles, tailler une plume , aller aux uécesn sites naturelles, ou autres choses ^emHafales, ils allaient s'agenouiller devait le Pèrer Maître:, «I lui en den^inder permi^s^on. Geliiirci leur orr donnait-il de parler italien, ils, ne parlaient plus qu'italien aux jardiniers, aux cuisiniers, aux étcangejfs ; ils se confessaient en italien , répondaient la messe en italien. &'il leur diaait de serrer laur cdnture, ils la serraient si farl qu'tlf ne pouvaient respires. S'il défendait âe a'ap* puyer contre la muraille en s'asseyant , il s se notaient teUemeat sur le bord du banc que souvent ils tombaient. &'iJi leue ordonnsît d'âlre gais et joyeux , on les voyaif pau%E de
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rire. S^il se plaignait du bruit qu'ils faisaient en allant aux dortoirs , ils étaient des quarts- Jtheure à aller du chœur à leurs cellules^ quoique contîguës à l'église; et ils auraient été des journées envères plutôt que de faire le moindre bruit* ( Voyez jinnaies des Carmes^ chap. i4> pag. i4 ^ 5o.) Les novioes partageaient avec les Contera les emplois les plus vils du couvent. Cheft; les Capucins ^ les plus con^dëres étaient charges de la secôueite. Chez lesi Jësuiteè et les Laxaristes^ ils devaient balayer la maison , nettoyer la vaisselle ; faire les disciplines, ëooTer les pots de chambre. Chez les Chartreuti: et les €reiioTéfainS| un de leurs emplois était de grais^ ser les souliers des vieux Pères. Ignace de Bonà ^ et d'après lui Broussonnet , avancent que chieE les Carmes^-Déchanssés , les vieilles robes étaient découpées en morceaux , déposés d^ms les lieux communs 9 pour l'usage qu'on devine , et que les fiKivicea étaient chargés de les blanchir, afin qu'ils pussent servir de nouveau. J'ose à peine ajouter foi à cette assertion, parce qu'il n'est fait aucune mention de cette dernière circonstance dans les écri'vains menastiques, et que d'ailleurs Ignacede Bernet Brouâsonnet sont connus pour deux anti-moines , deux monomaqaes*
OBÉISSANCE AYEUGLE.
OBÉISSANCE AVEUGLE. Lôrsqu'en prenant l'habit^ un religieux avait prononce ces deux mots : promitto obedientiam , il était effectivement mort au monde ; car ce n'est plus vivre que de renoncer à Timpulsion de toute volonté. C'est l'abus du précepte de Vobéisscmce aveugle i qui a rendu despotique ^autorité de tant de Supérieurs^ et qui a fait tant de religieux stupides.
Nous regrettons de ne pouvoir nous dispenser de rapporter quelques exemples de cette obéissance qu'ont tant préconisée les écrivains monastiques. '
{J finales des Carmes y liv. P', page ii8) :
« Sœur Françoise du Saint-Sacrement y Car- » melite à Saintes^ demandant un jour à la Su- » périeure qui dirait au chœur une leçon de 3» Ténèbres y la Supérieure lui dit qUe ce serait >» le chat* La Sœur alla simplement prendre le s» chat 3 et, en le pinçant, tâcha de lui appren- » dre la leçon qui devait se dire. »
«c Une autre fois, cette même Sœur y deman- » dant permission à la Supérieure de laisser » quelque plat , celle-ci lui ordonna de manger
» tout ce qu'on donnerait au réfectoire* Elle le u fit simplement ^ cai; après avoir mangé ce » qu'on donnait à la communauté^ elle corn*- » mença à rompre les vdses dans lesquels on » lui avait présenté les viandes , les égruger, et » mettre dans sa bouche pour les avaler. ( Ibid. » liv. D, chap. 19.) Sainte Thérèse^ ayant ren- » contré Sœur Ursule ; lui t4ta le pouls^ comme » si elle eût été malade* Cette obéissante reli- » gieuse alla se mettre du lit, persuadée qu'elle » avait la fièvre. S^ antres Sœurs vinrent bien-. M tôt lui demander où était son mal ; je ne sais, » répondit-elle , mais notre Mère a dit que j'é- » tais malade. Sainte Thérèse résolut de tenter » une épreuve plus forte encore : elle ordonna » à un chirurgien de saigner cette victime d'o* » béissance , qui ne dit autre chose , sinon » qu'elle était malade , puisque la sainte obéis- » sance le disait. »
On pourrait multiplier à l'infini les citations de ce genre ; mais j'avoue que ces traits d'abnégation dont fourmillent les chroniques de tous les ordres , sont pour la plupart repoussans. ^ Sans doute il fallait imposer aux religieux le frein de l'obéissance , puisqu'ils étaient hors de l'atteinte des lois qui régissaient le royaume ; mais encore fallait-il ne les pas soumettre in-.
dî^tiii^éjBd^nt k VHM h^ wdres qui n'étaient awi^iu qi|e fes fapvioe^ d'un Supâri&iur^ d'autant plu^qua.^ deruieF poUtait dé|ployev contre. L'inobëdieM tout l'appareil de la joatiee claustrala t et tuéme , au besoin , recourir au bf^ $éc!dier*
Lçsi AugU»û^> ciufx^pii'ayaut adopCé eu thèie géip^aale qu'un r^li^cu^:. dépend en tout de son Supérieur g et doit ae kiaser guider comme une bét^ 4^ somme f par les\c0urroies de l^cSéîssaace, (tawiuàm dQmestiêum animal obodieniiéB lo^ ^^f ajputaicoit qu'on pouvait refuser d^obâr à ui| ordiie puéril^ ou ooAtfe le droit natuir<^: comme de le^er une paiHe de terre , miaarohér a ' rowAms , garder pen^nt le yam smu bonnet de nuit, ou tnea de ne pas* manger , ne pas docmir ^ ein^*. Mais lea autre» communsaités n'admettaisMit paSf œs rfislric tiens ^ dans la eraince^ sans doute^ d'affaiblir un principe.