PROCÉDURE
PROCEDURE, Les corrections^ les verge», les prisons, les fers, la gène, la torture, le feu même, tout était employé dans les cloîtres pour préyenir les abus. Que les gens du siècle appren** nent par-là l'estime que les religieux avaient pour la vertu , puisqu'ils punissaient avec une pieuse cruauté ce qui est innocent partout ailleurs.
Ici se présente naturellement une question de la plus haute importance : Un Prieur, un Visiteur de couvent peut-il , sans être revâtu d'un pouvoir légal , faire appliquer la question à un des religieux qui lui sont subordonnés? Peut-il le condamner et l'envoyer au supplice sur une loi inconnue hors des înurs de son n^nastdre , et qu'il a le droit de modifier i so» gjré? Je^ répondrai avec tous les. casuistçs, qufun religieux, par sa profession^ étant mort civilement à V£tat, le Prince, en autorisant l'institut, transfêrevau Prélat régulier le domaine qu'il avait sur son sujet, qui par ses vœux cesse, de fait, d'être membre de l'Etat et citoyen du royaume. J'ajouterai que la surveillance de la police vient expirer à la porte des cloîtres ; que la justice se-
Gulière serait insuffisante , puisqu'elle permet des licences qui ne sauraient être tolérées dans les monastères.
Mais, s'écrieront les gens du siècle, que deviendrait aujourd'hui cette maxime fondamentale de notre législation moderne : Tous les Français sont égaux devant la loi ? Les procédures monacales ne portent aucune atteinte à cet article de notre constitution , puisqu'il est vrai qu'un Bénédictin , qu'un Capucin , qu'un Jésuite ne sont plus Français, mais seulement Capucin, .Bénédictin ou Jésuite.
Un moine , après sa profession , est obligé de se conformer aux lois du pays daùs lequel il s'est fait naturaliser, en oubliant celles de l'Etat qui l'a vu naître : c'est à lui de faire toutes ces réflexions avant de prononcer ses vœux.
D'ailleurs, la justice claustrale était exercée avec une régularité qu'on ne retrouve pas toujours dans les tribunaux séduliers. Le prévenu n'était mis en cause que sur une accusation d'un d€s autres religieux, ou suç le réquisitoire du Visiteur , ou lorsqu'il était pris en flagrant délit. Après son interrogatoire, on entendait les témoins, à qui le juge faisait appliquer la question aussi bien qu'au prévenu, s'il le jugeait convenable : ad extorquendam veritaterm Enfin
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Von rendait une sentence qui ehv<>yftii le tdn-^ damné au supplice, s'il y avait lieu; et le coupable , jugé ^condamné; supplicié dafns l'ombré ducloîtrey avait Tavantage d'échappée à la diffamation.
Qu'on me permette unedérnière observatioâ :
Si l'on n'avait lai^é aux Supérieurs r^uliers que des moyens de répression correctionnelle , en- réservant à la justice séculière le droit de pu-» nir les contraventions aux lois de l'État ^ ils slù* raient préféré laisser quelques crimes impunis, plutôt que de verser sur leurs auteurs un op-^ probre qui aurait rejailli sur tout l'ordre.
Un mauvais plaisant me disait dernièrement t On trouve dans les archives monacales du 17"^ siècle de nombreux exemples de procédures cri-^ minelles dirigées contre des religieux; mais le siède derniern'a pas, à ma connaisisance^ vu un senlan pace» Cependant, ajdutait-il, estril pro* bable que, depuis ce temps, le minois de quelque servante d'auberge n'ait entraîné aucun Père Capucin dansées crimes qu'ils qualifiaient euxmêmes- d^mnàminaèles ?
Les Capucins, lui .ai-je répondu, n'étaient pas tenus de faire confidence au {lublic. des jngèmens qu'ils rendaient; niais paiit-étre aussi ( ce qui est déplorable.) , W SujMïieuts. indul-
gens ou relâchés n'avaient-ils pas assez de fermeté pour faire accomplir les lois qut régissaient leur république.
PROCGREUK,
PROCUREUR. C'est celui des religieux qui «st spécialement chargé des intérêts de la Communauté y de la réception et de l'emploi des revenus ^ des ventes^ des acquisitions ^ et généralement de toutes les affaires contentieuses. Un Procureur qui sait bien son métier est le plus heureux des mortels en ce bas-monde ; en est-il de mâme dans l'autre ? Nous répondrons à cette <}uestion par un proverbe trop connu : Le Pro- ^mrMT est F âme damnée ^mt courent.