CHAPITRE PREMIER
Qui tiraîté àe Fàntiqurté de la iPerruqùe.
... Jil est â peu près impossible de fixer la date de sa naissance ; tout ce que- nous pouvons apprendre au lecteur, c'est que l'usage de la perf tique eët ti'ês^n^ién dâiis le monde. Raîngon, Principal* du collège de «Berlin , croit que les fetfim^s^en^rièrentavant les hommes, et que les hommes suivirent en cela le mauvais exemple de ces dames. D'autres historiens pensent que les hommes en portèreiit avant les femmes :
pour moi , je trouve cela beaucoup plus naturel.
Cléarque , disciple d'Aristote , dit dans Athénée que les Japiniens, s'étant abandomKs au luxe et à la mollesse, s'en servirent les premiers.
Les théologiens de Louvain, qui nous ont donné une version française de la Bible vulgate , ont trouvé des perruques dans ce passage d'Isaïe : Decals^abit Dominus verticem fiUarwn Sion et Dominus crinem earum nudabit; le Seigneur déchevelera la tête des filles de Sion , et le Seigneur découvrira leurs perruques.
Saint Paulin en avait aussi trouvé avant eux,
puisqu'6a parlant de ces filles / dans le sens db ce prophète , il dit : « Que parce qu'elles ont M grossi leurs têtes en. y appliquant une mulU- » tude de cheveux^ étrangers ^ le Seigneur les » couvrira de confuisionen les fendant chauves. »
Xënophon assure que les Perses portaient des. perruques* .
Aristote rapporte que Gondale , Lieut^antgénéral de Alausole^ voyant que les Licîen^^ avaient beaucoup d'attachement pour leurs dhéveux > leur fit accroire qu'il avait réçu^ ordre de ce Roi de les leur &ire couper;- nmis que, s'ils voulaient tous lui donner de l'argent^ il leur ferait vienir des chéveuxrde^Grèce. : ce qu'ils firent; et par ce moyen il iirà d'eux une somme considérable. .. v.m .
Annibal^ au rapport de Suidas^ /changeait souvent de perruque*: ' a
Ovide console une dé ses amies qui était devenue chauve, en lui^disant de < prendre une perruque de cheveux d'Allemagne.
Properce fait dis grandes imprécations <26ntre les filles qui portent perruque; . '
Saint Grégoire de tours loue la piété de Sainte Gorgonie, parce . qu'elle ne portait ni cheyeux frisés, ni perruques capables de déshonorer sa vénérable tête par leurs déguisement*
Il dëfençl aux femmes ohrétknaes de bâtir des lottrs sur leur» tâtes avec des cheveux é^an^rs.
Ler tours parurepit au cemaiefiomeat du 12* siècle , et quelques ecclëstastîquea en por^ tènsm^ ainii que l'affirme Saiut Bérard^ EWéque de Mam en Italie.
Le Concile qui fut tenu à Constaminople j, dans le dame du palais impérial, «n 699, excommunia cens qui ataiën t des cheveux bouolés^ frisés et artificiels*
Les «peuples français avaient les dheveux iort courts 9 et U A'y:aTai| que les Rcds de Fvance et les Priîices du sahg qui eussent droic de les porter longSé Les'longs{^kei^eu3^^ dit Bodin (6^ livre «^e la Bépubiùfue), AmeM f armemne m^^^^ beoMé et de nobhsse ; car même Hfi^ d^mdu aUx roturiers de porter fes ehe^uao longs j çou^ tume qui dura jusqu^au temps de Pit^re Lom< lard, Eiféqifè de Pm^is, qwfl ^bwr les défenses par lapuissanoèquealors aidaient les JSvéques sup les Hoù. (Les Ëvâques sur les RoisZ approuva par l'esprit prâère et tautle r^gimont jésuitique.)
Louis XIII fut le premier de nos Rois qui repritles grands cheveux. Yûrsj&2Qy leshcmimes commene^ent en ¥rance k porter perruque :
aussi le nombi>e des perruques ' se multiplia si fort, qu'en iGSgon puUia unéditpourtk créa<<
MOITASTIQUE. 297
tion de deux cents barbiers , étuvistes et permilliers.
Les ecclésiastiques prirent la perruque en 1660. Le premier qui s'en senrit fut l'Abbé de La Rivière^ Evéque de Langi*es^ surnommé le Patriarche des perruques ecclésiastiques*
Vers le même temps^ quelques Prélats (mais en fort petit nombre ) ^ ayant perdu leurs che* veux f empoignèrent la perruque.
Les Chanoines suivirent leur exéitple , et ce iiit à Beîiiis qu'ils commencèrent ^ En 1676 , le Doyen de la Cathédrale s'en pla^lih en p^lein Oiapitré y et ^ par une cenclusioQ , fit déf(^idre atix Chànoifies de pïtxét perrilique ; mai^ cette concluMon fut sun» eÊi^ , et les Chaïknnes per^ rti^uete eurem tout l'avantage qu'ils pouvaient désirer dans le Ghapîtréqni fut tenu le â^oistèiÉie jûUÊt de janvier 16^7 « Cela donna lien à d'autres Chanoines de prendre perruque;, mais leurs Ghapit^ lemr en défendii^nt ]i^uèage> et cette â4fensé subÂsta quelques années.
La Coquetterie â^iat toujours éfé l'apaïkage des prêtre , lé iecieur ne swa point étonné d'appr^dre que pluôeurè de ce» mes^urs avaieni des tditrs de cheveux, afin que leurs tômure» parussent plus rondes , et leurs têtes mieux faites et moins irréjgultères.