OBSERVATION IV
P' Merklen et Wolf. — Bulletin de la Sociélé médicale ‘des Hôpitaux du 16 mai 1924
Il s’agit d'une septicémie pneumococcique avec endocardite cicatrisée à type de rétrécissement mitral, greffée sur une
endocardite cicatrisée et silencieuse.
La malade, enceinte de g mois, présente une cardiopathie ancienne et silencieuse et totalement méconnue, des signes de broncho-pneumonie, puis des signes fonctionnels et généraux de septicémie, apparition progressive des signes de sténose mitrale, hémoculture positive ; à l'examen anatomique, lé-
.sions ulcéro-végétantes récentes greffées sur une sténose an-
cienne.
Le »4 décembre 1923 entre dans notre service une jeune femme de vingt quatre ans, enceinte au neuvième mois, souffrant depuis quelques jours de violentes douleurs dans le côté et d'une dyspnée très marquée.
À l'examen on s etrouve en présence d’une malade de bonne constitution sans antécédents particuliers. Elle présente une prostration marquée avee cyanose intense de la face ; une respiration accélérée et superficielle à 38 par minute. Pouls petit, fuyant, régulier, température 39°8 ; au cœur rien de spécial. Aux poumons infiltration broncho-pneumonique à la partie moyenne à gauche, bronchite diffuse, à droite ; teinte subictérique ; urobiline et albumine dans les urines.
Le lendemain de son entrée, au soir la malade accouche d’un enfant normal, l'accouchement est très régulier.
A l'examen le 27 décembre :
Extension de l’infiltration pulmonaire dans tout le poumon
gauche et à droite une condensation à la base. L'examen des
autres viscères n'offre rien de particulier. L'ictère a disparu.
Leucocytose de 22.000 avec polynucléose (92 %).
Fe". es
Les crachats abondants, de couleur jauñe brunâtre, visqueux fourmillent de pneumocoques.
Le. 30 décembre, état stationnaire. Une hémoculture du 29 décembre en bouillon sang permet de trouver du pneumoco-
. que typique dans le sang.
Le 3 janvier 1924, la malade va beaucoup mieux, respire plus facilement. Ses crachats ont beaucoup diminué, température normale.
Le foyer pülmonaire de droïîte a disparu à gauche, il persiste.
A la radioscopie : on note à gauche une infiltration grise, floue, diffuse, mal limitée vers le haut ;: à la ponction pas de liquide.
À partir du 8 janvier 1924, nouvelle poussée fébrile 58°. La malade restera à partir de ce moment en pyrexie constante entre 38°2 et 4o°r jusqu'à sa mort.
Infiltration pulmonaire étendue à droite et à gauche.
Dyspnée, traits tirés, foie un peu augmenté de volume et douloureux.
Le 11 janvier 1924, on entend, pour la 1° fois un souffle présystolique avec accentuation du 1% bruit. Pas de souffle systolique. Les phénomènes pulmonaires demeurent à peu près identiques. Les foyers ont gagné à droite, diminué à gauche.
Le 14 janvier 1924, état pulmonaire stationnaire.
Polypnée à 60 par minute. Il existe un ronflement diastolique intense presque râpeux et par moments piaulant qui se termine en souffle présystolique. La systole est nette,
Dédoublement du 2° bruit. Rien aux autres organes.
Le 19 janvier mort dans la soirée.
Une nouvelle hémoculture faite en milieu solide à permis d'identifier le pneumocoque.
Examen nécropsique
Broncho-pneumonie diffuse confluant dans les lobes moyens
et inférieurs droits, et dans le lobe inférieur gauche,
Le pain
Au cœur, pas de modifications myo-péricardiques.
Au niveau de la valvule mitrale, l’endocarde présente une série de végétations jaune verdâtre, un peu molles et friables, couvertes en partie par des petits thrombus rouges et rouge jaunâtre.
tations jaune verdâtre, un peu molles et friables, couvertes en partie par des petits thrombus rouges et rouge jaunâtre.
Ces végétations s’alignent tout le long des deux valvules y adhérant par place très solidement.
Le bord üe la valvule est irrégulièrement frangé et dentelé vers le centre. Ulcération irrégulièrement arrondie qui a perforé la paroi de part en part.
Outre ces lésions bordantes et ulcéro-végétantes, la valvule est indurée et sclérosée sur presque toute son étendue.
Le reste de l’endocarde est sain.
Foie dégénéré graisseux, sans netteté.
Rein, pas de particularité.